LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 19 juin 2018

APL : Macron frappe une nouvelle fois les plus modestes au portefeuille (Ian Brossat - PCF)


19/06/2018/ -  PCF

Après avoir baissé les APL de 5 euros en 2017, Emmanuel Macron vient de décider le gel des aides au logement. Une mesure qui va priver chaque famille modeste de 4,68€ par mois. Décidément, ce gouvernement fait preuve d’un acharnement sans précédent contre les plus pauvres.
Macron fait porter l’effort sur les 6,5 millions de familles qui touchent les aides au logement, dont plus de la moitié ont des ressources inférieures au seuil de pauvreté et 80% ont des ressources inférieures à un SMIC. Pour elles, ces quelques euros mensuels de perdus s’ajoutent aux baisses précédentes et à la baisse annoncée de l’ensemble des prestations sociales d’au moins 7 milliards d’euros.
Pourtant, à la suite de la première baisse des APL, le Premier Ministre Edouard Philippe affirmait que « ce n'est pas intelligent, c'est une mesure de rabot [...] Ce n'est jamais intelligent de faire du rabot ». Puis, le secrétaire d’État Julien Denormandie évoquait à son tour « une mauvaise décision » et Richard Ferrand, le président du groupe des députés macronistes, parlait même d’une « connerie ». Dans son discours officiel du 23 janvier 2018 à la Cour des Comptes, Emmanuel Macron affirmait sans ambiguïté possible : « Je refuse ce que j’appelle les réformes paramétriques ». La preuve est faite, une nouvelle fois, du décalage complet entre les discours de l’exécutif et ses actes.
Cette décision intervient enfin alors qu’on apprend que la suppression annoncée de « l’exit tax », qui frappait les millionnaires pratiquant la délocalisation fiscale de leurs avoirs, coûtera à l’État un manque à gagner colossal de 6 milliards d’euros. Assécher le pouvoir d’achat des plus modestes pour gonfler celui de ceux qui se soustraient à leur devoir fiscal : telle est la philosophie révoltante du macronisme.

Ian Brossat, Responsable de la commission Logement au PCF, et chef de file des communistes pour les Européennes,

« De la vérité », le billet de Maurice Ulrich !



« Peut-on renoncer à la vérité ? » C’était l’un des sujets proposés hier aux candidats du bac général. Non, certainement pourrait dire M. de La Palice qui s’y connaissait, sauf à faire consciemment le choix du mensonge et du paradoxe d’Épiménide : « Un homme déclare je mens. Si c’est vrai, c’est faux, si c’est faux, c’est vrai, etc. » 

Mais il faut tout autant se méfier de la vérité. Annoncer par exemple la vérité des prix, c’est avouer qu’elle est relative. Qu’est-ce qu’une vérité relative ?... Ou bien « je veux dire la vérité aux Français », cela signifie qu’on va leur demander des efforts », voire les rouler dans la farine. « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà », disait Pascal. 

La vérité des premiers de cordée n’est pas celle des vallées. Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ? », Était-il également proposé aux candidats. Ceux qui ne sont rien n’ont pas toute la vérité, mais un de ses paradoxes, c’est que ce sont les mensonges qui l’éclairent. C’est déjà une très bonne raison de ne pas y renoncer.

« Mauvais lifting », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



Bruno Le Maire n’hésite pas à parler, pour la loi Pacte, de nouveau visage du capitalisme. L’emballage est soigné. Il devrait préciser que « l’objet social de l’entreprise ne se limite pas à chercher du profit, mais qu’elle a aussi un rôle social et environnemental ». Ce n’était donc pas le cas ? C’est assez cocasse quand on nous assure depuis des années que ceux qui dénoncent la recherche du profit ne sont autres que les marxo-dinosaures.

Sauf que le contenu du paquet-cadeau est tout autre, avec en premier lieu la privatisation confirmée d’Aéroports de Paris, de la Française des jeux et d’Engie. Le rôle social de ces trois grandes entreprises, ce serait désormais d’être vendues au plus offrant avec des buts essentiellement capitalistiques, à savoir le service des actionnaires. Précisément le contraire de ce qui est annoncé. On parle, il est vrai, d’une chance pour l’actionnariat populaire. La belle affaire qui ne change rien sur le fond, sauf à alimenter le fantasme d’un capitalisme vertueux et partagé par tous.

En second lieu, les mesures avancées concernent de nouveaux allègements de cotisations sociales. C’est tout de même culotté, disons le mot, d’évoquer le rôle social et environnemental des entreprises quand sont annoncés des allègements de contribution à la Sécurité sociale, au Fonds national d’aide au logement et au versement transport. Sans parler, côté salariés, du relèvement du seuil obligeant l’entreprise à avoir un règlement intérieur, dont on peut imaginer qu’il ouvre la voie à l’arbitraire patronal dans les TPE où ne règne pas toujours une chaude fraternité.

On va vous parler de la participation, d’un meilleur contrôle – à avoir – des investissements étrangers, voire de l’entrée de deux salariés dans les conseils d’administration de plus de huit membres…Mais la logique du pacte libéral est claire. Il s’agit, au nom de la levée des contraintes,  de détacher toujours plus les entreprises de tout lien à la richesse publique. Le nouveau visage du capitalisme est celui toujours plus

lundi 18 juin 2018

le « Zero reste à charge » n’est pas le « 100% Sécu » , mais le bluff de M. Macron !



Le PCF a pris connaissance de la signature par des deux des trois syndicats dentaires libéraux, de la nouvelle convention nationale dentaire. Cette nouvelle orientation nous inquiète car le faux concept de « Zéro reste à charge » nous éloigne un peu plus, du vrai « 100% Sécu ».
Cette convention, par l’obligation faite aux praticiens conventionnés de respecter certains nouveaux tarifs sécu mais aussi des plafonds complémentaires, persiste et signe le transfert de responsabilité de la santé bucco-dentaire de la Sécu vers le secteur assurantiel privé et les patients.
En fait, ce n’est qu’un compromis qui, comme la CMU, propose un panier de soins insatisfaisant pour les plus démunis et un autre, hors-nomenclature, pour celles et ceux qui auront des sur-complémentaires. C’est encore une protection sociale inégalitaire qui est acté, avec trois niveaux dont les deux derniers laissent un reste à charge pour plus de 50% des actes.

