LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

vendredi 14 décembre 2018

« Fondé de pouvoir », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



Les quelques invitations lancées aux gilets jaunes, mais aussi de fait à la CGT, à ne pas manifester ou à « être raisonnables », selon les termes du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sont méprisables et relèvent d’un cynisme au petit pied. On peut remarquer que la droite, qui a changé son fusil d’épaule, n’est pas en reste. Laurent Wauquiez revient à ses fondamentaux sur les questions identitaires et sécuritaires dans une course à l’échalote avec le Rassemblement national.

C’est logique, il y a deux jours, une enquête publiée dans le Monde montrait que les questions sociales étaient au cœur des débats et de cette démocratie originale qui s’invente sur les ronds-points. Mais cela va bien au-delà. Le sondage que nous avons commandé est clair. Le rétablissement de l’Impôt Sur la Fortune y est souhaité à 70%. Les partisans de la République en marche eux-mêmes le souhaitent à près de 50%. Bien avant que l’expression ne coure les rédactions, nous avons parlé de « péché originel » du macronisme.

Le président persiste et ment. Dans son intervention de lundi, il a repris sans vergogne la fable du départ des riches persécutés, quittant le pays en l’appauvrissant d’autant. C’est aujourd’hui le magazine économique américain « Forbes », entièrement destiné aux meilleurs financiers et patronaux, qui écrit qu’il n’en est rien. Les quelques mesures annoncées ne sont pas seulement loin, très loin du compte pour les plus modestes, toutes celles et tous ceux que la France semble entendre mieux en continuant à soutenir ce mouvement inédit. Elles témoignent d’un refus de changer de logique sociale, arc-bouté sur une position de classe. Emmanuel Macron est le fondé de pouvoir des plus riches, du CAC 40, des milieux d’affaires. Les luttes en cours, qu’il s’agisse de celles des gilets jaunes dans les formes qu’ils décident, qu’il s’agisse aujourd’hui des manifestations de la CGT pour le pouvoir d’achat, ne sont pas la manifestation d’une humeur française, elles sont un temps fort, dans une lutte aux dimensions mondiales, entre le capital et le travail, contre les inégalités qui sont une insulte à l’humanité.

jeudi 13 décembre 2018

« Çà tourne », le billet de Maurice Ulrich !



« Non, je n’ai jamais porté de gilet jaune. » Ce n’est pas cette fois le reniement de l’apôtre Pierre mais celui de Laurent Wauquiez. (Bonne occasion pour avouer notre erreur la dernière fois que l’on a évoqué le sujet. Ce n’est pas au lendemain de la crucifixion de Jésus que Pierre le renie, mais au lendemain de son arrestation. Mea Culpa.) 

Bref Laurent Wauquiez n’en a jamais mis et on commence même à douter, qu’il ait, jamais croisé l’un de ceux qui en portent. Dans une tribune, publiée hier, c’est le pacte de Marrakech, censé relever d’une idéologie de promotion de l’immigration, qu’il dénonce. 

Simultanément, Marine Le Pen, dont on sait qu’elle est opposée à l’augmentation du Smic, se tient en retrait. Comme le dit un de ses proches, cité par l’Express, « ce mouvement est spontané. Avant de trop s’y associer, il faut voir comment les choses tournent ». 

C’est sûr, quand on en arrive à la question des augmentations de salaire et du rétablissement de l’impôt sur la fortune, c’est que les choses tournent mal. Ou bien.

« Le drame recommencé », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !


La course éperdue dans une rue d’une ville, le claquement des balles, l’attente angoissée, les bilans et les pleurs. Strasbourg et son célèbre marché de Noël ont été frappés. Un nouvel attentat était redouté, chacun reconnaissant que les meilleures investigations des services de renseignements en empêcheraient neuf, mais que le dixième surviendrait. Avec la douleur qui resurgit, les propositions les plus rances sont ranimées. La droite, prête à brader les libertés républicaines, se replace à la file de Marine Le Pen pour réclamer l’incarcération des fichés S ou l’instauration de l’état d’urgence. En relançant le débat sur l’islamisme et « l’identité », le président de la République dans sa réponse au mouvement des gilets jaunes amorçait, lundi, la dérive. Des forces politiques s’efforcent d’alimenter les peurs pour occulter la force de l’urgence sociale et démocratique. Sinistre calcul, qui, partout, conduit au pire.

Pourtant, rien ne serait pire que de renoncer à penser. C’est sur le terreau des haines que grandissent les monstres. Les protestations étouffées s’infectent et il faut au contraire des manifestations et des controverses pour faire grandir l’impératif démocratique. « Une nouvelle ère s’ouvre, annonçait déjà Victor Hugo à la Cambre des députés, l’ère des questions sociales que j’appellerais plus volontiers les questions populaires, le travail, le salaire, l’éducation, la pénalité, la création de richesses, la répartition des jouissances, la dette du bien-être payée aux travailleurs par les gouvernants. (…) Voilà, messieurs, les questions qui ont l’avenir désormais. » C’est plus vrai que jamais. Étouffer ces revendications par des menées autoritaires ou sous l’impératif de cupidité des oligarques porterait une atteinte meurtrière à la démocratie.

Malgré le drame de Strasbourg et même encore plus après lui, la recherche des jours heureux doit se poursuivre. Hors des impasses casquées.

mercredi 12 décembre 2018

Délocalisation : Ford répond aux annonces de Macron en sacrifiant l’emploi



Emmanuel Macron annonçait lundi soir la main sur le cœur « un état d’urgence économique et social ». Ford lui répond par un camouflet.
Le groupe américain veut fermer le site de Blanquefort en Gironde (872 emplois) et annonce aujourd’hui 1600 suppressions de postes sur son site de Sarrelouis à la frontière allemande qui emploie de nombreux travailleurs français.

