LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 16 octobre 2018

La France est un Etat de droit : Liberté pour Georges Ibrahim Abdallah !



16/10/2018 - PCF
Dirigeant du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Georges Ibrahim Abdallah, aujourd'hui âgé de 62 ans, a été arrêté en 1984 en France et condamné une première fois en juillet 1986 pour "faux et usage de faux" puis, en 1987, pour complicité d'assassinat.
Il est libérable depuis 1999 mais toutes les demandes de remise en liberté ont été rejetées ou cassées en seconde instance après que des pressions politiques soient exercées pour le maintenir en détention au motif qu'il n'a pas "exprimé de regrets" pour les faits imputés.
La peine de prison effectuée par Georges Ibrahim Abdallah équivaut à plus du double d'une peine de sûreté de 15 ans.
Son maintien en détention obéit à l'évidence à des motifs politiques. Les autorités israéliennes et étasuniennes sont chaque fois intervenues pour l'exiger des gouvernements français successifs transformant la justice française en instrument de vengeance, contraire à tout principe de droit dans notre pays.
Georges Ibrahim Abdallah est, à ce jour, le plus ancien prisonnier politique d'Europe et il est incarcéré en France, à la prison de Lannemezan.
A la veille de la manifestation du 20 octobre devant la prison de Lannemezan et de la semaine de mobilisation du Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le Parti communiste français (PCF) exige une nouvelle fois sa libération immédiate en respect et application des règles de droit et de la défense de la justice française.


lundi 15 octobre 2018

« L’AIDE ET LES QUESTIONS », L’ÉDITORIAL DE MAURICE ULRICH DANS L’HUMANITÉ DE DEMAIN, MARDI


On reste abasourdi devant le bilan des pluies diluviennes qui ont ravagé l’Aude et la région de Carcassonne. Onze morts en une nuit. Comment est-ce possible ? Mais d’abord, il est question d’aide, de solidarité.
Des villages ravagés, des routes détruites, des cultures dévastées, des familles sinistrées. C’est vers elles et vers les agriculteurs que doit se tourner notre soutien et c’est à elles et eux que les pouvoirs publics doivent, tout de suite, porter secours et assistance. Le premier ministre s’y est engagé sur place, les actes doivent suivre. On sait que cela n’a pas été exactement le cas, c’est le moins qu’on puisse dire, aux Antilles. Les actes doivent suivre tout autant pour les sociétés d’assurance et l’État doit y veiller. On connaît trop d’exemples où, les indemnisations tardant, les déclarations généreuses se transforment en questionnaires tatillons, voire en fins de non-recevoir.
Comment est-ce possible ? Le phénomène est exceptionnel. Il faut remonter à 1891 pour trouver une telle crue dans la vallée de l’Aude. Mais au cours des trente dernières années, les épisodes cévenols meurtriers se sont répétés régulièrement. Nîmes, Vaison-la-Romaine, le Var, la Corse. En 2014, 14 épisodes violents affectent le Sud-Est en six semaines et en trois mois ils sont quatre à cinq fois plus nombreux que la normale, s’il y a encore une normale. On ne peut, au vu de ces drames qui se sont au total soldés par des dizaines de morts, s’en tenir à la fatalité et aux sautes d’humeur du climat. On a, à chaque fois, évoqué l’aménagement du territoire, le drainage des cours d’eau, les constructions en zones inondables, l’arasement des sols en zones constructibles… Des solutions partielles ont été apportées mais elles restent insuffisantes, la preuve en est encore faite de façon dramatique. Alors que l’on pressent et que l’on peut même penser, selon nombre de scientifiques, que ces phénomènes vont devenir plus fréquents et plus graves, il est du devoir des citoyens d’exiger des réponses d’une tout autre ampleur et il est du devoir des pouvoirs publics et de l’État de ne pas s’y dérober.

Loi Blanquer : la loi du marché éducatif contre l'égalité.



Une énième réforme de l’école est présentée ce jour au Conseil supérieur de l’éducation. Un projet de loi qui s’attaque à tous les sujets, de l’âge de l’instruction obligatoire au financement de l’enseignement privé en passant par le développement de l’expérimentation et de l’évaluation. Jean-Michel Blanquer déclarait pourtant quelques mois après son arrivée Rue de Grenelle que « l’école n’a pas besoin, à chaque alternance politique, d’une nouvelle loi ».

L’enseignement privé est le grand gagnant de la réforme puisque les communes devront désormais le financer dès la maternelle, par le biais de l'obligation scolaire à partir de trois ans. Un coût que l’État s’engage à prendre en charge pour l’année à venir… au détriment des moyens accordés à l’école publique.

De même, sous couvert d’expérimentation, le ministère entend encourager le développement d’offres éducatives des plus diverses, publiques comme privées. Balayant le caractère national de l’éducation, on veut donner aux familles la liberté de choisir l’école de leurs enfants en fonction des choix pédagogiques et didactiques de chaque établissement. Un marché ouvert qui renforce les inégalités entre les élèves.

La liberté et l’autonomie des acteurs s’arrêtent cependant aux portes du ministère puisque ce même projet de loi propose de substituer au CNESCO, instance indépendante d’évaluation des politiques éducatives reconnue par la profession, un organisme placé sous le joug du ministre lui-même.
L’évaluation est réduite à l'état d'un outil de contrôle des établissements et des personnels, qui n'ont que le libre choix d'obéir aux injonctions et fantaisies ministérielles.
Ce projet de loi s’oppose une nouvelle fois au principe d’égalité, sur lequel est fondé l’école publique.

