LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

vendredi 29 juin 2018

« Indignité », l’éditorial de Gaël De Santis dans l’Humanité de ce jour !



Ils sont les révélateurs d’une Union européenne (UE) qui sombre dans l’indignité. Les migrants du navire Lifeline ont enfin pu rejoindre à leur tour la terre ferme, après une semaine d’errance en Méditerranée.

L’UE étale ses divisions, à l’occasion du sommet de ces, jeudi et vendredi à Bruxelles. Avant d’y arriver, Angela Merkel avait prédit que la  « question migratoire pourrait décider du destin de l’UE ». Pas faux, tant les réponses à apporter à l’arrivée d’exilés – pourtant en forte baisse par rapport à 2015 – ne font plus consensus parmi les dirigeants européens. Mais toutes ont un trait commun : le refus des migrants. Rome, où l’extrême droite règne, en appelle à la « solidarité » des autres pays pour se débarrasser des réfugiés arrivés par la mer – tout en prélevant la main-d’œuvre nécessaire pour faire tourner les exploitations agricoles du Mezzogiorno. Angela Merkel et Emmanuel Macron souhaitent, eux, restreindre la circulation des réfugiés au sein de l’UE.

La politique du tri des hommes devenue le plus petit dénominateur commun de presque tous les gouvernements du Vieux Continent, se double d’une politique du tri des nations au sein de l’Europe. On classe les peuples entre ceux qui respectent l’équilibre budgétaire, et les mauvais élèves, pourtant victimes d’une construction inégalitaire, qui accumulent les déficits, ceux qu’on osait appeler en pleine crise financière les Pigs (Portugal, Italie, Grèce, Espagne, qu’on traduit par « les cochons en français). Les forces qui font leur beurre de la lutte contre les migrants sont les mêmes que celles qui tournent le dos à une Europe solidaire. Petit à petit, la distinction entre une droite libérale et une extrême droite qui participe de plus en plus aux gouvernements se trouve ténue. Raison pour laquelle le parti européen de droite PPE se refuse à exclure le Fidesz du Hongrois Viktor Orban, symbole de cette droite qui a fait siennes les thèses d’extrême droite.

jeudi 28 juin 2018

Israël : Macron doit exiger publiquement la libération de Salah Hamouri


La décision est tombée sans surprise : Salah Hamouri reste en prison avec un nouvel ordre visant à prolonger sa détention administrative de trois mois.
C'est une fois de plus l'absence de justice qui prévaut. Aucune charge contre Salah n'est retenue. Il s'agit uniquement de l'acharnement du gouvernement israélien contre un militant de la paix et de la justice - lui-même étant avocat - qui se poursuit. Un acharnement contre sa famille - sa femme qui ne peut se rendre en Palestine et ses parents pour qui les visites sont une véritable expédition.
Les autorités françaises nous ont assuré qu'elles avaient agit. Le président Macron aurait demandé la libération de Salah Hamouri directement à Nethanyahou et pourtant rien ne bouge.
Emmanuel Macron ne peut pas laisser la France et ses valeurs être ainsi méprisées par Israël et son gouvernement d'extrême droite.
Le Président de la République doit maintenant exiger publiquement et sans condition la libération de Salah. Il doit recevoir sa femme Elsa Lefort.
Au travers du cas de Salah, c'est le sort de tous les prisonniers politiques palestiniens qui se joue. Nous ne les oublions pas.

« Tangible », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



Noli me tangere, « ne me touche pas », aurait pu dire le pape en reprenant les paroles du Christ à Emmanuel Macron lui mettant la main sur l’épaule avant de lui taper sur la joue. Donald Trump ou le pape, il est comme çà, un peu comme un ado au Mont-Valérien, monsieur le président devenu chanoine. Et donc c’est habité par une rencontre empreinte d’une profonde spiritualité qu’il s’en est pris aux complices des drames en Méditerranée. Non, pas l’égoïsme des grandes puissances, pas les fauteurs de guerre, pas ceux qui spéculent derrière leur écran sur le blé ou le riz, pas ceux qui possèdent la moitié du monde quand des centaines de millions d’humains n’ont rien. Non, les ONG, les organisations humanitaires, qui à la fin « font le jeu des passeurs ». Pris au piège de sa propre politique, Emmanuel Macron semble taper de partout. Le gouvernement italien certes « cynique et irresponsable », la lèpre populiste en Europe, maintenant les ONG.

Tout cela parce que la France d’Emmanuel Macron se refuse à mettre sur pied une politique d’accueil digne de ce nom, à l’échelle des urgences du monde, et durcir au contraire sa politique (anti)migratoire. Tout cela parce qu’Emmanuel Macron joue les humanistes sur la scène européenne et dans le bureau du pape mais se défausse sur les autres et n’envisage pas réellement une autre Europe que celle d’aujourd’hui.

On peut déjà prédire qu’à l’issue du sommet des 28 qui s’ouvre aujourd’hui, il trouvera les mots pour incriminer ceux qui n’entrent pas dans ses visions. Mais la réalité, c’est que l’Europe ne combattra pas les populismes sans les peuples et que cela appelle d’autres politiques que celles des marchés, du dumping social et fiscal, du mépris de ceux qui n’ont rien, de la précarité généralisée, de la casse des services publics. La démagogie et le populisme qu’à certains égards il pratique lui-même – qu’on pense au « pognon de dingue » – sont les soupapes de décompression du capital. Les moulinets d’Emmanuel Macron sont le signe le plus tangible qu’il ne veut pas y toucher.

mercredi 27 juin 2018

« Le côté de la force », le billet de Maurice Ulrich !



Il est content, Pierre Gattaz, après cinq ans de présidence du Medef. Au moment de passer la main, il se dit fier, dans un entretien du Figaro, du travail accompli. « Nous avons gagné la bataille des idées. » 

Ce n’est pas entièrement faux, en effet, mais il ne faudrait pas qu’il soit trop ingrat. Depuis le défilé des ministres à son université d’été, trois mois à peine après l’élection de François Hollande jusqu’à la loi travail d’Emmanuel Macron en passant par la loi El Khomri, le Cice, et on en oublie, le Medef a quand même été bien aidé. « En 2017, les candidats sérieux à la présidence ont repris un grand nombre de nos propositions. » 

On appréciera sa notion du sérieux. Mais surtout « le Medef est reconnu comme l’organisation incarnant la force économique du pays ». Mais bien sûr, Pierre Gattaz. On pourrait essayer des usines sans ouvriers, sans cadres et sans ingénieurs, des bureaux sans employés, une SNCF sans cheminots. Rien que des patrons, juste pour voir de quel côté est la force.