Il est temps que le gouvernement affirme son autorité et sa volonté pour défendre l’emploi industriel, nos savoirs faire et nos capacités de production. A quoi servent les milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises, dont les multinationales comme Ford, si rien ne les empêche de délocaliser leur production?

D’autant qu’à Blanquefort en Gironde, les personnels sont confrontés à un odieux chantage : accepter le gel des salaires et renoncer à des RTT pour conserver sur le site 400 emplois sur les 872 actuels en échange d’une éventuel reprise par Punch, le repreneur potentiel.
Pire encore, Ford n’a toujours pas confirmé sa disponibilité pour vendre le site et le risque est grand qu’il préfère la politique de la terre brulée.

La casse de l’outil industriel et les destructions d’emplois ça suffit ! Les paroles ne suffisent pas, il faut des actes : Le gouvernement doit tout mettre en œuvre pour garantir le maintien de l’emploi et des outils de production.
Avec leurs parlementaires et leurs élus locaux, les communistes sont pleinement mobilisés aux côtés des travailleurs de l’automobile et de leurs représentants syndicaux.

« Symbole », le billet de Maurice Ulrich !



Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal est de cette jeune garde qui vous récite du Macron avec la conviction du militant d’une révolution culturelle. 

Le Président a certes adopté un tête d’enfant de chœur  qui a bu le vin de messe pour exprimer le semblant d’un repentir s’il a pu blesser certains d’entre nous, mais Gabriel Attal ne doute pas du bien-fondé de la politique menée quitte à en faire trop. Ainsi sur l’ISF : « ceux qui n’ont que l’ISF à la bouche font de la politique avec les symboles. » 

D’accord, mais si ce n’est qu’un symbole (à 4 milliards tout de même), pourquoi l’avoir supprimé, et pourquoi tout autant ne pas le rétablir ? S’avançant sur le fil sans même se rendre compte qu’il contredit le président et son argumentation au nom de l’investissement, il poursuit : « Les symboles n’ont jamais rempli le frigo des Français ». 

Ce qui, pour le coup, est exact. L’ISF ne remplit pas les frigos, mais sa suppression remplit les comptes en banque.

« Ancien régime », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité de ce jour !




Au moins Emmanuel Macron a-t-il raison sur un point, un seul: «Nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies.» 

Ni une allocution capable de rehausser une fonction en perdition, ni un discours porteur de réponses à la hauteur d’un événement historique: que retiendra-t-on de la prestation télévisée du chef de l’État, sinon un sermon asséné qui s’apparentait plus à un appel désespéré qu’à l’expression de changements radicaux dignes de la réalité? Au moins Emmanuel Macron a-t-il raison sur un point, un seul: «Nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies.» Qu’il se souvienne de ce rare éclair de lucidité, car personne n’oubliera cette sentence dont on ne sait si elle est sincère ou empruntée à des éléments de langage. Le bilan est vite vu par les gilets jaunes dans leur immense majorité semble-t-il. «Des miettes de pain.» Voilà en vérité ce qu’a accordé Macron aux révoltés de France, qui réclament ce que cet homme-là ne saurait leur donner, pas même par ses pensées…

Prisonnier à la fois du carcan libéral dans lequel il a formaté sa vision de notre pays, mais également de la caste des puissants qui l’ont sciemment choisi, Emmanuel Macron est définitivement résumable en une formule: il est et reste le président des riches. Il tremble et vacille, certes, et il le sait. Mais même dans des circonstances dont il ne maîtrise plus l’issue, les riches demeurent ses protégés. Parce qu’il n’a toujours pas pris la mesure de ce qui se passe, il a en quelque sorte paraphé et légitimé l’acte V des mobilisations des gilets jaunes. Les mots nous manquent pour qualifier l’ampleur de sa déconnexion du monde réel. C’est comme s’il incarnait, à lui seul, une sorte «d’ancien régime». Et ça, il ne le sait pas encore…

D’autant qu’il joue les arnaqueurs. Son énorme mensonge sur «l’augmentation du Smic» ne passera pas. Chacun a compris qu’il s’agissait de la prime d’activité, prise en charge par l’État, donc les Français eux-mêmes par les baisses de cotisations, autrement dit sur notre salaire socialisé. Un scandale de plus. Le grand mouvement populaire en cours, dont les actifs ne manquent pas, va se poursuivre. Et l’addition des colères s’amplifier, contre ce «vieux monde» à abattre. 

mardi 11 décembre 2018

« Peu, mal et aux frais des citoyens », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Le ton était solennel mais qu’est-il resté dans « la poussière du sérieux » qu’évoquait Paul Éluard ? Une hausse de 100 du Smic seulement pour ceux qui bénéficient de la prime d’activité aux frais de l’État, c’est-à-dire du plus grand nombre, une prime défiscalisée et désocialisée au bon vouloir du patronat, une suppression de la nouvelle hausse de la CSG pour une partie des retraités dont les pensions restent bloquées en dessous de l’inflation et une baisse des dépenses publiques, donc des moyens pour les services publics. Tout cela concernera une minorité des milieux populaires. En revanche, les grandes fortunes, les dividendes des actionnaires, les bénéfices des grosses sociétés sont épargnés et même sanctuarisés.

