LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 28 février 2019

« COMPLICE DU PIRE », L’EDITORIAL DE LAURENT MOULOUD DANS L’HUMANITE DE DEMAIN VENDREDI


Ni les visages ensanglantés, ni les constats accablants des associations, ni même l’appel solennel, mardi, du Conseil de l’Europe à suspendre l’usage du LBD 40 lors des manifestations ne font tiquer Emmanuel Macron. À l’orée de l’acte XVI des gilets jaunes, ce week-end, le chef de l’État continue, avec un cynisme invraisemblable, à miser sur le bâton et la mutilation pour étouffer la contestation sociale et maintenir son cap ordo-libéral.
Les recommandations de la commissaire Dunja Mijatovic, inquiète de la loi anticasseurs et qui demande à Paris de revoir « au plus vite » sa doctrine d’usage des armes « secondaires », auraient pu être un électrochoc pour le pouvoir. Elles n’ont servi, depuis deux jours, que de prétexte à une réplique sécuritaire grotesque de la part d’un Emmanuel Macron jamais aussi peu européen que lorsqu’il s’agit de respecter les droits de l’homme. En résumé ? Non, il ne touchera pas aux LBD 40 et aux grenades GLI-F4. Oui, il continuera ce discours balayant le champ lexical du chaos pour mieux amalgamer les grappes de casseurs aux dizaines de milliers de gilets jaunes, dépeints sans nuance comme des « gens armés, venus avec les pires intentions ».
La méthode n’est pas nouvelle. Mais les approximations que le pompier pyromane doit désormais proférer pour se justifier sont de plus en plus grossières. Le chef de l’État évoque des « doctrines claires » d’emploi des armes ? Plus de 110 personnes ont été visées à la tête et 15 ont perdu un œil. Il vente les caméras censées témoigner du déroulé des opérations ? Elles ne sont pas obligatoires. Il suggère que les victimes ne sont que des « complices du pire » qui l’ont bien cherché ? Parmi les blessés graves, on compte 36 lycéens, 14 passants, 53 journalistes, 14 médecins volontaires…
Dans une démocratie digne de ce nom, la souffrance d’une population ne s’écrase pas sous un déluge de mensonges. Ni sous le talon des bottes ou dans le flou de « grands débats » qui ne sont que de petits calculs. Emprunter ce chemin, c’est prendre le risque de cultiver la rancœur et la haine. Voire, un jour, de se retrouver « complice du pire ».

« CASQUETTE », LE BILLET DE MAURICE ULRICH DANS L’HUMANITE DE DEMAIN VENDREDI



Peut-on faire du sport avec un béret ? La République ne saurait s’y opposer. Les chasseurs alpins font bien du ski ou de l’escalade avec une tarte. C’est déjà plus compliqué avec des nonnettes en cornettes et patins à roulettes. Le port d’une kippa pour faire du jogging ne saurait faire problème, aussi bien que le port du serre-tête versaillais plutôt réservé à la Manif pour tous, mais qui peut convenir à l’équitation, encore que le port de la bombe soit plutôt conforme aux codes en vigueur. La casquette de base-ball est bien évidemment, très chaudement recommandée. Siglée Nike, Reebok, avec l’emblème des Chicago Bulls ou celui de Coca-Cola, I love New York ou Fuck la police, elle signe sans contestation possible l’appartenance de tout un chacun à la civilisation mondiale, elle convient à tous les peuples, toutes les cultures, elle est portée par Donald Trump mais peut l’être par Kim Jong-un. Elle est l’objet d’un culte qui touche à l’universel. Ces remarques n’ont aucun rapport, comme on l’imagine, avec la question du hijab de sport.

mercredi 27 février 2019

« Satan », le billet de Maurice Ulrich dans l’Humanité de demain jeudi !




C’est raide. Après le sommet de Rome voilà que tombe la nouvelle de la condamnation du numéro trois du Saint-Siège, le cardinal australien George Pell qui risque désormais la prison, étant reconnu coupable d’abus sexuel sur deux enfants de chœur en 1996.

Etrangement, il aura fallu deux mois pour que la nouvelle devienne publique en raison d’une ordonnance du juge chargé de l’affaire, interdisant à tous les médias, australiens aussi bien qu’étrangers d’en faire mention sous peine de poursuites.

La loi du silence ne se limite pas au clergé. Mais il est clair que l’église a un énorme problème que le pape François a attribué à l’œuvre du démon. Il semble bien que Satan l’habite en effet comme le remarquait Bourvil dans Un drôle de paroissien, le film de Jean-Pierre Mocky en 1963. Mais le diable a bon dos quand l’abstinence reste la règle absurdement imposée. Le Vatican ferait mieux de reconnaître que même les anges ont un sexe et que la main de dieu ne suffit pas toujours aux prêtres.

« Trouble », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de demain jeudi !




Bien naïfs celles ou ceux qui pensaient qu’Emmanuel Macron avait tiré un trait définitif sur les petites phrases en forme de provocation. « Il faut dire maintenant que lorsqu’on se rend dans des manifestations violentes a – t – il  asséné mardi, on se rend complices du pire». Il faut le dire « maintenant »! Après avoir affecté la compréhension, voire même l’empathie envers les revendications et la colère des gilets jaunes le président pense le moment venu de taper.