Le Parti communiste français sera de toutes les batailles face à ce nouveau coup de force de Jean-Michel Blanquer. Avec son réseau école et avec tous les acteurs de l’éducation, le PCF propose de construire une école de l’égalité et de l’émancipation.


dimanche 14 octobre 2018

MOBILISATIONS. MANIFESTATIONS CLIMAT ET POLITIQUE : JE T’AIME, MOI NON PLUS



Près de 120 000 personnes ont manifesté, samedi, pour exiger des actions immédiates en faveur du climat. Un mouvement qui se revendiquait apolitique. Non sans nuances.
Des ours polaires à la mine offensive, des fleurs dressées comme des armes de réaction massives, des slogans balançant entre alerte et humour… cinq jours après la publication du rapport du Giec démontrant que la limitation du réchauffement à 1,5 °C se joue tout de suite ou jamais, près de 120 000 personnes ont manifesté, samedi, à travers la France, pour exiger des actions immédiates en faveur du climat.
Comme pour les marches qui avaient suivi la démission de Nicolas Hulot, l’appel a été lancé via les réseaux sociaux, par des acteurs plaidant l’apolitisme de la démarche. À Paris, où près de 30 000 personnes ont défilé entre Opéra et République, syndicats, partis et même grandes ONG étaient invités à déployer leurs banderoles en queue de cortège afin de laisser place à un « mouvement créatif et populaire dans lequel toutes celles et ceux qui le souhaitent peuvent s’impliquer ». Certains y ont vu une condition pour que la mobilisation s’élargisse. D’autres, un rejet du politique n’offrant qu’une perspective limitée de changement de fond. Le cortège, dans l’ensemble, portait à tout le moins la volonté d’interpeller les décideurs, voire de pousser à « transformer le système ». Alors, politiques ou pas, les manifestations pour le climat ?
« Si se battre pour des valeurs, c’est faire de la politique, alors oui, c’est ce que nous faisons », conclut Céline, après une minute de réflexion. La vingtaine, des cheveux noirs qui lui retombent en cascade sur l’épaule et un tee-shirt estampillé aux armes d’Alternatiba, elle arrive d’Argenteuil, dans le Val-d’Oise, où son association tient, une fois par mois, une « gratiféria ». « C’est une forme de marché non commercial, où chacun donne ou récupère gratuitement des objets d’occasion », explique Céline, qui y voit une façon de lutter contre une surconsommation coûteuse en ressources et en énergie. Une échelle d’actions qui, en outre, lui convient, elle qui, sans manifester de rejet des structures politiques classiques, explique ne pas y retrouver ses petits. « Je préfère rester en dehors. J’aurais le sentiment d’être… dans une case, de réduire mon champ d’action », poursuit-elle. « Savoir ce que je mange et à qui je donne mon argent, c’est ma façon de voter », explique la jeune femme, également engagée, via une Amap, dans la défense de l’agriculture bio et relocalisée. « Je me retrouve plus dans ce type de mouvement, sans hiérarchie, qui donne le même espace de décision à tous. »
«L’apolitisme fait toujours le jeu de la droite ! » 
Même génération, même remarque : Ségolène porte pour la première fois le gilet jaune fluo d’ANV-COP21. « Il y avait un appel, sur les réseaux sociaux, à venir aider à l’organisation de la manifestation. J’avais envie d’agir, j’ai répondu, on m’a rappelée et voilà : j’organise », raconte celle qui, il y a peu, militait encore à la Jeunesse communiste. « Bien sûr qu’il s’agit ici de dire stop aux politiques climaticides », ajoute-t-elle tout en notant, à l’instar de Céline, ne pas être sûre de trouver dans les partis l’outil qui lui convient le mieux pour cela. « Si je devais adhérer, ce serait au PCF », note-t-elle sans flagornerie. « Mais, pour le moment, je me sens plus à l’aise dans un mouvement où tous les points de vue se confrontent. »
Garance, même âge, est plus ouvertement méfiante à l’égard de la politique, trop clivante à son goût. « L’apolitisme, c’est justement ce qui me permet de m’impliquer », précise la jeune femme, qui s’occupe de distribuer un « pacte finance-climat », déjà cosigné par une centaine de personnalités… dont Laurence Parisot. Aucun risque de greenwashing nominal, venant de l’ex-patronne du Medef ? « Peut-être un peu… admet Garance. Mais cela montre aussi que cette proposition est réalisable, non ? »
« L’apolitisme fait toujours le jeu de la droite ! » peste pour sa part Valérie, la trentaine, taclant ledit pacte et ladite signature. Près d’elle, Sébastien arbore l’autocollant rouge du PCF sur la poitrine. Tous deux sont militants dans le 12e arrondissement de Paris. « On se bat aux côtés des cheminots contre la casse du fret ferroviaire ou pour remettre en circulation le train de la ceinture verte », détaille-t-elle. « Ces luttes sont aussi celles du climat. Mais la remise en question doit être plus globale, poursuit la jeune femme. Les solutions existent partout, mais c’est faux de laisser croire que tout le monde les défend. »
Marie-Noëlle Bertrand

« Horloges détraquées », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité de demain lundi !



Qui peut nier que nous assistons à une crise gouvernementale d’ampleur? Or, entre la crise gouvernementale et la crise politique, il n’y a qu’une frontière: la crise de confiance. Nous y sommes.

Au cas où vous l’auriez oublié –soit par lassitude, soit par désintérêt–, nous devrions connaître en ce début de semaine le nouveau casting gouvernemental. Ce lundi? Mardi? Un peu plus tard? À ce niveau de suspense et d’attente, nous ne savons que penser, sinon que, à l’évidence, la «volonté de faire au mieux», brandie par l’exécutif, masque mal les épouvantables difficultés de ressources humaines du côté de la start-up nation… Après deux semaines de tergiversations, de rumeurs et d’informations contredites, Emmanuel Macron et Édouard Philippe n’avaient pas «complètement calé» le dispositif, hier, selon des indiscrétions venant de l’Élysée. On nous affirme que le maître des horloges assume de prendre son temps. Mais le maître ressemble à un apprenti retardataire peinant dans la recherche du temps perdu; quant aux horloges, elles paraissent bien détraquées pour qui se prend pour Jupiter et prétend gérer les affaires de l’État avec «le devoir de faire vite».

Vu que nous n’attendons rien de neuf de nouvelles têtes au service absolu d’un pouvoir personnel, nous pourrions nous amuser de cette situation surréaliste et nous rassurer joyeusement en nous disant qu’une chimère politique est définitivement en train de s’effondrer. Le symptôme est pourtant grave. Qui peut nier que nous assistons à une crise gouvernementale d’ampleur? Or, entre la crise gouvernementale et la crise politique, il n’y a qu’une frontière: la crise de confiance. Nous y sommes. Et même au-delà. L’illusion du «et de droite et de gauche» a vécu et avec elle s’estompe progressivement l’escroquerie politique et intellectuelle du macronisme. Début octobre, le président déclarait: «J’observe, j’écoute, j’entends», ajoutant qu’il admettait ne pas être «parfait» au point de vouloir se«corriger». Deux semaines plus tard, la correction est sévère. Colmater les brèches gouvernementales ne renversera pas l’injustice à tous les étages qui caractérise ce quinquennat… et encore moins l’opinion des Français.

vendredi 12 octobre 2018

Communiqué du DAL : « la Mairie de Romainville expulse les habitants de 2 immeubles » Rendez-vous à 16 h place de la laïcité !