« Homme de peu de foi », l’éditorial de Maud Vergnol dans l’Humanité de de ce jour !



« C’est la vocation des gouvernants de protéger les pauvres… » C’est le message qu’a adressé le pape François à Emmanuel Macron, lourdement lesté par son étiquette, amplement justifiée, de « président des riches ». Pour enfoncer le clou, le souverain pontife lui a offert un médaillon de Saint Martin de Tours, sur lequel le saint, dans une métaphore religieuse du partage des richesses, « divise son manteau et le donne au pauvre ». Celui qui coûte un « pognon de dingue » et sur qui le président de la République compte encore faire peser ses « ajustements » budgétaires.

Pourtant nul repentir, hier, sur la position de la France envers les réfugiés. Si le bruit – ou l’espérance – a couru quelques heures d’une possible prise en charge sur les côtes corses du bateau « Lifeline », le porte-parole du gouvernement a vite démenti ? Et tandis qu’Emmanuel Macron priait pour le salut de son âme, la honte a de nouveau submergé l’Hexagone. Y compris dans les rangs macronistes, chez ceux qui ont sincèrement, naïvement, cru en « l’humanisme » du candidat de la « bienveillance ». Un an plus tard, le président propose l’installation de camps « sur le sol européen dès le débarquement » afin d’opérer le tri sélectif des réfugiés. Et de renvoyer dans leur pays ces touristes de la prestation sociale, ces chercheurs sans scrupule d’un avenir meilleur, qui composent la horde de « l’immigration économique ». Pourtant il n’existe pas de « crise migratoire » qui « submergerait » l’Europe, mais plutôt une sévère crise politique, qui a décidé d’en faire son problème, au moment où les profits du CAC 40 continuent de battre des records. Ici on parle de 94 milliards d’euros, pas de 50 euros d’APL…

Au Vatican, Emmanuel Macron avait emmené dans ses valises un exemplaire du « journal d’un curé de campagne », pour l’offrir au pape. Bernanos, auteur fétiche du locataire de l’Élysée, écrivait ceci : « le spectacle de l’injustice m’accable, mais c’est probablement parce qu’il éveille en moi la conscience de la part d’injustice dont je suis capable ».

mardi 26 juin 2018

« Le choc turc », l’éditorial de Patrick Appel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



L’alliage d’islamisme, de nationalisme et de brutalité incarné par Recep Tayyip Erdogan l’a donc emporté en Turquie. La population rurale et pauvre a voté massivement en faveur et pour les partis qui le soutiennent, jugeant qu’il a imposé son pays sur la scène internationale, tandis que celle de la plupart des villes et les jeunes ont appuyé le CHP ou le HDP, les deux formations de l’opposition. En effet, le président, le « sultan » comme il aime être surnommé, n’a pas tout balayé sur son passage. La répression barbare des Kurdes, les 55 000 arrestations et les 144 000 révocations ou suspension qui avaient suivi la tentative de coup d’État, les poursuites et condamnations qui ont accablé journalistes et universitaires, la mainmise sur les médias…ne seront pas parvenues à étouffer les contestations. Cette épine dans le pied se rappellera au bon souvenir d’Erdogan alors que la situation économique se détériore, même s’il dispose des pleins pouvoirs après le référendum constitutionnel.

Dans le paysage international et aux portes de l’Europe, elle-même contaminée par le virus du nationalisme et de la haine des étrangers, le résultat du scrutin de dimanche ajoutera du combustible au feu qui couve.

Le régime turc a su obtenir la complaisance gênée des grandes puissances en s’affirmant comme un pivot de la situation au Proche et Moyen-Orient, ménageant des alliances avec la Russie et l’Iran (avec lequel il constitue un contrepoids à l’Arabie saoudite), freinant le plus possible d’exilés syriens au bénéfice de l’Union européenne, négociant avec les États-Unis et Israël. Cela lui vaut bien des indulgences, même quand il écrase les alliés kurdes sous les bombes. Il n’hésitera sans doute pas à en abuser si on lui laisse comme aujourd’hui les mains libres. Emmanuel Macron ne déclarait-il pas, début janvier : « J’ai le plus grand respect et la pleine conscience des défis affrontés par la Turquie, comme ceux du terrorisme et des déstabilisations militaires, et à ce titre, je n’ai pas d’ingérence à avoir en tant que chef d’État extérieur. »