C’est au prix d’une manipulation du langage. Les gilets jaunes ne se rendent pas à priori et par choix dans des manifestations violentes par essence. Ils manifestent et la masse d’entre eux est étrangère aux actions des casseurs. On le sait mais Emmanuel Macron a décidé de faire semblant de l’ignorer. Alors que les sondages le créditent d’une légère remontée due pour l’essentiel à l’opinion de droite, il a choisi d’accélérer le tempo. La grande séquence du Salon de l’agriculture s’est si bien déroulée que cela tient du miracle ou d’une excellente organisation. Elle est censée marquer une grande communion avec la France rurale, la vraie. La diffusion des photos d’un Emmanuel Macron en jeans agenouillé près de SDF est censée exprimer son attention à ceux qui souffrent vraiment…

C’est une vraie story-telling dit-on dans les milieux de la communication, en clair un scénario bien au point dont il faut dire qu’il semble séduire nombre de commentateurs empressés à remettre leur pas dans ceux du président. Dans le même temps, le grand débat est salué comme la belle idée dont la réussite mettrait directement en communication le pays et sa personne. Que faire dans ces conditions des partis, des élus de la nation et des syndicats. La séquence compassionnelle de la maraude est inquiétante qui fait l’impasse sur une politique dure aux plus modestes et aux pauvres. Instrumentalisation de la violence, accusations généralisées d’antisémitisme et amalgames avec l’antisionisme, manipulation du langage, démagogie indécente…Il y a du trouble dans la démocratie.

mardi 26 février 2019

« LE CRI D’ALGER », L’EDITORIAL DE MAURICE ULRICH DANS L’HUMANITE DE DEMAIN MERCREDI


« Djoumhouria, machi mamelaka ! » ont scandé hier des centaines d’étudiants sur les hauteurs d’Alger, des milliers dans le pays. « Une République, pas une monarchie ! » À ce ­slogan qui exprime le rejet de la cinquième candidature d’Abdelaziz Bouteflika, s’en ajoute souvent un autre. « Que les harraga reposent en paix. » Il s’agit de ces jeunes qui, après avoir brûlé leurs papiers, tentent la traversée de la Méditerranée devenue le cimetière marin que l’on sait. La crise en Algérie couvait depuis plusieurs années. Elle éclate avec deux dimensions qui se conjuguent. Elle est sociale et morale. Sociale car, depuis cinq ans, la chute du cours des hydrocarbures, qui représentent 94 % des exportations du pays, a amené une chute sans précédent du pouvoir d’achat. Le pays, en dépit de la corruption des cercles dirigeants, connaissait, grâce à une politique pour partie redistributive, une relative paix sociale aujourd’hui rompue. L’autre dimension est une crise de dignité et de démocratie. Depuis sept ans le pays est dirigé par un président fantôme qui n’apparaît plus jamais en public et qui est devenu muet. C’est une forme d’humiliation.
Pour les nouvelles générations, la fin de la décennie noire, pendant laquelle les islamistes ont tué de 100 000 à 200 000 personnes, est déjà loin, et si le Président actuel s’est prévalu d’y être pour quelque chose, cela ne justifie en rien la situation d’aujourd’hui. Sans doute à ses côtés tente-t-on d’agiter le danger du ­retour à ces années mais les jeunes Algériens, dont les manifestations sont exemplairement pacifiques, ont besoin de démocratie et de progrès social. L’aggravation de la crise, ce serait l’obstination de l’équipe dirigeante. Sa volonté de tenir les médias à distance, y compris en refusant leur visa à des journalistes, n’augure rien de bon. Sa résolution, c’est une transition démocratique qui peut être sereine. La France dans ces conditions n’a qu’une chose à faire : rien. Rien qui puisse tendre la situation au prétexte du maintien d’un ordre qui est le véritable désordre.

« BIENVEILLANT », LE BILLET DE MAURICE ULRICH.


Voilà un nouveau concept politique inventé par une de nos consœurs du Journal du dimanche : la bienveillance
Voilà un nouveau concept politique inventé par une de nos consœurs du Journal du dimanche : la bienveillance. Forte de cette découverte qui laisse loin derrière l’invention de l’eau chaude, elle évoque sur une pleine page trois figures de Bienveillants. La gilet jaune Ingrid Levavasseur, pourquoi pas ? La tête de liste des « Républicains » aux européennes, François-Xavier Bellamy, réactionnaire conséquent, opposant à l’IVG mais dont le regard bleu laisse sans doute penser que ce catholique pratiquant a vue sur le ciel. Et puis Emmanuel Macron, bien sûr, dont on peut rappeler quelques étapes de la bienveillance, des ouvrières illettrées à ceux qui ne sont rien, en passant par les Gaulois réfractaires et les fainéants, ceux qui foutent le bordel au lieu de chercher du travail… Notre consœur n’a peut-être pas remarqué que la bienveillance macronienne avait plongé le pays dans une crise sociale sans précédent. Mais c’est vrai, samedi au Salon de l’agriculture, il a pris un retraité dans ses bras. Qu’est-ce alors que la CSG et le gel des pensions ?

