LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

vendredi 3 décembre 2010

Réforme des collectivités = Education Nationale en danger

Les réformes scolaires bouleversent la relation que l’école entretient aux territoires. De son côté, la réforme des collectivités vise à passer un cap en sanctuarisant « l’autonomie et l’excellence ».La valorisation de quelques formations d’élites relègue au second plan les missions de la formation de la grande masse des élèves. Plusieurs points sont communs à l’ensemble des réformes : regroupement d’établissements, suppression de postes, attaques contre le statut de la fonction publique, désengagement de l’Etat, processus d’autonomie, individualisation des parcours.La droite veut promouvoir deux couples pour mieux cibler les élèves qui pourront aller jusqu’à la licence. Le premier rapproche école élémentaire et collège, en lien avec le processus d’intercommunalité : ce couple est une gare de triage entre les élèves qui pourront contribuer au lycée (la moitié seulement) et les autres, réduits au socle commun minimum.
Le second couple rapproche le lycée général et la licence en lien avec la régionalisation ; la droite veut former des salariés dans une précarisation renforcée. Il s’agit de réorganiser les services publics pour qu’ils répondent aux besoins à court terme du patronat, organisant la concurrence entre les personnes, entre les territoires.Pour ces objectifs, le territoire est stratégique. Il y a d’abord eu l’attaque contre la carte scolaire. Ensuite, les zones d’excellence et l’« autonomie », qui désagrègent la réponse publique d’Etat, s’accompagnent du regroupement des établissements : Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur, Etablissements Publics Locaux d’Enseignements secondaires (EPLE), Etablissements Publics locaux d’Enseignements Primaires (EPEP).Ces évolutions préparent une nouvelle décentralisation dans le cadre de la réforme des compétences (suppression de la clause générale, rôle des métropoles, loi en 2011…) et de la suppression des postes. Le gouvernement veut accroître l’autonomie, jusqu’à l’embauche directe par chaque établissement d’enseignants contractuels. Il pousse les collectivités à se substituer à l’État : ancrage territorial des pôles; redécoupage des EPLE et des EPEP, privatisation de ce qui concourt à la réussite (logement, santé, restauration)… Les modifications des sources de financement participent de ce processus : fondations, « partenariat public privé », « grand emprunt », financement sur projet. Aux établissements bien financés (choisissant leurs élèves) davantage « d’options » (histoire, sciences, EPS, la réflexion sur les savoirs...) au-delà du socle commun et du tronc commun en lycée ; aux établissements pauvres (collectivités et familles sans les moyens...) le minimum et le transfert aux centres de loisirs dévoyés de leur mission. Dans l’enseignement supérieur, d’un côté quelques « pôles d’excellence » concentrant les moyens en offrant des formations spécialisées et de l’autre des universités se limitant à la licence, sans recherche, avec des formations appauvries.Un projet alternatif doit donner à voir les acquis de l’école publique sans défendre le statu quo. Redéfinissons la scolarité unique pour davantage d’égalité. Redéfinissons les filières à partir du lycée pour que chaque jeune puisse aller au bout de ses possibilités, avec des formations reconnues par des diplômes nationaux.Les collectivités peuvent être des pôles de résistance : relais des exigences, carte des formations, périscolaire, qualité des bâtiments… et des lieux d’expérimentation pour la construction d’une politique éducative relevant les défis d’une société des savoirs.La lutte contre les inégalités sociales et territoriales est essentielle s’appuyant sur les bassins de vie dans une métropole solidaire, équilibrée et citoyenne. Il s’agit de faire émerger une école de l’égalité, de la justice et de la réussite pour tous s’appuyant sur l’intervention citoyenne (collectifs locaux, Conseils régionaux de l’enseignement supérieur et de la recherche…)Il faut réaffirmer la nécessité d’une politique nationale de l’éducation dans une logique de service public : défense de la fonction publique, favoriser les coopérations, porter une exigence démocratique, présence de formations de qualité sur tous les territoires, financements pérennes orientés vers la satisfaction des besoins sociaux.
le réseau école du PCF

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