FINANCE. LES PROFITS DU CAC 40 ONT EXPLOSÉ EN 2017




Mardi, 26 Juin, 2018

Les entreprises cotées à l’indice parisien ont vu leurs bénéfices bondir de 22 % l’an dernier. La santé des grands groupes est au beau fixe, sauf sur l’investissement, qui chute de 15,1 %.
«Un pognon de dingue » : l’expression prend ici tout son sens. Les profits du CAC 40 ont bondi de 22 % par rapport à l’année précédente, d’après le profil financier de l’indice réalisé par les cabinets Ernst & Young et Ricol Lasteyrie Corporate Finance (EY-RLCF). Ce sont 94 milliards d’euros de bénéfices qui ont ainsi été engrangés par les plus grandes cotations boursières l’an dernier, retrouvant quasiment le niveau d’avant la crise de 2008. Les dividendes ont eux connu une hausse de 2 %, pour atteindre 47 milliards d’euros. Un montant légèrement inférieur à l’estimation effectuée mi-mai par l’association de lutte contre la pauvreté Oxfam, qui évaluait à 51 milliards d’euros le montant des dividendes versés par les entreprises de l’indice en 2017. « Toutes les entreprises du CAC 40 distribuent un dividende cette année. 34 entreprises versent un dividende en hausse », souligne en revanche l’étude EY-RLCF. Outre ce niveau de profitabilité exceptionnel, les grands groupes ont également bénéficié d’une reprise d’activité avec une croissance du chiffre d’affaires de 5 %, passant de 1 243 milliards à 1 306 milliards d’euros. Dans le même temps, la marge opérationnelle (l’indicateur de rentabilité) progressait de 7,6 % à 7,9 %. Parallèlement, l’endettement net a continué de diminuer en valeur absolue – après six années consécutives de baisse – et a atteint son plus bas niveau depuis douze ans.
DES PROFITS ET TOUJOURS DES PROFITS
Tous les voyants semblent donc au vert pour les grands groupes. Tous sauf celui de l’investissement. En dehors du secteur banque-assurances, l’investissement a connu son niveau le plus bas depuis 2007, à 69 milliards d’euros contre 75 milliards d’euros dix ans plus tôt. Il représente 6,1 % du chiffre d’affaires, contre 7,7 % en 2016. Pour nuancer légèrement cette baisse, on peut observer que cette chute est en grande partie due aux décisions de Total en la matière. Le géant pétrolier a ainsi revu ses investissements à la baisse de 5 milliards d’euros en 2017. Le groupe hôtelier Accor souffre pour sa part de la comparaison avec l’année 2016, où celui-ci avait investi 3 milliards d’euros.
Enfin, le remplacement d’Alcatel-Lucent par Nokia dans l’indice CAC 40 en 2016 achèverait d’expliquer ce différentiel entre 2016 et 2017, Nokia étant sorti de l’indice l’an dernier. « En dépit de la baisse de ses investissements, Total demeure toutefois le principal investisseur du CAC 40, suivi d’Orange et d’Engie, puis des constructeurs automobiles PSA et Renault. Ces cinq entreprises réalisent ainsi 47 % du total des investissements effectués par les membres du CAC 40 », souligne le rapport EY-RLCF. Au-delà des performances des plus grands groupes cotés à la Bourse de Paris, l’étude constate une stabilisation de la part du chiffre d’affaires des entreprises réalisé en Europe à 56 %. Un niveau stable depuis 2015, après une baisse quasi continue depuis 2006.
DES MONTANTS VERTIGINEUX
Si l’industrie et le BTP continuent de dominer le CAC 40 en 2017 – avec 16 sociétés sur 40 et 39 % du chiffre d’affaires total –, les données récupérées par EY-RLCF sur le début de l’année 2018 laissent entrevoir un changement dans le podium des secteurs les plus profitables. L’entrée d’Hermès le 18 juin dernier à la place de LafargeHolcim devrait notamment rééquilibrer le rapport de force, souligne le site d’informations économiques la Tribune. Avec Kering (Gucci), l’Oréal et LVMH, ce quatuor du luxe pèserait 380 milliards d’euros de capitalisation, plaçant le secteur des biens de consommation quasiment à égalité avec le BTP.
Au regard de ces montants vertigineux, l’argument selon lequel l’État ne pourrait pas mettre à contribution les grandes entreprises pour participer à l’effort fiscal national semble bien léger. D’autant qu’en parallèle, la dépense totale de minima sociaux s’établissait en 2016 à 26,6 milliards d’euros, celle de la prime d’activité à 4,1 milliards, les prestations familiales et les allocations logement versées aux ménages pauvres atteignaient respectivement 6,4 milliards d’euros et 10 milliards d’euros, d’après les derniers comptes de la protection sociale parus jeudi dernier. D’après les chiffres de l’Insee, sans prélèvements ni prestations, le taux de pauvreté serait 8,9 points supérieur à son niveau actuel (22,8 % contre 13,9 %). Pas de quoi justifier un coup de rabot quand les profits du CAC 40 sont au beau fixe.
Croissance en berne
Si le CAC 40 solde la crise et sabre le champagne, en revanche l’économie française marque un sérieux coup de frein. Après une progression de 2,3 % l’an dernier, elle devrait afficher un taux de croissance de seulement 1,7 %, a annoncé l’Insee, qui a révisé, la semaine dernière, sa prévision. Selon l’institut, le ralentissement se ressentira notamment dans l’investissement des entreprises (+ 3,1 % contre + 4,4 % en 2017) et la production de biens et de services (+ 2 % contre + 2,6 % en 2017). Malgré les alertes, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a affirmé : « 2 % de croissance, ça reste notre objectif, mais tout cela, c’est de la volonté. »

lundi 25 juin 2018

Face au mépris du gouvernement, le PCF appelle à la mobilisation le 28 juin



25/06/2018/ - PCF

Les organisations syndicales et de jeunesse appellent à faire du 28 juin une journée de mobilisation interprofessionnelle dans tout le pays. Cette journée doit faire entendre au gouvernement les exigences et les revendications des jeunes, des étudiant-es, des salarié-es du public et du privé comme des retraité-es et à poursuivre la construction d’initiatives interprofessionnelles pour défendre notre modèle social.
Depuis le début du printemps, le pays connaît de fortes mobilisations syndicales, associatives, citoyennes et politiques qui continuent, malgré le matraquage des médias dominants, les intimidations, les tentatives de division ou de démobilisation.
Face au mépris du gouvernement à l'égard du peuple, le PCF, ses militant-es et ses élu-es, se mobiliseront pour la réussite de cette initiative nationale lancée par les syndicats et les organisations de jeunesse.
Il appelle les citoyen-nes engagé-es contre la politique de ce gouvernement à faire entendre, le 28 juin, leurs exigences de justice sociale et de solidarité en participant aux manifestations.
Le PCF invite à faire de la Fête de l’Humanité des 14, 15, 16 septembre, le rendez-vous de toutes celles et tous ceux qui luttent, la fête de toutes les causes communes.

« Urgence », l’éditorial de Michel Guilloux dans l’Humanité de ce jour !



Une vague nauséabonde menace l’Europe : celle qui fait gonfler la rhétorique d’une « submersion migratoire ». le nombre de migrants en Italie cette année, et avant l’arrivée au pouvoir de l’inquiétante alliance de la Ligue et du mouvement démagogues Cinq Étoiles, a été divisé par plus de trois par rapport à 2017. Dans l’Union Européenne, le chiffre est déjà vingt-cinq fois inférieur à ce qu’il était en 2015, au plus fort des massacres en Syrie et de l’« État islamique » au Moyen-Orient. En revanche, depuis quinze ans, comme le quotidien communiste italien « Il Manifesto », avec d’autres, en a recensé les noms, 34 361 hommes, femmes, enfants ont trouvé l’une des morts les plus abominables qui soient, noyés en Méditerranée, « notre mère » commune. Hier, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, rappelait avec vigueur que le solde migratoire en France « est nul sur la période des trente dernières années », et réclame qu’il soit « mis fin au règlement ‘’Dublin’’, injuste et inefficace ».