Le président a dû lâcher du lest, mais si loin du nécessaire. Bousculé par le mouvement des gilets jaunes, conspué par les lycéens, rejeté par les salariés, le président de la République s’est dégrisé de son sentiment de toute-puissance. Il a cependant pris de haut la colère populaire en mettant d’emblée l’accent sur la répression, sur « les instructions les plus rigoureuses » qu’il a données au gouvernement. La leçon encore et toujours, comme s’il n’était pas à l’origine des tensions ! Il s’en exonère à peu de frais en faisant remonter les maux à Mathusalem. Pire, il persiste sur sa feuille de route, celle qui lui vaut l’affection des ultra-riches : réforme de l’État, de l’indemnisation des chômeurs, mise en cause des retraites…

Les proches de l’Élysée tentent de pervertir chaque petite concession. Le paysage a cependant changé. La brutalité du pouvoir a réveillé un sentiment de classe, accusé la contradiction entre les milieux populaires et les grandes fortunes, dissipé le fatalisme et la résignation. Les gouvernants ne peuvent plus piétiner, emplis de morgue, les syndicats ou les élus locaux. La marche forcée a trébuché. L’épreuve de vérité commence aujourd’hui tout autant pour l’oligarchie régnante que pour ceux qui travaillent à changer la vie.

lundi 10 décembre 2018

Intervention ce soir d’Emmanuel Macron : « Rien sur le SMIC, rien sur l’ISF ?



Le président de la République va s’exprimer ce soir. Nous le savons. Que va dire Emmanuel Macron ? Dans les médias aujourd’hui, de très nombreux décryptages, analyses et même, sans attendre la parole présidentielle, la présentation des mesures qui seront annoncées.
On y retrouve, pêle-mêle, l’instauration d’une prime exceptionnelle défiscalisée, versée de façon volontaire; une accélération de la suppression de la taxe d’habitation ; l’anticipation de la désocialisation des heures supplémentaires dès le 1 et janvier ; une nouvelle revalorisation de la prime d’activité ; l’augmentation du minimum vieillesse...
Il est aussi fortement conseillé à Emmanuel Macron de changer personnellement. De quitter les habits de Jupiter, de faire preuve d’empathie, d’écoute, de bienveillance. Et même de s’imposer un exercice de repentance sur les outrances langagières de son début de quinquennat, sur son arrogance et son mépris.
Oui mais voilà. Il peut faire tout cela « et en même temps » rien ne serait régler avec de telles annonces et cet acte de contrition. Rien. Notre pays veut une grande réforme sociale et fiscale pour l’égalité et la justice. Il attend un vrai changement dans nos institutions et notre vie démocratique. Aujourd’hui avec les Gilets jaunes, demain, très certainement, avec d’autres formes, d’autres secousses.
Le macronisme n’est que l’épisode d’une crise démocratique et sociale, d’une crise de la pensée face aux défis contemporains. C’est pourquoi il nous faut parler augmentation des salaires et augmenter nos imaginaires sur les formidables possibles qui frappent à la porte. Sans oublier l’essentiel : cela peut donner le meilleur ou conduire à l’abîme. Pour l’instant, si on avait à voter le week-end prochain pour les élections Européennes, le paysage ne serait pas très bon...

« Merci », le billet de Maurice Ulrich !



Tout le monde ne peut pas être prix Nobel d’économie comme Jean Tirode, gloire nationale  qui l’a obtenu en 2014. C’est bien dommage car, comme il l’explique dans le Journal du dimanche, si le mouvement des gilets jaunes illustre une absence de contrat social, il est « né d’une frustration légitime et d’un manque d’informations économiques ». 

C’est clair. S’ils connaissaient un peu mieux comment çà marche, les gilets jaunes et tous ceux qui les soutiennent comprendraient assurément pourquoi il est bon de supprimer l’ISF en même temps qu’on baisse les APL et qu’on augmente les taxes. 

C’est ainsi que d’autres subtilités de la science de Jean Tirode ne sont pas mieux comprises. La question du pouvoir d’achat, par exemple. Eh bien, nous dit-il « pour les travailleurs modestes, une hausse du Smic n’est pas désirable car elle risquerait d’aggraver le sous-emploi ». 

Bien. Si on ne sait pas, lui, il doit le savoir. Merci donc à Jean Tirode sa leçon de haut niveau et sa sollicitude envers les plus modestes, mais tout compte fait, on s’en passera.

« Ah çà ira, ça ira », l’éditorial de Maud Vergnol dans l’Humanité de ce jour !



Ce bilan-là de l’« acte IV », vous ne le lirez que dans les colonnes de l’Humanité. Prenons date ici : le traitement médiatique des gilets jaunes, entre diabolisation, mépris de classe et incompréhension totale, certains n’hésitant pas à relayer sans distance les consignes données par l’Élysée, pose un grave problème démocratique.et malgré la dramatisation grossière, orchestrée par le pouvoir et ses chiens de garde, qui évoquaient le risque de « putsch » et des gilets jaunes venus « pour tuer », c’est une autre histoire qui s’est écrite ce samedi, loin des images de violence en continu qui font le jeu de leurs pires ennemis, les casseurs. Celle de centaines de rassemblements dans toute la France, où les colères trop longtemps étouffées ont décidé de faire cause commune dans la solidarité pour exiger d’une même voix la justice sociale et la justice climatique. Celle d’un soulèvement populaire pacifiste, qui est en train de s’enraciner dans tout le pays, dans des formes inédites.

