LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

vendredi 14 décembre 2018

« Fondé de pouvoir », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



Les quelques invitations lancées aux gilets jaunes, mais aussi de fait à la CGT, à ne pas manifester ou à « être raisonnables », selon les termes du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sont méprisables et relèvent d’un cynisme au petit pied. On peut remarquer que la droite, qui a changé son fusil d’épaule, n’est pas en reste. Laurent Wauquiez revient à ses fondamentaux sur les questions identitaires et sécuritaires dans une course à l’échalote avec le Rassemblement national.

C’est logique, il y a deux jours, une enquête publiée dans le Monde montrait que les questions sociales étaient au cœur des débats et de cette démocratie originale qui s’invente sur les ronds-points. Mais cela va bien au-delà. Le sondage que nous avons commandé est clair. Le rétablissement de l’Impôt Sur la Fortune y est souhaité à 70%. Les partisans de la République en marche eux-mêmes le souhaitent à près de 50%. Bien avant que l’expression ne coure les rédactions, nous avons parlé de « péché originel » du macronisme.

Le président persiste et ment. Dans son intervention de lundi, il a repris sans vergogne la fable du départ des riches persécutés, quittant le pays en l’appauvrissant d’autant. C’est aujourd’hui le magazine économique américain « Forbes », entièrement destiné aux meilleurs financiers et patronaux, qui écrit qu’il n’en est rien. Les quelques mesures annoncées ne sont pas seulement loin, très loin du compte pour les plus modestes, toutes celles et tous ceux que la France semble entendre mieux en continuant à soutenir ce mouvement inédit. Elles témoignent d’un refus de changer de logique sociale, arc-bouté sur une position de classe. Emmanuel Macron est le fondé de pouvoir des plus riches, du CAC 40, des milieux d’affaires. Les luttes en cours, qu’il s’agisse de celles des gilets jaunes dans les formes qu’ils décident, qu’il s’agisse aujourd’hui des manifestations de la CGT pour le pouvoir d’achat, ne sont pas la manifestation d’une humeur française, elles sont un temps fort, dans une lutte aux dimensions mondiales, entre le capital et le travail, contre les inégalités qui sont une insulte à l’humanité.

jeudi 13 décembre 2018

« Çà tourne », le billet de Maurice Ulrich !



« Non, je n’ai jamais porté de gilet jaune. » Ce n’est pas cette fois le reniement de l’apôtre Pierre mais celui de Laurent Wauquiez. (Bonne occasion pour avouer notre erreur la dernière fois que l’on a évoqué le sujet. Ce n’est pas au lendemain de la crucifixion de Jésus que Pierre le renie, mais au lendemain de son arrestation. Mea Culpa.) 

Bref Laurent Wauquiez n’en a jamais mis et on commence même à douter, qu’il ait, jamais croisé l’un de ceux qui en portent. Dans une tribune, publiée hier, c’est le pacte de Marrakech, censé relever d’une idéologie de promotion de l’immigration, qu’il dénonce. 

Simultanément, Marine Le Pen, dont on sait qu’elle est opposée à l’augmentation du Smic, se tient en retrait. Comme le dit un de ses proches, cité par l’Express, « ce mouvement est spontané. Avant de trop s’y associer, il faut voir comment les choses tournent ». 

C’est sûr, quand on en arrive à la question des augmentations de salaire et du rétablissement de l’impôt sur la fortune, c’est que les choses tournent mal. Ou bien.

« Le drame recommencé », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !


La course éperdue dans une rue d’une ville, le claquement des balles, l’attente angoissée, les bilans et les pleurs. Strasbourg et son célèbre marché de Noël ont été frappés. Un nouvel attentat était redouté, chacun reconnaissant que les meilleures investigations des services de renseignements en empêcheraient neuf, mais que le dixième surviendrait. Avec la douleur qui resurgit, les propositions les plus rances sont ranimées. La droite, prête à brader les libertés républicaines, se replace à la file de Marine Le Pen pour réclamer l’incarcération des fichés S ou l’instauration de l’état d’urgence. En relançant le débat sur l’islamisme et « l’identité », le président de la République dans sa réponse au mouvement des gilets jaunes amorçait, lundi, la dérive. Des forces politiques s’efforcent d’alimenter les peurs pour occulter la force de l’urgence sociale et démocratique. Sinistre calcul, qui, partout, conduit au pire.