M. Macron, qui n’aime guère l’Internationale sur les lieux où la chantèrent des résistants étrangers avant d’être fusillés, préfère le rôle de donneur de leçons. Fort avec les faibles, n’ayant rien à refuser aux puissants, le chef de l’État n’a de vision du projet européen que celle des marchés, quitte à réduire le format actuel de l’Union pour mieux pousser l’intégration financière et la mise sous tutelle des États. Cette visée austéritaire s’accommode et s’accompagne de reculs démocratiques – on le mesure en France avec les législations sociales, le sort des collectivités et la réforme du Parlement – et de ce qu’il faut bien appeler une chasse aux migrants. Ce n’est pas en cherchant à rivaliser avec l’extrême droite sur son terrain et avec son vocabulaire que l’on fera refluer la vague nationaliste qui gonfle, et avec elle son cortège de dangers. Tendre la main aux migrants, construire des solidarités pour de nouvelles logiques de développement dans l’UE devient une urgence absolue pour les forces de progrès.

vendredi 22 juin 2018

« Le poison », l’éditorial de Maurice Ulrich !



Le rétropédalage de Donald Trump est à saluer comme une victoire contre ce qu’il faut bien appeler la barbarie. C’est le mot quand on sépare des enfants de leurs parents simplement en quête d’un monde un peu meilleur. Une vague d’indignation a parcouru le monde devant ces grilles. On sait qu’elles en ont rappelé d’autres. Mais ne nous y trompons pas. Nous devons être inquiets car nous semblons entrer dans une zone sombre de l’histoire. La question migratoire n’est pas celle des migrants, mais celle de l’l’état du monde. Le journal britannique « The,Guardian » publiait, mercredi, ce chiffre et des noms : depuis 1993, 34 000 personnes sont mortes sur les routes de l’exil. Des petits maîtres de haine, en France même, ne cessent depuis des années d’instiller dans les consciences plus que le rejet de l’autre, la ngation même de son droit au partage d’un monde commun.

Alain Finkielkraut, dans un colloque philosophique (1) osait, il ya quelques temps, parler de migrants comme de la « catégorie hors-sol » Un autre stigmatisait, voici peu, ceux qui prennent le bateau « en sachant très bien qu’ils seront sauvés ». Ce n’est pas marginal, car le poison n’est pas seulement le fait d’électorats populaires frustrés. Il se diffuse dans tous les milieux, et pas seulement à l’extrême droite. Au sein même du gouvernement, les mots de Gérard Collomb en témoignent. L’attitude du pouvoir pendant l’errance de l’Aquarius, la pénalisation de l’aide aux migrants pendant qu’on laisse faire des milices d’extrême droite aux frontières viennent saper les bases de l’édifice républicain.

On tourne nos regards aujourd’hui vers les autres pays européens, et Emmanuel Macron, à l’approche du Conseil de l’Europe dans une semaine, joue volontiers l’humaniste. En 2016, la France a accueilli 50 réfugiés pour 10 000 habitants ; l’Allemagne 117 ; l’Autriche 131 ; la Suède 243… Nous devons être inquiets. Les valeurs universelles, qui ont triomphé des heures les plus noires de l’histoire, sont aujourd’hui menacées.

jeudi 21 juin 2018

« Pourquoi » ?, le billet de Maurice Ulrich !



On avait paraît-il interpelle Churchill, en pleine guerre, sur l’opportunité de continuer à aider l’art et la culture dans ces circonstances. Tout conservateur qu’il était, il avait eu cette réponse : « Mais alors, pourquoi nous battons-nous ? » 

On a entendu ces jours, à propos du sort de l’Aquarius et de ses passagers, des appels divers à ne pas mélanger l’émotion et la raison, l’humanité et le principe de réalité, ou encore, pour résumer, la morale et la politique. En clair, il serait juste de s’inquiéter, quand on a du cœur, du sort des malheureux, mais on ne saurait y céder sous peine de…de quoi, au fait ? 

De les accueillir dans la dignité et le respect ? De se voir envahis par des hordes de migrants, ou bien tout simplement d’être amenés à revoir la politique de fermeture d’une Europe forteresse incapable de prendre la mesure des menaces du monde ? Pour aller, comme Trump, jusqu’à séparer les enfants de leurs parents ? 

Il ne faut pas mélanger humanité, morale et politique. Mais alors, pourquoi nous battons-nous ?

« Soumettre », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Le paquet est ficelé : moins de parlementaires et un découpage qui s’attachera à éliminer les esprits rétifs ; moins de possibilité pour les députés de faire et de discuter la loi ; une dose infime de proportionnelle (15%) qui réduira la diversité politique à un simple témoignage. La réforme institutionnelle qui sera présentée la 9 juillet ne fera qu’un vainqueur, le présidentialisme, déjà triomphant dans le constitution de la Ve République et plus encore depuis l’instauration du quinquennat. Cette modification de convenance vise à ôter les obstacles qui freinent la marche forcée dans le libéralisme qu’il a lancée.

« Monomanie césarienne » que dénonçait Jean Jaurès ? Plus. Cette réforme ambitionne un ordre autoritaire qui ferait des revendications de la finance un impératif supérieur. L’idée n’a pas germé toute armée de la cuisse du nouveau monde. Elle est brevetée Angela Merkel sous le label « Marktkonforme Demokratie » et date de septembre 2011. « Les exigences démocratiques doivent être compatibles avec le marché », avait déclaré la chancelière allemande. Se soumettre et se démettre, donc.

L’addition fait sens. en refoulant la démocratie de parti au profit d’un mouvement aux contours lâches, piloté par une petite technocratie politique, la Macronie s’évite les débats internes. En refusant une place à la démocratie sociale et aux syndicats, le nouveau pouvoir s’affirme sourd aux exigences populaires et disposé à les piétiner. L’entreprise s’accompagne d’un discours récurrent sur la responsabilité des pauvres, des populations de banlieue, des salariés dans la situation qu’ils vivent. La grande bourgeoisie applaudit, confortée dans ses privilèges et réjouie des ferments de division semés dans la population. Remplacer les citoyens par des consommateurs dispersés ou leurrés par les dorures de l’apparat, c’est un projet de société. Pas très neuf, mais toujours à l’ordre du jour des penseurs du capital. Pour l’heure, c’est le Parlement qu’il faut déchoir.

mercredi 20 juin 2018

« Marx, ma fille », le billet de Maurice Ulrich !



On ne fait pas dire n’importe quoi à Marx quand on a un papa « trotskiste depuis l’âge de 15 ans et demi », ancien délégué syndical FO, enseignant en retraire et spécialiste de Gracchus Babeuf, qui incarnait pendant la Révolution française un courant communiste. 