Elle ne dit rien des actes de parodontologie ou des implants, et cantonne la prévention au dépistage, même si on peut être satisfait que la tranche d’âge des 3 ans, soit enfin concernée. Nous ne cesserons pas de dire que c’est d’un véritable plan national de prévention bucco-dentaire dont nous avons besoin, à l’image de ceux mis en place dans des Départements comme celui du 93 et du 94.

NON, Monsieur MACRON n’a pas respecté sa soi-disante promesse d’accès aux soins bucco-dentaires pour toutes et tous, mais celle de détricoter la Sécu au seul bénéfice des assurances, qui ne manqueront pas dans les mois à venir de prononcer de forte hausse des cotisations.
OUI, LE 100% Sécu reste la seule et vraie solution à l’accès aux soins, tous les soins bucco-dentaires et aussi l’optique et l’audioprothèse, de toute la population.

« Bac », l’éditorial de Paule Masson dans l’Humanité de ce jour !



Puisque les épreuves du baccalauréat commencent, tentons un petit problème de mathématiques. Sachant que l’ancien PDG de Carrefour, Georges Plassat, est parti à la retraite avec un chèque de 13,17 millions d’euros, que devant le tollé suscité par une somme qui représente presque mille années de Smic, il concède à renoncer à une « petite » prime de 3,9 millions d’euros, quel est le prix de l’indécence ? Sur l’échelle statistique, la réponse est 100%. Entre 2015 et 2016, comme « patron le mieux payé de France », il s’est octroyé une augmentation de 38%, tandis que l’essentiel des 115 000 du groupe se débattent toute leur vie avec un salaire minimum. En logique, la note approche le zéro pointé, tellement l’explosion des rémunérations des grands PDG et actionnaires dépasse aujourd’hui l’entendement. En probabilité, la cagnotte Plassat fait grimp1er en flèche le taux d’indignation qui, scandale après scandale, atteint l’indigestion.

Passons maintenant à l’épreuve du jour, les futurs bacheliers étant invités ce matin à entamer une semaine d’examens par la philosophie. Le sujet du moment pourrait être : la loi constitue-t-elle pour la liberté un obstacle ou une condition ? Ce qui est sûr, c’est que le gouvernement Macron veille sur la liberté d’entreprise comme Picsou sur son trésor. Pour éviter tout débat sur une loi d’encadrement des salaires qui pourrait taxer les très hauts revenus ou imposer une échelle de rémunération entre le plus bas et le plus haut niveau, le Medef est invité à réviser son code de bonne conduite. Comme chaque fois, histoire de verser une pincée d’inutile morale sur un monde où les porte-étendards du laisser-faire ont tous les droits.

«  C’est uniquement parce que les gens qui n’ont rien que les lois sont une nécessité », disait Engels. À rebours d’une société du mérite qui érige en système le chacun pour soi, dans l’imaginaire français la loi reste une condition de la liberté, un bouclier contre la loi du plus fort. Ou du plus riche.

vendredi 15 juin 2018

« Combat de boue », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



La polémique entre Rome et Paris a des allures de combat de boue. Au refus injustifiable des nouvelles autorités italiennes d’extrême droite de laisser l’Aquarius aborder, Emmanuel Macron a répondu en premier de cordée de l’hypocrisie en dénonçant leur cynisme et leur irresponsabilité, alors qu’au même moment la France se lavait honteusement les mains en se défaussant sur l’Espagne.

Ce n’est pas fini. On voit se dessiner en Europe un nouveau front contre les politiques d’accueil, non seulement à l’Est mais avec l’Italie, l’Autriche mais aussi l’Allemagne, où le ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, leader de la CDU bavaroise, s’est publiquement détaché d’Angela Merkel pour se rapprocher du leader autrichien Sebastian Kurz, élu à la tête d’une coalition avec l’extrême droite.

Sans doute le mal est-il plus profond encore, qui gangrène nombre de pays dont la France avec sa droite et son extrême droite, mais aussi avec le durcissement de la législation sur l’immigration et les propos du ministre de l’Intérieur lui-même sur ces immigrés qui viendraient faire leur marché entre les pays. Ce qui se dessine là, c’est une Europe de la fermeture, de la haine et du désordre mondial.

L’Europe forteresse ne règlera en rien les questions du développement, de la guerre, de la faim, du changement climatique. L’accueil des migrants et la volonté de régler ces questions ne sont pas seulement une affaire d’humanité. Il s’agit d’une pensée nouvelle du partage de la planète et de ses richesses, contre les inégalités, les discriminations de tous ordres, l’exploitation et la force. Nous avons à gérer en commun notre miraculeuse boule bleue, et personne n’y possède un droit exclusif de propriété. L’Europe ne se préservera pas de la montée des extrêmes droite en courbant l’échine ou en détournant le regard. Seule cette pensée nouvelle de la communauté humaine peut porter aujourd’hui ce que nous attendons de la démocratie.

jeudi 14 juin 2018

« Pognon de pauvres », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les pauvres ne s’en sortent pas. «  La sortie du président sur le ton du café du Commerce a été soigneusement relayée par le service de communication de l’Élysée. Comme un résume de programme : déchirer le filet social qui a permis à 9 millions de Français de faire face à la crise et au chômage ; en faire des coupables de leur situation qu’il s’agirait de « responsabiliser » ; introduire le virus d’une généralisation de la précarité en imposant aux chômeurs et aux allocataires du RMA des mini-jobs de quelques heures. Ce dernier point aurait des vertus pédagogiques. On a vu ce qu’il en est advenu au Royaume-Uni ou plus récemment en Italie, avec pour conséquence la victoire du populisme et de l’extrême droite. On peut donc cumuler les fonctions de DRH pour le Medef et de sergent recruteur pour Marine Le Pen. En désignant la pauvres à la vindicte des contribuables dont ils gâcheraient le « pognon, le président de la République menace les valeurs du pays et instaure une morale du tous contre tous. En s’appuyant sur les insuffisances du système, il démantèle la solidarité,  qu’il voit comme la mère du plus grand des vices, l’égalité de notre devise nationale.