 

NOUS PUBLIONS LE COMMUNIQUÉ DE LA FÉDÉRATION DROIT AU LOGEMENT (DAL)
Paris le 12 octobre 2018
ROMAINVILLE (93)
 La mairie expulse les habitants de 2 immeubles !

D’importantes forces de police, appuyées par la police municipale, ont procédé à partir de 6h30 ce matin à l’expulsion de 12 ménages, habitants du 3 Avenue de Verdun et du 4 rue de la République à Romainville (proche de la place Carnot).

Les meubles ont été déménagés et transférés dans un garde meuble éloigné du Val d’Oise.

Cette expulsion fait suite à un arrêté de péril imminent très contestable pris, le 27 septembre dernier par la Maire de Romainville, avec interdiction d’habiter et évacuation sous 48h.

Après une première tentative, le 28 septembre, de virer les habitants à l’aide de la seule police municipale, la Maire a obtenu des services préfectoraux le concours de la police nationale.

Un arrêté de péril imminent avait déjà été pris depuis 2014 par la mairie de Romainville qui aurait du, 6 mois après devant l’inertie du propriétaire des 2 immeubles, faire des travaux de confortement et de sécurisation au frais du propriétaire afin de protéger les habitants.

De plus, dès 2012,  un arrêté du Préfet avait ordonné au propriétaire, et à défaut à la mairie, de sortir des bouteilles de gaz stockées dans la cave du 3 Av de Verdun. Elles y sont toujours !!!

La Mairie est restée inactive depuis et les habitants, dont 10 enfants scolarisés sur la ville, sont aujourd’hui expulsés sans relogement :

C’est irresponsable car elle a laissé les habitants en situation de danger pendant 6 ans, puisque les bouteilles de gaz sont toujours dans la cave, et que le péril imminent débouche aujourd’hui sur une expulsion au petit matin.

Cette inertie aussi bien de la mairie que du propriétaire cacherait elle des petits calculs sur le devenir d’un immeuble trop bien situé, à proximité d’une nouvelle station du metro parisien et trop mal habité à leur gout ?…

La Mairie de Romainville a eu 2 semaines pour trouver des solutions de relogement pour tous les habitants. Une seule de ces familles est en cours de relogement sur les quatorze qui se sont faites connaître. Que vont devenir les autres ?

Nous exigeons le relogement de tous les habitants évacués ce matin, au besoin par voie de réquisition comme à Montreuil, et appelons à la solidarité !

Droit au Logement soutient les familles expulsées et exige :

·        Le relogement immédiat de tous les habitants et leurs familles
·        Leur mise en sécurité et leur hébergement décent en attendant
·        L’arrêt des expulsions et le relogement préalable des locataires et habitants menacés
·        Le respect de la loi DALO, du droit à l’hébergement, et la réquisition des logements vacants
·        La réalisation massive de HLM à bas loyers, l’arrêt de sa marchandisation et le relèvement des APL

Rendez Vous à 16 heures
devant la Mairie de Romainville, Place de la Laïcité


« Égalité », l’éditorial de Michel Guilloux dans l’Humanité de ce jour !



 À pas de loup et sur des œufs, tels sont le rythme et le terrain de la réforme des retraites « en marche ». Nommer un haut-commissaire, mettre sur pied un « atelier prospectif citoyen », réunir huit « ateliers participatifs » en régions, créer un site Internet…que ce soit sur l’assurance-chômage, le réforme des collectivités territoriales ou le changement à opérer dans le système de soins et de protection sociale, fort curieusement aucun de ces outils consultatifs n’est utilisé par le gouvernement. Pas une interview des animateurs de cette belle opération, pas une page des dits sites qui ne répète que l’objet de la future réforme des retraites est d’être « plus simple, plus juste, plus égale ».

Si l’on suivait Agnès Buzyn et Jean-Paul Delevoye, depuis deux jours, cette réforme « plus simple, plus juste » ne touchera pas à l’âge légal de départ, réduira le nombre de régimes spéciaux dont chacun pourra tout de même être conservé au cas où, ne lèsera en rien les veuves, les mères, les chômeurs, les salariés à revenu modestes, les précaires…Un des multiples dossiers consultables en ligne va jusqu’à s’intituler : « Ce que la réforme ne va pas changer », Ne serait-ce pas trop audacieux ? On est rassuré, si l’on ose l’écrire, lorsqu’on lit que le futur projet de loi toujours pas sorti de ses cartons vise à rendre le système des retraites « plus adaptables aux crises qui peuvent survenir à l’avenir : crise démographique, économique, financière, etc. ». Le système de points qui vise à remplacer la cotisation par trimestre, présente en effet une caractéristique aussi essentielle que discrètement absente de tous ces bons outils de com : pouvoir réduire mécaniquement le montant des pensions par la révision à la baisse du dit point ; et cela sans avoir besoin d’atelier participatif ni de consultation du Parlement et des syndicats, et surtout sans écorner le moindre centime de profit ou d’argent public accaparé par les grandes fortunes. En attendant, ou surtout pas, rappelons-nous que l’égalité est une passion française. On n’en joue pas impunément.

jeudi 11 octobre 2018

« DRÔLES DE MIGRANTS… », L’ÉDITORIAL DE PATRICK APEL-MULLER DANS L’HUMANITÉ DE CE JOUR !


