LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 21 mai 2019

« VIRAGE REBOND », L’EDITORIAL DE MAURICE ULRICH DANS L’HUMANITE DE DEMAIN MERCREDI


On peut reprendre l’image de cette publicité pour un organisme de crédit où un personnage cherche à toute force à se costumer en vert, comme l’original qu’il veut imiter. Emmanuel Macron entend verdir les derniers jours de la campagne qu’il pilote désormais en personne. L’entretien publié hier par les quotidiens régionaux, dont deux qui ont finalement refusé en raison de l’exigence de relecture de l’Élysée, en fait foi. Le président de la République, feignant d’oublier le camouflet et le désaveu que fut la démission de Nicolas Hulot, ayant balayé d’un revers de main les 2 millions de signatures de la pétition sur le climat, voudrait aujourd’hui apparaître en pointe sur les questions de l’environnement, du réchauffement, de la biodiversité.
Il en va autrement. Il veut marquer l’opinion avec la réunion d’un grand Conseil de l’écologie, comme si nombre de problèmes n’étaient pas déjà posés, comme si nombre de solutions n’étaient pas déjà sur la table, proposées par les citoyens, des élus, des experts. Mais, dans le même temps, il entend réduire les missions et le champ d’action du Conseil national de la protection de la nature, lequel joue un rôle essentiel dans la protection des espaces naturels et de la biodiversité, contre le bétonnage et les intérêts privés. Des centaines de suppressions de postes sont prévues. Le sénateur Fabien Gay (PCF), qui revient de Guyane où il a pu mesurer les dangers du projet Montagne d’or, qui évoque également le projet EuropaCity, contre lequel toutes les formations de gauche manifestaient il y a quelques jours, le souligne dans nos colonnes. Il s’agit d’ouvrir la voie aux appétits financiers. Emmanuel Macron dans ce domaine n’est pas un novice. Il avait commencé par les cars en prélude à ses visées contre la SNCF. La privatisation d’Aéroports de Paris est en suspens mais toujours dans les cartons. Emmanuel Macron, qui est skieur, connaît la technique du virage rebond. Un bref appui dans le vert pour mieux aller à l’opposé. Le problème, c’est que ça se voit.

« ELECTROCUTION », LE BILLET DE MAURICE ULRICH DANS L’HUMANITE DE DEMAIN MERCREDI


Pascal Canfin, le numéro deux de la liste d’Emmanuel Macron, pardon, de Nathalie Loiseau, se plaignait dimanche du fait que « certains candidats peuvent dire n’importe quoi dans un débat ». C’est au point que la République en marche a adressé lundi à BFM, LCI et France 2 un courrier leur demandant de mettre en place « un dispositif anti-fake news en direct ».

Mme Loiseau, qui ne trouvait pas les mots en français, a elle-même demandé « un fact checking pendant les débats ». Mais comment ? Les chaînes concernées ont déjà répondu que des journalistes en régie en étaient chargés, prêts à alerter leurs collègues en plateau dans leurs oreillettes. Mais qui va vérifier que les journalistes ne sont pas eux-mêmes victimes ou propagateurs de fake news, voire d’idées préconçues ou même partisanes. Il faut aller plus loin.

Mettre en place peut-être une sorte d’algorithme ou un truc pointu comme ça avec un dispositif, casque ou fauteuil, envoyant une décharge électrique à qui s’écartera de la vérité vraie. Mais qui dit qu’à LaREM on ne risquera pas l’électrocution ?


LETTRE OUVERTE D’ODETTE NILES À DANIEL RIOLO



Mardi, 21 Mai 2019

Monsieur,

À bientôt 96 ans, j'écoute encore la radio, c'est un compagnon fidèle de mes journées. Ces jours-ci, je l’écoute d’autant plus qu’elle me permet de suivre les émissions de mon candidat, le candidat du Parti communiste, mon cher Ian Brossat.

Je vous écoutais donc ce matin, je ne connaissais pas vos opinions, j’ignorais jusqu’à votre nom. Et je vous ai entendu parler de la résistance. En vous entendant rire, ce matin, j’ai eu un haut le cœur. Comment avons-nous pu en arriver à cela aujourd’hui, comment certains peuvent-ils parler d'un temps qu'ils n'ont pas vécu avec autant de mépris ou de raccourcis ?

Il y a quelques mois encore, je me rendais dans les écoles pour que vive la mémoire de la résistance, pour que les générations qui nous survivront ne puissent jamais oublier l’histoire.

En vous écoutant tout à l'heure, je me suis dit combien j’aurais aimé pouvoir vous rencontrer, vous rencontrer enfant, vous rencontrer dans votre école pour partager avec vous ce que fut la réalité.

J’aurais aimé pouvoir vous parler de ces femmes et de ces hommes communistes que j'ai rencontrés, que j’ai aimés, qui ont donné leur jeunesse ou pour certains, versé leur sang pour notre pays. J’aurais aimé pouvoir vous dire ce qu’était leur vie, leur joie, leur espoir. Parmi eux, il y avait un être qui me fut cher : Guy Môquet. Le connaissez-vous seulement ?