En revanche, les plus de 7 milliards d’ «aides sociales » aux grandes fortunes ne sont pas mises en cause. Le gouvernement se propose même d’exempter le patronat de ses responsabilités dans le chômage en supprimant les cotisations dues pour cela. Aux salariés de payer, d’une manière ou d’une autre.

La même logique inspire sa réforme des retraites, les attaques contre les services publics, la mise en place d’une sélection à l’université qui s’avère d’abord sociale. À la société des biens communs et des causes communes, il veut substituer le monde de la compétition à outrance. Certains roulant carrosse et d’autres s’épuisant à pied ou gisant dans le fossé. En marche signifiait donc cela.



mercredi 13 juin 2018

« Malaise », le billet de Maurice Ulrich !



On peut se féliciter de la poignée de main de Singapour. Si l’on se souvient qu’il y a quelques semaines l’un et l’autre, outre l’échange d’amabilités allant de « vieux gâteux » à « petits gros », jouaient à je tiens par la menace nucléaire, on conviendra qu’entre ces deux agités du bocal ou ce qu’il en semble, le pire n’est jamais sûr. 

Plus sérieusement, c’est tout de même vers le règlement d’une situation de tension extrême dans cette région qui, si elle nous semble lointaine, est un carrefour du devenir de l’humanité. Ce n’est pas toutefois sans un certain malaise. Que notre destin commun puisse aujourd’hui encore reposer sur le chantage nucléaire n’est pas une plaisanterie. 

Qu’il dépende en partie du successeur d’une dynastie autoritaire et du président de la première puissance mondiale visiblement décidé à jouer  son propre jeu, fût-ce contre la planète entière, n’est pas franchement rassurant quant à la qualité des relations internationales. Et on ne dit rien de leur coupe de cheveux.

« Devoir d’hospitalité », l’éditorial de Patrick Le Hyaric dans l’Humanité de ce jour !



Fermez les ports ! Voilà le nouveau cri du gouvernement italien, joignant à ses paroles racistes des actes xénophobes. Le nôtre, botte en touche avec hypocrisie. La commission européenne bafouille. Et le Conseil européen ferme les yeux. Il pourrait être passible de la Cour de justice en vertu de l’article 265 des traités qu’il défend avec tant de zèle.

En violation des conventions internationales, du droit maritime et des principes les plus élémentaires de respect de la personne humaine. Ils ont délibérément laissé l’Aquarius empli de 629 exilés, dont 123 mineurs esseulés et 7 femmes enceintes, dériver dans la souffrance, des conditions d’hygiène indignes, tenaillés par la faim et la soif, brûlés par le soleil et le sel. Le cœur et la moindre parcelle d’humanité les ont quitté au profit d’une politique de coute vue. Heureusement, le nouveau gouvernement espagnol de gauche et les mairies progressistes du pays ont lavé l’affront en proposant immédiatement leur secours.

Si prompte à imposer par la force, austérité et sacrifices aux peuples du continent, la commission européenne s’est montrée bien pusillanime devant le torse bombé des nostalgiques du fascisme, au risque de laisse M. Salvini, le ministre de l’Intérieur d’extrême droite italien, gagner son bras de fer à quelques jours de la prochaine réunion du Conseil européen, qui aura ç discuter des migrations.

Le silence pesant et glaçant du gouvernement français, qui n’a pas daigné proposer son aide au navire humanitaire, tend à prouver qu’il refusera, au risque du déshonneur, de se hisser à hauteur de sa mission historique, comme, du reste, le laissaient prévoir les régressions inédites portées par le texte de loi sur l’asile et l’immigration.

Les dirigeants politiques du prétendu « Nouveau Monde », s’avèrent aussi froids, déconnectés, calculateurs et égoïstes que leurs prédécesseurs, incapables de prendre la mesure des ébranlements sociaux, humanitaires, sécuritaires, écologiques, démocratiques qu’ils contribuent à dessiner en toute irresponsabilité avec les désastres guerriers et les bouleversements climatiques, les misères et les famines au bout de leurs traités de libre-échange. Oui l’Europe est requise par un impérieux devoir d’hospitalité et un nouveau co-développement humain durable et mondial. Les peuples doivent faire irruption sur la scène pour l’exiger. Ils peuvent pour cela s’appuyer sur des votes récents du Parlement européen afin d’imposer les mesures nécessaires pour faire respecter le droit maritime et humanitaire en sécurisant les parcours en mer et en assurant l’accueil digne de ces vies en détresse.

Les accords de Dublin doivent laisser la place à un système de solidarité entre les pays et de garantie des droits des migrants et exilés. Le projet de répartition des demandeurs d’asile entre États selon des critères humains doit être mis en pratique. L’effort de solidarité internationale avec les pays d’émigration et les aides au développement doivent être considérablement augmentés, et le pacte mondial pour les migrations, engagé sous l’égide des Nations unies, conforté. La main d’œuvre immigrée ne peut être laissée à la merci des logiques patronales de concurrence. C’est le choix de l’égalité et de la sécurité sociale du travail et des formations qu’il faut porter solidairement. Une politique de visas doit être enfin développée pour mettre fin à l’insécurité dans laquelle est maintenue la misère humaine. Jetons des ponts. L’hospitalité est un devoir !

mardi 12 juin 2018

Aquarius : La question de l’accueil des réfugiés doit être inscrite à l’ordre du jour du prochain Conseil européen



