LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 31 mai 2018

Lycées professionnels : "un projet rétrograde"


En tant que DGESCO, Jean-Michel Blanquer avait déjà réduit d’un quart la durée de formation avec le bac pro en 3 ans. Aujourd'hui ministre, il s’acharne sur les élèves de lycées professionnels en proposant de tronquer la formation d'un trimestre supplémentaire. Les enseignements de langue, de français et d'histoire géographie seront les premiers sacrifiés.
Avec cette mesure, le gouvernement pourrait supprimer 5000 postes d’enseignants en lycées professionnels d’ici la fin du quinquennat.

Derrière cette reforme et les soi-disant « campus des métiers » qui calquent la voie professionnelle scolaire sur l’apprentissage, tout laisse à penser que le gouvernement projette de faire porter l’enseignement professionnel par les branches professionnelles, comme c’est le cas pour les CFA.
Ces branches, dirigées par le MEDEF, auront toute la liberté d’organiser la formation selon les besoins en main d’œuvre du patronat au détriment d'une éducation émancipatrice, celle qui donne les moyens d'une maîtrise future, individuelle et collective, de sa vie professionnelle, civique et privée. Il s’agit bien de former les travailleurs de demain comme des outils au service du patronat et de ses profits, au moment même où notre société aurait besoin de travailleurs et de citoyens plus qualifiés, capables de faire évoluer leur travail et de prendre des décisions complexes.

À ce projet rétrograde, le PCF oppose une autre ambition pour la voie professionnelle, au service de l'émancipation de toutes et tous.
Convaincu qu'il s'agit de former l'homme, le citoyen et le travailleur, le PCF souhaite :
- redonner aux savoir-faire professionnels toute leur valeur en les considérant comme constitutifs de la culture commune et en les introduisant dans les programmes scolaires dès l'école maternelle;
- ajouter une année de formation avant l'obtention du bac professionnel, pour donner à tous les jeunes le temps de s’approprier une culture de haut niveau.- proposer un enseignement de philosophie aux élèves des lycées professionnels;
- prolonger la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans et interdire l’apprentissage avant 18 ans.

« Silence, on tue », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



Il n’est pas possible, pour qui se reconnaît en l’autre, de ne pas être bouleversé à la lecture de la lettre que nous publions, adressée par une mère de famille de Gaza, une universitaire, à plusieurs journalistes, dont notre grand reporter Pierre Barbancey. Cette souffrance, cette détresse sont niées par tous ceux qui parlent « d’affrontements », quand des soldats tirent à balles réelles sur une foule pacifique et évoquent une manipulation du Hamas, voire l’utilisation cynique de « boucliers humains ». La réalité, c’est que les manifestations pour le droit au retour ne sont pas une invention d’aujourd’hui. Il s’agit de ce qui s’est passé en 1948. Plus de 700 000 Palestiniens chassés de leur terre, 4000 villages détruits. Dès décembre de cette même année une résolution de l’ONU proclamait le droit au retour. Elle est ignorée par Israël, comme le sont les résolutions condamnant les implantations de colonies dans les territoires occupés. Et on voudrait nous présenter ces manifestations comme des provocations de ces hommes, ces femmes, ces enfants que l’on tue.

Que l’on n’ait pas l’indécence de nous resservir la tarte à la crème de l’antisémitisme quand on rejette avec force cette politique appuyée sur les forces les plus réactionnaires du pays. Il faut appeler un chat un chat et des crimes de guerre sont des crimes de guerre, qui que ce soit qui les commette. Que ceux qui ne veulent pas voir le sang se souviennent qu’un peuple qui en opprime un autre n’est pas un pays libre. Édouard Philippe, on le sait, a annulé la visite qu’il devait faire en Israël  mais la venue à Paris le 5 juin du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, est pour le moment maintenue. Comment imaginer Emmanuel Macron lui tendre la main avec un sourire sur le perron de l’Élysée ? Souvenons-nous de ces images de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem quand, au même moment l’armée ouvrait le feu contre la foule. À la santé de tous, et silence, on tue. Cela ne peut pas être, ici, en France.

mercredi 30 mai 2018

« Insatiables », le billet de Gérard Streiff !



Le riche a deux caractéristiques. Premièrement, il n’en a jamais assez. S’il gagne un milliard, il lui faut illico manœuvrer pour en gagner deux. Deuxièmement, il ne supporte pas qu’on touche à son magot, même un tout petit peu. Le milliardaire, vous lui piquez cent
balles, il en fait une maladie. 

Dernière illustration avec Me  Bertille Bayart, analyste au Figaro. Elle évoque l’enquête d’Oxfam qui montre que depuis 2009, sur 100 euros de bénéfices, 67,4 ont été versés à l’actionnaire et 5,3 au salarié. Oxfam dénonce « l’accaparement des profits » au détriment des salariés « sur qui repose l’essentiel de la production des richesses mais que ne reçoivent que des miettes ». 

Bien. Que dit dame Bayart : « Des mêmes chiffres, on pourrait tirer une toute autre conclusion : les salariés du CAC 40 ont accaparé 5% de la richesse au détriment de leurs actionnaires ». Sans blague. C’est écrit p. 15 du numéro du 22 mai, non pas dans un billet d’humeur mais dans un article d’analyse économique. 

Plus loin, elle récidive : « les salariés ont croqué une part des bénéfices »…C’est bien la preuve que le riche est un malade, insatiable, et le seul remède à ses symptômes s’appelle taxes, récupération, confiscation, fiscalisation, nationalisation. C’est pour son bien en somme.

