LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

vendredi 31 août 2018

« L’égalité au tableau noir », l’éditorial de Patrick Appel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



La décision fondait la République. « Gratuité obligatoire », l’école devenait un ciment social, un ferment d’égalité. Elle s’est alors trop réduite à former la main-d’œuvre  dont les industriels avaient besoin. La promesse n’est toujours pas tenue et elle est même subrepticement abandonnée. La gratuité n’est pas au rendez-vous, écornée par le coût des repas, des transports et la quasi-obligation de l’équipement informatique pour les collégiens et les lycéens. Des collectivités locales – et l’on donnera par exemple le département du Val-de-Marne – tentent de combler les défaillances de l’éducation nationale, de colmater la brèche. Mais, pour des centaines de milliers de familles, la rentrée reste une angoisse, une mise en péril de budgets déjà étriqués. L’annonce de petits déjeuners dans les écoles de quartiers pauvres est utile, mais reste une réponse dérisoire. Notre société devrait porter une tout autre ambition.

Les faits trahissent les discours de Jean-Michel Blanquer. L’expérience de Parcoursup a glissé dans le labyrinthe des algorithmes des critères d’admission qui favorisent les parcours des enfants des beaux quartiers au détriment des lycéens des banlieues populaires. Le dispositif contraint des dizaines de milliers de bacheliers à s’orienter vers l’enseignement privé, faute de filières accessibles ou d’admissions garanties. Une école de la concurrence formatée selon les dogmes libéraux et engoncée dans les règles d’antan menace sous les projets du ministre.

L’ambition d’une école qui contrecarre autant que faire se peut les inégalités sociales, d’un enseignement qui forme les esprits libres, d’une culture suffisamment ample pour cheminer dans des temps de bouleversements technologiques et scientifiques, de formations qui élèvent les qualifications de tous en vue de métiers qui se libèrent des aliénations…devrait s’imposer à tous. Ce chantier est à entamer.

jeudi 30 août 2018

« Écologie politique », l’éditorial de Pierre Chaillan dans l’Humanité de ce jour !





« Le capitalisme m’a tuer! » Voilà en substance ce que le défunt ministre de la Transition écologique et solidaire a dénoncé en donnant sa démission en direct. Triste et abattu, Nicolas Hulot a accusé le « modèle dominant » du libéralisme et « l’orthodoxie économique et financière ». Pouvait-il en être autrement ? Comment relever les défis environnementaux tels qu’ils remettent en cause les intérêts financiers sans sortir de la logique ultralibérale du « nouveau monde » macronien ?

Le débat fait rage depuis. Les gardiens du temple donnent de la voix. L’éditorialiste économique Dominique Seux et le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, en tête. Ils s’inquiètent qu’une telle démonstration sorte des bureaux présidentiels et éclate au grand jour : l’urgence écologique et sociale se heurte au mur de l’argent. La maison brûle et on regarde ailleurs. Les dirigeants politiques sont pris la main dans le sac de la soumission aux grands groupes privés. Vite, il faut trouver les coupables tout désignés pour maintenir l’ordre établi et stopper la mise en accusation du système capitaliste. Ces difficultés, cette impossibilité même, à mener des politiques alternatives favorables à la préservation de la planète et à la réponse des besoins sociaux et humains seraient le fait des lobbyistes. Non, personne ne nous fera croire que des lampistes et hommes de main du capital, agents d’influence d’intérêts particuliers ou du blanchiment écologique (« green washing » en globish) seraient responsables des décisions prises depuis des décennies pour refuser de franchir le mur de l’argent.

Un spectre hante toujours l’Europe : le spectre d’un nouveau monde de production respectueux de la nature et des êtres humains grâce à un développement durable de progrès social. L’écologie politique, à l’instar de l’économie politique a besoin d’une critique radicale du capitalisme : un communisme revivifié par les luttes et les mouvements sociaux. Du grain à moudre pour les rencontres de la Fête de l’Humanité les 14, 15 et 16 septembre prochains à La Courneuve.

mercredi 29 août 2018

« Une porte claquée comme la fin d’une illusion », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Le libéralisme s’est avéré incompatible avec l’urgence écologique. Nicolas Hulot qui s’était aventuré dans l’équipe Macron, vient, d’en tirer honnêtement les conséquences. Les petits pas ici où là ne pesaient rien face aux dégâts des appétits financiers. En quatorze mois, le nouveau régime a balayé la jolie formule « Make our planet greay again », qui prétendait le distinguer de l’abandon de l’accord climat par Donald Trump. Le délaissement du transport ferroviaire, la baisse du financement d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement, l’autorisation de l’extraction pétrolière et d’une mine d’or gigantesque en Guyane, la privatisation de l’énergie hydraulique, l’escroquerie des états généraux de l’alimentation, la mobilisation des finances publiques au profit des plus riches et non de la transition écologique, les accords internationaux de libre-échange, le recul sur le glyphosate, l’huile de palme ou la rénovation thermique des logements…la liste n’est pas exhaustive des choix qui aggravent un dérèglement climatique dont les effets se mesurent plus vivement, saison après saison.

Le laisser-piller, le « faire profit de tout bois », le « quand les affaires vont tout va » nous conduisent dans le mur. L’encouragement du court-termisme capitaliste, un crédo du régime en place, menace l’avenir de l’humanité. Prendre son contre-pied devient une urgence absolue et l’on espère que Nicolas Hulot, échaudé par son expérience, prendra sa place dans les mobilisations citoyennes et les combats politiques pour défendre nos biens communs et le premier d’entre eux, un environnement vivable.

Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont usé et abusé du crédit que leur accordait le ministre d’État, pour s’appliquer un « green washing », un blanchiment vert, comme en opèrent les multinationales sur leurs activités polluantes. So départ, qui sonne comme un claquement de porte, les prive de la caution progressiste sur laquelle reposait leur récit politique. Restent, nues, l’injustice et la brutalité sociale. Une droite chimiquement pure, sans un atome de gauche, avec son cortège de lobbyistes, tous unis dans la passion du lucre. Une République polluée par le sens des affaires.

Ce départ d’un homme blessé porte un nouveau coup à l’illusion macronienne, déjà en voie de disparition. Les nouveaux épisodes menaçant les retraites, l’indemnisation du chômage ou notre système de santé ne bénéficieront plus d’un certain attentisme de l’opinion. Le « nouveau monde » prend un air d’Ancien régime.

mardi 28 août 2018

« Jours heureux au Medef », l’éditorial de Maud Vergnol dans l’Humanité de ce jour !