12/06/2018 - PCF
Le refus du gouvernement d’extrême droite italien de recueillir le bateau « L’Aquarius », ayant secouru 629 réfugiés dont 123 mineurs et 7 femmes enceintes, a mis une nouvelle fois sur le devant de la scène l’incurie de l’Union Européenne et de la France. Par son inaction, l’Union Européenne met en danger des vies humaines ballotées pour des raisons politiciennes. Elle tourne le dos à son histoire et à son identité.
En demeurant passifs, Bruxelles laisse les populistes et les xénophobes régner sur la politique migratoire européenne. De façon incompréhensible, Emmanuel Macron aura mis 48h à réagir, finissant par dénoncer le « cynisme et l’irresponsabilité » du gouvernement italien. Mais plutôt que des belles paroles, nous avons besoin que la France prenne l’initiative. Elle doit exiger l’inscription en urgence de la question de l’accueil des réfugiés et de la réforme du règlement de Dublin au prochain Conseil européen des 28 et 29 juin.
Il est indispensable que les gouvernements se mettent autour d’une table pour apporter une réponse commune à la situation dont l’Aquarius est un énième symptôme. Il est nécessaire de réformer en urgence le règlement de Dublin qui impute au premier pays d’entrée au sein de l’UE la charge d’examiner les demandes d’asile. Du fait de cette disposition, les populations de l’Europe du Sud assument seules l’accueil des réfugiés dans des conditions humaines dramatiques quand un certain nombre de pays-membres d’Europe centrale ou du Nord refusent de prendre leur part à la solidarité internationale. A l’occasion du prochain Conseil européen, la France peut et doit porter des solutions pragmatiques :
- contraindre les États membres, y compris leurs flottes militaires, à remplir leurs obligations internationales en matière de sauvetage en mer et de droit d’asile ;
- partager la responsabilité des demandeurs d’asile entre tous les pays de l’UE ;
- réorienter les missions de Frontex vers le sauvetage et l’ouverture de voies légales sans conditions ;
- instaurer des voies légales et sûres d’accueil des réfugiés à travers un couloir humanitaire dans la Méditerranée, en lien avec le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU.
Ian Brossat, chef de file des communistes pour l’élection européenne de 2019


« C’est prouvé », le billet de Maurice Ulrich !



Au Salon de l’armement cette semaine à Villepinte, la France est bien placée. Quatrième exportateur d’armes dans le monde, elle se félicite, selon la Direction générale de l’armement de sa présence sur les terrains de l’innovation et du « Combat proven ». 

Deux axes qui guident les présentations du ministère des Armées au salon  Eurosatory 2018. Le premier illustre principalement le combattant du futur. Le deuxième est une vitrine des matériels ayant démontré leur efficacité au combat et qui répondent au quotidien aux besoins des forces aéroterrestres. 

Côté innovation, la DGA présente sur le stand du ministère des Armées  trois animations phares (…) Chacune d’elles propose des avancées technologiques qui feront la différence sur les théâtres. » Côté « proven » l’efficacité française est appréciée par l’Arabie Saoudite avec 28% de nos exportations. La guerre qu’elle conduit au Yémen a déjà fait 10 000 morts et trois millions de déplacés, en attendant les innovations.

« Espoir et doute », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Le monde hésite encore à y croire. La rencontre de Singapour entre Donald Trump et Kim Jong-un pourrait mettre un terme à une guerre qui fit près de trois millions de morts en trois ans et qui couve encore sous les cendres. Les épisodes les plus récents se sont déroulés autour des boutons qui permettent de déclencher une guerre atomique, mais, depuis soixante-cinq ans, la tension s’est maintenue, imposant l’ordre américain au Sud, et enfermant le Nord dans le repli. À Séoul, l’élection d’un nouveau président, soucieux de la paix, a changé la donne. Pyon-gyang semble prêt à mettre en balance son programme nucléaire et son desserrement de l’étau qui plombe son économie. Washington ne pouvait plus alors risquer une escalade et une frappe unilatérale. Donald Trump tente un pari pour retourner la situation : apparaître comme le premier président américain capable de sortir de l’impasse.

Quel que soit le résultat de Singapour, la route sera longue. La dénucléarisation de la péninsule sera longe, scandée par des étapes et des processus de vérification. La tentation de faire monter les enchères restera présente. Il faut d’ailleurs se réjouir que la Chine, en premier lieu, et la Russie, ensuite,  soient plus que des spectateurs de cette pièce. Ces deux grandes puissances limitent déjà les foucades des uns et des autres. Demain, elles sont susceptibles d’accompagner la Corée du Nord vers un autre développement. La paix peut donc sortir vainqueur du processus qui s’engage et démonstration aurait une valeur universelle dans un monde où l’usage de la force a trop remplacé la diplomatie et le traitement des tensions à leurs racines.

Pourtant, avant même la poignée de main historique, le doute renaît. Un tweet vindicatif mettra-t-il à mal l’espoir de paix que nourrissent les Corées ? Le récent épisode du G7, qui signe l’échec de la « diplomatie des papouilles » choisie par Emmanuel Macron nourrit l’inquiétude.

lundi 11 juin 2018

Réfugiés : Face à la dérive italienne, l’Union européenne au pied du mur (Ian Brossat)



11/06/2018 - PCF
Par la voix de son ministre d’extrême droite Matteo Salvini, l’Italie annonce ce dimanche que le bateau « L’Aquarius », ayant secouru 629 réfugiés dont 123 mineurs et 7 femmes enceintes, est interdit d’arrimer dans la péninsule. Cette décision marque une rupture, elle s’oppose aux valeurs les plus élémentaires de l’Europe, constitutives de son histoire et de son identité.
Si elle déshonore l’Italie, elle place aussi l’Union européenne et ses États-membres face à leurs contradictions. Bruxelles et les chancelleries européennes ne sauraient rester silencieuses et passives. Elles doivent désormais sortir de l’ambiguïté et d’une inaction de plus en plus coupable, et refuser que la détresse de réfugiés de guerre ne serve de monnaie d’échange diplomatique. Dans ce contexte, saluons l’humanité et la responsabilité dont font preuve les Maires italiens de Naples, Palerme ou Messine qui ont annoncé que leur ville portuaire acceptait de recueillir l’Aquarius.
Aujourd’hui, les populations de l’Europe du Sud ne peuvent assumer seules l’accueil des réfugiés quand un certain nombre de pays-membres d’Europe centrale ou du Nord refusent de prendre leur part à la solidarité internationale. En agissant de la sorte, ces Gouvernements mettent en péril l’unité européenne et défient ses règles communes. Pour répondre à ce défi, nous portons des solutions pragmatiques :
- contraindre les États membres, y compris leurs flottes militaires, à remplir leurs obligations internationales en matière de sauvetage en mer et de droit d’asile ;
- partager la responsabilité des demandeurs d’asile entre tous les pays de l’UE ;
- réorienter les missions de Frontex vers le sauvetage et l’ouverture de voies légales sans conditions ;
- instaurer des voies légales et sûres d’accueil des réfugiés à travers un couloir humanitaire dans la Méditerranée, en lien avec le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU.