Jean-Marc Schiappa, 61 ans, vient, sans la citer nommément, de recadrer un brin sa fille, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, qui avait quelque peu accommodé Marx à la sauce macronienne en avançant que « l’émancipation des travailleurs serait l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». 

Outre que la citation n’est pas réellement de Marx, note papa Schiappa sur facebook, « il s’agit d’une œuvre collective (les travailleurs) et non individuelle (chaque travailleur devant se débrouiller tout seul). Le but est l’émancipation collective (et non une réussite personnelle – laquelle au demeurant ?), celle des travailleurs du prolétariat ». 

On peut faire circuler mon texte, avait prévenu M. Schiappa. Dur, d’avoir un père qui connaît son Marx, mais la fermeté n’exclut pas l’amour paternel.

« Hospitalité », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité de ce jour !



Peu de mots, en vérité, nous hissent assez haut pour exprimer ce que nous ressentons à la lecture du rapport annuel publié par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Nous touchons là l’histoire dans ce qu’elle a parfois de plus froid, mais dans toute  la noirceur de sa réalité jamais réductible à des chiffres. Et pourtant. Le nombre de réfugiés et de déplacés suite aux conflits dans le monde a atteint, en 2017, un nouveau record dont le plafond ne cesse de s’éventrer depuis cinq ans : 68,5 millions. Vous avez bien lu. Derrière cette statistique accablante – soit la totalité de la population française ! –, il y a des visages, des destins, des vies brisées. La moitié de ces humains en errance sont es enfants. Et nous devrions tourner nos regards ?

La maudite aventure de l’Aquarius hantera durablement les consciences européennes. En violation des conventions internationales, du droit maritime et des principes les plus élémentaires dus aux personnes, les dirigeants ont délibérément laissé l’Aquarius et ses 629 exilés dériver dans la souffrance, la faim et la soif. Une honte absolue. Minables responsables européens, incapables de s’inventer un magistère éthique sur la scène internationale en plein fracas géopolitiques. La chancelière recule, l’Italie bascule dans l’horreur et, chez nous, en pleine discussion de l’odieux projet de loi asile-immigration, la politique du gouvernement en la matière provoque des haut-le-cœur… Le nouvel exécutif espagnol et les mairies progressistes du pays auront au moins sauvé l’honneur.

Pas question d’affirmer ici qu’il est simple d’accueillir. Mais nous parlons d’êtres humains. Et les défis humains obligent l’humanité toute entière. Il existe, par exemple, un invariant historique propre à la France : jamais dans notre histoire, en particulier au XXe siècle, la société ne s’est effondrée ni même affaiblie – au contraire – lorsqu’il fallut accueillir une part de nous-mêmes. La Frances est donc observée. Et nous désespérons qu’elle ne soit pas à l’initiative pour conjurer ce que devient le monde sous nos yeux : une planète de réfugiés.

mardi 19 juin 2018

APL : Macron frappe une nouvelle fois les plus modestes au portefeuille (Ian Brossat - PCF)


19/06/2018/ -  PCF

Après avoir baissé les APL de 5 euros en 2017, Emmanuel Macron vient de décider le gel des aides au logement. Une mesure qui va priver chaque famille modeste de 4,68€ par mois. Décidément, ce gouvernement fait preuve d’un acharnement sans précédent contre les plus pauvres.
Macron fait porter l’effort sur les 6,5 millions de familles qui touchent les aides au logement, dont plus de la moitié ont des ressources inférieures au seuil de pauvreté et 80% ont des ressources inférieures à un SMIC. Pour elles, ces quelques euros mensuels de perdus s’ajoutent aux baisses précédentes et à la baisse annoncée de l’ensemble des prestations sociales d’au moins 7 milliards d’euros.
Pourtant, à la suite de la première baisse des APL, le Premier Ministre Edouard Philippe affirmait que « ce n'est pas intelligent, c'est une mesure de rabot [...] Ce n'est jamais intelligent de faire du rabot ». Puis, le secrétaire d’État Julien Denormandie évoquait à son tour « une mauvaise décision » et Richard Ferrand, le président du groupe des députés macronistes, parlait même d’une « connerie ». Dans son discours officiel du 23 janvier 2018 à la Cour des Comptes, Emmanuel Macron affirmait sans ambiguïté possible : « Je refuse ce que j’appelle les réformes paramétriques ». La preuve est faite, une nouvelle fois, du décalage complet entre les discours de l’exécutif et ses actes.
Cette décision intervient enfin alors qu’on apprend que la suppression annoncée de « l’exit tax », qui frappait les millionnaires pratiquant la délocalisation fiscale de leurs avoirs, coûtera à l’État un manque à gagner colossal de 6 milliards d’euros. Assécher le pouvoir d’achat des plus modestes pour gonfler celui de ceux qui se soustraient à leur devoir fiscal : telle est la philosophie révoltante du macronisme.

Ian Brossat, Responsable de la commission Logement au PCF, et chef de file des communistes pour les Européennes,

« De la vérité », le billet de Maurice Ulrich !



« Peut-on renoncer à la vérité ? » C’était l’un des sujets proposés hier aux candidats du bac général. Non, certainement pourrait dire M. de La Palice qui s’y connaissait, sauf à faire consciemment le choix du mensonge et du paradoxe d’Épiménide : « Un homme déclare je mens. Si c’est vrai, c’est faux, si c’est faux, c’est vrai, etc. » 

Mais il faut tout autant se méfier de la vérité. Annoncer par exemple la vérité des prix, c’est avouer qu’elle est relative. Qu’est-ce qu’une vérité relative ?... Ou bien « je veux dire la vérité aux Français », cela signifie qu’on va leur demander des efforts », voire les rouler dans la farine. « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà », disait Pascal. 

La vérité des premiers de cordée n’est pas celle des vallées. Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ? », Était-il également proposé aux candidats. Ceux qui ne sont rien n’ont pas toute la vérité, mais un de ses paradoxes, c’est que ce sont les mensonges qui l’éclairent. C’est déjà une très bonne raison de ne pas y renoncer.

« Mauvais lifting », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



Bruno Le Maire n’hésite pas à parler, pour la loi Pacte, de nouveau visage du capitalisme. L’emballage est soigné. Il devrait préciser que « l’objet social de l’entreprise ne se limite pas à chercher du profit, mais qu’elle a aussi un rôle social et environnemental ». Ce n’était donc pas le cas ? C’est assez cocasse quand on nous assure depuis des années que ceux qui dénoncent la recherche du profit ne sont autres que les marxo-dinosaures.