Ce que l’oligarchie ne supporte pas, c’est que les gilets jaunes ont mis fin à son impunité. Et si Emmanuel Macron est si honni, c’est qu’il s’est méthodiquement rendu détestable, jusque dans la gestion de ce conflit. L’exécutif a en effet usé et abusé de différentes stratégies pour disqualifier le mouvement des gilets jaunes. D’abord, en l’attribuant uniquement à l’extrême droite de Marine Le Pen. Ensuite, en tentant de le criminaliser ou de le réduire à un simple « ras-le-bol fiscal », dans lequel le Medef nagerait comme un poisson dans l’eau. Hier, c’était le tour de Bruno Le Maire de resservir l’argument du « coût », économique, brandi à chaque grève. Mais chacun de ces pièges a été jusqu’ici déjoué. Mieux, ils se retournent contre le pouvoir. D’abord, parce que les groupuscules d’extrême droite, toujours en embuscade, sont en passe d’être marginalisés.

Les enjeux sociaux ont chassé les paniques identitaires qui polluaient le débat politique, ces dernières années. Aux risques du « chaos » avancé par le gouvernement, les gilets jaunes rappellent la violence des puissants qui ne fait pas souvent la une des 20 heures. Celle subie tous les jours par des corps que le néolibéralisme tue à petit feu. Pris au piège de sa brutalité, Emmanuel Macron doit s’adresser ce soir directement aux Français. S’accrocher à son trône ou accepter de changer de politique : il y joue non seulement son propre avenir, mais surtout l’issue d’une guerre sociale, qui a déjà fait de trop nombreuses victimes.

vendredi 7 décembre 2018

L’Aquarius obligé d’abdiquer : honte à Emmanuel Macron !



Faute de pavillon, SOS Méditerranée et MSF sont obligés de stopper leurs missions de sauvetage en mer.

Alors que mardi dernier, 15 migrants ont été retrouvés morts de faim et de soif dans une embarcation de fortune au large de la Libye dans un silence complice de tous les pays européens, cette même Europe a été incapable de proposer un pavillon à l’Aquarius et de soutenir l'action de SOS Méditerranée qui a sauvé 30 000 personnes depuis 2016.

Honte à Emmanuel Macron, à ces dirigeant-e-s européen-ne-s pour leur indifférence, leurs calculs mortifères et leurs attaques régulières contre la mission de SOS Méditerranée et de MSF dans la Méditerranée qui devient un cimetière.

Le Parti communiste français tient à saluer et féliciter les équipes de SOS Méditerranée. Dans quelques jours, plus de 120 états vont se réunir à Marrakech pour débattre du Pacte mondial des migrations de l’ONU.

Il est du devoir de la France et de l’UE de rejeter la criminalisation des ONG qui opèrent en Méditerranée, de garantir la liberté d'action de SOS Méditerranée aux et d’ouvrir les ports français de Méditerranée aux missions de sauvetage.

C’est un devoir d’humanité et le respect du principe de fraternité !

« Jeu de rôle », le billet de Maurice Ulrich !



Çà se passe dans la tête. Les commentateurs qui, depuis des décennies, nous expliquent tout ce que nous ne comprenons pas et dont la répétition des erreurs fondent les certitudes le savent. Pour l’un, la crise est psychologique et relève d’une phobie anti-Macron. Pour un autre, les gilets jaunes existent enfin, « ils passent à la télé », et pour leur maître à tous, la figure tutélaire de l’analyse politique bien sous tous rapports, on a nommé Alain Duhamel. 

« C’est un psychodrame français ». Sporadiquement, écrit-il dans sa chronique hebdomadaire de Libération, « La France s’embrase » et plonge, donc, dans l’un de  ces psychodrames et sociodrames qui font sa réputation de peuple intensément épris de liberté, vivant comme aucun autre la religion de l’égalité ». 

Ainsi, dans ces drôles de drames, « la France a besoin de théâtre et de mise en scène pour s’exprimer ». Bien sûr. On pourrait proposer à Alain Duhamel de vivre juste un mois sur scène avec le Smic ou le RSA. On verra s’il tient son grand rôle.

Manifestations/Gilets jaunes : "La réponse du gouvernement ne peut pas être la surenchère sécuritaire"



Samedi va être une journée de mobilisation importante dans tout le pays pour le progrès social, la démocratie et le climat.

De nombreux lycéens sont blessés ou gardés à vue suite aux mobilisations lycéennes de ce jour.
La réponse au profond mouvement populaire qui s'exprime ne peut pas être une surenchère sécuritaire. Le gouvernement porterait une lourde responsabilité s'il n'apportait pas une réponse politique rapide aux demandes formulées par les Français, qu'ils aient un gilet jaune ou non. C'est désormais au Président de la République de parler au pays avant les manifestations de ce samedi.

Les communistes considèrent que les violences, d'où qu'elles viennent, n'offrent aucune perspective.
Le PCF appelle à amplifier le mouvement et appelle le gouvernement et le Président de la République à changer le cap de sa politique. Il appelle nos concitoyen-ne-s à manifester pacifiquement en ce sens. Les élu-e-s et militant-e-s communistes seront mobilisé-e-s partout en France pour faire valoir la nécessité de vraies mesures en faveur du pouvoir d'achat.

Aux côtés des citoyen-ne-s mobilisé-e-s, les communistes sont déterminé-e-s à faire progresser les mesures suivantes :
- Hausse du Smic de 200€ net et augmentation des pensions de retraites
- Ouverture des négociations salariales dans le public comme dans le privé
- Rétablissement de l'impôt sur la fortune
- L'application de l'égalité salariale femmes/hommes

Aujourd'hui, les gilets jaunes, robes noires, blouses blanches, cols bleus portent un espoir pour le pays. Leur mouvement est celui de la dignité. Samedi, les mouvements citoyens, syndicaux, associatifs, politiques doivent converger.