lundi 25 février 2019

« LE TRAVAIL OU LE CAPITAL », L’EDITORIAL DE PIERRE CHAILLAN DANS L’HUMANITE DE DEMAIN MARDI



Comment faire pour évacuer la question de la répartition des richesses produites par celles et ceux qui travaillent et qui leur sont dues ? Voilà l’équation que cherche désespérément à résoudre le pouvoir macronien depuis déjà quelques mois. Lorsque après avoir supprimé l’ISF, faisant ainsi voler en éclats pareille mesure lisible de justice fiscale, puis après avoir mis à mal le Code du travail avec sa loi XXL, en fragilisant les droits des salariés et en dévalorisant le travail, ou encore après s’en être pris aux transports publics ferroviaires – pourtant réponse à la nécessité de déplacements moins chers (gratuits, même !) en région et alternatifs au tout-routier –, et enfin, après avoir édulcoré l’« exit tax », en épargnant les évadés fiscaux, le gouvernement voudrait bien faire oublier son parti pris de classe, et le président qu’il est, celui des plus riches.
Pour Macron-Philippe, tout est bon pour éviter de mettre devant leurs responsabilités ces milliardaires multirécidivistes de l’évasion fiscale, ces multinationales et ces grands groupes privés adeptes de la fraude fiscale et surtout au-dessus de tout, ces détenteurs du capital et leurs actionnaires qui vampirisent les toujours plus importants bénéfices réalisés par les ouvriers, les employés, les cadres, les ingénieurs, les TPE-PME totalement étranglés par le moins-disant social de la sous-traitance et tous ces métiers totalement précarisés, voire ubérisés. La fuite en avant ultralibérale nous conduit dans le mur. La seule réponse du gouvernement et du patronat est pourtant de poursuivre dans cette voie sans issue de la précarisation à outrance du travail, en s’en prenant de toutes parts au CDI et à l’emploi stable.
La fable du « coût du travail » est en train de tuer à petit feu tous les savoirs, les savoir-faire et les atouts pour l’avenir. Pour relever les défis humains, sociaux et écologiques, il est maintenant urgent de s’en prendre au coût du capital, véritable boulet pour l’investissement en faveur de la relance économique et de la recherche et frein au développement humain, environnemental et social. Lorsqu’on apprend que les 0,1 % les plus riches ont vu leurs revenus augmenter de 17,5 % en 2019.



« ROLAND LEROY OU L’ÉLÉGANCE DE L’ENGAGEMENT » (PATRICK APEL-MULLER)