Sauf que le contenu du paquet-cadeau est tout autre, avec en premier lieu la privatisation confirmée d’Aéroports de Paris, de la Française des jeux et d’Engie. Le rôle social de ces trois grandes entreprises, ce serait désormais d’être vendues au plus offrant avec des buts essentiellement capitalistiques, à savoir le service des actionnaires. Précisément le contraire de ce qui est annoncé. On parle, il est vrai, d’une chance pour l’actionnariat populaire. La belle affaire qui ne change rien sur le fond, sauf à alimenter le fantasme d’un capitalisme vertueux et partagé par tous.

En second lieu, les mesures avancées concernent de nouveaux allègements de cotisations sociales. C’est tout de même culotté, disons le mot, d’évoquer le rôle social et environnemental des entreprises quand sont annoncés des allègements de contribution à la Sécurité sociale, au Fonds national d’aide au logement et au versement transport. Sans parler, côté salariés, du relèvement du seuil obligeant l’entreprise à avoir un règlement intérieur, dont on peut imaginer qu’il ouvre la voie à l’arbitraire patronal dans les TPE où ne règne pas toujours une chaude fraternité.

On va vous parler de la participation, d’un meilleur contrôle – à avoir – des investissements étrangers, voire de l’entrée de deux salariés dans les conseils d’administration de plus de huit membres…Mais la logique du pacte libéral est claire. Il s’agit, au nom de la levée des contraintes,  de détacher toujours plus les entreprises de tout lien à la richesse publique. Le nouveau visage du capitalisme est celui toujours plus

lundi 18 juin 2018

le « Zero reste à charge » n’est pas le « 100% Sécu » , mais le bluff de M. Macron !



Le PCF a pris connaissance de la signature par des deux des trois syndicats dentaires libéraux, de la nouvelle convention nationale dentaire. Cette nouvelle orientation nous inquiète car le faux concept de « Zéro reste à charge » nous éloigne un peu plus, du vrai « 100% Sécu ».
Cette convention, par l’obligation faite aux praticiens conventionnés de respecter certains nouveaux tarifs sécu mais aussi des plafonds complémentaires, persiste et signe le transfert de responsabilité de la santé bucco-dentaire de la Sécu vers le secteur assurantiel privé et les patients.
En fait, ce n’est qu’un compromis qui, comme la CMU, propose un panier de soins insatisfaisant pour les plus démunis et un autre, hors-nomenclature, pour celles et ceux qui auront des sur-complémentaires. C’est encore une protection sociale inégalitaire qui est acté, avec trois niveaux dont les deux derniers laissent un reste à charge pour plus de 50% des actes.

Elle ne dit rien des actes de parodontologie ou des implants, et cantonne la prévention au dépistage, même si on peut être satisfait que la tranche d’âge des 3 ans, soit enfin concernée. Nous ne cesserons pas de dire que c’est d’un véritable plan national de prévention bucco-dentaire dont nous avons besoin, à l’image de ceux mis en place dans des Départements comme celui du 93 et du 94.

NON, Monsieur MACRON n’a pas respecté sa soi-disante promesse d’accès aux soins bucco-dentaires pour toutes et tous, mais celle de détricoter la Sécu au seul bénéfice des assurances, qui ne manqueront pas dans les mois à venir de prononcer de forte hausse des cotisations.
OUI, LE 100% Sécu reste la seule et vraie solution à l’accès aux soins, tous les soins bucco-dentaires et aussi l’optique et l’audioprothèse, de toute la population.

« Bac », l’éditorial de Paule Masson dans l’Humanité de ce jour !



Puisque les épreuves du baccalauréat commencent, tentons un petit problème de mathématiques. Sachant que l’ancien PDG de Carrefour, Georges Plassat, est parti à la retraite avec un chèque de 13,17 millions d’euros, que devant le tollé suscité par une somme qui représente presque mille années de Smic, il concède à renoncer à une « petite » prime de 3,9 millions d’euros, quel est le prix de l’indécence ? Sur l’échelle statistique, la réponse est 100%. Entre 2015 et 2016, comme « patron le mieux payé de France », il s’est octroyé une augmentation de 38%, tandis que l’essentiel des 115 000 du groupe se débattent toute leur vie avec un salaire minimum. En logique, la note approche le zéro pointé, tellement l’explosion des rémunérations des grands PDG et actionnaires dépasse aujourd’hui l’entendement. En probabilité, la cagnotte Plassat fait grimp1er en flèche le taux d’indignation qui, scandale après scandale, atteint l’indigestion.

Passons maintenant à l’épreuve du jour, les futurs bacheliers étant invités ce matin à entamer une semaine d’examens par la philosophie. Le sujet du moment pourrait être : la loi constitue-t-elle pour la liberté un obstacle ou une condition ? Ce qui est sûr, c’est que le gouvernement Macron veille sur la liberté d’entreprise comme Picsou sur son trésor. Pour éviter tout débat sur une loi d’encadrement des salaires qui pourrait taxer les très hauts revenus ou imposer une échelle de rémunération entre le plus bas et le plus haut niveau, le Medef est invité à réviser son code de bonne conduite. Comme chaque fois, histoire de verser une pincée d’inutile morale sur un monde où les porte-étendards du laisser-faire ont tous les droits.

«  C’est uniquement parce que les gens qui n’ont rien que les lois sont une nécessité », disait Engels. À rebours d’une société du mérite qui érige en système le chacun pour soi, dans l’imaginaire français la loi reste une condition de la liberté, un bouclier contre la loi du plus fort. Ou du plus riche.

vendredi 15 juin 2018

« Combat de boue », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



La polémique entre Rome et Paris a des allures de combat de boue. Au refus injustifiable des nouvelles autorités italiennes d’extrême droite de laisser l’Aquarius aborder, Emmanuel Macron a répondu en premier de cordée de l’hypocrisie en dénonçant leur cynisme et leur irresponsabilité, alors qu’au même moment la France se lavait honteusement les mains en se défaussant sur l’Espagne.

Ce n’est pas fini. On voit se dessiner en Europe un nouveau front contre les politiques d’accueil, non seulement à l’Est mais avec l’Italie, l’Autriche mais aussi l’Allemagne, où le ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, leader de la CDU bavaroise, s’est publiquement détaché d’Angela Merkel pour se rapprocher du leader autrichien Sebastian Kurz, élu à la tête d’une coalition avec l’extrême droite.