« Cahin chaos », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



L’un entre et l’autre sort : celui-ci affirme et celui-là dément ; un jour inflexible, le lendemain désemparé…La tempête sociale a démâté le macronisme. Nu, le roi n’impressionne plus, conspué à chaque sortie. Le premier ministre a dû avaler son chapeau devant l’Assemblée et les godillots En marche se sont contredits d’une heure à l’autre. Le régime, qui se targuait de ne jamais lâcher prise, a dû céder. Et cela ne suffit pas. Les gilets jaunes persistent avec la soutien de l’opinion et d’autres secteurs ajoutent leurs luttes à un mouvement qui revendique des mesures de progrès social, dément les fondements de la politique du président, des cadeaux pour les très riches financés par les salariés et les retraités.

Le pouvoir a encore un temps de retard, pas seulement sur le temps long en prônant des mesures rétrogrades rappelant les vagues thatchériennes des années 1980, mais aussi sur les défis de l’heure. Il recule trop tard et trop peu pour ne pas entretenir la colère sociale. Les appels à l’aide lancés aux élus locaux, qu’Emmanuel Macron a négligés, ou aux syndicats, qu’il a méprisés, signent alors une faiblesse et non le sens de l’intérêt général.

Les macroniens se raccrochent à l’ultime manœuvre des pouvoirs à la dérive, le recours à la peur. Ils évoquent des factieux, un putsch, annoncent si fort des déferlements de violences « pour tuer » qu’on craint fort qu’ils ne le souhaitent. Les pyromanes crient au feu alors qu’ils l’alimentent. Ainsi persistent-ils à refuser le rétablissement de l’ISF, la hausse du Smic, des salaires et des pensions. Ils réclament désormais de nouvelles baisses des dépenses publiques, alors qu’ils préparent un cadeau de 40 milliards d’euros de Cice aux grandes entreprises ! La brutalité policière que le gouvernement destine aux lycéens atteste une stratégie de provocations et la volonté d’effrayer. Une tentation autoritaire étreint un certain nombre de responsables politiques et certains, à droite, réclament même l’instauration de l’état d’urgence comme si notre peuple était terroriste. Choix irresponsables.

jeudi 6 décembre 2018

Manifestations du 8 décembre : Climat, relever le défi !



Tout le monde s’accorde devant l’urgence climatique … mais les actes ne suivent pas ! Trois ans après l’Accord de Paris, la France ne tient pas ses engagements (en augmentant ses émissions de CO2), et il en est de même de la très grande majorité des pays.

Il manque 15 à 20 milliards d’euros par an au budget de l’État pour tenir nos engagements climatique, modifier nos modes de transports, rénover les logements, modifier nos mode de production et de consommation. C’est pourquoi le gouvernement doit prendre des mesures plus ambitieuses que celle d’augmenter les taxes sur l’essence et le diesel !

Si le climat était une banque, il serait sauvé depuis longtemps ! Inventons un nouveau modèle économique, social, écologique qui place l’être humain, et la planète au cœur de tous ses choix.
Sachant que, en France, transport et logement sont les 2 plus gros émetteurs de CO2 responsables du réchauffement climatique, voici quelques mesures pour réduire l’effet néfaste sur le climat :

Quelques mesures prioritaires :
- Taxation du kérosène
- Gratuité des transports en commun.
- Développement du transport ferroviaire fret et passager
- loi favorisant les circuits courts, agricoles comme industriels et pénalisant les délocalisations de productions et les importations.
- plan massif de rénovation des logements pour permettre à chacun d’économiser l’énergie (et réduire la facture !).

Ces premières mesures peuvent être appliquées rapidement. Le rétablissement de l’ISF (Impôt Sur la Fortune), la taxation exceptionnelle des bénéfices des compagnies pétrolières, le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales et la lutte contre l’évasion fiscale permettraient amplement de financer ces propositions.
Malgré les injonctions du gouvernement à renoncer à manifester, nous renouvelons pour notre part, au côté des organisateurs, notre souhait de manifester pour le climat. Participons massivement aux marches citoyennes pour le climat du 8 décembre.

« Panique sur le lac », le billet de Maurice Ulrich !



Le désarroi, voire la panique gagne les beaux quartiers et les salons, se lit dans les médias, va au-delà des frontières. Un spectre hante la droite, celui de l’ISF. L’idée terrifiante de son rétablissement tourne désormais dans les ronds-points, se professe dans les manifs lycéennes, s’invite devant la machine à café. 

Pour Nicolas Beytout dans l’Opinion, conjuguée avec l’hypothèse tout aussi terrifiante d’une augmentation du SMIC, cela « ferait faire à l’économie un grand pas en arrière ». Mais la seule idée, déjà, d’une évaluation de son efficacité, évoquée de l’extrême bout des lèvres, par le porte-parole du gouvernement est lourde de conséquences, dont la gravité ne peut laisser insensible. 

Imaginons, écrivait hier une chroniqueuse d’un autre quotidien, « l’effet de cette séquence sur un exilé fiscal qui, sur les bords du lac Léman, aurait le mal du pays. S’il avait commencé à faire ses bagages pour rentrer en France, nul doute qu’il les aura défaits ». voilà bien un effet dramatique de ce qui se passe aujourd’hui dans le pays.

mercredi 5 décembre 2018

« La démonstration », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité de demain jeudi 6 décembre !



Quoi que nous pensions de la naissance de ce mouvement, son évolution progressive prouve que les citoyens en lutte peuvent non seulement mettre sur le reculoir un gouvernement mais également aider à abattre des dogmes. 