Le patronat a – t- il encore besoin d’un syndicat ? La question mérite d’être posée tant les vieilles suppliques du Medef ont été largement comblées et recyclées par le pouvoir macroniste. « Flexibilité », baisse de la fiscalité des entreprises, destruction du Code du travail : toute sa feuille de route est scrupuleusement respectée. Le vote de la loi Pacte, priorité du gouvernement en cette rentrée, destinée sur le papier, à « booster la croissance des entreprises », finira de combler le Medef. « Globalement, Pacte, çà nous va », concède avec nonchalance le nouveau patron des patrons. Car Geoffroy Roux de Bézieux, fraîchement élu, risque de peiner à faire exister son organisation face à un pouvoir qui anticipe le moindre de ses désirs. « Attention à tout ce qui pourrait renchérir le coût du travail », fait-il mine de menacer à la veille de la renégociation de la convention Unedic. De quoi faire trembler de peur le gouvernement…bien connu pour s’attaquer au coût du capital !

Plus inquiétant encore, face à cette crise existentielle, et alors que le sujet fait encore débat chez les siens, le nouveau président du Medef s’interrogerait sur la nécessité de garder un strapontin dans certaines organisations paritaires…De quoi faciliter la tâche d’Emmanuel Macron, qui compte bien enterrer le paritarisme, pivot du mudèle social français, hérité du CNR. « La négociation sociale au niveau national, je le dis tout net, pour moi c’est fini ! ». Rien de neuf, donc, chez les premiers de cordée du patronat qui peine à produire de nouvelles revendications et à alimenter leur logiciel économique. « Nous avons les pires difficultés à recruter », répètent à l’envi les grands patrons pour masquer l’échec cinglant de leurs propositions sur le chômage et la croissance.  Souvenez-vous du pin’s du million d’emplois arboré avec cynisme par Pierre Gattaz. On sait ce qu’il en est aujourd’hui. C’est la belle vie pour le patronat. À quand le retour des jours heureux ?

La démission de Hulot sonne le glas de toute ambition écologique du gouvernement



                                 28/08/2018 - PCF
Depuis des mois on savait cette décision en suspens. Nicolas Hulot ne pouvait plus se mentir, et a donc annoncé, ce jour, son départ du gouvernement.
C'est un aveu d'impuissance et d'échec

Un aveu d'impuissance au sein d'un gouvernement et d'une majorité qui ne peuvent concevoir l'urgence d'un autre mode de développement, de production et de consommation respectueux du bien être des femmes et des hommes et des ressources naturelles. Cette urgence doit se traduire par de véritables priorités budgétaires en faveur des impératifs de la transition écologique.
Un aveu d'échec face aux défis écologiques, ici, en Europe et dans le monde, car il est incontournable de mener une politique de rupture avec le capitalisme. Or, la politique libérale de Macron a fait le choix des privilèges des premiers de cordées – celles et ceux qui se soucient le moins de l'avenir de la planète – aux dépens des couches populaires qui subissent le renforcement des inégalités sociales et environnementales au moment où la mobilisation de toutes et tous est incontournable.
Nicolas Hulot est un homme de conviction. Avec cette démission, il lance un appel à la mobilisation de toute la société afin d'imposer des choix de transformations sociales et écologiques. Nous en sommes et nous en serons !


lundi 27 août 2018

" Fer à cheval ", l'éditorial de Michel Guilloux dans l'Humanité de ce jour !



On sait l’attrait du premier ministre pour le noble art, même s’il n’est pas le seul dans l’entourage du chef de l’État. Après l’interruption d’un round estival qui a frôlé le KO debout, l’hôte de Matignon a donc été missionné pour monter sur le ring de rentrée. La menu déroulé dimanche dans un journal de milliardaires se résume à : « soigne ta droite. » Après tout le dimanche n’est-il par le jour des offenses ? Retraités ayant cotisé une vie durant, étudiants et familles souvent monoparentales bénéficiaires des APL, salariés privés d’emploi du fait des choix communs aux fauteurs de crise…C’est par millions qu’ils vont être atteints par l’uppercut de la super-austérité dégainé hier. Sacré fer à cheval glissé dans le gant du « visage social » du macronisme.

L’affaire Benalla a révélé les dessous d’un pouvoir livré aux dérives des logiques privées. Celles-ci guident chacun des chantiers de démolition de l’édifice solidaire construit au fil des générations et de leurs combats. Ce n’était pas jouer sur les mots que de vouloir ôter l’expression « Sécurité sociale » de la Constitution. Il s’agit bien d’extirper du paysage national toute idée de solidarité. On comprend que de, Muriel Pénicaud, dévouée au culte de ce veau d’or rebaptisé « pro-business », à Jean-Michel Blanquer, dont Parcoursup prouve l’excellence de sa vision du système public d’éducation, tous se retrouveront applaudis comme il se doit à l’université du Medef.

Cette France-là se gave de dividendes qui explosent les compteurs chaque année. Comment obtenir de tels niveaux en maintenant une croissance en berne ? Par l’écrasement des salaires, de l’emploi et de l’investissement productif – au plus bas depuis douze années. Et par le pillage et la braderie des ressources, effectifs et atouts publics. L’annonce de la pérennisation sous forme de cadeaux des dizaines et des dizaines de milliards d’euros versés aux entreprises sans aucune contre - partie au titre du Cice n’en est que plus obscène.

dimanche 26 août 2018

Universités d'été : le PCF demande au CSA un bilan du traitement médiatique !


26/08/2018 - PCF
Plus de 1000 participants gonflés à bloc et décidés à ne rien céder à Macron, une salle bondée pour l'allocution de Pierre Laurent, un débat sur le congrès du PCF, des parlementaires présents en nombre, 90 ateliers, 100 intervenants, des communistes très présents, une marche pour les services publics, une chaîne humaine spectaculaire devant l'Hôpital d'Angers, un meeting devant le CHU avec Ian Brossat... C'est une université d'été marquante, combative, festive et réussie que vient de tenir le PCF à Angers pendant 3 jours.
Il y avait de la matière et des images à se mettre sous la dent!
Et pourtant, malgré la présence de quelques médias, dont France 3, l'Humanité, l'AFP et quelques régionaux, c'est de nouveau le boycott médiatique qui a dominé.
Dans nombre de commentaires, l'existence même de l'Université d'été du PCF a tout simplement été zappée. Ce traitement bafoue le pluralisme et est inacceptable. Il contrevient aux règles énoncées par le CSA lui-même.
Le PCF proteste avec vigueur et demande au CSA de procéder à un bilan rapide du traitement médiatique des Universités d'été pour que soit établi avec transparence le temps de parole accordé aux différentes formations qui ont tenu des Universités d'été.
Ainsi les citoyens pourront juger sur pièces et les conditions seront établies pour interpeller les moyens d'information visant à corriger ces inégalités.

vendredi 24 août 2018

« En même temps », l’éditorial de Michel Guilloux dans l’Humanité de ce jour !



Emmanuel Macron et ceux qui l’ont mis en tête de leur « casting » selon le mot de son parrain Gérard Collomb, ont tiré des leçons de la crise politique de ces trois dernières décennies. En voulant achever le PS, à gauche, et LR, à droite, ils entendent enterrer définitivement le clivage droite-gauche autrement plus divers dans notre pays et résistant, on l’a vu cet été au Parlement lors de l’affaire Benalla. Et, même s’il tente de les vider de leur contenu émancipateur, en utilisant les mots « révolution », titre de son livre-programme, ou « progressisme », l’hôte de l’Élysée traduit la force de leur empreinte comme de leur actualité dans la société. De même, vouloir opposer « élites mondialisée » et « classes populaires » sédentaires en dit long sur la crise mondiale, sociale et environnementale, et donne raison aux artisans d’un nouvel internationalisme. La solidarité à tous les étages est à l’ordre du jour, pas la démocratie censitaire, ni la dictature de marche.

