LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

dimanche 12 décembre 2010

Quand DSK plaide pour renforcer l'Europe libérale

À Francfort, Dominique Strauss-Khan a proposé de transférer la responsabilité budgétaire des États à la Commission européenne.
On se souvient de Dominique Strauss-Kahn invité de France inter, affirmant qu’il est bien de gauche. Ses déclarations devant le congrès bancaire européen, à Francfort, où il était invité en tant que directeur général du FMI, le 19 novembre dernier, ont fait beaucoup moins de bruit. Ceux-ci sont pourtant très instructifs sur les réformes concrètes pour lesquelles plaide DSK…et très inquiétants aussi.
Le discours consultable en anglais sur le site du FMI (1) avait pour thème « Les défis de la croissance en Europe ». Un sujet sur mesure pour le possible présidentiable français qu’il est. Or à quel obstacle impute-t-il l’atonie économique européenne ? Au fait que « les citoyens ne donnent pas tout leur potentiel. Dans une certaine mesure, c’est la conséquence du choix social fait en conscience en faveur de la réduction du nombre d’heures de travail ». Un dirigeant socialiste qui montre du doigt la RTT votée par la gauche : première surprise…DSK poursuit à propos des réformes à mettre en œuvre en Europe en plaidant pour un renforcement du « centre » des décisions, comprendre : la Commission européenne, cœur non élu de l’actuelle UE.
« Le centre doit prendre l’initiative dans tous les domaines essentiels. » Les États doivent « céder davantage de pouvoir au centre ». DSK plaide ainsi pour la « création d’une autorité financière centralisée », dotée d’une « indépendance politique comparable à celle de la Banque Centrale Européenne », qui « fixerait l’orientation budgétaire » de chaque État en fonction des objectifs de « stabilité (des prix-NDLR) et de croissance » (ceux de l’actuel pacte de stabilité). DSK propose dans un premier temps de tenir « loin du conseil » (sic) des gouvernements la « responsabilité du maintien de la discipline budgétaire et des réformes structurelles essentielles », en la transférant à la Commission européenne.
Comment s’étonner après cela que les Français restent majoritairement convaincus que la gauche ne ferait pas mieux que la droite si elle revenait au pouvoir. Dans le tableau de bord de décembre de l’Ifop pour « Paris Match, la crédibilité de l’opposition fait un bond à 42% (+5 points), son meilleur score depuis mai, après les régionales, mais 58% des sondés continuent à ne pas placer leurs espoirs en la gauche. Ils sont même 30% à estimer qu’elle ne ferait « certainement pas » mieux (contre 28% « probablement pas ».
(1) http://www.imf.org/external/np/speeches/2010/111910.htm

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