L’ancien directeur de l’Humanité de 1974 à 1994, député de Seine-Maritime et dirigeant national du PCF, est mort dimanche, à 92 ans. Récit d’une vie.
Une sorte de légende s’était édifiée autour de lui. Un personnage de roman, disait-on. Son agilité d’esprit, sa culture, sa rigueur, sa vie brûlée par tous les bouts jusqu’aux nuits, une allure de dandy… quelque chose d’un héros de Roger Vailland. Roland Leroy, qui fut l’un des principaux dirigeants du Parti communiste et durant vingt ans directeur de l’Humanité, est mort dimanche soir, dans sa maison de Clermont-l’Hérault, entouré de ses proches et de sa femme Danièle. Il aurait eu 93 ans au mois de mai.
Une banlieue ouvrière normande
De ses mille facettes, on ne comprendrait rien sans revenir à l’origine, dans cette boucle de la Seine, à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, en face de Rouen, où il est né d’une mère ouvrière du textile et d’un père cheminot. Normand à tous crins, donc, ne tolérant aucune critique sur Jeanne d’Arc – une tentative me valut un « couillon, va ! » – pour laquelle il avait organisé des commémorations et sur qui il avait projeté d’écrire un livre, passionné des abbayes de la région et de Jumièges en premier lieu, invoquant Maupassant pour exalter les Vikings. Un cycliste ? C’est son ami Anquetil ! Un peintre ? C’est Géricault ! Une cuisine ? C’est au beurre et à la crème ! C’est là aussi le terreau de son engagement. Roland Leroy rappelait son père qui votait communiste « parce qu’il faut toujours voter pour le plus rouge » et imprégné d’anarcho-syndicalisme puissant dans la région, et notamment sur le port du Havre. Mais aussi un oncle, Édouard Charles, dont une rue d’Elbeuf porte le nom, secrétaire de l’union locale CGT sous le Front populaire, puis résistant, mort en déportation à Sachsenhausen.
À 17 ans, il bascule dans la clandestinité
Son éveil politique se fait au long des marches de la faim des chômeurs, des revendications d’allocation, des rencontres avec des enfants de républicains espagnols réfugiés à Elbeuf, des licenciements de syndicalistes, de l’arrogance des patrons drapiers et de l’espoir du Front populaire. De quoi forger une conscience de classe. La guerre survient, puis l’occupation nazie, ce « temps des monts enragés et des amitiés interdites », disait René Char. Le jeune Roland Leroy s’engage très tôt dans la Résistance. Sa première tâche : distribuer les numéros clandestins de l’Humanité… Puis, il va saboter quotidiennement des trains de marchandises, les envoyant plutôt au sud qu’au nord pour empêcher le ravitaillement des troupes allemandes. Il a à peine 17 ans quand il bascule dans la clandestinité. Adieu le travail à la SNCF, bonjour l’organisation en triangle qui sécurise les groupes de la jeunesse communiste. Logé de planque en planque, changeant de nom (Bob, Réli, Paillard, Dumas Alain…), organisant des imprimeries clandestines, des coups de main, des attentats… il devient responsable adjoint des JC d’une grande région du nord-ouest de la France. À la Libération, il est de ceux qui prennent d’assaut la PlatzKommandantur de Rouen. Longtemps, Roland Leroy resta discret sur son parcours dans la guerre de l’ombre. Ces dernières années, il racontait plus volontiers les drames, les camarades perdus, les fraternités à jamais nouées. Les erreurs aussi. Tout jeune responsable départemental du PCF, il œuvra à la réhabilitation d’un responsable communiste, abattu comme traître. À tort.
À la Libération, le jeune homme – décrit par ses supérieurs comme « dynamique », « organisateur », « intéressant » – travaille deux ans à la SNCF. Repéré par Jacques Duclos, qui avait dirigé dans la Résistance communiste, il devient très vite responsable départemental du PCF en Seine-Maritime. Il y déploie une intense activité, notamment auprès des ouvriers et des dockers. Un fait d’armes marque son parcours, l’occupation de la caserne Richepanse à Rouen, le 7 octobre 1955, par 600 rappelés qui refusaient de partir en Algérie. Roland Leroy relate ce fait d’armes qu’il organisa : « Au moment où les soldats furent appelés à monter dans les camions pour le départ, ils restèrent d’abord dans leur chambre, puis, rassemblés, deux sous-officiers réservistes sortirent des rangs et annoncèrent leur refus de départ. » Au même moment, les travailleurs des entreprises proches de la caserne se rassemblèrent autour de la caserne, à l’appel des militants du PCF, et manifestèrent activement leur soutien. Hissé sur les épaules d’un militant communiste, Roland Leroy prit la parole au mur de la caserne, s’adressant à la fois aux travailleurs et aux soldats. À la nuit tombée, les forces de police chargèrent brutalement, jusque dans une fête foraine proche. Les soldats furent embarqués dans des camions vers 4 heures du matin. Une vingtaine d’arrestations furent suivies de procès d’urgence et de condamnations. Plusieurs soldats furent emprisonnés, l’Humanité du lendemain fut saisie dans tout le département. Le gouvernement engagea des poursuites « pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État ». Mais, le lendemain après-midi, un puissant meeting eut lieu, organisé par le Parti communiste et la CGT. Le refus de la guerre d’Algérie s’affichait avec éclat. L’historienne Madeleine Rebérioux, qui quitta le PCF, dira plus tard : « Je pardonne tout à Roland Leroy, pour l’affaire de la caserne Richepanse. »
La culture en liberté
Appelé à des responsabilités nationales, il en est un temps écarté, puis rappelé au secrétariat du Comité central par Maurice Thorez. Élu député en 1956, il s’affirme vite aux premiers rangs de la direction communiste, en même temps qu’un certain Georges Marchais. Mais c’est en 1967 que Roland Leroy accède à la responsabilité des intellectuels et de la culture, à laquelle il confère un formidable rayonnement. Est-ce auprès de son père qui, bénéficiant de la gratuité des transports pour lui et sa famille, l’emmenait, enfant, visiter les musées à Paris, qu’il acquit son formidable appétit pour l’art et la création ? Ami d’Aragon et d’Elsa Triolet, de Picasso et de Pignon, il noue des relations de coopération et de travail avec René Char, Jean Vilar, Marcel Maréchal, Roger Planchon, Léo Ferré, Juliette Gréco, Michel Piccoli, Kijno, Féraud, Marina Vlady, Philippe Sollers, Stellio Lorenzi, Marcel Bluwal, Jean-Pierre Faye… Et Jean Ferrat, avec il passe ses réveillons à Antraigues. « Un frère », dira-t-il.
Avec son équipe, précise-t-il, « nous soutenions qu’un créateur ou un chercheur est présent dans la vie sociale autrement que par son activité politique, il l’est d’abord et principalement par sa création et son travail ». La rupture est totale avec le réalisme socialiste : « Il ne peut y avoir d’art, de littérature ou de science de parti, pas plus que d’intellectuels officiels du parti. » On est loin de la conception soviétique d’alors. Ces conceptions deviennent celles du parti, à l’occasion d’un Comité central du PCF à Argenteuil. À sa suite, des municipalités communistes, de grands comités d’entreprise engagent des politiques culturelles audacieuses
Le choc de l’année 68
Mai 68 s’éteint en juin. Mais la secousse vient en août. Roland Leroy part en vacances en Tchécoslovaquie, dans les Tatras. À l’arrivée, il rencontre longuement Alexandre Dubcek. Mais le 21 août, alors qu’il revient d’une recherche de champignons dans la montagne, des vrombissements d’avions rompent le calme. L’armée soviétique et les troupes du pacte de Varsovie occupent le pays. Il tient un carnet de notes du drame (1), refuse de prendre contact avec les envahisseurs et rejoint l’ambassade de France. Une fin des illusions. Le PCF condamne mais n’en tire pas encore toutes les conséquences. Reste la blessure.
Cette année-là, le secrétaire général du parti, Waldeck Rochet, porte son choix sur Georges Marchais pour lui succéder – ce sera chose faite en 1972 – et pour réaliser l’Union de la gauche. Il le préfère à Roland Leroy, plus réservé vis-à-vis des socialistes. Ce dernier joue un rôle important, notamment lors des négociations du Programme commun. Mais les deux hommes ne s’apprécient guère. Roland Leroy devient, en 1974, directeur de l’Humanité. Il y fait merveille. Son charme draine autour du journal des intellectuels, il donne à la Fête de l’Humanité un nouvel élan – citons l’étonnant défilé d’Yves Saint Laurent sur la Grande Scène – et multiplie les entretiens de prestige : Castro, Tito, Boumediene, Gorbatchev… Il écrit sur Malraux comme sur Éluard. « Mon activité la plus enrichissante », dira-t-il plus tard. Il pilote le journal en mariant un charme dont il sait habilement jouer et une autorité que personne ne discute. L’homme public, le débatteur des plateaux télévisés, noue de solides amitiés, même avec des adversaires comme Jean d’Ormesson, qui écrivait qu’ils jouaient « la perpétuelle comédie du guillotineur et du guillotiné ».
En mars 1994, Roland Leroy part en retraite – en fanfare, entouré par des responsables politiques, des créateurs et les équipes de l’Humanité –, quitte Paris et la Normandie pour l’Hérault, avec Danièle, sa femme. Une vie plus douce, avec de solides amitiés, mais toujours la passion de la politique et de l’information. Avec toujours un brin de distance élégante.
(1) Publié en 1995 dans la Quête du bonheur, chez Grasset.