« Balcons », le billet de Maurice Ulrich !



Dans le monde d’Emmanuel Macron, on a bien compris qu’il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien, quand ils ne foutent pas le bordel au lieu de chercher du travail. Des moins que rien en somme, ce qui, cela dit, est quand même quelque chose. Il y a les premiers de cordée et les petits riens des vallées. 

Il y a aussi, selon les mots de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, et membre du cercle rapproché du président, les droits de l’homme et « les droits de l’homme pauvre » qui font des inégalités sociales un fait de nature ontologique même, diraient les philosophes. 

Mais Emmanuel Macron par son choix peut faire qu’un pauvre étant rien accède à l’Être. Mamadou Gassam sera Français et pompier. Tant mieux pour lui et bravo à lui pour son geste. Tant mieux peut-être pour l’image des migrants. Mais, comme nous le disait hier quelqu’un, je crains malheureusement qu’il n’y ait pas assez d’enfants accrochés aux balcons pour que soient naturalisés tous « ces pauvres gens ».

« Temps forts », l’éditorial de Maud Vergnol dans l »Humanité de ce jour !



Encore une fois, on allait voir ce qu’on allait voir. Une « révolution », osait même le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, pour assurer la promotion de son projet de loi, qui sera voté aujourd’hui. En effet, une révolution s’impose pour renverser le modèle agricole actuel, qui détruit tout sur son passage : l’écosystème, les paysans, et la qualité de la consommation. Un système qui gave les profits de la grande et de l’industrie alimentaire mais qui laissera, à moyen terme, mourir de faim la moitié de la planète. 

C’est un rapport de la très sérieuse Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui l’affirme. Ses projections sont sans appel : en 2050, le réchauffement climatique exposera la moitié de la planète à la faim ! Les causes sont connues : libre marché, productivisme et concentration agraire, pesticides…et puisqu’un ministre macroniste nous invite à la révolution, citons Marx, qui déjà dans le « Capital » avertissait que « chaque progrès de l »agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ». 

De révolution, il ne reste rien dans ce projet de loi au rabais, véritable douche froide pour un monde paysan en souffrance. Rappelons  qu’un agriculteur se suicide tous les deux jours en France. Que, pour un ancien chef d’exploitation, une retraire atteint péniblement les 730 euros. Sourds à cette détresse, les sans-culottes macronistes ont, toute honte bue, saboté la proposition de loi des parlementaires communistes pour relever les retraites paysannes à hauteur de 85% du Smic. « On le fera peut-être en 2020 », assure le premier ministre. 

Même pirouette pour le glyphosate, dont l’amendement pour graver son interdiction dans le texte, une promesse d’Emmanuel Macron, a été rejeté par la majorité. « Inscrire les choses dans la loi n’est pas la garantie que çà arrive », a tenté Benjamin Griveaux dans une contorsion dialectique hasardeuse. « Ce qui importe avant tout, c’est que le sens gouverne le choix des mots et non l’inverse », disait Orwell…

mardi 29 mai 2018

Les 50 ans de Mai 68 à l’initiative des communistes de Romainville, jeudi 7 juin à 19 h !


Venez fêter un printemps pas comme les autres.
A partir de 18h45 accueil des visiteurs autour d’une exposition photo et d’affiches.
19h30 - 20h00 Interprétation de morceaux choisis de la pièce de Jean Claude - Technicien Chimiste - Balade de l’espoir en Prairial An X d’une prétendue République inspirée de la grève de ROUSSEL UCLAF à Romainville. Interprétée par des comédiens de Claude Mathieu
20h00 - 20h45 Pot et apéritif autour d’une projection d’images super 8 tournées pendant la manifestation du 13 mai 1968, ainsi que des occupations d’usines dans Romainville et ses environs. Accompagnées d’extraits du Fond de l’air est rouge de Chris Marker.
20h45 - Conférence en présence de Gérard Alezard, ancien dirigeant confédéral et secrétaire de l’UD CGT de Paris en 1968. Suivi d’un moment de convivialité autour d’un communard pour terminer cette soirée d’échanges.

A l’espace Marcel Cachin
Rue de la résistance, 93230 ROMAINVILLE

vendredi 25 mai 2018

« J’adore », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



S’’il fallait donner aux jeunes une raison majeure de se joindre aujourd’hui aux manifestations unitaires dans leur pays, le gouvernement l’a fait. Parcoursup  est une véritable violence sociale et psychologique qui s’est exercée cette semaine sur des centaines de milliers de lycéens. On ne sait, à entendre la ministre de l’enseignement supérieur, si on est dans le cynisme ou dans la bêtise de classe. Le Figaro rapportait hier cet échange entre elle  et une élève du lycée Buffon à Paris : « J’ai l’impression que peu de monde apprécie la plate-forme, à part vous », dit l’élève. Réponse de Frédérique Vidal dans le rôle de Marie-Chantal : « J’adore, vous êtes dans le débat. »