C’est peu dire que notre époque a besoin d’échanges contradictoires. Pour interroger les partis progressistes et aider au renouvellement permanent de leurs pratiques, à leur irrigation par les mouvements de pensée et de société. Et pour encourager le nouage patient et urgent entre revendications sociales et la réouverture de l’horizon à une logique de coopération et d’égalité réelles. Nous suivrons de près ce qui se dira aux quatre coins du pays ce week-end. Car, paresse intellectuelle ou simple conformisme ? Une vague de cécité a frappé nombre de médias ces jours-ci, réduisant leur vision des universités d’été de rentrée à une seule. Pourtant de LFI, à Marseille, aux communistes à Angers, en passant par les écologistes à Strasbourg ou encore l’initiative originale d’Attac à Grenoble, partout des débats passionnés, des thèmes originaux, des invités des horizons les plus divers. Et parce que cet esprit-là l’anime comme il  a l’ambition d’irriguer ces colonnes, rendez-vous à la fête de l’Humanité, les 14, 15 et 16 septembre. La grande université populaire à ciel ouvert.

mercredi 22 août 2018

« 365 JOURS », L’ÉDITORIAL DE PATRICK APEL-MULLER DANS L’HUMANITÉ DU JEUDI 23 AOUT



Le cancer de l’occupation n’en finit pas de ronger ce qu’il reste de la démocratie israélienne. Les derniers mois l’attestent. Le cas du jeune avocat franco-palestinien Salah Hamouri est emblématique. Depuis 365 jours, il est emprisonné, sans procès, sans savoir même ce qui lui est reproché. Une lettre de cachet moderne pour une Bastille dans laquelle croupissent des milliers de prisonniers palestiniens. Le gouvernement français a protesté… Sans effet sur Tel-Aviv. Cela suffit-il ? La brutalité du gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou, appuyé sans réserve par Donald Trump, trouve mois après mois de nouvelles illustrations. Les massacres se sont multipliés à Gaza contre des manifestants désarmés. La colonisation se poursuit, spoliant les populations palestiniennes de leur terre et de leur liberté d’y circuler. Un mur de la honte balafre les territoires.
Tout récemment, l’instauration d’une loi fondamentale qui définit Israël comme « État-nation du peuple juif » a suscité l’indignation de dizaines de milliers de manifestants arabes, druzes et juifs, qui ont défilé en criant : « On ne se taira pas ; l’apartheid ne passera pas. » Des personnalités comme David Grossman, Amos Oz, A. B. Yehoshua, Etgar Keret et Orly Castel-Bloom ont publié un texte solennel : « Il y a des transgressions qui doivent être jugées par une cour. Mais il y a des péchés qui touchent l’âme du peuple juif et sa patrie. » Elles dénoncent une loi « qui permet expressément la discrimination raciale et religieuse », « qui contredit la définition de l’État comme État démocratique et contredit la déclaration d’indépendance sur laquelle l’État a été fondé ». Cette alarme est destinée tout autant au peuple israélien qu’aux consciences du monde.
La mobilisation pour libérer Salah Hamouri vise d’abord à mettre un terme à une injustice criante. Elle est aussi le ferment d’une solidarité avec tous les démocrates palestiniens et israéliens qui ne résignent pas à un avenir de prison et de sang. La France devrait en être le flambeau.

La misère et les inégalités, au soleil ou sous la pluie, ça suffit !! (Pierre Laurent)


22/08/2018 - PCF

Il a quitté le Fort de Brégançon hier, le conseil des ministres fait sa rentrée aujourd’hui. Tout est pour le mieux  dans le meilleur des (nouveaux) mondes possibles : au deuxième trimestre les multinationales ont versé 497 milliards de dollars à leurs actionnaires au plan international, un record. En France, jamais les entreprises n’avaient versé autant de dividendes à leurs actionnaires. Du côté des premiers de cordée, pas besoin d’épisodes orageux , pour que le liquide ruisselle à torrent ! Il pleut toujours où c’est mouillé comme le dit si bien le dicton populaire…

Alors que depuis son arrivée à Élysée, Macron appauvrit le pays pour financer les cadeaux aux plus riches, que les indicateurs économiques sont préoccupants, le pouvoir décide de ne rien changer.

Et pendant ce temps ? Pendant ce temps, le chômage est toujours à des niveaux records, la pauvreté frappe 9 millions de personnes, le logement en France, comme l’a confirmé le drame d’Aubervilliers, est indigne d’un pays développé, des dizaines de milliers de  bacheliers sont toujours sur le carreau, sans affectation universitaire et, pour celles et ceux qui en ont une,  le coût de la rentrée est à la hausse ; étudier est désormais un luxe…

Pendant ce temps ? Pendant ce temps, l’Hôpital public est à l’agonie par manque de personnels, qui n’ont plus les moyens de leur action, les agriculteurs-trices, n’ont plus les ressources pour vivre.

Ce qui se construit sous nos yeux, en cette fin du mois d’août, est une société inhumaine !

Mais le credo du monarque et de ses courtisans est le même : réduction des dépenses publiques, des APL, instauration d’une retraite par points avec baisse des pensions, diminution de l’indemnisation chômage, réforme institutionnelle qui cherche à casser le lien entre les citoyens et leurs élu-e-s, à assécher la capacité des collectivités locales à répondre aux besoins. Un seul credo, un seul dogme, la compétitivité, avec ses dégâts humains, sociaux, économiques et écologiques la vente à l’encan des services publics.

La coupe est pleine. Les communistes, leurs parlementaires, leurs élus sont déterminé-e-s à agir sur tous les terrains. Ils sont disponibles pour tous les rassemblements, toutes les solidarités qui permettront de faire échec à Macron et construire une alternative de gauche : notre pays ne peut continuer ainsi. Nous le réaffirmerons ce week-end à Angers durant notre Université d’été, lors du rassemblement que nous y organisons, avec Ian Brossat, chef de file des communistes à l’élection européenne de 2019, devant l’Hôpital d’Angers, menacé d’asphyxie.

L’argent existe pour répondre aux besoins sociaux. Un autre nouveau monde est possible, nécessaire et urgent. 
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

« Réformes », l’éditorial de Pierre Chaillan dans l’Humanité de ce jour !



Les dividendes sont au plus haut, la croissance au plus bas. L’augmentation des salaires ne parvient pas à compenser l’inflation. Le chômage de masse continue de miner la société et la précarité se généralise. En clair, les riches toujours plus riches vampirisent les investissements nécessaires à la relance économique, aux défis environnementaux et à la réponse aux besoins sociaux. Pour maintenir ce mode de développement du profit à court terme pour quelques-uns, tous  les autres doivent se serrer la ceinture. Dans ce contexte et afin de « respecter ses engagements économiques », la France devrait réduire encore ses dépenses publiques !