« UN PRÉSIDENT AUX CHAMPS », L’EDITORIAL DE PATRICK APEL-MULLER DANS L’HUMANITE DE DEMAIN LUNDI



Un agneau, un chevreau, un retraité… Le président de la République a tout embrassé, samedi, au 56e  Salon de l’agriculture, lors d’une journée qu’il a étirée pour battre un record de présence. Les opposants, notamment gilets jaunes, ont été tenus à distance pour ne rien gâcher de cette opération de communication. Mais rien n’a germé de ces semailles électorales. ­Emmanuel Macron n’a pas garanti aux paysans – notamment éleveurs et producteurs laitiers – des revenus décents alors que des milliers d’entre eux sont contraints à jeter l’éponge chaque année. Il n’a pas rassuré sur la réforme de la politique agricole commune et ne s’est pas engagé pour que la grande distribution accepte des prix rémunérateurs pour les producteurs. Il n’est pas revenu non plus sur la baisse des aides aux agriculteurs bio et sur le report bien au-delà de ses engagements de l’interdiction du glyphosate. Le sillon est stérile…
Tout compte fait, pas de grain à moudre. Alors que l’agriculture industrielle s’accompagne de sévères dégâts pour le climat et les écosystèmes, de ravages des forêts tropicales et d’une stérilisation des sols, le président s’inquiète du départ à la retraite d’un agriculteur sur deux dans les cinq ans qui viennent, mais ne propose rien pour revivifier les campagnes. Pourtant, l’instauration à l’échelle européenne de prix de base garantis pour une quantité donnée de productions par exploitation et par secteur – dégressifs au-delà – favoriserait l’installation de jeunes dans des exploitations paysannes familiales, respectueuses de l’environnement. La garantie d’un maillage dense de services publics dans les territoires redonnerait de la vitalité au monde rural. Mais il faudrait prendre le contre-pied du modèle furieusement libéral qui se fonde sur l’écrasement de la rémunération du travail paysan et la surexploitation de la nature.
Dans ce domaine aussi, le « nouveau monde » s’avère terriblement vieux jeu.

dimanche 24 février 2019

" Débat d'Orientations budgétaires ": l'intervention de Sofia Dauvergne au Conseil municipal du 21 février





Déclaration du Groupe des élu-e-s  Romainville Ensemble
Débat d'Orientation Budgétaire 2019– Conseil municipal du 21 février 2019

Intervention Sofia DAUVERGNE

Madame le Maire,
Cher(e)s collègues,
Mesdames et messieurs,
Tout d'abord nous souhaiterions profiter de ce moment d'échange sur les orientations budgétaires pour remercier l'administration du travail rendu.
La préparation d'un budget étant un acte politique, un moment de vérité qui renvoie à quelques exigences dont celle de la clarté de sa présentation.

Ce débat sur les orientations budgétaires de notre collectivité se déroule dans un contexte national et international saisissant : l'abaissement continuel du débat public, où les absurdités se disputent aux surenchères. Il y a de quoi s'inquiéter, en France et en Europe.
C'est un drôle de monde qui se dessine, où chacun est poussé à détester chacun et je dois indiquer aujourd'hui que cela nous préoccupe beaucoup pour l'avenir.
Les impasses auxquelles le modèle dominant nous confronte depuis plusieurs décennies sont effrayantes et il s'agit de les éviter, au plus vite.
Cette année encore, le budget de la Ville de Romainville sera réalisé dans un contexte difficile pour les collectivités.
Un contexte de défiance entre l’État et les collectivités, de défiance entre la majorité présidentielle et les élus de terrain, de défiance entre le Président de la République et les territoires.
 La réduction des services publics s’accentue, qu’elle passe par des fermetures de services ou leur progressive privatisation, et ne cesse d’accroître les inégalités entre territoires et entre citoyens.
 Le dogme de la baisse de la dépense publique, dans un contexte, tant d’inflation que de fragilité sociale d’une part importante de la population n’est que le fruit de logiques libérales débridées qui conduisent la société vers l’individualisme et le chacun pour soi.
Voici autant d’exemples de mépris de la part du Président Macron et de ses fidèles, vis-à-vis de ceux qui, élus, responsables associatifs, bénévoles, fonctionnaires, retraités, simples citoyens… font vivre la France et font vivre ses territoires.
L’expression du peuple, des plus précaires, ces derniers mois témoigne d’une prise de conscience que dans un pays riche comme le nôtre /

il est insupportable qu’une minorité de nantis puissent bénéficier de 100 Milliards d’évasion fiscale sans être inquiété.
Il est insupportable que l’on puisse offrir quelques 40 Milliards aux grandes entreprises sans aucun résultat sur l’emploi.
Il est insupportable que l’on puisse supprimer de la rémunération du travail une partie des cotisations chômage, maladie des entreprises au dépend des prestations redistribuées aux populations qui en ont le plus besoin est une opération sans conséquences positives sur leur pouvoir d’achat.
Il est insupportable que l’on puisse supprimer l’impôt sur la fortune pour les riches et le compenser par des augmentions de la CSG sur les retraités diminuant ainsi leur pouvoir d’achat. 

Pour ce qui nous concerne nous ne céderons rien et continuerons sans relâche nos efforts pour rassembler, unir, mobiliser pour des alternatives progressistes, pour des politiques de justice sociale, de démocratie citoyenne, de paix et de liberté.

A Cela se rajoute la poursuite des décisions prises par l’exécutif régional de droite qui amplifie par ses choix l'austérité nationale, en déconnexion avec la réalité sociale et environnementale, ainsi Madame Valérie Pécresse continue de s’attaquer aux  investissements nécessaire aux franciliens, remise en cause de la construction  de lignes de métro , arrêt des constructions de logements sociaux. De plus elle reste sourde aux besoins des lycéens en sabrant les aides sociales et aux associations en diminuant leur subvention.
Vous me direz que peut être tout cela  ne nous regarde pas puisque la seule chose qu'elle apporte à Romainville c'est une aide pour une tour Maraîchère, très chère et l’aménagement de la corniche des forts sans concertation, imposée par la force.
Revenons donc maintenant à la situation de notre commune :

Sans surprise, le budget 2019 se fera dans la continuité des budgets précédents, comme chaque année, il est élaboré avec l'objectif de mieux maîtriser les coûts de fonctionnement. Dès le budget primitif une somme importante est prise à la section de fonctionnement vers la section d'investissement.