Mes jambes me manquent aujourd’hui pour aller d’école en école, il ne me reste plus que l’écrit et mes souvenirs encore clairs de cette période de ma jeunesse.

Jusqu’à mon dernier souffle, j’aurais à cœur de me battre pour que notre mémoire vive et qu’elle ne soit ni trahie ni salie.

C’est l’inculture qui conduit à l’ignorance, l’ignorance qui conduit à l’oubli. Le négationnisme commence toujours ainsi : par un rire, par une moquerie. On explique alors qu’il ne s’agit que d’un détail de l’histoire.

Je ne peux plus me déplacer mais je peux encore témoigner et donc vous rencontrer : si vous l'acceptiez, je vous invite à venir chez moi afin que nous puissions échanger et parler et que je puisse vous dire les yeux dans les yeux ce que furent ma vie et mes engagements. Guy Môquet, à 17 ans, a su écrire, "vous qui restez soignez dignes de nous les 27 qui allons mourir", je serai toujours digne et je vous enjoins de respecter cette dignité de ce jeune qui nous laisse un message porteur pour l'avenir et non un message de peur face à la mort. Auriez-vous eu cette dignité à 17 ans ? L'histoire avant d'être écrite, doit être vécue !

lundi 20 mai 2019

« ANTISYSTEME », LE BILLET DE MAURICE ULRICH DANS L’HUMANITE DE DEMAIN MARDI


Elle n’a besoin de personne, même pas de Steve Bannon. Elle ne connaît plus personne et a déjà oublié l’ex-vice-chancelier autrichien Heinz-Christian Strache, qu’elle embrassait il y a peu. Marine Le Pen perd la mémoire, ou elle a une tête de linotte.

Steve Bannon « est à Paris pour des affaires. Ça n’a strictement rien à voir avec la campagne », quand bien même, dit-elle, « c’est un conseiller politique qui est remarquablement intéressant ». Certes. Un homme qui s’est affirmé comme l’un des idéologues les plus influents de l’extrême droite américaine et des Tea Parties, favorable aux thèses de la supériorité blanche, ex-stratège de Trump, ne peut pas être totalement mauvais pour la présidente du Rassemblement national, qu’il considère comme une « héroïne du temps présent ».

D’ailleurs il est antisystème et « du côté du petit peuple », dit-il. La preuve, cet ancien banquier d’affaires de la banque géante Goldman Sachs n’occupe à Paris qu’une modeste suite du palace Bristol à 8 000 euros la nuit. On a des habitudes.

« ANCRAGE », L’EDITORIAL DE MAURICE ULRICH DANS L’HUMANITE DE DEMAIN MARDI


La gauche en serait-elle, dimanche prochain, à jouer sa survie, comme le titrait hier le quotidien Libération ? C’est une manière de voir, mais est-ce bien de cela qu’il s’agit ? On ne peut en douter, les jours qui viennent vont voir orchestré encore l’effet bulldozer de ce qui nous est présenté et voulu par leurs protagonistes comme un duel Macron-Le Pen, occultant tout véritable débat politique au profit de cette fausse opposition.
Fausse opposition. Qui peut croire que les votes d’extrême droite, en France comme en Europe, et quelles que soient les différences entre les formations qui s’y rattachent, pourraient, si peu que ce soit, être porteurs de progrès social ? Toutes ces forces ne se réclament que de l’exclusion et de la haine, de l’inégalité entre les hommes. On parle de populisme, mais le populisme, ce n’est pas, servir les peuples, c’est les diviser et les laisser désarmés face aux politiques économiques du capital. Fausse opposition car la réalité, c’est qu’Emmanuel Macron en a besoin pour maintenir son cap, poursuivre sa politique abusivement qualifiée de progressiste quand elle est faite de régression sociale, de divisions entre inclus et exclus, entre Gaulois réfractaires et modernes, entre fainéants et entrepreneurs d’eux-mêmes.
En France, comme en Europe, il n’y a que la gauche pour s’opposer à ce faux duel, qui ressemble au numéro, dans les séries télévisées, du bon et du mauvais flic. On dit bien la gauche dans sa diversité et ses différences. Il est vrai que, d’une certaine manière, ses têtes de liste si l’on peut dire, n’impriment pas, à l’exception de Ian Brossat, dont les sondeurs, comme nombre de commentateurs, notent qu’il surprend dans cette campagne. De ce point de vue, par sa composition, la diversité de ceux qui la soutiennent et sa clarté, la liste qu’il conduit peut constituer un vrai point d’ancrage. D’abord pour un vote clair dimanche, ensuite pour les rassemblements qui seront nécessaires. Il ne s’agit pas de survie en soi et pour soi mais de savoir si la France et l’Europe sont vouées aux régressions sociales et morales.

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