Sans parler de vacance du pouvoir, admettons néanmoins que nous ne savons plus si l’exécutif a la moindre idée de ce qui se passe dans le pays et, surtout, de ce qu’il peut encore faire pour en circonscrire les conséquences. Bien malin qui, il y a trois semaines, aurait pu prédire semblable scénario. L’ampleur du mouvement de contestation devient si incandescente que nul, pas même les plus emportés des révoltés, n’aurait pu imaginer à quel point le pouvoir allait vaciller à force d’ébranlements successifs. L’incapacité du président et de son premier ministre à comprendre, juste comprendre, ce qui se joue réellement dans les tréfonds de la société française témoigne d’un décrochage qui dit plus que leur incompétence: ils se trouvent à des années-lumière de la vie des citoyens. La Macronie ressemble à un bateau ivre. Et encore, l’image paraît presque impropre: le bateau prend l’eau de toutes parts et rien ne nous dit qu’il n’est pas menacé de sombrer, sous une forme ou une autre, tôt ou tard.

Après avoir annoncé un moratoire sur les taxes – ce qui n’a rien changé à la détermination des gilets jaunes –, Édouard Philippe admet finalement ne pas craindre un débat«nécessaire» sur la réforme de l’ISF. Rendons-nous compte du chemin parcouru en si peu de jours! La démonstration est éclatante. Quoi que nous pensions de la naissance de ce mouvement, son évolution progressive prouve que les citoyens en lutte peuvent non seulement mettre sur le reculoir un gouvernement mais également aider à abattre des dogmes. Celui de l’ISF était constitutif du quinquennat d’Emmanuel Macron. Il n’est désormais plus tabou. Songeons potentiellement à la suite. Car les revendications les plus fortes ne s’arrêtent pas là, elles vont de la hausse des salaires à l’édification d’une nouvelle République, en passant bien sûr par une fiscalité plus juste. Vaste éventail! 

Sans en rajouter dans l’excès d’optimisme, a-t-on le droit de croire que nous assistons, peut-être, à une sorte de mûrissement de la conscience de classe? L’histoire en cours n’est pas mineure. C’est même une page de l’histoire de France qui s’écrit sous nos yeux. Comptons sur l’addition des colères, comme œuvre collective, pour la parapher de la meilleure des manières.

Réforme des allocations logement : Macron dégoupille une nouvelle bombe sociale (Ian Brossat - PCF)



Le Canard Enchaîné du 5 décembre  révèle la nouvelle réforme des aides sociales au logement, prévue pour 2019. Elle impactera 1,2 million de Français, qui perdront chacun 1000€ en moyenne. C’est une nouvelle attaque d’une violence inouïe contre le pouvoir d’achat des classes moyennes et des familles modestes.

En modifiant le mode de calcul des aides au logement, Emmanuel Macron compte récupérer 1,2 milliard d’euros dans les poches de ceux qui ont besoin des aides au logement pour vivre dignement. En effet, le montant des aides sera désormais calculé en fonction des revenus actuels des demandeurs, et non plus de leurs revenus antérieurs. Conséquences : les salarié-e-s les plus jeunes et les plus précaires, en contrats courts, seront les plus grands perdants. Un jeune de 24 ans vivant en foyer de jeune travailleur avec un salaire de 750€ perdrait ainsi plus de 1200€ par an.

Cette baisse des aides s’ajoute à la baisse des APL qui frappe déjà les familles les plus en difficulté, dans un contexte de montée générale des colères et de mobilisation des gilets jaunes contre les mesures gouvernementales qui diminuent le pouvoir d’achat. Cette réforme est totalement,  irresponsable. Il s’agit d’une véritable bombe sociale que le gouvernement s’apprête à dégoupiller.


« Le mépris et la ficelle », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Le pouvoir recule, mais pied à pied, lâchant des miettes. Édouard Philippe a concédé la suspension pour six mois de la hausse de la taxe carbone sur les carburants et du renchérissement du contrôle technique, mais il n’y a pas renoncé. Au lendemain des élections européennes, il espère les rétablir. De surcroît le gouvernement veut compenser ce manque à gagner par une réduction des dépenses publiques, c’est-à-dire des services qui manquent si cruellement et dont les gilets jaunes réclament le retour ou l’arrivée dans tous les territoires. Pire encore, Emmanuel Macron, que son impopularité rend discret, a décidé de faire la sourde oreille aux revendications d’amélioration des salaires et des pensions et de justice fiscale, mis à mal par la suppression de l’ISF. Le président refuse qu’on touche à la cagnotte du Cice – 40 milliards d’euros donnés en pure perte aux plus riches. Un gâchis et une manne pour ceux qui, pour beaucoup, incarnent l’exil fiscal. 

La main, sitôt tendue, est retirée. Le mépris pour les salariés ou les retraités imprègne à ce point nos gouvernants qu’ils croient que l’énorme ficelle ne se voit pas et que la colère qui anime les barrages se dissoudra dans les consultations dilatoires qu’ils programment dans les mois à venir ! La justice sociale est devenue une urgence et notre peuple, en gilets jaunes ou lycéen, salarié ou chômeur, prend mieux conscience que sa force peut ébranler la Bastille politique et les forteresses financières.

Après le pari perdu de la violence suscitant la peur, la tentative d’opposer écologie et égalité sociale, les stratèges du macronisme veulent diviser les gilets jaunes et entreprennent une série de manœuvres. L’une d’elle consiste à inventer des représentants, choisis dans les rangs de la droite et de l’extrême droite, préposés au dialogue complaisant ou aux sorties délirantes dans les médias. Tristes recours qui ne font illusion qu’auprès de commentateurs d’avance convaincus. La stratégie du pourrissement affecte d’abord la tête.

mardi 4 décembre 2018

« Héraut et héros », le billet de Maurice Ulrich !