Ceux-là ne se sont pas échoués sur une plage méditerranéenne. Ils portent costumes, mallettes et montres de prix. Quoique, évadés, ces « migrants » n’ont pas la police aux trousses.
Ils ont pignon sur rue et occuperont un palace, le Martinez, à Cannes. Comme nous le révélons dans nos colonnes, un Salon de l’évasion fiscale va se tenir les 9 et 10 novembre en toute impunité dans la vitrine mondiale du cinéma. Nous montrons comment peuvent ainsi se retrouver les acteurs du pillage qui assèche les ressources des peuples : les avocats fiscalistes renommés pour leurs acrobaties financières, les agences d’immobilier de grand luxe pour faciliter « la belle » des richissimes fraudeurs, les représentants d’États qui permettent ces opérations et vendent des passeports dorés, les banques qui rendront inaperçus les flux de liquide trouble et faciliteront l’expatriation de capitaux… Un concentré de mécanismes pervers et d’acteurs bien mis.
Peut-être se trouvera-t-il dans ce beau monde quelques confrères, qui jouent les tour-opérateurs de l’évitement de l’impôt. À Cannes, ils trouveront toutes les ficelles pour fuir les taxes sur les successions, pour conseiller les prélèvements les plus indolores sur les grosses fortunes, et échapper aux poursuites judiciaires grâce à un changement de nationalité. Leurs conseils écrits noir sur blanc appâteront les gros poissons.
La perte pour les finances publiques générée par l’évasion fiscale n’est pas l’aléa négligeable de la mondialisation capitaliste. Elle en est un des ressorts et un argument pour ses thuriféraires. L’évaluation oscille entre 17 000 et 25 000 milliards d’euros. Le phénomène, gentiment toléré par les gouvernants, alimente une concurrence pour le moins-disant social et salarial.
Pour contrer le fléau de l’injustice fiscale et sociale, il faudra plus que les mesurettes qu’a concédées mercredi le gouvernement. Le sujet, hier dissimulé, est en train de devenir un enjeu citoyen.

L'humanité n'attend plus !


Le Parti communiste français appelle à participer à la nouvelle marche pour le climat organisée, le 13 octobre prochain, partout en France. Car le nombre et l'ampleur des événements climatiques se multiplient comme ces derniers temps encore en Indonésie, frappant très durement les populations pauvres et démunies.

Le rapport spécial du GIEC commandé par l'ONU qui a paru le 8 octobre vient nous le rappeler, si nécessaire. Il est encore possible d'éviter un enchaînement des catastrophes pour les décennies à venir. Toutefois, il y a urgence. Pour cela l'augmentation de la température à la surface du globe doit être limitée à 1,5°C, ce qui déjà ne sera pas sans conséquence. Pas d'autre alternative donc que de réduire de 45% nos émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050.

C'est vrai pour la France où l'on constate depuis 2015 la relance d'une augmentation de nos émissions due à une forte utilisation des énergies carbonées. L'accumulation de ces retards sont très préjudiciables à la qualité de la vie de toutes et tous.
Le climat est une affaire trop sérieuse pour être laissée entre les mains de dirigeants, même les mieux intentionnés. Au contraire l'écologie, le climat ont besoin, au quotidien et dans tous les domaines (énergie, agriculture, forêts, océans, transports, industries et bâtiments...), de l'intervention solidaire de femmes et d'hommes, de citoyen·ne·s et de salarié·e·s toujours plus actifs et déterminés à mettre en cause le système productif dominant planétaire responsable du réchauffement climatique.
Face aux bons mots de Macron sur la scène internationale, l'heure est à la mobilisation de tous les secteurs de la société. Or c'est pourtant le moment où l'homme désigné « champion de la Terre » ampute le ministère de l'Environnement de plus de 1300 fonctionnaires. C'est inconcevable !

Plus que jamais, la lutte contre le réchauffement climatique ici, en Europe et dans le monde exige la fin des politiques d'austérité.
Contre l'égoïsme d'une minorité, notre place est dans la rue pour exiger une autre politique de progrès social et écologique. L'humanité n'attend plus, elle se mobilise !

PLFSS 2019 : un mensonge d’Etat qui cache un assèchement programmé des ressources de la Sécurité sociale


Encore une fois, le gouvernement manie le mensonge avec dextérité et impudeur pour camoufler son objectif de casse de notre système de protection sociale solidaire et universel.
Après le plan « ma santé 2022 », véritable changement de paradigme en matière de système de santé public qui marginalise l’hôpital public et en attendant le projet sur les retraites, le dossier de presse du prochain PLFSS du gouvernement manipule concepts et chiffres, pour avancer , masqué sur des objectifs financiers très élevés.
Dans le même élan, le document annonce triomphalement la fin du déficit du régime général pour l’année 2019, et sa volonté de poursuivre la baisse des dépenses publiques et sociales, ceci expliquant cela !
Le gouvernement fixe royalement un Objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) à 2,5%, soit +0,3% que prévu, alors qu’il faudrait au minimum 4,5% pour financer les dépenses de santé qui progressent naturellement sous l’effet du vieillissement et du progrès technique : c’est donc une nouvelle ponction, sans plus d’alibi du fameux »Trou », que le gouvernement entérine avec 3, 8 milliards d’économies supplémentaires sur les dépenses de santé en 2019 !
Aves l’effet de l’inflation cumulé, cet ONDAM sera en réalité le pire de la dernière décennie, et des dépenses qui n’évolueront que de 1,9% !
Baisse de remboursements, remise en cause de prestations universelles comme des droits à la retraite, fermetures de maternités et étranglement financier des hôpitaux publics et des EHPAD, voilà ce que représente en vérité les ONDAM votés ces dernières décennies par les Parlements successifs : organiser méthodiquement la baisse des dépenses financées par la Sécurité sociale, pour baisser d’une manière constante le coût du travail, pour satisfaire sans vergogne la course au profit financier des entreprises ! Le gouvernement prévoit ainsi pour 2019 de transformer le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE) et diverses taxes en exonérations de cotisations patronales permanentes, soient 20 milliards d’euros disponibles immédiatement ! Celles-ci pourraient en outre ne pas être compensées entièrement, sous couvert d’une fusion des deux lois de financement…
Quant à la baisse des cotisations des salarié-e-s, au nom du pouvoir d’achat, sensée être compensée par la honteuse augmentation de la CSG de 2018, reste un leurre et surtout pour les retraité.e.s qui la supportent entièrement : une perte de pouvoir d’achat insupportable inscrite dans la durée !
Le comble est atteint avec l’objectif macroniste de « zéro reste à charge » pour l’optique, le dentaire et l’appareillage, qui n’est que la voie royale ouverte au monde assurantiel, et maintient les inégalités d’accès à la santé. Nous sommes loin du 100% Sécu ! 
Enfin, malgré les déclarations de la Ministre, les hôpitaux publics restent les sinistrés de ce PLFSS avec 910 millions d’économies, au nom de la structuration de l’offre de soins, du tout ambulatoire ! Ils continueront à crouler sous les déficits, l’endettement et les personnels de réclamer à corps et à cri des moyens pour faire correctement leur travail.

mercredi 10 octobre 2018

« TEMPS PERDU », L’ÉDITORIAL DE PATRICK APEL-MULLER DANS L’HUMANITÉ DE CE JOUR !