Pourtant, rien ne serait pire que de renoncer à penser. C’est sur le terreau des haines que grandissent les monstres. Les protestations étouffées s’infectent et il faut au contraire des manifestations et des controverses pour faire grandir l’impératif démocratique. « Une nouvelle ère s’ouvre, annonçait déjà Victor Hugo à la Cambre des députés, l’ère des questions sociales que j’appellerais plus volontiers les questions populaires, le travail, le salaire, l’éducation, la pénalité, la création de richesses, la répartition des jouissances, la dette du bien-être payée aux travailleurs par les gouvernants. (…) Voilà, messieurs, les questions qui ont l’avenir désormais. » C’est plus vrai que jamais. Étouffer ces revendications par des menées autoritaires ou sous l’impératif de cupidité des oligarques porterait une atteinte meurtrière à la démocratie.

Malgré le drame de Strasbourg et même encore plus après lui, la recherche des jours heureux doit se poursuivre. Hors des impasses casquées.

mercredi 12 décembre 2018

Délocalisation : Ford répond aux annonces de Macron en sacrifiant l’emploi



Emmanuel Macron annonçait lundi soir la main sur le cœur « un état d’urgence économique et social ». Ford lui répond par un camouflet.
Le groupe américain veut fermer le site de Blanquefort en Gironde (872 emplois) et annonce aujourd’hui 1600 suppressions de postes sur son site de Sarrelouis à la frontière allemande qui emploie de nombreux travailleurs français.

Il est temps que le gouvernement affirme son autorité et sa volonté pour défendre l’emploi industriel, nos savoirs faire et nos capacités de production. A quoi servent les milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises, dont les multinationales comme Ford, si rien ne les empêche de délocaliser leur production?

D’autant qu’à Blanquefort en Gironde, les personnels sont confrontés à un odieux chantage : accepter le gel des salaires et renoncer à des RTT pour conserver sur le site 400 emplois sur les 872 actuels en échange d’une éventuel reprise par Punch, le repreneur potentiel.
Pire encore, Ford n’a toujours pas confirmé sa disponibilité pour vendre le site et le risque est grand qu’il préfère la politique de la terre brulée.

La casse de l’outil industriel et les destructions d’emplois ça suffit ! Les paroles ne suffisent pas, il faut des actes : Le gouvernement doit tout mettre en œuvre pour garantir le maintien de l’emploi et des outils de production.
Avec leurs parlementaires et leurs élus locaux, les communistes sont pleinement mobilisés aux côtés des travailleurs de l’automobile et de leurs représentants syndicaux.

« Symbole », le billet de Maurice Ulrich !



Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal est de cette jeune garde qui vous récite du Macron avec la conviction du militant d’une révolution culturelle. 

Le Président a certes adopté un tête d’enfant de chœur  qui a bu le vin de messe pour exprimer le semblant d’un repentir s’il a pu blesser certains d’entre nous, mais Gabriel Attal ne doute pas du bien-fondé de la politique menée quitte à en faire trop. Ainsi sur l’ISF : « ceux qui n’ont que l’ISF à la bouche font de la politique avec les symboles. » 

D’accord, mais si ce n’est qu’un symbole (à 4 milliards tout de même), pourquoi l’avoir supprimé, et pourquoi tout autant ne pas le rétablir ? S’avançant sur le fil sans même se rendre compte qu’il contredit le président et son argumentation au nom de l’investissement, il poursuit : « Les symboles n’ont jamais rempli le frigo des Français ». 

Ce qui, pour le coup, est exact. L’ISF ne remplit pas les frigos, mais sa suppression remplit les comptes en banque.

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