Eh bien, le débat, il va être dans la rue, à Paris, dans toutes les grandes villes de France. L’initiative lancée le 3 mai par Attac et la Fondation Copernic a fait boule de neige en trois semaines, en impliquant plus de 60 organisations. Au siège de la CGT, le 17 mai, on a vu côte à côte les leaders des formations de gauche sur le PS, de multiples associations. C’est un fait nouveau et de très grande portée ? on se doute que nombre de commentaires ont déjà trempé leur plume pour écrire en substance ce mot célèbre : « Rien », tant ils voudraient voir en cette manifestation une sorte de point final d’une semaine de mobilisations. Ce sont les mêmes qui feignent de considérer sans importance le vote massif des cheminots contre la réforme, la mobilisation contre la réforme, la mobilisation de la fonction publique, les mêmes qui, avec ce gouvernement qui manie plus facilement le bâton que la négociation, se refusent à entendre ce qui va bien au-delà des luttes en cours elles-mêmes. Il y a de la colère sourde dans le pays face à un pouvoir qui a choisi les riches et rançonne les retraités, parle de supprimer les aides sociales, fragilise les plus fragiles. On pense une nouvelle fois à ces mots de Bossuet face au roi et à sa cour : «  cet ordre est injuste et ne peut durer toujours. Il faut que les choses changent. » Aujourd’hui des chemins nouveaux peuvent s’ouvrir.

jeudi 24 mai 2018

« Mâle blanc », le billet de Maurice Ulrich !



Quelle ouverture d’esprit, quelle rupture avec des siècles de clichés et de domination ! Emmanuel Macron ne l’a pas envoyé dire à Jean-Louis Borloo, en lui signifiant du même coup que son rapport sur les banlieues, après des mois de travail avec des dizaines d’élus, il pouvait, ne soyons pas trivial, se le mettre quelque part. 

« Deux mâles blancs qui ne vivent pas dans les banlieues se remettent un rapport sur les banlieues…çà ne marche plus comme çà. » Certes, on peut en avoir une autre lecture. La banlieue c’est l’affaire des banlieues, point. « Quand on refuse de mettre un terme aux violences dans son quartier, on en devient en quelques sorte complice. » 

Que les victimes devenues coupables, là encore restons polis, se « débrouillent ». Deux mâles blancs, çà ne marche plus. Un mâle blanc qui décide de tout mais se lave les mains en signifiant à des millions de citoyens qu’ils n’ont qu’à régler « leurs » problèmes eux-mêmes, et qui, en plus, leur fait la leçon, c’est En marche.

C’est Emmanuel Macron.

« A voté », l’éditorial de Patrick Appel-Muller dans l’Humanité de ce jour !




Une subite passion pour les référendums d’entreprises s’était emparée du patronat et du pouvoir. La loi les consacrait avec l’espoir que les chantages à l’emploi ou l’usage des divisions syndicales permettraient de faire admettre aux salariés les régressions souhaitées, les pertes de salaire ou l’augmentation de leur temps de travail. Le rêve a du plomb dans l’aile. Le plébiscite réclamé par le PDG d’Air France a tourné au fiasco et il a fallu se soumettre puis se démettre. La leçon a été retenue au plus haut niveau : pas question de faire voter les cheminots sur une réforme qui entame la privatisation de la SNCF, menace l’intégrité du réseau ferroviaire et détruit leur statut.

Mais si les stratèges patronaux percutent vite, les syndicalistes aussi sont réactifs. Forts de plus 21 jours de grève, ce sont eux qui en ont appelé au peuple des cheminots. Le résultat est sans appel, et si cette forte majorité qui refuse le projet Macron pourra bien ne pas être reconnue par les ministres, elle n’en modifie pas moins les rapports de forces.

Le mouvement de grève, avec ses temps forts, a l’assentiment des salariés de l’entreprise et la direction s=qui justifie le projet, est désavouée. L’unité d’action des syndicats s’en trouve cimentée. Le gouvernement ne peut ignorer qu’il n’en a pas fini. Les informations tronquées et les menaces trouvent leurs limites. Plus, l’invulnérabilité du « nouveau monde » ultralibéral, balayant sur sa lancée toutes les oppositions, les valeurs d’égalité et de fraternité de la République, les syndicats, les élus locaux ou les associations, perd de la crédibilité.

Les citoyens méprisés des quartiers populaires, les jeunes malmenés par Parcoursup et leurs parents, les générosités mobilisées avec les migrants, les salariés précarisés, les fonctionnaires menacés…peuvent puiser de la force et du courage pour ne pas lâcher prise. Les forces pour chercher ensemble les voies d’un autre avenir que celui d’une société formatée pour servir les ultra-riches, sont encore dispersées, mai la recherche de leur agrégation s’ébauche.




mercredi 23 mai 2018

Banlieue : Macron mise sur la chance plutôt que sur l'égalité


 
Pendant plus d’1h30, le président Macron a parlé de la banlieue sous un mot d’ordre « une chance pour chacun ». Mais la chance n’a rien à y voir…
L’égalité républicaine, les services publics sont les oubliés de son long monologue et de ses actes depuis un an. Cinq millions d’habitant.e .s, un jeune de moins de 25 ans sur cinq habite un des 1.500 quartiers particulièrement défavorisés ciblés par la politique de la ville. Un.e habitant.e. sur deux vit sous le seuil de pauvreté.
Le budget alloué par l’État à ces quartiers est 30 % inférieur au reste de la France. Celui de la culture y est inférieur de 300%. Les transports y sont six fois plus compliqués qu’ailleurs ! Bref, tous les sas d’entrée dans la République sont défaillants. Symptôme criant, le budget de la politique de la ville est passé de 10 milliards à 400 millions en dix ans.
Depuis 9 mois, des centaines d’associations et de parlementaires, de maires de tout l’arc républicain ont travaillé à partir de l’appel de Grigny. Il en est résulté 19 programmes d’actions qui ont été présentés au Président par Jean-Louis Borloo, pour un budget de 48 milliards d’euros (ce qui représente 1/3 des subventions allouées au CICE).
Face à cet immense travail de propositions, Macron a raté son grand oral, avec un ton de donneur de leçons et beaucoup de mépris pour le travail des élus, des associations, des citoyen.ne.s, il s'est fait le porte-parole des clichés sur la banlieue.
Macron, le président autoritaire des riches, va continuer à choyer la finance. Passant aux actes, il prend aux pauvres 5 euros sur les APL, ponctionne sur la CSG de nos aînés et offre 5 milliards aux familles les plus riches. La République n’est pas au rendez-vous. Les moyens financiers, humains sont l’angle mort de son one man show. Alors que les fonctionnaires manifestent aujourd’hui contre la mise à sac des services publics, leur rétrécissement territorial, il fait le choix du déni. Il renvoie la responsabilité aux collectivités locales alors qu’elles sont asphyxiées par sa politique libérale et austéritaire.
Macron nous donne rendez-vous tous les deux mois. Nous y serons, pour y rappeler à chaque fois l'exigence d'égalité.
Mais, sans attendre, le samedi 26 mai, nous serons des marées populaires pour la justice sociale, l’égalité, la solidarité. Le samedi 9 juin, nous serons au pique-nique populaire pour demander l’égalité des territoires, place des Invalides à Paris.