C’est au menu de mla poursuite des « réformes » de ce gouvernement : retraite à points et menace sur la Sécurité sociale, recul des aides au logement (APL) et suppression de postes dans la fonction publique, etc. En extrême centre droit, l’austérité touche tout le monde sauf les plus riches, épargnés désormais du paiement de l’ISF et toujours à l’abri dans les paradis fiscaux grâce au verrou de Bercy…Le problème est que cela commence à se voir. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les inégalités de revenus se creusent et l’économie reste en berne. La politique austéritaire et injuste, cela ne marche pas.

C’est une dangereuse impasse, source de conflits et de risques, même Alain Minc s’en inquiète ! En France le « nouveau monde » n’est qu’une resucée du vieux capitalisme, il est vrai totalement modernisé en valorisant la voie entrepreneuriale de l’ubérisation. À contrario, de vraies réformes pourraient s’attaquer aux causes de la crise sociale et écologique qui met les êtres humains en concurrence et la planète en péril. Près de chez nous, en Europe, la démonstration se fait que des alternatives existent. Au Portugal, la croissance repart, le chômage baisse, les salaires et les retraites progressent. En Espagne, le pouvoir entend taxer les banques pour financer les retraites. Un autre nouveau monde est possible.

mardi 21 août 2018

Fête de l'Humanité : les communistes de Romainville présents sur le marché les 27 août, 2 et 9 septembre !



 Fête de l’Humanité : les communistes seront présents sur le marché, pour vous proposer la vignette les dimanches 27 août, 2 et 9 septembre à partir de 10 h30 !

C’est parce que nous estimons qu’il est plus urgent que jamais de parler, de dialoguer, de partager des idées et de belles émotions que les communistes soutiennent toutes les initiatives culturelles et festives qui se tiennent. La fête de l’Humanité en est une, de grande valeur. C’est en effet ensemble et dans le partage de moments de convivialité, des intelligences, des créations musicales et artistiques que nous serons plus forts pour infliger une défaite aux simplismes, aux obscurantismes, à la violence et à leurs penchants autoritaires et guerriers.
La fête de l’Humanité des 14, 15 et 16 septembre sera le moment de la rentrée pour se retrouver, faire front ensemble contre les mauvais coups que prépare le gouvernement Macron- Philippe.


Faites avec nous, dans le respect de nos différences, que la fête de l’Humanité 2018, soit un acte de résistance, un moment de mobilisation festive de toutes celles et de tous ceux qui ne lâchent rien et préparent l’avenir. À dimanche sur le marché !

« Climat et avenir », l’éditorial de Michel Guilloux dans l’Humanité de ce jour !



En marche vers le chaos ! Hormis nourrir le terreau de la haine, de la division et de l’appel des maîtres qui en apaiseraient la mauvaise conscience des effets, se borner à constater l’état des lieux planétaires, même en versant des larmes de crocodiles, ne sert à rien. La collision du réchauffement avec des crises de système  qui ressortissent de la crise de civilisation appelle à changer radicalement la logique. « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » Ce « nous » n’était pas indistinct : Jacques Chirac, président de la République, s’adressait à ses homologues lors du premier Sommet de la Terre dédié à la question du réchauffement, en Afrique du Sud, fin août début septembre 2002.

L’accentuation des inondations, incendies et autres sécheresses n’est pas spontanée : elle a été anticipée depuis bien longtemps désormais par les scientifiques spécialistes du climat et répétée au rythme des sommets climats qui ont suivi depuis seize ans…La France n’y fait pas exception, en accueillant la COP 21. Devenu président, Emmanuel Macron a même prétendu au titre de champion de la lutte contre le gaz à effet de serre, tandis que son cher ami Trump déchirait l’accord de Paris conclu en 2015. Si la manière diffère, leurs priorités sont ailleurs. C’est qu’en matière de climat comme pour le reste, plus on est faible et pauvre, plus on paye cash le moindre effet de dérèglements en cours. Les pays dits « riches » autrement dit les grandes puissances mondiales, s’avèrent incapables d’honorer leur engagement de les aider à hauteur de 100 milliards de dollars. Cette somme est de treize fois inférieure aux sommes gâchées dans la course aux armements nucléaires et dix fois moindre que les dividendes versés au niveau mondial à la planète spéculation pour le seul premier semestre de cette année.

On ne saurait mieux voir là l’incompatibilité foncière entre un système planétaire entièrement fondé sur le gâchis du fruit du travail humain et des ressources de la planète, et une lutte résolue pour sauver « notre maison commune ». Chaque pas fait en commun, ici comme par-delà les frontières, par la mise en mouvement citoyenne pour imposer d’autres choix sociaux, démocratiques et environnementaux est le seul qui dessinera un autre avenir tenable.

lundi 20 août 2018

« Ailes rognées », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Pourquoi a-t- il choisi Benjamin Smith comme PDG d’Air-France et quelles raisons poussent le gouvernement à lui accorder une rémunération faramineuse de 4,25 millions d’euros, trois fois supérieure à celle de son prédécesseur ? L’échec du référendum organisé jusqu’au 4 mai auprès des salariés a confirmé que ceux-ci ne se laisseraient pas convaincre – comme ce fut le cas en 1994 – d’abandonner des droits sociaux sans réagir. Jean-Marc Janaillac l’a payé de son fauteuil. Mais les libéraux qui nous gouvernent n’ont pas abandonné le projet qui vise à imposer le low cost, dans les airs et sur les salaires, alors même que ce modèle est vivement mis en cause chez Ryanair.

Pour cela, il fallait un homme qui n’ait pas d’attaches avec les ailes françaises, un dirigeant qui ait fait ses preuves en réduisant les salaires. Benjamin Smith s’y est attelé au sein de la direction d’Air Canada, et il n’aura aucun état d’âme pour marginaliser la participation publique au sein du capital (14,3%) et favoriser la montée en puissance d’un concurrent actionnaire, Delta Air Lines (8,8%). Il se targue d’être un tueur de coûts, salariaux évidemment, et de tout miser sur le cours de l’action. C’est ce profil de mercenaire international qui allèche les actionnaires privés et qui inquiète les organisations syndicales, et pas seulement celles des pilotes, le SNPL, mais aussi celles des bagagistes, des mécaniciens, des hôtesses et stewards…Leur hostilité ne s’accompagne d’aucun relent xénophobe, comme le répète la presse courtisane. Elle est inspirée par la lucidité sur la stratégie à l’œuvre. La partie qui s’engage n’est pas jouée et le mois de septembre, au terme duquel Benjamin Smith prendra ses fonctions, donnera la température avec notamment un bras de fer salarial.