Ian Brossat

« Pêcheurs », le billet de Maurice Ulrich !



Une philosophie court au gouvernement. Son porte-parole, il y a quelques jours, citait Confucius, qui, vivant il y a 2500 ans, prêchait comme principe d’ordre la soumission au père et au prince, mais pas seulement. Il est aussi l’auteur de cette idée reprise par Benjamin Griveaux, donc, selon laquelle,  si un homme a faim,  il vaut mieux lui apprendre à pêcher que de lui donner du poisson. 

On dira qu’il faut aussi manger le temps d’apprendre à pêcher, mais çà permet aux riches de déguster leur caviar en toute bonne conscience. Bref, hier dans le Journal du dimanche, c’est Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, qui estimait, à propos des aides sociales, que l’on avait jusqu’alors « privilégié l’approche monétaire » et qu’il fallait voir les choses autrement « pour remettre en route l’ascenseur social ». 

Bien, mais comme le disait Alphonse Allais, « c’est tout de même fou comme l’argent aide à supporter la pauvreté », Woody Allen faisant remarquer que « l’argent vaut mieux que la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières ».

« Choc d’indignité », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité de ce jour !



Ainsi donc, la ministre des Solidarités et de la santé le confirme. « Toutes les allocations peuvent être discutées », déclare Agnès Buzyn au JDD, comme si l’usage de la parole devait être à ce point décrispé pour enfin admettre tout ce qui se murmure pourtant publiquement. Attention, le choc s’annonce brutal ! Madame Buzyn le résume bien : « On ne doit pas s’acheter une bonne conscience avec les minimas sociaux. » Chacun le sait, le gouvernement aborde en ordre de bataille « le temps 2 du quinquennat », pour reprendre la formule d’Édouard Philippe. Au menu figure « la réforme de l’aide sociale ». Souvenons-nous des odieuses sorties des ministres Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, destinées à préparer l’opinion : « Il y a trop d’aides sociales. » Après la casse du droit du travail et la réforme de l’assurance chômage, voici une nouvelle étape dans la « transformation du modèle social » voulue par Emmanuel Macron. Celui-ci s’exprimera dans quelques semaines et dira quels minima sociaux subiront donc un coup de rabot. La feuille de route des économies demandées au Comité d’action publique 2022 – CAP 22 – vise à distinguer les « bons pauvres » de ceux dont on pourrait revoir les prestations à la baisse pour les « inciter à travailler », comme s’ils étaient responsables de leur situation.

Jamais bien sûr les questions ne changent de paradigme. Pourquoi tant de smicards ont-ils besoin des aides sociales ? Pourquoi le travail ne permet-t-il pas de vivre dignement ? Les ménages vivent normalement de leurs salaires, des prestations d’assurances sociales (issues de leurs cotisations), des prestations universelles (santé, éducation, etc.). À quoi servent les aides sociales ? À donner le minimum à ceux qui ne peuvent subvenir à leurs besoins. Affirmer qu’il y a trop « d’aides », c’est oublier le chômage de masse, la précarisation du travail, la vie chère. C’est oublier les 9 millions de pauvres, les fameux « gens qui ne sont rien » ! Une fois encore, les voilà érigés en boucs émissaires. Ils n’auront au mieux que la charité.

Les plus démunis attendent toujours un choc de dignité en leur faveur. Ils risquent de subir un choc d’indignité…

vendredi 8 juin 2018

Parcoursup : « Attitude irresponsable du gouvernement »

                              
                                         08/06/2018/ PCF
Des milliers de lycéennes et lycéens de Terminale (40% au moins), à la veille des épreuves du Baccalauréat, n’ont reçu à cette date aucune réponse, en dépit pour la plupart d’excellents résultats, ajoutant ainsi à leur stress. Cette situation ne résulte pas du hasard ou de problèmes informatiques mais d’un choix politique explicite assumé.
On apprend ainsi que le traitement des dossiers peut faire intervenir l’établissement d’origine des futurs étudiant.e.s : comme par hasard, ce sont les établissements des localités les plus frappées socialement par la crise qui trinquent en large majorité.
Que des Présidents d’université justifient avec cynisme cette « méthode » de tri sélectif est une honte pour l’Université de notre pays. Mais voir la ministre et le gouvernement déclarer benoîtement que les choses seront réglées en septembre passe toute limite de l'irresponsabilité.
Parcoursup ne répond en rien au scandale du tirage au sort organisé par le système antérieur. Il ne répond en rien aux défis de formation de notre temps et tourne le dos à la nécessité de permettre à chacun.e de nos jeunes de développer leurs capacités dans des parcours choisis de réussite.
Le PCF sera en première ligne pour contribuer à construire, avec toutes les forces disponibles, les conditions d’une alternative à un système dont le profit et l’inégalité sociale sont des moteurs essentiels. Ce système est à bout de souffle, il faut en sortir. Le PCF exige l'ouverture de 50 000 places supplémentaires à l'Université et le doublement sur la législature des moyens budgétaires des Universités.
Commission Enseignement supérieur du Parti Communiste Français.

Succès de l'initiative des communistes de Romainville : " 50 ANS EN 68 " !



Vif succès de l'initiative des communistes de Romainville "50 ans en 68. De nombreux visiteurs et visiteuses, 80 personnes. Ambiance agréable, fraternelle et chaleureuse. Des discussions et des échanges enrichissants autour de l'exposition de photos. Un vif succès de la pièce "Ballade de l'Espoir en Prairial An X d'une prétendue République" de JEAN-CLAUDE !!!, interprétée par de jeunes comédiens. Les témoignages et analyses de Gérard Alezard conférencier ont été très appréciés, Félicitations et merci à tous les ami-e-s et camarades qui ont permis la réussite de cette soirée

« La corde », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, est assurément un premier de cordée. Énarque passé par l’Inspection des finances, le cabinet de François Fillon, PDG d’Europe 1, puis de la Fnac, où ses brillants états de service lui avaient valu un complément de salaire en 2016 de près de 11 millions d’euros, on vante son intelligence, sa culture, son empathie même. La preuve, il est pour Alain Minc « l’équivalent dans le business de ce qu’est Macron en politique ». C’est dire.