Et cela, au détriment des services publics utiles à la population.
Ainsi, en 2018, la maîtrise des dépenses de fonctionnement et des charges de personnels a contribué à dégager une somme importante d’épargne brute s’élevant à 9,3 Millions malgré un prélèvement très important à la section de fonctionnement vers la section d’investissement dès le budget primitif 2018 (22 290 904 Euros).

Malgré un changement de population, le revenu fiscal moyen reste faible. De ce fait notre ville continue de bénéficier de redistributions verticales et horizontales : l’attribution de compensation versée par la Métropole du Grand-Paris, fonds de solidarité .de la région Ile de France et DSU.

En 2019, il est prévu, un important programme d’investissements pour un montant estimé à près de 35 Millions d’euros, basé d’une part sur d’importants prélèvements de fonctionnement, d’autre part de vente de patrimoine et du recours à l’emprunt. Au budget primitif, il est prévu cette année, un emprunt de 8 Millions d’Euros.

Tout a été vendu et souvent à des prix raisonnables.
Les centres de vacances, le terrain Jaurès, la maison des associations, toutes les parcelles appartenant à la commune, le centre de loisirs et la salle Ambroise Croizat, la salle polyvalente du mille club, la résidence pour personnes âgées Pierre Kérautret, la place du marché et enfin la cité des Mares pour 4 Millions 500000 Euros.

Malgré la vente du patrimoine, en 2017 l'encours de la dette était déjà de 1892 euros/ habitant alors qu'au niveau national, elle était de 1060 euros par habitant pour les villes de 20 000 à  50 000 habitants.

La ville favorise les promoteurs en faisant supporter sa politique d'investissement sur plusieurs générations. Si nous estimons qu'il y a des investissements nécessaires dans une commune pour répondre aux besoins des habitants, la tour maraîchère par exemple, est pour nous inacceptable.

On a bétonné dans la démesure sans construire un logement social de plus, alors que 2221 familles en sont demandeuses.

Pire, vous avez profité des projets ANRU pour vendre aux promoteurs des terrains qui appartenaient à Romainville-Habitat et densifier davantage.

Aujourd'hui, il ne reste plus grand chose à vendre et nous avons été appelés à délibérer au conseil municipal, pour modifier 14 fois le Plan Local de l'Urbanisme afin de répondre aux sollicitations des promoteurs. En décidant de baisser les impôts fonciers. 
Vous amputez encore le budget de fonctionnement. Ainsi, la densification imposée à la population ne bénéficiera pas à ceux qui en ont le plus besoin mais fera le bonheur des investisseurs et promoteurs.

Résultat, Il n'y a plus d'harmonie globale sur la ville et nombreux sont les jeunes et les familles qui ne trouvent pas de logements correspondant à leur situation sociale.
En 2000, Romainville comptait 25583 habitants et 26031 en 2017.
Alors qu'environ 10 000 nouveaux habitants se sont installés sur notre ville, nombreux sont les Romainvillois qui ont dû la quitter.

Nous sommes opposés à ces choix et nous l'avons exprimé tout au long de notre mandat respectant ainsi le programme sur lequel nous avons été élus.

La commune reste le dernier bouclier, pour protéger les populations. Son action est déterminante et tout retrait de ses politiques peut avoir des répercussions et des conséquences dramatiques. 
Être élu, à quelque niveau que ce soit, ne peut pas se résumer à se recroqueviller, et ne pas regarder ce qu’il se passe autour de nous.
Être élu, c’est au contraire prendre la mesure de la société dans laquelle nous vivons, et éclairer la population.

samedi 23 février 2019



Après avoir interpellé les élus du Conseil municipal en décembre 2018, les élus du personnel de l’entreprise FAREVA, ont transmis aux élu-e-s de Romainville-Ensemble une demande d’intervention pour le Conseil municipal du 21 février. Malgré l’insistance de Brigitte Moranne pour porter cette déclaration à la connaissance du Conseil municipal, madame Valls et sa majorité s’y sont farouchement opposés. Nous la publions, tout en regrettant le positionnement méprisant des élu-e-s de la majorité à l’égard des salariés concernés. Ce refus cache-t-il un autre projet inavouable sur ce site ?



« Les élus du personnel de FAREVA Romainville ont interpellé au mois de Décembre 2018 tous les élus du conseil municipal de Romainville  suite au projet de  fermeture de l’usine,   de l’arrêt  du site industriel de productions pharmaceutiques des Bas Pays impliquant :
          La fin de travail pour 55 salariés,
           Des angoisses pour les  familles
          La fin d’un  savoir-faire en chimie fine.
          La fin de productions  de santé publique, notamment de la  FRAMYCETINE et de  l’ HYDROCORTANCYL injectable, un médicament essentiel
          La poursuite d’une désindustrialisation d’un quartier, de la  ville.
En fermant FAREVA,  c’est le 3ème acte et 3ème coup de fusil de Sanofi pour achever l'histoire de  Roussel-Uclaf, une des principales sociétés de l’industrie pharmaceutique  nationale qui a marqué la ville, rassemblé jusqu’à plus de 3000 salariés à Romainville, des  chercheurs, développeurs, producteurs, des professionnels très qualifiés dans les nombreux métiers de  la chaîne du médicament.