« Pourquoi je descends dans la rue ? Je vous le dirai quand  je le saurai moi-même, allez comprendre. Ainsi, savez-vous pourquoi les gilets jaunes occupent les carrefours ? Pour moi, pas vraiment. Pour eux guère davantage. » 

Jacques Julliard, éditorialiste à Marianne et chroniqueur au Figaro, où il dispose d’une page entière toutes les semaines pour étaler la confiture de sa pensée, est, de ces journalistes qui n’ont même pas besoin de savoir de quoi ils parlent, d’entendre ceux qui parlent. Ils savent. 

Ainsi, s’il n’a rien entendu de la colère, des revendications, du sentiment d’injustice qui traverse l’opinion, il a tout compris de la psychologie de base des gilets jaunes : « Les voilà enfin sur le devant de la scène, ils passent à la télévision », et leur ingénieuse invention, « c’est d’être les héros de cet animal fabuleux des temps modernes qu’est l’automobile ». 

Jacques Julliard, ce serait plutôt le héraut d’un fabuleux mépris de classe de toujours et de la connerie en roue libre.

« Ne plus laisser du temps au temps », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Remparé à l’Élysée, Emmanuel Macron ne peut plus parier sur un pourrissement du mouvement des gilets jaunes. Désormais, chaque jour qui passe corrompt son pouvoir. Son espérance d’imposer, vite et en force, à la France populaire de payer la transition écologique et de somptueux cadeaux aux grandes fortunes vient de se briser sur une puissante exigence de justice sociale. La colère est aujourd’hui le sentiment le mieux partagé, alimenté par l’arrogance des gouvernants, l’opulence des puissants, le sentiment d’urgence qui étreint une majorité des travailleurs. Même les images de violence, répétées sans trêve par les grands médias, n’ont pas fait basculer l’opinion publique dans la peur. L’entourage présidentiel pariait que l’extrême droite prendrait le contrôle et discréditerait cette mobilisation…elle en est loin alors que tout ce qu’elle déteste vient en tête des revendications : le rétablissement de l’ISF et de l’imposition des entreprises, la hausse du Smic et des pensions, le développement des services publics, une démocratie sociale et politique élargie.

Notre pays porte en lui la fibre de l’égalité. Elle vibre plus ou moins mais toujours réapparaît. La politique suivie par Emmanuel Macron l’a réveillée. Elle fait boule de neige parmi les lycéens ou les ambulanciers. Elle secoue aussi les institutions et ajoute des enjeux démocratiques aux exigences sociales.

La tentative d’enterrer le problème en créant des commissions territoriales a fait long feu. Le premier ministre a reçu les partis politiques, hier. Le président est au pied du mur. Il devra parler vite et moins haut. Et céder. Le temps joue contre celui qui se croyait le maître des horloges. S’il devait emboîter le pas au ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui a jugé hier d’accélérer la baisse de la « dépense publique », il risquerait une motion de censure qui déborderait les bancs de l’Assemblée nationale et deviendrait celle du pays lui-même. L’heure de la furie libérale est passée.

lundi 3 décembre 2018

Rencontre avec le premier Ministre « Communiqué des députés communistes » !



La paix civile et sociale de notre pays est aujourd’hui en jeu. Face à la politique d’injustice sociale et fiscale menée depuis un an et demi, nous avons demandé au Gouvernement de déclarer l’état d’urgence sociale.
L’urgence sociale impose de prendre immédiatement les revendications portées par les « gilets jaunes », que nous avons relayées.
Nous avons ainsi demandé la suspension de l’augmentation des taxes sur l’essence et le diesel, l’augmentation du SMIC, des salaires et des pensions, la restauration des services publics notamment en matière de santé et le rétablissement de l’ISF.
À l’assemblée nationale, nous nous ferons l’écho de ces demandes légitimes et demanderons la suspension de la discussion budgétaire.
Par ailleurs, nous avons rappelé les propositions que nous portons depuis le début du quinquennat.

Propositions fiscales :
Non cumul en 2019 du CICE et de l’exonération des cotisations sociales patronales (plus de 40 milliards cumulés – Cela permettrait de dégager 20 milliards d’euros de marges de manœuvre)

Propositions sociales :
Revalorisation des prestations sociales (APL, allocations familiales) indexées sur l’inflation.
Annulation de la hausse de la CSG, qui doit aller avec le rétablissement des cotisations sociales « assurance chômage » et « maladie ».

Propositions écologiques :
Fléchage intégral des taxes sur le carburant vers la transition écologique
Élargissement du chèque énergie à 8 millions de personnes et revalorisation du montant du chèque énergie (de 200 euros actuellement à 600 euros) pour les plus modestes (forte hausse prévue des prix de l’électricité et du gaz en 2019)

Propositions institutionnelles
Retrait du projet de loi constitutionnelle et organisation d’un référendum sur nos institutions.

Si le Gouvernement ne décide pas de prendre immédiatement ces mesures, il ne sera pas en mesure de mettre fin à cette révolte pour la dignité.
Malheureusement, nous n’avons pas le sentiment que le Gouvernement prend la mesure de cette urgence sociale et nous n’avons que peu d’espoir d’avoir été entendu sur les mesures que nous lui avons proposées.
Notre motion de censure reste donc d’actualité, dans l’attente des masures qui seront annoncées mercredi.

« Que le pouvoir réponde à la colère sociale », l’éditorial de Patrick Le Hyaric dans l’Humanité de ce jour !