Les défilés syndicaux d’hier – plus puissants que le prédisaient les oracles gouvernementaux – témoignent d’une évolution qui devrait alerter l’Élysée. Les métiers et les revendications convergent plus qu’ils ne voisinent. 
La rumeur s’avère un symptôme inquiétant. La majorité bruisse de fausses informations. Le remaniement est d’abord imminent, son scénario est écrit, puis il est repoussé, il sera ample à 9 heures et plus limité à 15 heures, Édouard Philippe va présenter sa démission et être renommé dans la foulée… Les pressentis jouent la modestie, les autres attendent leur tour, riches des espérances suscitées par des démissions en cascade. L’horloge du maître indique une heure et en sonne une autre… Le feuilleton du pouvoir personnel tourne à l’indécision persistante.
Comment de nouvelles têtes pourraient-elles convaincre quand le cap ne change pas ? L’impopularité du pouvoir ne tient pas tant à l’arrogance d’un président, à une « pédagogie » insuffisante, comme le murmurent les cadres de la start-up nation, qu’à la prise de conscience rapide des vrais ressorts du macronisme. La proclamation de la jeunesse cachait les vieilles recettes libérales ; la modernité masquait une brutalité contre les milieux modestes ; le nouveau monde dissimulait les techniques les plus autoritaires de l’ancien ; les prêches sur l’émancipation préparaient des précarités généralisées et la culpabilisation de ceux qui ne trônent pas parmi les très riches. Il ne suffira pas de colmater les brèches autour de la table du Conseil des ministres pour renverser l’opinion des Français.
Un signe le confirme. Les défilés syndicaux d’hier – plus puissants que le prédisaient les oracles gouvernementaux – témoignent d’une évolution qui devrait alerter l’Élysée. Les métiers et les revendications convergent plus qu’ils ne voisinent. L’appréciation sur le sens des choix du pouvoir est plus globale, reliant le particulier des difficultés aux orientations générales. Des retraités aux hospitaliers, des étudiants aux cheminots, la régression macronienne s’évalue progressivement comme un même mouvement. Cette faille ne sera pas comblée par le remaniement qui ne manquera pas d’advenir. Sans susciter d’espoir.

lundi 8 octobre 2018

« CEUX QUI SE PLAIGNENT », L’ÉDITORIAL DE MICHEL GUILLOUX DANS L’HUMANITÉ DE DEMAIN MARDI



Preuve s’il en est que la Macronie ne traverse aucune crise, le gouvernement va être remanié en profondeur. 
Si l’épisode Benalla en a été l’épicentre cet été, les démissions successives en sont des répliques qui dénotent la faiblesse de l’exécutif, revers de la médaille du raid réussi sur le champ politique en 2017. Un peu plus d’un an a passé et déjà s’estompe l’illusion du « et de droite et de gauche ». Code du travail, SNCF, amputation des aides au logement pour les plus jeunes ou des pensions pour les plus vieux, hôpitaux saignés par les logiques comptables, Ehpad qui révèlent un système inhumain, chasse aux chômeurs, sélection sociale aggravée à l’entrée de l’enseignement supérieur, casse de l’enseignement professionnel… mais transformation des 27 milliards du Cice en cadeaux renouvelables aux entreprises, sans aucune contrepartie demandée en termes d’emplois et d’environnement : il devient de plus en plus aisé de repérer de quel côté penche la balance.
D’un adolescent qu’il tance parce que ce jeune sifflote l’Internationale dans un lieu de mémoire où furent massacrés ceux qui la chantaient sous les balles à de paisibles retraitées survivant avec à peine 500 euros par mois à qui il ose reprocher de « se plaindre », on remarque le même fil du mépris du privilégié face aux cibles et victimes de sa politique. En effet, comme le dit Philippe Martinez dans nos colonnes, il y a bien un aspect « hors-sol » chez les partisans obstinés et fanatiques de la mise en coupe réglée du pays au seul bénéfice des tenants du profit immédiat. La prochaine étape est de supprimer toute visibilité sur les futures pensions de retraite des salariés d’aujourd’hui, voire sur l’âge de cessation d’activité. Toute la logique égoïste du tout-libéral est dans cette traque de l’esprit de solidarité qui se niche désormais au cœur de la fiche de paie. L’autre jour, à Colombey-les-Deux-Églises, le chef de l’État a eu ces autres mots : « Le Français ne voit que ce qu’on lui enlève. » Qu’y a-t-il d’autre quand on ne s’appelle ni Bernard Arnault ni Geoffroy Roux de Bézieux ?

« Le temps de l’écocommunisme », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Le réchauffement climatique s’emballe. Les États, dont la France, ne tiennent pas leurs engagements, les phénomènes violents se multiplient, les températures moyennes grimpent à un rythme qui pourrait atteindre 1,5° C d’augmentation en 2030. Les experts du Giec livrent un constat alarmant. Les flots de bonnes intentions comme la cécité de Donald Trump ne sont plus de mise. Pourtant, le rapport des 86 scientifiques, spécialistes mondiaux du phénomène n’est pas désespéré : l’humanité a encore son sort entre les mains. Mais il n’est plus temps de finasser ou de rêver qu’une finance verte bienfaisante ruissellera sur notre environnement.

Les décisions devront être radicales et dépasser le cadre étriqué des efforts individuels. Un autre cadre de production doit se mettre en place. Le profit maximal ne peut plus être la boussole de la mondialisation et le capital doit être privé de son pouvoir qui impose l’avidité à court terme. Progrès social et qualité de l’environnement deviennent inséparables : produire comment et pour qui devient une seule et même question. Le remplacement des énergies fossiles, la priorité aux transports collectifs, la construction de logements à haute qualité d’isolation thermique, des stratégies de codéveloppement doivent s’imposer. L’avenir des hommes et de la vie sur cette planète réclame de s’émanciper de la logique capitaliste, bref une révolution.