Alexandre Bompard est un tricheur. Le groupe ^prétend qu’il n’a pas trouvé de repreneur pour les 2300 salariés des quelques 230 établissements de proximité. Faux. Plusieurs témoignages l’attestent, dont celui d’un cadre du groupe, porteur le mois dernier d’une proposition de reprise pour 152 magasins et dont il n’a tenu aucun compte. Sans doute la raison de cette surdité feinte est-elle évidente. Favoriser un tel projet ce serait créer un concurrent. C’est une politique de la terre brûlée.

Alexandre Bompard est une sorte de prédateur. Alors que le groupe a reçu en cinq ans 2 milliards d’euros  au titre de crédits d’impôt ou d’exonérations salariales, il a touché encore l’an passé 15 millions d’euros de plus au titre du Cice. Quand on a été un serviteur de l’État, on sait se servir de l’État et de l’argent public. Pour 2017, les membres de l’équipe de direction se sont servi généreusement près de 80% d’augmentation et, sur les 756 millions de bénéfices du groupe, 350 sont allés aux actionnaires, dont Bernard Arnault, qui juge d’ailleurs que la rentabilité du groupe n’est pas ce qu’il attend, ceci expliquant cela. L’objectif des dirigeants de Carrefour est clairement affirmé. Les hypers sont en sursis car ils recèlent toujours « une grande valeur » mais en liaison avec les services marchands de Carrefour, « notamment la banque, actif central pour (notre) groupe ».

Alexandre Bompard optimise. C’est bien un premier de cordée, de ceux qui coupent la corde. Bruno Le Maire s’est dit « vigilant ». Au pied de la montagne ?

jeudi 7 juin 2018

« De mal en psy », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Le vacillement est général et rien n’indique pourtant que le gouvernement va y porter remède. L’hôpital est en crise, ses personnels sont à bout et la sécurité des patients commence ici et là à en souffrir. Depuis des années, se succèdent les saignées, les compressions d’effectifs et les fermetures d’établissements. La logique comptable de la tarification à l’activité a aggravé les maux, d’autant que les actes lucratifs sont dirigés vers les cliniques privées. La déshumanisation gagne. Le défi des progrès technologiques réclamerait des investissements considérables mais les hôpitaux sont étranglés par les dettes dont les intérêts alimentent les marchés financiers. La majorité macronienne n’envisage que de prescrire de nouvelles amputations et notamment la réduction de la masse salariale de 1,2 milliard d’euros en cinq ans. Les mêmes feront ensuite le procès du service public…

La psychiatrie est douloureusement frappée. Les secteurs qui autorisaient une prise en charge globale de la prévention, des soins et de l’accompagnement post - cure par une même équipe disparaissent peu à peu, ouvertement ou noyés dans le gigantisme d’établissements. Comment être efficaces quand un secteur couvre plus de 75 000 habitants ? Le risque s’affirme de voir les missions limitées à la normalisation des comportements ou au traitement des crises. Confrontés à l’intensité des souffrances, les soignants l’éprouvent à leur tour et refusent d’être réduits à pratiquer une psychiatrie de contention. Trop de malades sont déjà enfermés dans les prisons, retirés du monde et non point traités et accompagnés. L’ordonnance médicamenteuse est trop souvent la seule réponse à l’anxiété et aux dépressions nées des violences sociales.

Le retour à des politiques d’investissement humain – faut-il moins de 100 000 créations d’emplois dans les hôpitaux et autant dans les Ehpad ? – est le seul chemin pour soigner les malades mais aussi les personnels, doit-on dire aujourd’hui.

mardi 5 juin 2018

« Saison croisée France-Israël » : Non à la venue de Benyamin Netanyahou


                       05/06/2018 - PCF

Depuis le 20 mars, l’armée israélienne obéissant aux ordres de son gouvernement tue et mutile les Palestiniens de Gaza (120 morts, 13 000 blessés dont certains de manière irréversible) qui manifestent pacifiquement sur leur terre pour le respect de leurs droits fondamentaux.

Le 5 juin, le représentant de ce gouvernement, le Premier ministre Benyamin Netanyahu, un homme passible de l’accusation de crimes de guerre devant la Cour pénale internationale (CPI) serait au côté du président français Emmanuel Macron pour inaugurer la « Saison croisée France-Israël », initiative qui doit « renouveler le regard que portent les Français sur Israël et les Israéliens sur la France » selon l'Institut français, chargé de l'action culturelle extérieure de la France.

Il y va de l’honneur de la France d’annuler cette visite et cette initiative à l’heure où la communauté internationale (hormis les Etats-Unis de Donald Trump) s’indigne devant l’extrême gravité des crimes commis à Gaza et le mépris d’Israël pour le droit international. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, Federica Mogherini, représentante de la diplomatie européenne ont demandé une « enquête indépendante » sur l’usage de balles réelles.

Israël doit se conformer aux résolutions de l’ONU, de la 4e convention de Genève, en renonçant à sa politique colonialiste.

Le PCF demande avec la plus grande fermeté au président de la République de s'opposer au déni d’humanité que symbolise l’attitude de l’actuel gouvernement d’Israël, de sortir d’une posture qui cautionne une politique mortifère qui met deux peuples en danger.

La France doit :
- ne pas accueillir Benjamin Netanyahu, commanditaire des massacres de Gaza
- annuler la « Saison croisée France-Israël »
- reconnaître l’Etat palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale
- demander l’arrêt de la colonisation
- demander la fin du blocus de Gaza
- demander la suspension de l’accord d’association Union européenne/Israël

Le PCF appelle à la manifestation organisée par le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) le mardi 5 juin à partir de 18 h 30 à Paris, places des Invalides, et partout en France à l’appel de nombreuses associations.