Lignes de chemin de fer abandonnées, SNCF transformée en société anonyme, ferroutage délaissé, cars déversés sur les routes, patrimoine routier mal entretenu…Avec le dernier épisode d’Air France, une politique désastreuse des transports se met en place.

jeudi 16 août 2018

« LA CULTURE VAUT MIEUX QUE ÇA », L’ÉDITORIAL DE MAUD VERGNOL DANS L’HUMANITÉ DU VENDREDI 17 AOÛT


« Synergie », « sélectivité », « amélioration de l’efficience » : ces mots ne font pas rêver. Ce sont pourtant ceux utilisés pour évoquer le service public de la culture dans le fameux rapport CAP 22, cette bombe à retardement que le gouvernement n’a toujours pas eu le courage de dévoiler publiquement. Ses préconisations risquent de parachever l’œuvre de destruction massive d’une politique culturelle sans doute inaboutie, mais qui avait le mérite de graver dans le marbre républicain que les arts et la culture, la création et sa diffusion doivent être au cœur des politiques publiques. Certes, Emmanuel Macron n’est pas le premier à s’y attaquer.
Du « temps de cerveau disponible  » à l’« inutile » Princesse de Clèves de Nicolas Sarkozy, l’argent privé et les critères de rentabilité ont sournoisement grignoté le financement de la culture pour tuer à petit feu la décentralisation et étouffer la création. Dans le « nouveau monde » macroniste, le terme même de « politique culturelle » aurait disparu de l’espace public sans ces inépuisables vigies qui résistent aux logiques mercantiles pour faire circuler l’imaginaire. Jack Ralite, disparu cette année, était le premier d’entre eux, rappelant à chaque occasion qu’« un peuple qui abandonne son imaginaire culturel à l’affairisme se condamne à des libertés précaires ». C’est aussi le sens du cri d’alarme du précieux Robin Renucci. Car un an après les publicités mensongères du macronisme, vendant le rêve d’une « réinvention des politiques culturelles », les premiers actes du quinquennat en la matière disent tout le contraire. Sa recherche illusoire de rentabilité des services publics est en passe de vider de sa substance le ministère de la Culture, quasi mis sous tutelle de l’Élysée. Dans la Part maudite, Georges Bataille disait des « dépenses improductives » ceci : « Chaque fois que le sens d’un débat dépend de la valeur fondamentale du mot utile, c’est-à-dire chaque fois qu’une question essentielle touchant la vie des sociétés humaines est abordée, il est possible d’affirmer que le débat est nécessairement faussé et que la question fondamentale est éludée. »

mercredi 15 août 2018

« EFFONDREMENTS », L’ÉDITORIAL DE PATRICK APEL-MULLER DANS L’HUMANITÉ DU JEUDI 16 AOÛT



 Des milliers de tonnes de béton et de ferraille mêlés, des sauveteurs qui s’affairent sans trêve en espérant sauver encore une vie, un bilan qui s’alourdit… L’effroyable catastrophe de Gênes frappe d’autant plus l’opinion qu’elle se déroule dans un pays voisin, développé, comparable au nôtre. Et la question « Pouvons-nous vivre un semblable drame sur notre sol ? » est dans toutes les têtes.
L’enquête commence à peine mais déjà les circonstances de l’effondrement du viaduc autoroutier qui relie le port ligure à la Lombardie pointent des responsabilités. Le pont Morandi, considéré comme un pari technique risqué, était jugé fragile, réclamant une surveillance attentive, une maintenance coûteuse. Sur ces deux plans, les autorités italiennes ont pointé la faillite de la société privée gestionnaire de l’autoroute. Celle-ci encaisse de faramineux péages mais rogne sur l’entretien pour maximiser des profits qui échappent largement à l’impôt en se logeant au Luxembourg. Une loi du genre. Depuis des décennies, les scandales se multiplient dans la péninsule italienne : matériaux de construction au rabais, normes antisismiques bafouées, corruption dans les marchés de travaux publics, infiltration du secteur du bâtiment par la Mafia, détournements de subventions. Une école s’écroule sur des enfants à Naples, un échangeur autoroutier s’effondre sur l’A14, les constructions anarchiques se multiplient en Sicile sur les ruines du tremblement de terre.
Chaque fois, on relève une démission de la puissance publique, abandonnant la gestion d’infrastructures majeures à la loi des dividendes, réduisant les moyens de contrôles techniques et les obligations légales, laissant le marché faire main basse sur l’immobilier collectif. Sans doute les gouvernements italiens successifs ont-ils plus accepté qu’en France le dessaisissement de l’État et les déréglementations en tous genres. Mais la France est-elle immunisée ? Le goût du « ruissellement » peut conduire à des effondrements.

mardi 14 août 2018

« COMPLOTS »…, L’ÉDITORIAL DE PIERRE CHAILLAN DANS L’HUMANITÉ DE CE JOUR



 Après les « fake news » largement véhiculées par la fachosphère sur les réseaux sociaux, viennent à la lumière les complotistes liés à Trump qui sévissent sur le « dark Web »… Si leurs implications néfastes et confusionnistes sont réelles et porteuses d’appels à la haine, de diffamations et de violences à l’instar des QAnon et autres Alex Jones, les réponses apportées semblent déconnectées des véritables enjeux d’un nécessaire et urgent contrôle public et démocratique. D’un côté, la vigilance serait privatisée et deviendrait le fait des géants du Net et, de l’autre, il faudrait légiférer sur l’encadrement juridique et en matière de répression : la bien-pensance et la vérité deviendraient sujettes à interprétation partisane. La démocratie se trouverait alors fragilisée, c’est ce que recherchent ces apprentis sorciers du conspirationisme, adeptes de l’irrationnel et de l'obscurantisme moderne.
S’il faut les combattre par toutes les voies, y compris l’art et la littérature, sans action sur le terreau sur lequel se développent ces soi-disant théories, la seule réponse libérale-autoritaire ne peut que renforcer encore le rejet d’une information dominante détenue par des grands groupes privés au service de la pensée unique et jeter encore davantage la suspicion sur des pouvoirs politiques subissant les influences d’intérêts particuliers capitalistes. Comme le souligne le chercheur Nikos Smyr­naios, « pour affaiblir la désinformation », il faut renforcer la confiance dans les médias professionnels, favoriser un réel pluralisme et garantir l’indépendance des médias.
Indépendance et pluralisme de l’information, voilà la réponse d’avenir et de fond. Jean Jaurès, le visionnaire fondateur de l’Humanité, l’écrivait en ces termes : « C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde. Et il ajoutait : « Mais toute notre tentative serait vaine ou même dangereuse si l’entière indépendance du journal n’était point assurée… » 