Le rapport du Giec met chacun et tous face à un impératif de civilisation et un besoin de mobilisation. Il ne s’agit pas d’un dossier comme les autres, glissé dans le tiroir d’un ministre de l’Environnement mais du fil rouge à suivre pour les militants politiques et les responsables associatifs, pour les syndicalistes et les scientifiques, dans les collectivités publiques comme dans les entreprises. Le biophysicien Pierre Joliot interrogeait : « Une société qui survit en créant des besoins artificiels pour produire efficacement des biens de consommation inutiles ne parait pas susceptible de répondre aux défis posés par la dégradation de notre environnement. » Nous y sommes.

vendredi 5 octobre 2018

Attaque du siège de SOS Méditerranée : Ian Brossat demande au Premier Ministre la dissolution de « Génération identitaire »



05/10/2018 - PCF
Ce vendredi, vers 14 heures, une vingtaine de militants de Génération Identitaire se sont introduits illégalement au siège de SOS Méditerranée à Marseille, afin d’expulser de force les salariés de l’ONG qui affrète l’« Aquarius ».
Face à cette nouvelle phase de violence politique menée par l’ultra-droite, il est désormais temps de faire respecter l’État de droit dans notre pays et de mettre fin au trouble manifeste à l’ordre public.
Compte tenu de ce contexte nouveau, Ian Brossat interpelle le Premier Ministre, Édouard Philippe, qui exerce les fonctions de Ministre de l’Intérieur par intérim, afin de procéder à la dissolution dans les plus brefs délais du groupuscule d’extrême-droite Génération identitaire. Une inaction du gouvernement vis-à-vis de ce groupuscule, qui n’en est pas à sa première opération, serait un laxisme coupable.
Le chef de file du Parti communiste français aux élections européennes appelle l’ensemble des forces citoyennes, associatives et syndicales à se mobiliser, ce samedi, à l’occasion des rassemblements de soutien à SOS Méditerranée et faire barrage à l’extrême-droite.

« Revanche en noir », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !




Ils préparent une revanche. Les messieurs bien mis qui font les hauts et les bas de la bourse brésilienne auraient préféré un candidat plus présentable. Leur favori, à la peine, ils reportent leurs espoirs de revanche sur un fasciste pur sucre, familier des militaires putschistes, amateur de privatisations et de répression : Jaïr Bolsonaro. Son populisme l’a placé en tête des intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle. Les oligarques de Rio et de Sao Paulo espèrent parachever avec lui une entreprise qui court depuis plusieurs années. Ella a débuté par la destitution de la présidente Dilma Rousseff par une coalition de parlementaires réactionnaires et de députés affairistes compromis dans des scandales. Elle s’est poursuivie par un mauvais procès fait à Lula et son emprisonnement pour empêcher le leader charismatique du Parti des travailleurs d’être réélu président. Un complot des pourris et des nantis pour reprendre le terrain gagné par les déshérités brésiliens, accaparer la quasi-totalité des cent quarante et une entreprises publiques, broyer les retraites dans leur capitalisation, comprimer les dépenses publiques et en premier lieu les budgets sociaux.

Ce projet au long-cours – comme le continent en a connu plusieurs – a d’abord trouvé un accueil complaisant parmi les décideurs occidentaux et les grands médias. Ces paysans sans terre et le petit peuple des favelas et des usines étaient devenus des acteurs politiques trop menaçants pour les latifundiaires et les financiers brésiliens ou internationaux qui mettent en coupe réglée le géant de l’Amérique latine. Et qu’importe finalement si leur champion a une sinistre allure…les affaires, dit-on dans ces milieux, étaient meilleures sous les généraux à visières et lunettes noires.

La partie n’est pas jouée cependant. Fernando Haddad, du PT, et sa colistière communiste se sont fait connaître dans la campagne. Ils progressent régulièrement et incarnent désormais le vote social, le choix démocratique, l’humanisme. Le Brésil n’a pas encore basculé dans un trou noir.

jeudi 4 octobre 2018

« La chienlit, c’est lui…, l’éditorial de Maud Vergnol dans l’Humanité de ce jour !



Tout était réglé comme du papier à musique. Sous le crépitement des flashs des photographes, Macron prendrait la pose devant la tombe du général de Gaulle, puis se recueillerait devant la croix de Lorraine, avant un bouquet final au Conseil constitutionnel pour souffler les 60 bougies de la Ve République…Un storytelling impeccable, apte à rasseoir sur son trône un monarque républicain fragilisé depuis l’affaire Benalla. Mais, voilà, Emmanuel Macron n’a plus la baraka. Et comme disait le général de Gaulle, « les emmerdes, çà vole toujours en escadrille ». Pire, la démission rocambolesque de Gérard Collomb tombe au plus mauvais moment. Le cliché d’Emmanuel Macron à Colombey-les-Deux-Églises risque plutôt d’immortaliser le constat de faillite d’une Ve République à bout de souffle, maintenue sous assistance respiratoire par le « malentendu » Macron.

Un autre pilier de la Macronie vient de s’écrouler. Après François Bayrou et Nicolas Hulot, Gérard Collomb est le troisième ministre d’État qui jette l’éponge en moins de dix-huit mois. Du jamais-vu ! Alors, n’en déplaise au locataire de l’Élysée, oui, il s’agit bien d’une crise politique. D’autant que les conditions du départ du ministre de l’Intérieur, condamnant l’ancien « maître des horloges » au rôle de spectateur impuissant, en disent long sur les grandes fragilités d’un pouvoir dont le capital politique s’est réduit comme peau de chagrin. Piqué au vif pour avoir servi de fusible dans l’affaire Benalla, Gérard Collomb ne part pas sur un désaccord politique. Il sort de la place Beauvau par la petite porte, laissant pour héritage l’inique loi asile et immigration, pour laquelle il aura justifié la détention administrative des enfants et distillé le venin populiste en parlant de « submersion ».