« Stress », le billet de Maurice Ulrich !



Tout va bien !...
Où est donc le problème pour la ministre de l’enseignement supérieur si, depuis hier soir, des centaines de milliers d’étudiants ne savent toujours pas à quelle sauce universitaire ils seront cuisinés ? 

Le nouveau Parcoursup permet aux universités de choisir sur dossier les étudiants qu’elles entendent intégrer, les critères et les attentes pouvant varier d’une université à l’autre. En gros les universités font leurs courses dans l’offre lycéenne, à la tête du client ou plutôt du produit. 

Les autres attendront le nez sur leur portable et peut-être qu’en septembre que les places se libèrent et qu’on pense à eux en tant que deuxième, troisième choix ou rien du tout. Et des agitateurs parlent de sélection ! 

D’où ce cri du cœur de la ministre hier matin sur France Inter. Il faut arrêter avant la journée du 26 mai, de « stresser les lycéens et de les prendre en otage ». Passons sur cet aveu d’une certaine fébrilité, mais pour ce qui est de stresser les étudiants, elle sait de quoi elle parle.

« Pas de plan », l’éditorial de Paule Masson dans l’Humanité de ce jour !



Pas de plan banlieue. Soit. Mais de quoi alors ? Des stages en entreprise (qui existent déjà) pour les collégiens de 3e, le pansement troué des polices municipales sur les morsures de l’insécurité, une auto-responsabilité des habitants sur leur propre « protection »…Hier, Emmanuel Macron a fragmenté un peu plus la République. Sous la calinothérapie, des mots vides de faits, le chef de l’État a mis à mal la politique de la ville. Pas de moyens supplémentaires. Ou si peu, juste pour « tester ». L’idée même de réparation des inégalités est enterrée, et, quoi qu’on en dise le rapport Borloo avec.

Depuis des mois pourtant des maires de villes aux budgets étranglés, des habitants, des associations réclament un « sursaut national » face à l’indigence des investissements de l’État qui laissent désarmées les populations devant le chômage, la précarité, les trafics, le mal-logement, l’échec scolaire. Souvent, l’amortisseur de la solidarité soulage le fardeau des difficultés. L’entraide, la volonté de fer de nombreuses associations, même sans contrats aidés, permettent à beaucoup de rester debout, dignes. Mais le point de rupture n’est pas loin. 42% des habitants des quartiers prioritaires vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Le problème est d’abord là.

On pourrait de ce point de vue prendre au mot le président de la République. Si la banlieue « c’est le sujet de la République », alors retisser le fil de la cohésion passe par un plan de rattrapage au niveau de l’urgence pour les quartiers mais aussi plus généralement par une politique qui renoue avec l’investissement, pour une pénétration des services publics dans les moindres recoins du territoire, pour des transports efficaces et accessibles, SNCF notamment, pour réorienter les aides financières dans l’économie des transitions, sociales, environnementales, car elles créent de l’emploi et permettraient de hisser les cinq millions d’habitants des quartiers populaires au-dessus de la misère.

mardi 22 mai 2018

« La caverne », le billet de Maurice Ulrich !



Si on a bien entendu que trois milliards de personnes ont regardé à la télévision le mariage de samedi, il nous faut bien prendre en compte une réalité. Il n’y a pas sur la planète trois milliards d’abrutis, béats devant une cérémonie mettent en scène dans un faste sans pareil ceux qui vivent sur le dos d’un peuple. Il est vrai consentant, et que Sade appelait des « brigands couronnés ». 

Alors quoi ? Platon, avec le mythe de la caverne évoquait les humains qui ; ne pouvant regarder vers le fond, y voient leurs ombres projetées qu’ils prennent pour le réel. Avec les grandes spectacles télévisés, chacun peut s’y projeter, comme dans un conte merveilleux, et il en va peut-être de ce que Marx disait de la religion, avant de parler de « l’opium du peuple » : « Expression de la détresse humaine, elle est aussi une protestation contre cette même détresse humaine. Elle est l’âme d’un monde sans âme, l’esprit d’un monde sans esprit. » 

Quel enfant n’a jamais été, ne serait-ce qu’un moment un prince ou une princesse ?