dimanche 12 août 2018

« FERTILE », L’ÉDITORIAL DE MICHEL GUILLOUX DANS L’HUMANITE DU LUNDI 13 AOÛT




 Le jugement rendu contre Monsanto est historique. Il a fallu le combat d’un homme, condamné à mort par la médecine, pour accélérer la procédure et aboutir à l’amende record de 290 millions de dollars. Plusieurs milliers d’autres plaintes ont été déposées par autant d’agriculteurs. La révélation des méthodes de la multinationale via les Monsanto Papers, quant à « l’évaluation scientifique » de son désherbant « vedette » – censure des avis critiques, pression et infiltration des organismes internationaux, de l’ONU à l’Union européenne –, conjuguée à un puissant mouvement d’opinion international, a pesé dans la balance de la justice. Face aux intérêts en jeu, les combats à venir n’en seront que plus âpres.
Depuis la guerre du Vietnam, avec l’usage massif de l’agent orange, Monsanto n’en finit pas d’être au banc des accusés. Entendre Bayer reprendre dès vendredi les mêmes arguments sur l’innocuité du glyphosate, « sûr » et « non cancérogène », ne peut qu’inquiéter. Après avoir racheté au prix fort – 63 milliards de dollars – son rival, le groupe allemand avait annoncé en juin son intention de faire disparaître la marque américaine. Cela ferait sans nul doute les bonnes affaires de The Vanguard Group et de Blackrock Fund Advisors. Plus de nom, plus de scandale, voire d’indemnités à verser ? Ces fonds d’investissement totalisent, avec un troisième larron, 11 000 milliards d’euros (cinq fois la richesse annuelle de la France) de capitalisation boursière mondiale. Ces deux-là sont présents à la fois dans le capital de Monsanto, de Bayer et de BASF – qui a repris les activités « OGM » de l’américain, au nom de la lutte anticoncurrentielle… Les mêmes ont dû être ravis du sursis de cinq ans sur une éventuelle interdiction du glyphosate, accordé par la Commission européenne, avec le soutien de l’Allemagne et sans un mot de la France. La graine de l’exigence d’autres logiques environnementales, agricoles et démocratiques, est depuis vendredi en terrain fertile.

Monsanto condamné : ouvrons la voie au changement de modèle agricole



12/08/2018- PCF
Le verdict est tombé : le tribunal de San Francisco a condamné la multinationale Monsanto. Pour la Justice, se sont bien les désherbants Roundup et RangerPro qui sont responsables du cancer du jardinier Dewayne Johnson.
Cette décision est une bonne nouvelle pour tous ceux qui pensent – le PCF est de ceux-là – qu’il y a urgence à sortir du modèle agricole actuel, reposant sur des intrants chimiques massifs, produits dont l’impact sur l’homme et sur l’environnement commencent à être connu en place publique.
Le PCF rappelle sa détermination à engager la France dans une sortie du Glyphosate et des pesticides dangereux. Notre pays a besoin d’une grande ambition collective alimentaire, écologique et de santé publique.
Pour cela, il est indispensable de permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail, pour sortir la production alimentaire des griffes des quelques multinationales qui trustent actuellement ce secteur, aliénant producteurs et consommateurs au nom du profit capitaliste.

vendredi 10 août 2018

Fichage politique / EU DisinfoLab : Une atteinte grave à la démocratie et aux droits du citoyen-ne



Une association belge, « EU DisinfoLab », a répertorié nominativement près de 60 000 comptes Twitter de citoyen-ne-s français-es ayant réagi à l’affaire Benalla depuis sa révélation le 18 juillet dernier par la presse. Il s'agit rien de moins que d'un fichage politique, totalement illégal, puis que l'un des deux fichiers Excel établit des corrélations avec des sites de médias ou d'organisations politiques.

Ce travail réalisé, prétendument pour mettre en évidence une manipulation de l'information sur les réseaux sociaux, est une atteinte grave et inadmissible à notre démocratie, aux droits inaliénables des citoyen-ne de notre pays, de penser, d'expression et d'engagement. Cette méthode n’est pas sans rappeler les fichages de triste mémoire de la police de Vichy.
« EU DisinfoLab » contrevient ainsi dans notre pays à la loi Informatique et Libertés de 1978 mais aussi au nouveau règlement européen sur la protection des données.

La CNIL interpellée par plusieurs personnes citées dans les fichiers annonce qu'elle se saisit de cette affaire, c'est une première étape mais des investigations poussées doivent maintenant être diligentées par les autorités françaises.
Le PCF – dont nombre de sympathisant-e-s et de militant-e-s parmi lesquels des parlementaires se trouvent ainsi listés – exige que toutes les mesures soient prisent d'une part pour protéger les personnes « fichées » et leurs droits fondamentaux garantis et d'autre part pour qu'une enquête soit diligentée dans les plus brefs délais.

Le PCF sera particulièrement vigilant aux suites données par le gouvernement et la Présidence de la République en la matière.


Parti communiste français,

Paris, le 10 août 2018.

73e anniversaire Nagasaki/Hiroshima : La France doit choisir le camp de la paix et ratifier le Traité d'interdiction des armes nucléaires (PCF)


Il y a 73 ans, les 6 et 9 août 1945, les populations d'Hiroshima et de Nagasaki au Japon étaient bombardées à l'arme atomique par les États-Unis d'Amérique provoquant la mort dans d'atroces souffrances de près de 250 000 femmes, hommes et enfants, près de 270 000 blessés survivants (les « hibakushas »), et des pathologies lourdes et cancers pour des dizaines de milliers de leurs descendants.
Ce crime de guerre massif demeure pour longtemps une des plus profondes atteintes à l'humanité tout entière.
73 ans plus tard, non seulement nous n'oublions pas, non seulement nous dénonçons comme froids, gratuits et inhumains ces bombardements alors que les autorités japonaises avaient déjà décidé leur reddition, mais nous joignons notre voix à celles et ceux qui exigent l'élimination complète des armes nucléaires et de toutes les armes dites de destruction massive.
Le 7 juillet 2017, 122 pays franchissaient un pas historique en adoptant, sous l'égide l'ONU, le Traité d'interdiction des armes nucléaires (TIAN).
La France, 6e puissance mondiale, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, n'a pas seulement refusé de s'inscrire dans ce mouvement mais l'a même brocardé par la voix du président de la République et du ministre des Affaires étrangères.
Ce n'est pourtant pas la véritable voix de la France que les représentants de l’État ont exprimée puisque 67 % de Français-es sont favorables à ce que la France « s'engage et ratifie le Traité d'interdiction des armes nucléaires » comme l'a mis en évidence un sondage initié par le Mouvement de la paix, et publié dans La Croix,le 5 juillet dernier.
Les puissances nucléaires, parmi lesquelles la France, pèsent de toute leur influence pour stopper ce processus puisqu'à ce jour seuls 59 des 122 États votant pour le traité l'ont signé et seulement 11 d'entre eux l'ont ratifié. Pour leurs parts, les États-Unis présidés par Donald Trump relancent la course aux armements nucléaires via la construction annoncée en février dernier de nouvelles armes nucléaires tactiques destinées à être utilisées pour des objectifs limités. Ces bombes dites « mini-bombes » ont une puissance égale ou supérieure aux bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki.
L'arme nucléaire ne constitue pas un moyen d' « empêcher les guerres » ou de « se défendre d'agressions militaires extérieures » ; l'arme nucléaire est au contraire facteur de tensions comme l'illustrent les décisions de Donald Trump dans les relations états-uniennes avec la Corée du Nord ou sur le nucléaire civil iranien.
Ensemble, les peuples du monde peuvent mettre un terme à ces ambitions destructrices. Le prix Nobel de la paix 2017 attribué à l'ONG ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons) est un encouragement à se mobiliser plus largement. La lutte pour l'interdiction des armes nucléaires peut être victorieuse
Le Parti communiste français appelle les femmes et hommes de notre pays à se faire entendre en signant la pétition lancée par le Mouvement de la paix : https://www.mvtpaix.org/wordpress/petition-pour-un-traite-dinterdiction-des-armes-nucleaires/ et en participant largement le samedi 22 septembre prochain aux marches pour la paix qui se dérouleront partout en France à l'occasion de la Journée mondiale pour la Paix et à l'appel de 15 organisations dont le PCF