Cette fuite marquera un tournant décisif dans le quinquennat. C’est le caractère véritablement imprévisible des commencements qui fait le politique, rappelait il y a peu le psychanalyste Roland Gori dans nos colonnes. Le chapitre jupitérien est tourné, mais l’aventure macroniste loin d’être terminée. À la gauche de progrès, maintenant, d’inventer la suite de l’histoire.

mercredi 3 octobre 2018

CICE, activité et emploi : de nouveau une belle opération d’enfumage (Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF)



03/10/2018 - PCF
A en croire le titre de l’article publié ce jour dans « Les Échos », « la bascule du CICE en baisse de charges créerait 100.000 emplois en trois ans, selon Bercy ». Je ne reviens pas ici sur le premier bilan qui a pu être établi sur les effets du CICE (20 milliards par an). Que tchi en termes de création d’emplois. Les entreprises ont reconstitué leurs marges et ont continué à rémunérer le capital avec des records en termes de dividendes.
Qu’à cela ne tienne. On nous ressert aujourd’hui la même fable. D’après le trésor, via un document annexé au projet de loi des finances 2019, la transformation du CICE augmenterait le PIB national de 0,2 point d’ici 2021 avec la création nette de 100 000 emplois. On trouve dans cet article une remarquable illustration du « et en même temps » macronien. « Les entreprises toucheront le montant du CICE au titre de l’exercice 2018 pour un montant de 20,4 milliards d’euros et en même temps, chaque mois, elles bénéficieront de la baisse de charges pour une somme équivalente sur l’année ». Un très joli pactole. Cette estimation vient contredire une première version du rapport produit par le comité de suivi du CICE. Ce comité, qui avait justement été mis en place pour faire un peu de clarté sur l’utilisation du CICE et sur les résultats en termes d’emploi, précisait alors que la transformation du CICE « aura des effets globalement neutres en terme d’activité et d’emploi ». Pour 40 milliards d’euros engagés, cela faisait mauvais genre.
Le rapport du comité de suivi du CICE a donc été modifié, sur demande du représentant du Trésor dans cet organisme. Il a tout simplement informé les membres de ce comité des résultats de l’étude du Trésor, sans pousser le zèle jusqu’à leur fournir des documents écrits permettant de valider cette estimation. Mais qu’à cela ne tienne, le rapport précise cependant qu’à « long terme », le basculement « aura des effets globalement neutres sur l’activité et l’emploi ». Enfumage pour 2019... Tout en donnant la vérité des prix pour la suite. Il s’agit là d’un énorme hold-up sur la richesse produite. « Et en même temps », le journal l’Humanité présente la facture pour les retraités : un retraité vivant seul avec une pension de 1760 euros par mois aura perdu 360 euros en 2018, 655 euros en 2019 et 964 euros en 2020. Soit 2000 euros en trois ans.

« SOLDE NÉGATIF », L’ÉDITORIAL DE PAULE MASSON DANS L’HUMANITÉ DE CE JOUR !


La liste des coupes claires dans le pouvoir d’achat des retraités est longue comme un jour sans pain. 
Gel des pensions alors que l’inflation pointe à la hausse, malus instauré sur les complémentaires, ponction supplémentaire de CSG, baisse historique des aides au logement et menaces sérieuses sur la pension de réversion… Même avec l’exonération de la taxe d’habitation, grand dada d’Emmanuel Macron, le solde est négatif. Le très sérieux Observatoire français des conjonctures économiques chiffre la perte moyenne à 400 euros en 2020. Elle est loin la promesse du candidat d’En marche de « maintenir » le pouvoir d’achat des retraités. Ils avaient massivement contribué à élire le président. Ils l’ont aujourd’hui massivement lâché.
D’ailleurs, après une journée de mobilisation plutôt réussie en mars dernier, les neuf organisations de retraités prévoient un mois d’octobre mouvementé. Ils ne digèrent pas le culot d’un président de la République qui les avait « remerciés » pour les « efforts » qu’il leur impose. « Les pauvres sont aujourd’hui souvent moins les retraités que les jeunes », avait-il osé ce jour-là, dans une parfaite stratégie de division. Victor Hugo disait déjà que « c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ». Le budget 2019 illustre la maxime. Les retraités y sont devenus une variable d’ajustement au profit des cadeaux aux vrais nantis.
Les petits effets correctifs annoncés pour désamorcer la colère n’inverseront pas une courbe qui plonge depuis vingt ans. Toutes les réformes des retraites ont eu pour ambition de baisser les pensions. Hier, Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la ­réforme des retraites, a concédé qu’elles ont été « anxiogènes ». La prochaine ne le sera pas moins. Sous couvert d’un changement de régime, elle va encore tout réviser à la baisse. La retraite est devenue un droit menacé. Pour qu’elle ne soit plus synonyme d’anxiété sociale, elle doit redevenir un horizon de sécurité.

mardi 2 octobre 2018

Expulsion des habitants, 3 avenue de Verdun/4 rue de la République (PCF Romainville)



Le 27 septembre la Mairie de Romainville prenait un arrêté de péril, avec expulsion sous 48 heures des résidents du 3 avenue de Verdun et du 4 avenue de la République. Une telle décision ne manque pas d’étonner. En effet, dès 2014, la municipalité avait déjà pris un arrêté de péril imminent pour ces mêmes immeubles. Pourquoi, aucuns travaux ne furent engagés ? Pourquoi 4 années plus tard, un même arrêté est pris sans que rien ne se soit passé ? 

Il est assez invraisemblable que les résidents soient sommés de quitter les lieux sous 48 heures, alors que ce fut un silence assourdissant pendant 4 années. Il est irresponsable et inhumain d’abandonner ces familles dans un immeuble en péril. Cette précipitation cache-t-elle une opération immobilière ? Nous voulons savoir. 

Par ailleurs, seuls les appartements seraient concernés. Si péril il y a, cela concerne les locataires mais également les clients fréquentant ces deux commerces. Cette question mérite réponse, tout en ne méconnaissant pas les risques commerciaux pour leurs gérants. 

En tout état de cause, au moment où la municipalité fait appel à l’intervention de la force publique, nous soutenons la demande de rencontre faite par le DAL à la municipalité de Romainville, pour mettre en place des solutions de relogement dignes et dans cette attente de surseoir à l’expulsion. D’assurer le relogement de ces familles à Romainville dont les enfants y sont scolarisés. Il ne peut y avoir d’expulsion sans le relogement. C’est une exigence et un impératif.
                                                                                 