« Pour qui « ?, l’éditorial de Patrick Appel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



La dette ressort du bois où elle était tapie. « Réduire la dépense publique sans toucher aux aides sociales, ce n’est pas cohérent », vient de déclarer Bruno Le Maire. Le ministre des finances annonce leur diminution et vise particulièrement les indemnités des chômeurs. Nous avions déjà connu la baisse des aides au logement, mais la liste dressée par Bercy ne s’en tient pas là : l’aide personnalisée pour l’autonomie est également visée, de même que les bourses scolaires, par l’abaissement du plafond de ressources. Sur ce dernier point on appréciera la parfaire cohérence du gouvernement qui juge l’aide aux plus modestes inutiles alors que Parcoursup et la loi ORE vont instituer une sélection dans les universités qui touchera en premier lieu les enfants d’ouvriers et d’employés. Le pouvoir des super-riches persiste et signe. Eux additionnent suppression de l’ISF, de la flat tax, de l’exit tax et la réduction de l’imposition des entreprises. Champagne !

La brutalité est au rendez-vous, pas la vérité. Après avoir outrageusement maquillé la réforme qui casse la SNCF, nos ministres se livrent au même exercice sur la fonction publique. Le ministre Dussopt – l’homme qui retourne sa veste plus vite que son ombre – vient de prétendre que le statut des fonctionnaires n’était pas menacé. La plus grande suppression d’emplois de l’après-guerre – 120 000 postes – est programmée, comme le remplacement des titulaires par des contractuels, les budgets publics sont comprimés, mais, on vous l’assure, tout va très bien Madame la marquise…

Si les syndicats se mobilisent unanimement et ensemble aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce que les fonctionnaires perdent du pouvoir d’achat depuis des années. Le malaise touche au sein même de l’action publique : doit - elle servir, l’égalité et la justice ou bien est-elle détournée au profit des oligarques ?

dimanche 20 mai 2018

Intervention de Pascale Labbé, membre du Conseil d'administration de Seine-Saint-Denis Habitat !



Monsieur le Président cher collègue,
Monsieur le Directeur général
Madame et monsieur les membres du conseil d’administration
Madame et monsieur

Les membres de conseil d’administration connaissent l’importance du logement social dans notre département.

Historiquement ancrée à des valeurs de progrès, la Seine Saint Denis a toujours défendu une politique ambitieuse de construction d’HLM, dont le résultat est que les logements sociaux de notre département sont un élément fort de son identité et la première des protections sociales pour ses habitantes et les habitants.

Les élu-e-s de Seine Saint Denis ont mis dans leurs priorités la garantie à toutes et à tous au droit à un logement décent et à une vie digne, quels que soient leurs revenus.
Cette politique est au cœur de l’identité de notre département, jeune, populaire et en plein développement.

Nous avons bien connaissance des difficultés financières de Seine Saint Denis Habitat.
La politique d’Emmanuel Macron et son mot d’ordre, réduire les dépenses publiques coûte que coûte, pèse toujours plus sur le service public.

Les conséquences de cette politique vont au-delà de notre bailleur et du logement social.
Tous les pans du service public, des EPHAD aux transports, sont concernés.
La baisse des dotations aux collectivités locales est un casse-tête renouvelé chaque année pour boucler le budget du département, de nos villes et nos territoires.

Pour Seine Saint Denis habitat, la décision de baisser des APL et de charger les bailleurs sociaux de la compenser nous impactent durement.
C’est notre capacité à construire et à rénover des logements qui est en danger, et même à rendre la qualité de service attendue par les locataires.

Mais la bataille n’est pas encore terminée.
Le plus important bailleur social du département de Seine-Saint-Denis, lui-même un des territoires les plus populaires de France, peut et doit être influent dans ce débat.


La délibération soumise au vote des membres du conseil d’administration propose de donner pouvoir au Directeur Général pour la ventes une partie non négligeable du Patrimoine de Seine-Saint Denis Habitat, y compris des logements.

Il ne s’agit pas d’une décision de gestion anodine mais d’un revirement politique d’ampleur.
Mon collègue Abdel Sadi et moi-même, nous opposons contre la vente des logements sociaux dans nos villes à Bobigny et à Noisy le sec.

Une telle décision mérite un meilleur traitement.
Par ailleurs, nous ne pouvons-nous prononcer sur un ordre du jour sans détail, nous avons reçu les documents seulement hier, avec une étude qui n’est pas encore finalisée, sans concertation sur le suivi de ce projet, et une chartre sur table.
Nous avons eu un échange hier avec Monsieur Rocque, et nous comprenons son inquiétude et ceux des salarié-e-s pour l’avenir et les finances de Seine-Saint-Denis Habitat.

Nous pensons que la validation de ce projet de revente ne doit pas être confiée uniquement au bureau mais à l’ensemble du conseil d’administration et les élu-e-s concerné-e-s, pas seulement les maires.

C’est pourquoi nous pensons qu’il est nécessaire d’avoir une discussion plus approfondie sur ce sujet, afin de répondre à de nombreuses questions, dans le cadre d’une concertation élargie.

Une telle orientation doit être débattue au sein du bureau et du conseil du conseil départemental, mais aussi avec les élu-e-s locaux des villes concernées.

Pour notre part, Monsieur Sadi et Moi-même, nous représentons dans cette instance le groupe Communiste, citoyenne et citoyen et Front de Gauche.

Vu la réception tardive des documents, nous n’avons pas pu échanger sur ce sujet important de cet ordre du jour au sein de notre groupe.
Le bureau de Seine-Saint-Denis Habitat n’a même pas été réuni.

Monsieur le Président, chers collègues, pour décider sereinement et de façon responsable, il est nécessaire à nos yeux de repousser le vote de ces délibérations pour mettre en place ce débat.
Si ce n’est pas le cas, nous nous prononcerons contre si elle est présentée aujourd’hui.