« Feu de tout bois », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Les futaies et les halliers n’abritent pas que la liberté. Ils peuvent se muer en théâtre discret d’une exploitation sordide. Des travailleurs marocains dans l’Indre y ont vécu un véritable esclavage moderne, sous-payés, mal-logés, mal-soignés quand des blessures graves vont jusqu’à l’amputation. Cette histoire que relate aujourd’hui l’Humanité en croies bien d’autres dans ces forêts où œuvrent  discrètement et au noir des bûcherons venus aussi de l’est de l’Europe, dans des vignobles cossus, des vergers d’abondance, des chantiers brûlants sous la canicule. Cette exploitation sous la menace et la contrainte de la misère se déroule jusqu’au cœur de la capitale. Parfois derrière des vitrines flatteuses. Sans les solidarités qui permettent que justice soit faite et que les victimes, souvent immigrées, ne subissent pas la double peine d’une expulsion, le scandale se poursuit à bas bruit.

Le cas de ces quatre bûcherons marocains paraît une caricature. Ne disait-on pas la même chose du sort des 16 coiffeuses du 57, boulevard de Strasbourg à Paris, payées moins de 40% du Smic, menacées par leur patron, travaillant dans des conditions indignes et dangereuses pour la santé ? Un tribunal leur a donné raison, mettant en lumière une « traite des êtres humains » dans le cadre d’un travail collectif.

Ce n’est pas en Mauritanie mais en France que ces indignités ont cours. Comment est-ce possible ? Les inspecteurs du travail sont trop peu nombreux et parfois entravés par des administrations qui ne veulent surtout pas de vagues. L’affaiblissement du droit social ouvre des failles, le goût de nos gouvernants pour l’ubérisation a étendu le domaine du travail sans droits et le système favorise une course effrénée au profit. Nos libéraux prétendent qu’ainsi l’entreprise est plus libre…Enfin, la fragilité des travailleurs sans papiers les expose à tous les chantages et aux emplois dissimulés. Au-delà de l’indignation, il faudra des combats de tous les jours pour éradiquer ce qui permet de flétrir ainsi l’humanité.

mercredi 8 août 2018

« FOLLE COURSE », L’ÉDITORIAL DE SEBASTIEN CREPEL DANS L’HUMANITE DU JEUDI 9 AOÛT


On nous dira qu’il n’y a pas lieu de se plaindre que les sociétés du CAC 40 se portent bien. N’est-ce pas préférable pour les salariés et leurs emplois ? Le raisonnement est efficace pour faire taire tout débat sur l’utilisation de résultats mirobolants, voire pour étouffer les interrogations sur la manière dont ils sont produits. Plus de 43 milliards d’euros de bénéfices en six mois, selon un décompte encore partiel. À ce rythme, le CAC 40 devrait égaler cette année ses records d’avant-crise.
Cet argent, la plupart des salariés n’en verront pourtant jamais la couleur. En mai, l’ONG Oxfam montrait que les deux tiers de ces profits ont fini dans la poche des actionnaires entre 2009 et 2016. À peine plus d’un quart est allé à l’investissement, et seuls 5 % ont été redistribués aux salariés. En 2018, les stars du CAC 40 promettent d’être encore plus prodigues. Même celles qui ont gagné moins d’argent ce semestre, comme Airbus, BNP, Renault ou bien Vivendi, visent des hausses à deux chiffres du rendement de leurs actions. Quant à ­Carrefour, seul groupe à présenter des comptes négatifs, cela ne l’a pas empêché de verser 350 millions à ses actionnaires en juillet. Où est la ­rationalité de cette course aux dividendes, de plus en plus déconnectée des résultats réels de l’entreprise ? Et quid de l’intérêt général ?
La question dépasse celle de la simple répartition des profits. L’obsession du rendement fait des dégâts bien en amont sur l’emploi, la formation et les salaires. Prenons PSA, par exemple. Côté pile, le groupe aligne 40 % de ventes en plus, et des profits en hausse de 18 %. De quoi investir, moderniser, embaucher… Côté face, les choix de PSA racontent une autre histoire. Celle d’un groupe qui a construit son redressement – avec l’aide de l’État – en détruisant des milliers d’emplois. Aujourd’hui, PSA compte 10 000 intérimaires pour 28 000 CDI. Ce cas n’est pas isolé. Les ordonnances Macron sont conçues pour donner toute liberté aux grands groupes pour précariser. Au prix d’une folle course à l’abîme.

mardi 7 août 2018

UNE AIDE POUR UN LIBRE DÉVELOPPEMENT, L’ÉDITORIAL DE PIERRE CHAILLAN DANS L’HUMANITÉ DU MERCREDI 8 AOÛT



L'éditorial de Pierre Chaillan. L'aide publique au développement va-t-elle normaliser des pratiques néocoloniales du temps pas si lointain de la Françafrique ?
L’aide au développement va-t-elle normaliser des pratiques néocoloniales du temps pas si lointain de la Françafrique ? Ou comment l’annulation de la dette va-t-elle au final être détournée par un système pervers de financiarisation vers une résurgence de dettes tous azimuts. À l’instar de la Côte d’Ivoire, c’est ce qui se passe avec l’essor des contrats de désendettement et de développement (C2D), formes de prêts venant en substitution d’une annulation pure et simple de la dette ou de l’octroi de dons. Cette aide publique au développement dont la France (qui se targue de sa forte augmentation !) est le chantre à l’échelle mondiale oriente les projets vers des investissements juteux en faveur des groupes privés des pays prêteurs...
Plutôt que de répondre aux besoins sociaux et de permettre aux peuples de disposer de leurs biens communs et de leurs choix politiques et économiques, cette nouvelle doctrine de développement financiarisé dégage une manne accaparée à nouveau par les créanciers dominants et capitalistes et aliène les peuples de leur souveraineté et de leur libre indépendance. Sans participation des peuples eux-mêmes et de la « société civile », les subventions publiques à des États en difficulté se transforment en des cadeaux versés aux grandes entreprises et venant renforcer les régimes autoritaires. Depuis les années 2000, sous la pression des citoyens, des organisations politiques et syndicales, des associations et des mouvements altermondialistes, l’exigence de l’annulation de la dette a dû être entendue. Elle s’inscrivait dans un monde de coopération et de co-développement où les intéressés eux-mêmes sont acteurs de leur propre développement.
Figure de cette lutte émancipatrice, Thomas Sankara, le président burkinabé assassiné, avait admirablement décrit le « développement endogène » par ces mots : « Le plus important, je crois, c’est d’avoir amené le peuple à avoir confiance en lui-même, à comprendre que, finalement, il peut s’asseoir et écrire son développement, il peut s’asseoir et écrire son bonheur. »

« Flambée », l’éditorial de Sébastien Crépel dans l’Humanité de ce jour !