« De l’égoût, du sang », l’éditorial de Michel Guilloux dans l’Humanité de ce jour !



Il n’y a rien d’anecdotique ni de folklorique. Et encore moins de terrain de discussion possible. Ici,  on ouvre des « bars », pas interdits aux autres mais réservés aux « membres », des « mâles blancs », comme on dit. Là, on évoque pudiquement une bagarre impliquant une personne de couleur et un fils de famille bien connu, le motif de l’agression « serait » raciste. Ailleurs on découvre des jeunes passés à tabac, avec des séquelles à vie. Quand ils ne finissent pas noyés dans une rivière suite à un « rite de passage » qui aurait « mal » tourné…jusqu’à un hebdo de « valeurs » mettant le milliardaire Soros à sa une dans un choix de cadrage tel que la presse antisémite sous Pétain ne l’aurait pas renié. L’écart tient toujours du fleuve du sang.

Ils seraient « antisystème » ces gens-là ? À peine victorieux en Italie, voilà qu’ils organisent la chasse aux migrants et dénoncent le droit des femmes à disposer de leur corps. Semeurs de haine et de division avant tout. En France, depuis un certain 21 avril 2002, une pente a été empruntée, au rythme d’un traitement de choc pour fracturer la société, abîmant le débat public, « d’identité nationale » en « déchéance de nationalité ». Et aujourd’hui, un ministre de l’intérieur gérontocrate, qui a pu, durant la campagne présidentielle confondre « Emmanuel Le Pen » et « Mme Macron » ne trouve rien à redire sur les nazillons qui prétendent contrôler la frontière des Alpes, tout occupé qu’il était à peaufiner sa loi de chasse aux migrants. L’abaissement en cours du Parlement votant à la chaîne des lois antisociales n’est pas moins inquiétant dans un tel paysage.

À l’heure des grandes régressions sociales du libéralisme sauvage, la France comme l’Europe, voire les États-Unis avec Trump, ont rouvert la boîte de Pandore. Il n’y a aucune issue positive à opposer le chômeur italien au retraité allemand. En revanche, chercher ce qui peut les rassembler peut être une belle piste d’avenir, tout comme, ici et maintenant, être du côté des jeunes face à Parcoursup, des cheminots face à la casse du rail public, des hospitaliers…Du côté des justes colères sociales plutôt que de la tambouille des ressentiments.

lundi 4 juin 2018

« Turbulences », le billet de Maurice Ulrich !



« Il est vrai que le mois de mai a été particulièrement lourd », reconnaît-on à l’Élysée, selon le Journal du dimanche, à propos de la répression à Gaza. 120 morts avec les tirs à balles réelles des militaires israéliens sur des foules sans armes. 

C’est lourd, dit-on, mais la  visite du premier ministre Benyamin Netanyahou aura bien lieu  en prélude à une saison croisée franco-israélienne elle aussi maintenue, avec l’inauguration au Grand Palais d’une exposition consacrée aux évolutions technologiques en Israël. 

Car comme le dit l’ambassadrice du pays à Paris, Me  Aliza Bin-Noun, « l’opinion publique en France est influencée par les images de violences du conflit avec les Palestiniens, mais les Français ne peuvent pas ignorer non plus les progrès accomplis par Israël depuis dix ans  dans les nouvelles technologies ». Sans commentaire. 

Et, pour Emmanuel Macron, dans la préface de la plaquette de présentation de la saison : « Il est des amitiés qui ne peuvent altérer les turbulences de l’histoire ». turbulences, c’est le mot pour « crimes de guerre ».

« Tri social », l’éditorial de Paule Masson dans l’Humanité de ce jour !



« Vous êtes, pour le moment, en liste d’attente…Votre position : 0. Nombre total de candidats en liste d’attente : 0. » Si l’on en croit son algorithme, Parcoursup explique à cet élève qu’il n’existe pas. Un autre s’est vu notifié être le 337e sur une liste d’attente de…315 candidats. Les inepties de ce genre sont légion depuis la première salve de réponses informatiques apportées aux vœux des lycéens. On avait déjà compris combien le dispositif généralise la sélection à l’entrée de l’université, le voilà aussi de plus en plus soupçonné de tri sélectif à l’encontre des jeunes qui habitent de l’autre côté du périphérique !

Dans certaines classes de Seine-Saint-Denis, 100% d’élèves se sont retrouvés sans affectation. Dans un lycée de Montreuil, plus de 50% des lycéens sont recalés alors que le taux de réussite au bac avoisine les 90% ! Avec Parcoursup, « ceux qui ne sont rien » n’ont rien, même s’ils ont un bon dossier scolaire. Ici, il n’est même plus question de « méritocratie ». Les territoires discriminés le restent. La sélection prive déjà des centaines de milliers de jeunes du droit précieux de choisir un parcours de vie, mais Parcoursup va plus loin. Le système reflète un but politique, celui d’apprendre les nuits sans rêves et les lendemains sans avenir aux enfants qui ne sont pas ceux de l’élite.

À eux le sentiment d’échec devant le mur du refus qui défile sur l’écran. À eux l’incitation à renoncer, à se dire « à quoi bon passer le bac », quand la machine élimine leur souhait, recrache un choix qui n’est pas le leur ou les éjecte du système. Finalement Parcoursup est cohérent avec le « non-plan » banlieue du gouvernement : maintenir les petites mains du libéralisme dans un état d’acceptation des inégalités sociales. Les ministres Blanquer et Vidal se gargarisent du succès du dispositif. Derrière les mots, pourtant, le message implicite d’une vie d’incertitude et de précarité a une immédiate répercussion : la cote de popularité d’Emmanuel Macron vient de chuetr de 12 points parmi les plus jeunes.

samedi 2 juin 2018

Madame la Maire de Romainville, s'inquiète pour le mandat du Président de la République ! !