Et nous exprimerons auprès des locataires et des élu-e-s des villes concernées.

Je vous remercie


Seine Saint Denis Habitat Non à la vente des logements sociaux


Le mardi 15 mai, a été présenté au Conseil d’administration de l’office départemental, un mémoire, proposant la vente d’une partie  du patrimoine de Seine-Saint-Denis Habitat. Romainville serait concernée par la vente de 82 logements rue Saint-germain (Cachin), 50 rue de la République, 38 à la résidence Elsa Triolet et 40 rue des Oseraies. Les élu-e-s du groupe communiste, Citoyen, Front de gauche pour une transformation sociale et écologiques, et les élu-e-s Insoumis-e-s, siégeant au Conseil d’administration ont voté contre ce mémoire (voir la déclaration du groupe ci-dessous). Madame Asma GASRI, représentant notre ville au Conseil d’administration, A EMIS UN VOTE FAVORABLE À CE MÉMOIRE, conformément aux Zone de Texte: COMMUNIQUE préconisations d’Emmanuel Macron et de son gouvernement

Bobigny, le 16 mai 2018

Seine Saint Denis Habitat
Non à la vente des logements sociaux



Le 15 mai, les élu-e-s de notre groupe siégeant au conseil d’administration de l’office départemental ont voté, avec les représentant-e-s de la CNL, contre le mémoire proposant de vendre une partie du patrimoine de Seine-Saint-Denis Habitat.

Alors que Seine-Saint-Denis Habitat, comme tout le logement social, est mis en difficulté par les mesures de la loi de finance lui faisant porter le poids de la baisse des APL, nous refusons que la vente des logements, voulue par la loi ELAN, soit appliquée avant même que celle-ci ne soit votée.

Ce n’est pas en se séparant d’une partie de son patrimoine que l’office assurera son avenir. Au contraire, le produit des ventes ne fera que masquer des difficultés financières dont la principale cause est le retrait des aides de l’Etat, pourtant constitutives du modèle économique du logement social.

C’est à ce niveau qu’il convient d’agir et pas un autre. Nous ne nous faisons pas d’illusion : face au rouleau compresseur LREM, ce n’est pas le seul vœu proposé par le président Troussel qui fera infléchir Emmanuel Macron. Il faut qu’une vaste mobilisation se mette en place, associant l’ensemble des acteurs du logement social, à commencer par les locataires.

Le logement social est un élément fort de l’identité de notre département. Il constitue la première des protections sociales pour ses habitants, et l’attaque sans précédent qu’il subit avec ce gouvernement nécessite un débat qui dépasse le cadre de Seine-Saint-Denis Habitat. La discussion doit avoir lieu au sein de l’assemblée départementale, mais aussi avec les élu-e-s des villes concernées, et l’ensemble des séquano-dyonisiens.

Nous appelons donc Stéphane Troussel, président du Conseil Départemental et de Seine-Saint-Denis Habitat, à revoir sa position et créer les conditions d’un débat public où tous les aspects de la question seront mis en perspective, ce qui n’a pas été le cas au conseil d’administration du 15 mai.
Quel partenariat entre l’office départemental est les autres offices publics du département ?
Comment pallier à la faiblesse de la qualité de service rendu aux locataires ?
Quel financement pour les réhabilitations ?
Quels moyens pour produire les logements attendus par les 90.000 demandeurs de Seine-Saint-Denis ?
Autant de questions qui ne trouveront pas de réponse dans la décision précipitée de revendre des logements de l’office, qui n’exclut même pas la vente à la découpe aux particuliers, dont on sait pourtant les dangers dont elle est porteuse.

L’enjeu vaut bien plus que la fuite en avant de la vente du patrimoine. Montrons-nous à la hauteur !

samedi 19 mai 2018

Stop au racisme ! Egalité pour toutes !



 Après les propos d’Emmanuel Macron sur l'incivilité du voile des musulmanes puis ceux sur les sorties scolaires de Jean-Michel Blanquer sur les mamans voilées, voici que Gérard Collomb se joint à la secrétaire d’État Marlène Schiappa dans la polémique "textile" en tenant des propos indignes de sa fonction. Le voile n'est pas interdit dans l'espace public, ce sont aux femmes qui le portent de décider du sens qu’elles donnent à leur foulard.

Ces attaques répétées qui jettent en pâture, sur la place publique, ces femmes sont une honte pour notre République et ses valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. Comment défendre l'égalité femmes-hommes quand vous participez au lynchage public d’une jeune femme syndicaliste ?

Le PCF dénonce ce racisme décomplexé de responsables politiques qui s’écartent de leurs fonctions pour formuler des opinions personnelles qui contribuent à la stigmatisation : est-il besoin de rappeler, qu’en 2017, 85 % des victimes d’agressions islamophobes étaient des femmes ?
La liberté ne se divise pas, elle ne peut donc être seulement celle dont nous partageons les idées et les choix. La liberté vestimentaire est une liberté individuelle, la seule limite à cette liberté étant de ne pas imposer aux autres ses propres choix.
Nous attendons d’un représentant politique qu'il rappelle les principes du droit au lieu de diviser le pays et d’alimenter des polémiques inutiles.

vendredi 18 mai 2018

En Seine-Saint-Denis, la faillite d’un Etat « inégalitaire et inadapté » titre Le Monde paru aujourd’hui.