Sans doute le mal est-il plus profond encore, qui gangrène nombre de pays dont la France avec sa droite et son extrême droite, mais aussi avec le durcissement de la législation sur l’immigration et les propos du ministre de l’Intérieur lui-même sur ces immigrés qui viendraient faire leur marché entre les pays. Ce qui se dessine là, c’est une Europe de la fermeture, de la haine et du désordre mondial.

L’Europe forteresse ne règlera en rien les questions du développement, de la guerre, de la faim, du changement climatique. L’accueil des migrants et la volonté de régler ces questions ne sont pas seulement une affaire d’humanité. Il s’agit d’une pensée nouvelle du partage de la planète et de ses richesses, contre les inégalités, les discriminations de tous ordres, l’exploitation et la force. Nous avons à gérer en commun notre miraculeuse boule bleue, et personne n’y possède un droit exclusif de propriété. L’Europe ne se préservera pas de la montée des extrêmes droite en courbant l’échine ou en détournant le regard. Seule cette pensée nouvelle de la communauté humaine peut porter aujourd’hui ce que nous attendons de la démocratie.

jeudi 14 juin 2018

« Pognon de pauvres », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les pauvres ne s’en sortent pas. «  La sortie du président sur le ton du café du Commerce a été soigneusement relayée par le service de communication de l’Élysée. Comme un résume de programme : déchirer le filet social qui a permis à 9 millions de Français de faire face à la crise et au chômage ; en faire des coupables de leur situation qu’il s’agirait de « responsabiliser » ; introduire le virus d’une généralisation de la précarité en imposant aux chômeurs et aux allocataires du RMA des mini-jobs de quelques heures. Ce dernier point aurait des vertus pédagogiques. On a vu ce qu’il en est advenu au Royaume-Uni ou plus récemment en Italie, avec pour conséquence la victoire du populisme et de l’extrême droite. On peut donc cumuler les fonctions de DRH pour le Medef et de sergent recruteur pour Marine Le Pen. En désignant la pauvres à la vindicte des contribuables dont ils gâcheraient le « pognon, le président de la République menace les valeurs du pays et instaure une morale du tous contre tous. En s’appuyant sur les insuffisances du système, il démantèle la solidarité,  qu’il voit comme la mère du plus grand des vices, l’égalité de notre devise nationale.

En revanche, les plus de 7 milliards d’ «aides sociales » aux grandes fortunes ne sont pas mises en cause. Le gouvernement se propose même d’exempter le patronat de ses responsabilités dans le chômage en supprimant les cotisations dues pour cela. Aux salariés de payer, d’une manière ou d’une autre.

La même logique inspire sa réforme des retraites, les attaques contre les services publics, la mise en place d’une sélection à l’université qui s’avère d’abord sociale. À la société des biens communs et des causes communes, il veut substituer le monde de la compétition à outrance. Certains roulant carrosse et d’autres s’épuisant à pied ou gisant dans le fossé. En marche signifiait donc cela.



mercredi 13 juin 2018

« Malaise », le billet de Maurice Ulrich !



On peut se féliciter de la poignée de main de Singapour. Si l’on se souvient qu’il y a quelques semaines l’un et l’autre, outre l’échange d’amabilités allant de « vieux gâteux » à « petits gros », jouaient à je tiens par la menace nucléaire, on conviendra qu’entre ces deux agités du bocal ou ce qu’il en semble, le pire n’est jamais sûr. 

Plus sérieusement, c’est tout de même vers le règlement d’une situation de tension extrême dans cette région qui, si elle nous semble lointaine, est un carrefour du devenir de l’humanité. Ce n’est pas toutefois sans un certain malaise. Que notre destin commun puisse aujourd’hui encore reposer sur le chantage nucléaire n’est pas une plaisanterie. 

Qu’il dépende en partie du successeur d’une dynastie autoritaire et du président de la première puissance mondiale visiblement décidé à jouer  son propre jeu, fût-ce contre la planète entière, n’est pas franchement rassurant quant à la qualité des relations internationales. Et on ne dit rien de leur coupe de cheveux.

« Devoir d’hospitalité », l’éditorial de Patrick Le Hyaric dans l’Humanité de ce jour !



Fermez les ports ! Voilà le nouveau cri du gouvernement italien, joignant à ses paroles racistes des actes xénophobes. Le nôtre, botte en touche avec hypocrisie. La commission européenne bafouille. Et le Conseil européen ferme les yeux. Il pourrait être passible de la Cour de justice en vertu de l’article 265 des traités qu’il défend avec tant de zèle.

En violation des conventions internationales, du droit maritime et des principes les plus élémentaires de respect de la personne humaine. Ils ont délibérément laissé l’Aquarius empli de 629 exilés, dont 123 mineurs esseulés et 7 femmes enceintes, dériver dans la souffrance, des conditions d’hygiène indignes, tenaillés par la faim et la soif, brûlés par le soleil et le sel. Le cœur et la moindre parcelle d’humanité les ont quitté au profit d’une politique de coute vue. Heureusement, le nouveau gouvernement espagnol de gauche et les mairies progressistes du pays ont lavé l’affront en proposant immédiatement leur secours.

Si prompte à imposer par la force, austérité et sacrifices aux peuples du continent, la commission européenne s’est montrée bien pusillanime devant le torse bombé des nostalgiques du fascisme, au risque de laisse M. Salvini, le ministre de l’Intérieur d’extrême droite italien, gagner son bras de fer à quelques jours de la prochaine réunion du Conseil européen, qui aura ç discuter des migrations.

Le silence pesant et glaçant du gouvernement français, qui n’a pas daigné proposer son aide au navire humanitaire, tend à prouver qu’il refusera, au risque du déshonneur, de se hisser à hauteur de sa mission historique, comme, du reste, le laissaient prévoir les régressions inédites portées par le texte de loi sur l’asile et l’immigration.

Les dirigeants politiques du prétendu « Nouveau Monde », s’avèrent aussi froids, déconnectés, calculateurs et égoïstes que leurs prédécesseurs, incapables de prendre la mesure des ébranlements sociaux, humanitaires, sécuritaires, écologiques, démocratiques qu’ils contribuent à dessiner en toute irresponsabilité avec les désastres guerriers et les bouleversements climatiques, les misères et les famines au bout de leurs traités de libre-échange. Oui l’Europe est requise par un impérieux devoir d’hospitalité et un nouveau co-développement humain durable et mondial. Les peuples doivent faire irruption sur la scène pour l’exiger. Ils peuvent pour cela s’appuyer sur des votes récents du Parlement européen afin d’imposer les mesures nécessaires pour faire respecter le droit maritime et humanitaire en sécurisant les parcours en mer et en assurant l’accueil digne de ces vies en détresse.