Le pouvoir macroniste doit cesser de tergiverser, de jouer le pourrissement, la division. Ni la peur, ni des dispositifs sécuritaires supplémentaires ou la menace de l’état d’urgence ne pourront répondre à la puissante exigence d’égalité qui parcourt le pays.

Des entreprises, des quartiers, des villages, un cri s’élève : « Cessez de nous prendre de l’argent. Nous n’en pouvons plus ! » Le pouvoir doit y répondre concrètement, notamment par l’augmentation des salaires et par la justice fiscale. Le débat sur la motion de censure de la politique gouvernementale déposée par les députés communistes et insoumis obligerait à analyser de manière approfondie la nature de l’actuelle crise et les moyens d’en sortir.

Le problème ne réside pas dans un déficit de « pédagogie » en faveur des choix actuels. Cette France qui travaille dur ou est privée de travail a compris que le macronisme consiste à servir toujours plus les plus fortunés, les actionnaires et le capital en général, tout en pompant les revenus du plus grand nombre et en refusant d’augmenter les rémunérations, alors que les grandes entreprises bénéficient de dizaines de milliards d’exonération de cotisations, sans bénéfices ni pour les travailleurs ni pour l’emploi. Cette violente politique de classe détruit à petit feu les solidarités.

Les mouvements en cours n’expriment pas un refus de l’impôt et des taxes, mais la contestation de leur injuste répartition. La droite et l’extrême droite, qui ne cessent de demander la réduction des dépenses publiques, sont très mal placées pour s’immiscer dans les cortèges. Les forces politiques qui, depuis tant d’années, n’ont cessé de promouvoir les choix austéritaires et antidémocratiques des traités européens gagneraient à rester humbles et discrètes.

La colère qui éclate aujourd’hui couve depuis des années sous la violence sociale et l’abandon des territoires. Elle trouve un nouveau ressort avec la suppression de l’impôt sur la fortune, l’évasion fiscale et ces immenses masses monétaires crachées par la Banque centrale européenne qui ne servent ni le travail, ni les biens communs, ni la transition environnementale.

Les refus, ces derniers mois, d’entendre les syndicats mobilisés contre la destruction du droit du  travail et de la SNCF, le mépris vis à vie des maires et des élus, la surdité à l’égard de l’apposition parlementaire ne pouvaient que tendre la situation sociale. C’est le pouvoir, et lui seul, qui en porte la responsabilité. Le gouvernement voulait modifier la Constitution pour verrouiller le système. Voici que, sur les barrages routiers, sur les réseaux sociaux, dans les cortèges, le mouvement s’empare des enjeux démocratiques et pointe la crise de représentativité du Parlement, réclamant écoute et délibérations communes, voire référendums ou élections à la proportionnelle.

Le président de la République doit entendre les responsables des partis et groupes parlementaires, les associations de consommateurs, les représentants des gilets jaunes, les associations d’élus, et lancer une conférence sociale et environnementale, déclinée dans tous les territoires, visant à combattre la vie chère, à augmenter les salaires, les retraites et les prestations sociales, à relancer les services publics partout, à améliorer les finances des collectivités. Un forum national pour la justice fiscale commençant par le rétablissement de l’impôt sur les grandes fortunes et l’instauration d’un impôt progressif doit être organisé. Les responsabilités des grandes entreprises et des banques doivent être mises sur la table. Autant de demandes formulées par les gilets jaunes eux-mêmes. Le peuple crie : « Égalité ! » Il faut répondre d’urgence.

dimanche 2 décembre 2018

Merci au 9102 personnes qui se sont rendues sur notre site en novembre, soit 303 par jour !



Merci aux  9102 personnes qui se sont rendues sur notre site en octobre 2018. Soit 303 par jour. Elles y ont lu 20045 articles, soit 668 par jour. Merci à vous !

vendredi 30 novembre 2018

PPE : "L’accès à l’énergie pour tous dans le respect des accords de Paris"



L’ambition du gouvernement de faire de la France un pays neutre en carbone en 2050 demande une véritable politique énergétique ambitieuse. Les mesures annoncées dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) n’y répondent pas. Pire, elles sont dangereuses.

Le gouvernement ne dit rien en matière de maîtrise publique du secteur énergétique. Or la libéralisation du secteur a conduit à la disparition de savoir-faire pourtant indispensables à la transition énergétique. L’annonce de la fermeture de réacteurs nucléaires, moyens de production pilotables, n’est pas acceptable pour pouvoir maintenir une sécurité d’approvisionnement indispensable pour notre pays. D’autant qu’elles accompagnent la mise en concurrence des barrages hydrauliques et la fermeture annoncée des centrales thermiques d’ici à 2022 dont certaines ont des projets de reconversion en biomasse que le gouvernement veut ignorer.
Les communistes proposent :
  • La pérennisation des tarifs réglementés de l’énergie et une TVA à 5,5% sur le KWH pour améliorer immédiatement le pouvoir d’achat des ménages.
  • La préservation de l’électricité, bas carbone en préparant le renouvellement du parc nucléaire français pour atteindre les objectifs climatiques européens.
  • Pour agir sur les émissions de CO2 le gouvernement doit revoir sa feuille de route sur la libéralisation du rail, accélérer le report modal des marchandises de la route vers le rail, le trafic fluvial et les véhicules propres routiers.
  • Restaurer en totalité le Crédit d’Impôt Rénovation Energétique (CIRE), récemment divisé par 2) pour atteindre l’objectif de rénovation de 500 000 logements par an inscrit dans la loi de transition énergétique.

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