Seine-Saint-Denis : un rapport dresse le portrait de « la République en échec »

vendredi 18 mai 2018[]
En Seine-Saint-Denis, la faillite d’un Etat « inégalitaire et inadapté  » titre Le Monde paru aujourd’hui.
C’est dans ce département qu’élus, législateurs, hauts fonctionnaires et ministres se bousculent pour lancer petits et grands dispositifs destinés à « réduire les fractures » et dire à la nation toute l’attention qu’ils portent aux « territoires urbains fragiles ». Une surenchère d’annonces qui entretient le fantasme d’un déploiement constant de moyens exorbitants, le tout sans résultats, explique le quotidien.
Ce sont ces idées reçues que dénoncent et déconstruisent les députés François Cornut-Gentille (Les Républicains, Haute-Marne) et Rodrigue Kokouendo (La République en marche, Seine-et-Marne) dans un rapport qui sera présenté le 31 mai à l’Assemblée nationale.
Alors que le chef de l’Etat doit s’exprimer sur la banlieue mardi 22 mai, ce rapport d’évaluation de l’action de la puissance publique dans le département dresse le portrait de « la République en échec » et pointe du doigt les failles de l’Etat, à la fois « inégalitaire et inadapté », tout en soulignant le « paradoxe » du 9-3.


« Pathologie », le billet de Maurice Ulrich !



C’est entendu. Le visage des Français est celui de cette terre aliénée peinte par Géricault. La Hyène de la Salpêtrière, dite aussi la Monomane de l’envie. Une pathologie, écrivent deux brillants analystes dans une tribune de la presse quotidienne où ils défendent, avec courage les riches « cloués au pilori ». 

Il y a toujours en nous un sans-culotte et les traces persistantes d’un surmoi marxiste conjuguées dans une passion fanatique de l’égalité. Eh bien qui l’eût dit, les Allemands sont pire que nous. Oui, les Allemands de la cogestion, de la bonne économie, où patronat et syndicats s’embrassent sur la bouche en signant des accords bénéfiques à tous (sauf grèves d’IG Farben ou de la fonction publique, mais motus). 

83% d’entre eux et 64% des Français estiment, selon une récente enquête, que les inégalités sont « un problème majeur ». 82% des Allemands et 64% des Français pensent qu’elles ont augmenté dans les dix dernières années. Et quand on pense qu’à Trèves ils ont fêté Karl Marx, il ne manquerait plus qu’ils nous piquent la révolution.

« Antidote », l’éditorial de Laurent Mouloud dans l’Humanité de ce jour !


C’est un directeur de centre dramatique qui héberge des exilés dans son théâtre. Des prises de parole spectaculaires lors de certains festivals. Un ouvrage collectif de grands écrivains appelant à « oser la fraternité »… Partout en France, les acteurs du monde culturel, habitués à être au premier rang de la solidarité avec les réfugiés, haussent le ton face à la politique migratoire menée par le gouvernement. La vague de la contestation ne déferle pas encore. Mais elle enfle assurément depuis plusieurs semaines.

De fait le projet de loi Collomb et sa philosophie de rejet ont contribué à faire tomber les dernières illusions. En janvier, la ministre de la Culture, François Nyssen, avait enjoint le milieu culturel à agir en faveur des migrants, à leur réserver des places pour assister à des spectacles ou participer à des ateliers de théâtre, de danse…Un double langage sidérant alors que son homologue de l’Intérieur concoctait, au même moment, un texte des plus répressifs. Le monde culturel n’en a pas été dupe. Plus de 500 artistes, cinéastes et écrivains ont rétorqué dans une tribune cinglante qu’ils ne comptaient pas panser gentiment les plaies que l’État s’appliquait à ouvrir.

Espérons que l’implication du monde culturel continuera de grandir. Sa force symbolique et politique est essentielle dans le combat pour la dignité des migrants. La culture reste un antidote à la peur et à la haine. Elle permet le rencontre entre citoyens et réfugiés, un échange d’égal à égal qui bouscule les a priori et abat les méfiances, va à contre-courant des logiques d’indifférence et de repli sur soi. Elle rend au fond, un visage d’humanité à ces « frères migrants » dont les vies se résument trop souvent à leur parcours d’exil chaotique. Un regard fraternel que le gouvernement, obnubilé par sa gestion des « flux migratoires » aimerait tant laisser de côté

jeudi 17 mai 2018

« Répliques », le billet de Maurice Ulrich !



La plupart des salariés ont du mal à imaginer ce qu’est la vie des premiers de cordée. Certes, ils festoient au sommet mais ils le valent bien car, comme le dit Édouard Philippe dans une interview au Monde à l’occasion de sa première année à la tête du gouvernement, « l’image du premier de cordée montre que quelques-uns sont au front. 

Cela ne veut pas dire qu’ils ont plus de droits que ceux qui sont derrière, cela veut dire qu’il y a des gens qui prennent des risques et d’autres qui en prennent moins ». C’est clair. Il est tellement difficile, nous dit en somme le premier ministre, de décider au cours d’un conseil d’administration d’un plan social impliquant des centaines ou des milliers de licenciements, de se voter des salaires mirifiques plutôt que de se retrouver au chômage ou en panne à la fin du mois. « Ils prennent un risque et celui-ci doit être rémunéré.»

Merci, Monsieur le premier ministre, jamais nous n’avions si bien compris votre sens très privé de l’intérêt général et à quel point vous nous preniez pour des imbéciles.

« Marée populaire », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité de ce jour !