La fermeture de ce site  accroît le risque de ruptures, dans un contexte national de  ruptures de stocks de médicaments, alors que la demande des patients est croissante.
Cette décision relève d’une inconscience, d’une irresponsabilité  médicale  qui  interpelle  élus, population, citoyens, professionnels de santé, patients.

Lundi 18 février,  dans un contexte difficile,  avec l’appui des salariés,  nous avons signé avec l’employeur FAREVA  un accord améliorant le plan social.
Reste posé la nécessité de solutions de reclassement, notamment  une demande des salariés de reclassements dans le bassin d’activité de la ville et dans la communauté d’agglomération.
Nous nous permettons donc d’intervenir auprès de vous. C’est tout le sens de notre intervention.

Que peut faire et que compte faire  votre équipe municipale ?

Nous avons besoin d’appui, de solidarité, de mains tendues.
Nos métiers sont utiles, qualifiés. Nous sommes compétents. Nous avons développé sur ce site  ingéniosité, inventivité et efforts.
Mesdames, messieurs, merci de votre écoute, nous sommes dans l’attente de vos réponses ».


.VŒU sur le CHI André Grégoire : " Intervention de Brigitte Moranne !



INTERVENTION DE BRIGITTE MORANNE AU CONSEIL MUNICIPAL DU 21/02/2019
GROUPE « FRONT DE GAUCHE-ROMAINVILLE-ENSEMBLE »


Au conseil municipal de janvier, notre groupe avait proposé un vœu du comité de défense de l’hôpital A Grégoire ayant pour objet : «  le financement permettant la mise en œuvre du projet médical partagé », meilleur chemin pour défendre le CHI A Grégoire.
Malgré un vote partagé au sein de votre majorité municipale, notre vœu n’a pas obtenu les voix nécessaires. Vous avez,  Mme La Maire,  argumenté votre vote « contre » ainsi : «  ce vœu est hasardeux, mal rédigé et manque d’informations techniques, c’est pourquoi au prochain conseil, nous présenterons un autre vœu ». Tels ont été vos propos. Nous en avons pris acte, mais à la lecture de votre proposition, Mme La Maire, je n’ai pas retrouvé un objet clair.
Vous énumérez les actions locales que nous n’avons jamais contestées. Par contre, certains propos m’interpellent : vous demandez de continuer à accompagner le CHI André Grégoire dans le redressement de sa situation financière. C’est bien cela le problème, le CHI subit depuis plusieurs années des plans de retour à l’équilibre financier qui n’ont fait qu’aggraver sa situation. Car si l’ARS a bien donné des aides, c’était en contre partie de nombreuses restructurations dont le personnel en a été la variable d’ajustement.
Aujourd’hui, les effectifs ont tellement été rabotés qu’ils ne suffisent plus à faire tourner les services, nous arrivons à des situations aberrantes, telles que la fermeture du Bloc Opératoire un jour/ semaine alors que l’activité est la source financière de l’hôpital.
Est-ce-cela, lui donner les moyens de mener ses missions comme vous l’exprimez ?
Vous citez «  notamment celles de son service d’urgences »
Un hôpital  généraliste et de proximité ne vit pas que par son service d’urgences, même si celui-ci en est une des portes d’entrée.  Il y traite aussi de nombreux patients relevant des spécialités médicales ou chirurgicales adressés par leur médecin traitant sans passer par les urgences.
Vous citez l’appel de 85 médecins plaidant pour que l’hôpital public retrouve son attractivité et réclamant plus de moyens.
Mais concrètement, ces médecins de l’AP/HP dénoncent la politique nationale de Santé et les plans d’économie successifs qui se ressentent sur la qualité des soins. Malgré le manque de personnels au fonctionnement des services (aides-soignants, infirmiers,  manipulateurs radio, Kiné, assistants sociaux) la direction demande toujours plus de productivité.
Cette même direction vient d’annoncer pour les 4 années à venir un plan d’économies devant aboutir à la suppression de 600 à 800 postes /an soit en moyenne 3ou 4 postes/ service. Les 12 groupes hospitaliers qui constituent l’AP/HP vont être réduits à 6.
Enfin, vous attendez que les mesures que contient le projet de loi profitent à notre territoire.  Mais le projet de loi Santé  qui vient d’être présenté en conseil des ministres et qui doit passer en commission des affaires sociales le 12 Mars est très inquiétant.
Il comporte plusieurs mesures qui doivent être prises par ordonnance.
Seraient ainsi légiférées sans débat,  la formation continue des médecins, les conditions d’exercice et le statut des personnels hospitaliers, l’organisation,  le financement et la gouvernance des 600 hôpitaux de proximité, la gradation des établissements de Santé, le rendu obligatoire des prescriptions dématérialisées, les modalités d’exercice des agences régionales de santé avec un renforcement de leur pouvoir.
Tout comme la simplification du régime de fusion des établissements de santé.
Notre vœu mettait en cause une politique gouvernementale de l’hôpital malade de l’austérité.
Il réclamait clairement le financement du projet médical partagé ayant la volonté de répondre aux besoins de la population.
Là, il n’en n’est rien, l’objet essentiel de notre vœu n’existe pas, il a disparu. Le texte que vous présentez bafoue l’attente et le souhait des usagers. C’est pourquoi, nous ne prendrons pas part au vote.
Pire, vous demandez de poursuivre les réformes qui font et ont fait tant de mal à l’hôpital public. Réforme après réforme, la France est passée du 1er rang mondial en matière de Santé au 24e  rang mondial.
Mme la Maire, vous allez sans doute envoyer ce vœu à Mme Buzyn, n’ayez aucun doute, elle donnera son accord à la continuité des politiques d’austérité. D’ailleurs, votre conclusion nous démontre que vous attendez avec impatience ce nouveau projet de Santé qui cela dit en passant nous fera peut-être encore reculer au classement mondial.