Si le retour de l’inflation n’était qu’une mauvaise nouvelle pour les rentiers et les épargnants, ce serait un mal pour un bien, et les risques seraient limités. Mais la hausse des prix de 2,3% sur un an pèse sur le porte-monnaie des ménages. La flambée des carburants atteint 14,3% par rapport à juillet 2017, et la facture pour se déplacer ou se chauffer plombe des budgets souvent déjà serrés. Sans compter que les taxes ont subi  un sacré coup de chaud cette année – elle représente 60% du prix à la pompe.

Sans relance conséquente du pouvoir d’achat, ce sont les familles qui se verront à nouveau contraintes aux sacrifices. Après des années où l’Europe fut au bord de sombrer dans une spirale de déflation à base de chute des prix, des salaires et de la production, par la limite des politiques d’austérité obsédées par la lutte contre l’inflation, ce danger semble désormais écarté. Il n’est que temps : en 2017, déjà, l’inflation a ralenti la progression de rémunérations (-0,4%), note le ministère du travail. Et l’OCDE s’inquiète de cette stagnation dans les pays développés.

Cela exige de tourner complètement le dos aux politiques de baisse du « coût du travail ». C’est-à-dire que le gouvernement, ne pourra pas s’estimer quitte en supprimant en octobre le restant de cotisation chômage.  Ce geste n’est que la contrepartie – versée avec retard – de la hausse de la CSG payée par tous ou presque depuis le 1er janvier, salariés du public et du privé, indépendants, retraités : ce qui est donné d’une main à déjà été repris de l’autre. La hausse du coût de la vie souligne au contraire l’urgence d’un tout autre partage des richesses entre salaires et profits, à l’heure où le CAC 40 termine un semestre qui annonce une nouvelle année de records de bénéfices, avec un bond attendu de 9%. Très loin au-dessus de l’inflation.

vendredi 3 août 2018

Gaza : Le PCF apporte son soutien à la flottille de la liberté


03/08/2018 - PCF
Dimanche 29 juillet dernier, Al Awda, le premier bateau de la Flottille de la liberté a arriver près de Gaza a été arraisonné par la marine israélienne alors qu'il était encore dans les eaux internationales.
Cet acte n'est rien d'autre qu'un acte de piraterie et, une nouvelle fois, la communauté internationale s'enferme dans le silence.
Nous savons que les militants pacifistes internationaux ont subi des violences et notamment des coups de tasers, certains ont été blessés et tous emprisonnés.
Partie de Scandinavie le 15 Mai dernier, la Flottille composée de quatre bateaux a tenté une nouvelle fois de briser le blocus de Gaza. Ce blocus que subissent les Gazaouis depuis 2007, et qui leur interdit un accès normal à l'eau potable, aux denrées , à l'électricité , à la santé et qui les condamnent à être enfermés dans une prison à ciel ouvert car les voies maritimes aériennes et terrestres dépendent du bon vouloir d'Israël. On ne vit pas à Gaza on survit, et les Nations unies déclarent que Gaza sera totalement invivable en 2020 sans l'arrêt du blocus.
La Flottille apportait 13 000 euros de médicaments dont les Gazaouis ont cruellement besoin.
A chaque fois, Israël impose, au mépris du droit, sa volonté, et on se rappelle de sinistre mémoire des dix militants du Mavi Marmara assassinés en 2010.
L'équipage et les passagers ont été, dans un premier temps, incarcérés en Israël. Notre compatriote Sarah Katz, a été retenue plus longuement dans la prison de Givon. Avec Salah Hamouri, ce sont deux citoyens français dont le sort inquiète très modérément notre gouvernement, ce qui est particulièrement inquiétant sinon honteux.
A contrario, la flottille a été empêchée d'accoster au mois de juin à Paris pour un rassemblement pacifique.
Après la répression sanguinaire des marches du retour avec plus de 150 palestinien-ne-s assassinées et 15 000 blessé-e-s, l'arrivée de la Flottille aurait pu créer de l'espoir.
Alors que le reste de la flottille doit arriver d'ici peu au large de Gaza et qu'un autre Français, le marin CGT Pascal Maurieras, se trouve à bord, le PCF exige du gouvernement qu'il sorte de son mutisme et apporte son soutien à la Flottille comme la Suède l'a fait récemment.
Nous appelons nos militants à faire connaître cette initiative à soutenir la Flottille et à se mobiliser contre le blocus de Gaza.

« Les rennes de Laponie aussi », l’éditorial de Pierre Chaillan dans l’Humanité de ce jour !



C’est l’été et il fait chaud. Quoi de plus normal ! Mais lorsque les épisodes de canicule deviennent de plus en plus intenses, récurrents et longs, et qu’ils touchent des régions toujours plus étendues, les chercheurs jusque-là prudents pour faire le lien direct avec le réchauffement climatique, phénomènes météorologiques et activités humaines l’évoquent maintenant.

Plusieurs études en font état. Selon le rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) de l’ONU, les modèles « prévoient une intensification » des événements extrêmes. Les récentes poussées de chaleur « sont compatibles avec les tendances à long terme causées par l’augmentation des concentrations des gaz à effet de serre », estime l’Organisation météorologique mondiale (OMM). En 2016 et en 2017, le taux de concentration de ces gaz relâchés dans l’atmosphère a battu des records. Si les signatures de l’accord de Paris de 2015 (COP 21) s’étaient engagées à réduire leurs émissions de CO2 pour arriver « au pire » à – 2° C, beaucoup s’accordent à penser que l’on n’y parviendra pas…

Comment atteindre cet objectif sans remettre en question le système de production capitaliste de profit à court terme ? Et de quelles activités humaines parle-t-on ? Poser ces questions, c’est y répondre. Face aux « eaux glacées du calcul égoïste », il faut d’urgence revoir nos modes de développement en leur conférant une vocation humaine, sociale, et écologique, et non purement financière, comptable et guerrière.

Après des semaines de sécheresse le feu s’est propagé en Suède, où les rennes de Laponie se trouvent menacés. « Les forêts qui tiennent encore debout, c’est en partie grâce à nous, mais c’est de plus en plus difficile » explique Margret Fjellström, éleveuse à Dikanäs, un vilage des contreforts des Alpes scandinaves. « Nous nous battons contre l’argent », soupire-t-elle. Oui, mais l’argent peut aussi servir à construire un monde durable en commun.

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