Face à l’urgence sociale absolue, la question de la participation et de l’expression du plus grand nombre de citoyens – ceux du moins qui ne peuvent pas participer aux actions revendicatives – reste essentielle et parfois problématique. La grève « par procuration » eut jadis son retentissement et ses raisons d’être, mais l’éclatement accéléré du « monde du travail » a ceci de réel qu’il épouse dorénavant toutes les formes d’aliénation et d’asservissement possibles. Puisque tout mouvement social aspire à l’élargissement de la contestation, en prise directe avec le pouls de la société, une date, celle du 26 mai, s’impose d’ores et déjà dans le paysage comme incontournable. Des organisations politiques de gauche, syndicales et associatives appellent en effet à une « marée populaire » dans la rue, à Paris et en région, avec pour objectif clairement affiché d’élargir le périmètre de cet appel.

Suite à une consultation interne, la CGT a annoncé, hier, dans un communiqué, qu’elle s’associait officiellement à cette mobilisation et qu’elle participerait à sa construction active. » Il s’agit de rassembler la jeunesse, les retraités, les salariés en emploi et hors de l’emploi, les précaires ainsi que toutes celles et tous ceux qui, solidaires des luttes en cours, ne sont pas encore engagés dans l’action ». Car, dans le respect des prérogatives de chacune des organisations, l’élargissement souhaité s constate donc, depuis la toute première réunion début mai. Fondation Copernic, Attac, CGT, Droit au logement, Europe Écologie les Verts, PCF, France Insoumise, NPA, Snesup-FSU, Solidaires, Unef, etc. La liste est longue désormais.

Dire que les contre-réformes des derniers mois relèvent toutes d’une même logique – le recul de tous au bénéfice de quelques-uns – est un constat de plus en plus partagé. Le coup de force permanent de Macron et de son gouvernement, avec sa visée du « chacun pour soi » et son corollaire de moindres garanties et droits collectifs, nécessite un combat de tous les instants et une amplification des mobilisations, dans leurs spécificités. Cette lutte contre la destruction programmée d’une « civilisation » sociale, celles des services publics et d’une certaine idée de notre société, concerne tous les citoyens. Au nom de cette bataille sociale autant que culturelle, le mot « ensemble » est indispensable…et plus urgent que jamais.

mercredi 16 mai 2018

Pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité, appel à une marée populaire le samedi 26 mai !


 Un constat s’impose, Emmanuel Macron, son gouvernement et le Medef sont décidés à imposer coûte que coûte une restructuration en profondeur de la société française : politique d’austérité, destruction des droits des salarié.es, introduction de la sélection à l’entrée de l’université, casse des services publics, aggravation du sort des sans emplois, réorganisation aggravant les inégalités en matière d’accès à la justice, réforme fiscale favorable aux plus riches, loi répressive contre les migrant.es, priorité donnée au secret des affaires contre le droit à l’information, introduction de l’état d’urgence dans le droit commun, répression des mouvements sociaux et des jeunes des quartiers populaires, utilisation de l'égalité femmes-hommes comme simple outil de communication, sans moyens financiers, alors que les femmes sont les premières concernées par les régressions sociales… sans oublier une politique militariste au niveau international. 

La multiplication des mesures prises avec brutalité sur tous les fronts a un objectif, celui de créer un effet de sidération et espérer ainsi empêcher toute riposte. 

Le patronat profite de la situation pour multiplier les restructurations et rester sourd aux revendications du monde du travail. En s’en prenant aux personnels à statut, en particulier aux cheminot.es, Emmanuel Macron espère, s’il l’emporte, casser tout esprit de résistance.
Ce coup de force peut échouer, car les mobilisations se multiplient dans le pays, chacune avec sa spécificité : journée nationale d’action, grèves, occupation d’universités, manifestations… Il appartient évidemment aux organisations syndicales de décider, avec les personnels concernés, de leurs formes d’action. Chacune d’entre elles a, a priori, des ressorts différents, mais au-delà de tel ou tel aspect, ce dont il est question concerne la nature même de la société dans laquelle nous voulons vivre. Voulons-nous vivre dans une société où les droits sociaux seraient réduits à néant, où les services publics et la sécurité sociale auraient disparu, où l’inégalité de traitement des territoires serait la règle, où l’accès à l’université serait de plus en plus réduit, où les lanceuses et lanceurs d’alerte et journalistes seraient bâillonnés, où les défis écologiques seraient soumis aux intérêts de la finance, où le logement, les HLM et les locataires seraient marchandises, où la lutte contre les discriminations se réduit à des discours ? Ou, au contraire, voulons-nous une société plus juste, plus solidaire, plus démocratique, plus égalitaire avec un meilleur partage des richesses ? Tel est l’enjeu.
Le gouvernement espère que ces mobilisations sectorielles restent isolées et qu’il pourra les défaire les unes après les autres en tenant bon, en les laissant s’épuiser ou en les réprimant. Affichant sa détermination, il espère ainsi nous décourager. Il se trompe, comme le montre la multiplication des collectifs citoyens en lien avec les salarié.es, les retraité.es et les étudiant.es ainsi que le succès de la solidarité aux grévistes, notamment à ceux de la SNCF. Il s’agit maintenant d’aller plus loin et, toutes et tous ensemble, d’affirmer dans la rue que des alternatives existent, que nous ne nous résignons pas au sort que nous promet ce gouvernement. Il fait la sourde oreille, il faut le forcer à nous entendre et à retirer ses projets.
Dans le respect de nos champs d’interventions respectifs, nous voulons aller au-delà de toutes les mobilisations positives qui existent déjà et rassembler toutes les forces sociales, syndicales, associatives, politiques pour construire et réussir ensemble un grand rendez-vous citoyen. Partout en France organisons le samedi 26 mai une marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

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