                                                                                                 La section de Romainville du PCF

« COMME ILS DISENT », L’EDITORIAL DE JEAN-EMMANUEL DUCOIN DANS L’HUMANITÉ DE CE JOUR


Cette fois – parole d’Emmanuel Macron –, nous allons voir ce que nous allons voir ! 
« J’observe, j’écoute, j’entends », a donc déclaré le chef de l’État au journal le Monde, lors de son retour d’un voyage aux Antilles, évoquant tout de même la « mission » pour laquelle il a été élu : « Le devoir de faire. » Car, voyez-vous, Macron-le-sage serait sur la bonne voie. Non seulement il admet ne pas être « parfait » et vouloir se « corriger », mais l’hôte du Palais souhaiterait passer d’une posture « jupitérienne » à un président « du quotidien ». Et nous devons le croire. Affaibli par des sondages en berne, accusé d’être distant et méprisant, l’homme serait en train de redescendre sur terre au point de reconsidérer sa posture et à se réformer lui-même. « Aidez-moi », a-t-il par exemple lancé, en direct des Antilles, « j’ai besoin de vous, journalistes, population, élus ». Quel bel élan, n’est-ce pas ? Quel altruisme, quelle générosité, quel esprit d’écoute en effet… sauf quand il précise que, s’il a « besoin » de tant de monde, c’est bel et bien pour expliquer l’action de l’exécutif. Bref, Emmanuel Macron, devenu son principal ennemi, cherche des volontaires pour son service après-vente. La petite musique devient habituelle : le problème c’est la forme, pas le fond. « Pé-da-go-gie », clame-t-on à l’Élysée.
Seulement voilà, la forme c’est toujours du fond qui remonte à la surface. Ses petites phrases, comme « traverser la rue », « pognon de dingue » et tant d’autres, ne viennent jamais de nulle part. Elles reflètent trait pour trait la politique conduite et sont évidemment perçues pour ce qu’elles sont : l’expression verbale des injustices subies par les contre-réformes. Voilà ce qu’il y a de fondamental ! Dire que Macron sombre dans les sondages, uniquement pour son manque de maintien est une explication un peu sommaire. Même Alain Minc, l’un des très proches visiteurs du soir, prend acte du « bonapartisme » du chef de l’État et met en garde contre un « risque de giscardisation ». On croit rêver. Vous connaissez la formule : changer pour que rien ne change. Surtout l’essentiel.

lundi 1 octobre 2018

Merci aux 7671 personnes qui se sont rendues sur notre site en septembre !



Merci aux  7671 personnes qui se sont rendues sur notre site en septembre 2018. Elles y ont lu 19758 articles, soit 658 par jour. Merci à vous !

dimanche 30 septembre 2018

« LIBRE », L’ÉDITORIAL DE MICHEL GUILLOUX DANS L’HUMANITÉ DE DEMAIN LUNDI



« 401 jours », titrait vendredi le module accompagné de sa photo que l’Humanité a publié chaque jour de l’embastillement de Salah Hamouri. 
Depuis dimanche matin, deux semaines après que sa femme, Elsa, eut porté son nom du haut de la Grande Scène de la Fête de l’Humanité, nous savons que notre participation à la campagne internationale pour sa libération a enfin porté ses fruits. Un dossier vide est devenu en cinq jours le motif d’une sinistre lettre de cachet, dès lors que le ministre chargé de la défense a dégainé le motif de « détention administrative » pour six mois : aucune preuve à avancer, aucun dossier à fournir, aucun débat contradictoire. Ce ministre, Avigdor Liberman, a toute sa place dans le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou. Les prisonniers palestiniens ? « Je propose de les transporter en autocars jusqu’à la mer Morte pour les noyer », a-t-il déclaré un jour. Les citoyens israéliens hostiles à sa ligne de haine ? « Ceux qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache. » C’est donc ce dirigeant qui a pu décider à son gré de rallonger en février la détention de Salah de quatre mois, puis de trois mois, fin juin…
À la tribune de l’Assemblée nationale, le nom du jeune avocat franco-palestinien a enfin été prononcé par une ministre. À celle de l’ONU, le président de la République a certes fustigé « la loi du plus fort (qui) là aussi ne fera que renforcer les frustrations et les violences ». Mais « la solution de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité avec Jérusalem pour capitale » qu’il a rappelée n’avancera pas en faisant comme si les deux camps en présence étaient à égalité. Il a aussi annoncé l’augmentation de la quote-part de la France aux écoles de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens. Plus de 300 enfants croupissent derrière les barreaux, soumis au même régime que Salah. Le nombre des prisonniers politiques palestiniens s’élève à plus de 6 000. Alors que, en Israël même, la fuite en avant dans l’apartheid avec la sinistre « loi sur l’État juif » suscite des remous, il reste encore bien des marges d’action pour les dirigeants français et européens… La libération de Salah est un encouragement à amplifier le mouvement d’opinion nécessaire pour faire bouger les lignes.

Libération de Salah Hamouri : "D'abord de la joie, puis de la vigilance" (Pierre Laurent)



30/09/2018 - PCF 
C'est d'abord de la joie. Salah est sorti de Prison; De la joie pour sa famille, ses proches, ses ami.e.s, ses camarades. De la joie que je partage avec les communistes, les participant.e.s de la fête de l'Humanité, les militant.e. du mouvement de la jeunesse communiste, des centaines de milliers de jeunes et moins jeunes qui se sont mobilisé.e.s dans tout le Pays pour sa libération.

Après plus de 400 jours de détention administrative, sans jugement ni motif, si ce n'est l'illégitime arbitraire de B. Netanyahou et de son ministre de la défense A. Liebermann, notre compatriote Salah Hamouri a enfin été libéré;
Avocat franco-palestinien, il fait, comme beaucoup d'autres, l'objet d'un harcèlement des autorités israéliennes qui entendent briser les voix qui dénoncent la colonisation, les arrestations et les massacres.

Mais c'est aussi de la vigilance. Salah Hamouri, par son engagement, est un militant de la paix qui doit désormais pouvoir rentrer chez lui à Jérusalem, recouvrer sa complète liberté de circulation et de déplacement, y compris à l'étranger. Aucune entrave ne doit lui être imposée pour pouvoir vivre avec sa famille, sa femme et son fils.

Encouragées par la politique de D. Trump qui a transféré l'ambassade américaine à Jérusalem, supprimé les aides financières à l'UNRAW et aux Palestiniens, la droite et l'extrême droite israéliennes multiplient les lois discriminatoires, amplifiant, par la loi d'"apartheid", le caractère religieux, identitaire et raciste du régime.

Des voix s'élèvent, plus nombreuses, pour dénoncer ceux qui tentent de nier l'existence du peuple palestinien et son droit à disposer d'un Etat.
Après la libération de Salah Hamouri nous appelons à la libération de tous les prisonniers politiques dont Marwan Barghouti. C'est un encouragement à amplifier la solidarité avec le peuple palestinien en constituant un front large, sans exclusive, avec toutes les forces démocratiques qui rejettent l'expansionnisme colonial et l'ultranationalisme.
Aucune paix ne sera possible dans la région sans le règlement de la question palestinienne.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

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