Madame la Maire de Romainville, a accordé un entretien à « Brut ».Après quelques banalités sur les mesures particulières qu’il serait nécessaire de prendre en Seine-Saint-Denis et « dans la ville où elle vit », madame Valls nous parle des disfonctionnements de la poste. Mais quelles sont  les raisons de cette triste réalité ? « Il y a aurait un manque de facteurs ». Pas un mot sur la privatisation de de service public. À Romainville les services publics ont, pour la plupart,  disparu : la recette perception, la sécurité sociale, puis ce fut le tour de pôle-emploi. Qu’a-t-elle dit ? Rien !  

Puis, elle invite le Président de la République à revenir « incognito » pour parler « dans un endroit tranquille » avec les autres maires de la Seine-Saint-Denis Précisant encore que les moyens supplémentaires n’impliquent pas forcément plus de moyens financiers, mais davantage d’organisation et de volonté. Et elle conclut : « C’est aussi un besoin pour lui, car s’il ne réussit pas son mandat, je ne sais pas ce qu’il y aura derrière ». On croit rêver ! Il manque d’enseignants, de policiers, de magistrats. Les moyens manquent pour l’éducation, la culture, mais il suffirait de s’organiser !

Cette touchante attention pour le Président de la République se trouve confirmée par les propos que madame Valls tient dans la lettre ouverte qu’elle s’est proposé de lui envoyer, après le terrible drame intervenu le 20 mai dernier. Cette lettre commence par ce propos : « Au moment même où l’économie, la croissance retrouvent de la puissance… » Pas de chance, l’Insee, vient de revoir à la baisse le taux de croissance pour 2018. Au premier trimestre, il était estimé à 0,4%, il n’est que de 0,2%. Conclusion, les 2% ne seront pas atteints en 2018.

Nous ignorons dans quel monde vit la première magistrate de notre ville, où pourtant le chômage n’a pas baissé. Et comment peut-on parler d’une « puissance retrouvée de la croissance », au moment où le pouvoir d’achat est en berne, où les coups pleuvent pour les « moins que rien » ? Madame Valls devrait demander aux retraités ce qu’ils pensent du jeu de massacre auquel ils ont eu droit avec l’augmentation de la CSG. Et que dire de l’augmentation de nombreuses taxes, de la casse du Code du travail, de la privatisation de la SNCF qui concerne aussi les habitants de notre ville, des lycéens en galère avec « Parcoursup », avant même le passage de leur bac.

Puisque madame Valls souhaite la réussite du mandat du « Président des riches », craignant ce qu’il adviendrait après, nous osons lui dire que si un terme n’était pas mis à sa politique au service des seuls actionnaires, le pire serait à craindre. Plutôt qu’à se livrer à des lamentations illusoires et inutiles, nous préférons en appeler à l’action, au rassemblement pour opposer à ces choix dévastateurs une alternative politique. Obtenir des moyens pour la Seine-Saint-Denis et Romainville, implique d’autres choix que ceux actuellement à l’œuvre.

vendredi 1 juin 2018

Des miettes pour les EHPAD !



                   01/06/2018 - PCF


Annoncé à grands renforts médiatiques depuis plusieurs jours, le plan pour les EHPAD du gouvernement a été dévoilé. Des miettes... Il ne s'agit en fait que de mesurettes sans rapport avec l'attente des personnels et des familles.
Infirmières en astreinte et télémédecine ne rajouteront pas de présence humaine dans les établissements alors que les événements récents ont montré les limites de la prise en charge, notamment aux urgences, secteur particulièrement surchargé.
Car c'est bien de présence humaine, de créations d'emplois, de formations, qui sont nécessaires, tant pour les EHPAD que pour l'aide à domicile. L'appel au secours, la colère des personnels n'ont pas été entendus.
L'aménagement de la convergence des tarifs ne règlera ni le manque de places dans le secteur public, seul accessible aux familles modestes, ni la nécessité de nouvelles formes de prises en charge plus souples, plus respectueuses de la volonté des personnes âgées.
Le PCF demande un véritable service public pour les personnes en perte d'autonomie avec un remboursement par l'assurance maladie à 100%. Il est possible de le financer grâce à une cotisation sociale additionnelle, assise sur les revenus financiers des entreprises et grâce à une modulation des cotisations des entreprises pour les accroître en fonction de leur politique salariale et d’emplois, Les entreprises supprimant des emplois ou ne respectant pas l'égalité salariale femme/homme pourraient être concernées.

« Mèche lente », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Le dossier est explosif, le projet présidentiel peut allumer la mèche. Secouée par une série de mouvements sociaux, la Macronie craint plus que tout que les salariés et la population dans son ensemble fassent cause commune : les retraites pourraient en être l’occasion. Le président a donc confié à Jean-Paul Delevoye une opération enfumage. L’homme est à son affaire. Ancien président respecté du Conseil économique, social et environnemental, il connaît le monde syndical et patronal. Lui qui fut ministre de droite est devenue, dès 2016, l’organisateur des campagnes présidentielle et législative de LREM. Aujourd’hui, on ne lui demande pas de conduire un opération de guerre éclair, mais une lente manœuvre d’enveloppement dont l’échéance a été repoussée à mi-2019.

Premier temps, un simulacre de consultation, non sur la réforme que souhaiteraient les Français, mais sur celle que propose le président. C’est ce qu’on appelle une question fermée et d’autant plus que les syndicats sont appelés à des consultations et non à des négociations. Le jour même où Jean-Paul Delevoye s’épanche sur le projet dans le Parisien, En Marche lance « une formation citoyenne à la retraite » qui vises à s’imprégner de l’argumentaire d’un projet, maintenu encore dans le flou mais dont on voit les premiers périls. La retraite par répartition est menacée par l’instauration d’un volet capitalisation et l’entrée des fonds de pension pour les plus aisés, qui jugeront vite qu’ils n’ont aucune raison à cotiser pour les plus modestes. L’hypothèse d’une entrée de l’État dans le financement de mécanismes de compensation fait peser une menace sur la pérennité des ressources. Le calcul du montant des pensions selon l’euro versé peut amplifier les inégalités au détriment des plus modestes et pour beaucoup repousser de fait l’âge de la retraite.

Le mot « retraite » peut signifier aussi un lieu paisible tout à soi. Le projet Macron ne l’entend pas ainsi…

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