Les accords de Dublin doivent laisser la place à un système de solidarité entre les pays et de garantie des droits des migrants et exilés. Le projet de répartition des demandeurs d’asile entre États selon des critères humains doit être mis en pratique. L’effort de solidarité internationale avec les pays d’émigration et les aides au développement doivent être considérablement augmentés, et le pacte mondial pour les migrations, engagé sous l’égide des Nations unies, conforté. La main d’œuvre immigrée ne peut être laissée à la merci des logiques patronales de concurrence. C’est le choix de l’égalité et de la sécurité sociale du travail et des formations qu’il faut porter solidairement. Une politique de visas doit être enfin développée pour mettre fin à l’insécurité dans laquelle est maintenue la misère humaine. Jetons des ponts. L’hospitalité est un devoir !

mardi 12 juin 2018

Aquarius : La question de l’accueil des réfugiés doit être inscrite à l’ordre du jour du prochain Conseil européen



12/06/2018 - PCF
Le refus du gouvernement d’extrême droite italien de recueillir le bateau « L’Aquarius », ayant secouru 629 réfugiés dont 123 mineurs et 7 femmes enceintes, a mis une nouvelle fois sur le devant de la scène l’incurie de l’Union Européenne et de la France. Par son inaction, l’Union Européenne met en danger des vies humaines ballotées pour des raisons politiciennes. Elle tourne le dos à son histoire et à son identité.
En demeurant passifs, Bruxelles laisse les populistes et les xénophobes régner sur la politique migratoire européenne. De façon incompréhensible, Emmanuel Macron aura mis 48h à réagir, finissant par dénoncer le « cynisme et l’irresponsabilité » du gouvernement italien. Mais plutôt que des belles paroles, nous avons besoin que la France prenne l’initiative. Elle doit exiger l’inscription en urgence de la question de l’accueil des réfugiés et de la réforme du règlement de Dublin au prochain Conseil européen des 28 et 29 juin.
Il est indispensable que les gouvernements se mettent autour d’une table pour apporter une réponse commune à la situation dont l’Aquarius est un énième symptôme. Il est nécessaire de réformer en urgence le règlement de Dublin qui impute au premier pays d’entrée au sein de l’UE la charge d’examiner les demandes d’asile. Du fait de cette disposition, les populations de l’Europe du Sud assument seules l’accueil des réfugiés dans des conditions humaines dramatiques quand un certain nombre de pays-membres d’Europe centrale ou du Nord refusent de prendre leur part à la solidarité internationale. A l’occasion du prochain Conseil européen, la France peut et doit porter des solutions pragmatiques :
- contraindre les États membres, y compris leurs flottes militaires, à remplir leurs obligations internationales en matière de sauvetage en mer et de droit d’asile ;
- partager la responsabilité des demandeurs d’asile entre tous les pays de l’UE ;
- réorienter les missions de Frontex vers le sauvetage et l’ouverture de voies légales sans conditions ;
- instaurer des voies légales et sûres d’accueil des réfugiés à travers un couloir humanitaire dans la Méditerranée, en lien avec le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU.
Ian Brossat, chef de file des communistes pour l’élection européenne de 2019


« C’est prouvé », le billet de Maurice Ulrich !



Au Salon de l’armement cette semaine à Villepinte, la France est bien placée. Quatrième exportateur d’armes dans le monde, elle se félicite, selon la Direction générale de l’armement de sa présence sur les terrains de l’innovation et du « Combat proven ». 

Deux axes qui guident les présentations du ministère des Armées au salon  Eurosatory 2018. Le premier illustre principalement le combattant du futur. Le deuxième est une vitrine des matériels ayant démontré leur efficacité au combat et qui répondent au quotidien aux besoins des forces aéroterrestres. 

Côté innovation, la DGA présente sur le stand du ministère des Armées  trois animations phares (…) Chacune d’elles propose des avancées technologiques qui feront la différence sur les théâtres. » Côté « proven » l’efficacité française est appréciée par l’Arabie Saoudite avec 28% de nos exportations. La guerre qu’elle conduit au Yémen a déjà fait 10 000 morts et trois millions de déplacés, en attendant les innovations.

« Espoir et doute », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Le monde hésite encore à y croire. La rencontre de Singapour entre Donald Trump et Kim Jong-un pourrait mettre un terme à une guerre qui fit près de trois millions de morts en trois ans et qui couve encore sous les cendres. Les épisodes les plus récents se sont déroulés autour des boutons qui permettent de déclencher une guerre atomique, mais, depuis soixante-cinq ans, la tension s’est maintenue, imposant l’ordre américain au Sud, et enfermant le Nord dans le repli. À Séoul, l’élection d’un nouveau président, soucieux de la paix, a changé la donne. Pyon-gyang semble prêt à mettre en balance son programme nucléaire et son desserrement de l’étau qui plombe son économie. Washington ne pouvait plus alors risquer une escalade et une frappe unilatérale. Donald Trump tente un pari pour retourner la situation : apparaître comme le premier président américain capable de sortir de l’impasse.

Quel que soit le résultat de Singapour, la route sera longue. La dénucléarisation de la péninsule sera longe, scandée par des étapes et des processus de vérification. La tentation de faire monter les enchères restera présente. Il faut d’ailleurs se réjouir que la Chine, en premier lieu, et la Russie, ensuite,  soient plus que des spectateurs de cette pièce. Ces deux grandes puissances limitent déjà les foucades des uns et des autres. Demain, elles sont susceptibles d’accompagner la Corée du Nord vers un autre développement. La paix peut donc sortir vainqueur du processus qui s’engage et démonstration aurait une valeur universelle dans un monde où l’usage de la force a trop remplacé la diplomatie et le traitement des tensions à leurs racines.

Pourtant, avant même la poignée de main historique, le doute renaît. Un tweet vindicatif mettra-t-il à mal l’espoir de paix que nourrissent les Corées ? Le récent épisode du G7, qui signe l’échec de la « diplomatie des papouilles » choisie par Emmanuel Macron nourrit l’inquiétude.

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