Conseil municipal du 21/02/2019 : " Vente de la Cité des Mares. Intervention de Brigitte Moranne


INTERVENTION DE BRIGITTE MORANNE AU CONSEIL MUNICIPAL DU 21/02/2019
Groupe « Front de gauche-Romainville Ensemble »
Ce soir, il nous est demandé de donner notre avis sur la cession de parcelles constitutives de la «  cité des Mares » ou plus exactement sa vente.
Vous vous en doutez, notre groupe se prononcera « contre » pour plusieurs raisons.
Au-delà du regard architectural des maisons, nous pensons que « la cité des Mares » aurait dû être valorisée comme témoignage d’une forme urbaine faisant partie de l’histoire de la ville et de son héritage ouvrier de la période d’après- guerre.

Aujourd’hui, vous détruisez un patrimoine qui au contraire est très actuel et recherché pour un concept, celui de la proximité entre le travail, l’habitat et la nature. Un concept intéressant, répondant à des préoccupations tant sociales qu’environnementales.
Cette forme urbaine est non seulement un témoin d’une période de l’histoire mais est aussi un modèle pour le présent.

En Janvier 2018, la loi " NOTRe " vous a permis de transférer l’ensemble du parc HLM de Romainville à Seine Saint Denis Habitat. Aujourd’hui, vous vendez pour 4 Millions 500 000 Euros le seul ensemble d’habitat à loyer modéré géré par la ville.
Ce qui signifie que la commune, avec  son organisme, ne gèrera plus aucun logement social. Ceci éloigne encore davantage les habitants, des services et des pouvoirs de décision.

Concrètement, lorsque le transfert à Seine Saint Denis Habitat a été décidé, je vous  ai interpelé sur les modalités et en particulier sur les conditions de travail des agents et des gardiens, je vous ai demandé aussi si leurs primes allaient être conservées.

La réponse de votre part avait été positive, or il n’en n’est rien, les agents du service public de Romainville Habitat ne touchent plus leur prime de vie chère et les gardiens travaillent dans des conditions très difficiles. Par exemple, les week-ends, seuls 2 gardiens sont d’astreinte pour l’ensemble du parc de Romainville.
Alors, oui, nous continuerons à nous opposer à cette politique favorisant les promoteurs et non le service public.



jeudi 21 février 2019

CE VENDREDI À MONTREUIL, L’HUMANITÉ SOUS PROTECTION CITOYENNE (PARTICK APEL-MULLER)




Personnalités, syndicalistes, élus, lecteurs et créateurs manifestent ce vendredi soir leur soutien au journal fondé par Jean Jaurès, montrent son utilité et s’engagent pour qu’il vive.
Une pluie de mots. Depuis que l’alarme a sonné sur la survie de l’Humanité, les messages affluent. Des phrases serties et des mots de reconnaissance, des témoignages durs comme trop de vies quotidiennes, des engagements de tous les jours qui trouvent des aliments pour connaître et penser au fil des pages, des rappels de l’utilité d’une presse indépendante pour progresser dans la démocratie. Les lettres, souvent, sont accompagnées de chèques et de bulletins d’abonnement. Ce vendredi soir, à partir de 17 heures, à la halle Marcel-Dufriche à Montreuil, ces énergies convergent dans un moment fort, une soirée consacrée au sauvetage du seul quotidien national, avec la Croix, libre des grandes puissances financières.
Certains ne partagent pas tous les choix éditoriaux. Mais ils aspirent à les connaître et à les discuter. Ils le diront sur une grande scène où se succéderont des grands témoins tels Corinne Verzeletti, Pierre Audin, Olivier Besancenot, Katia Dubreuil, Thierry Marx, Fabien Roussel, Monique Pinçon-Charlot, Hervé Le Treut, Virginie Cava (CGT Carrefour), Benoît Hamon, Lucie Pinson, Jean-Jacques Aillagon, Erik Orsenna, Cédric Villani… Des artistes ponctueront d’interventions la soirée, de cartes blanches (Feloche, Thomas Pitiot, Zahia Ziouani, Emmanuel Bex, Fred, les Ogres de Barback, Giovanni Mirabassi, Cyril Mokaiesh, Mouss et Hakim, Cotton Belly’s), de traits d’humour (Didier Porte), ou de morceaux choisi de l’Humanité, grands textes lus par des comédiens des Tréteaux de France ou paroles de colère et d’espoir par la voix de Corinne Masiero. Parallèlement, huit rencontres réuniront des acteurs de l’actualité et des journalistes de l’Humanité.
Un véritable bouclier citoyen se forge. Des organisations syndicales envoient un don, des artistes offrent un dessin ou une toile, des élus rappellent les pouvoirs publics à leur responsabilité pour qu’existe une presse indépendante, des lecteurs s’engagent à réaliser dans leur entourage un ou plusieurs abonnements. Le cercle des centaines de milliers de lecteurs et d’internautes qui fréquentent les publications et le site de l’Humanité, qui arpentent les allées de la Fête de l’Humanité est en train de s’élargir.
Cette soirée de soutien en appelle bien d’autres pour mettre en valeur l’utilité de l’Humanité, de l’Humanité Dimanche et de l’humanite.fr, collecter des dons et élargir le nombre des abonnés. À la même heure et le même jour, à Carmaux, au cœur de la circonscription dont Jean Jaurès fut le député, se déroule aussi une soirée de soutien. Samedi, à Hellemmes près de Lille, une rencontre est également organisée. Des dizaines d’initiatives vont se succéder dans toute la France en un agenda de la liberté de la presse, de son indépendance et de l’engagement citoyen.



« LAISSONS LA PAIX AU VENEZUELA », L’EDITORIAL DE GAËL DE SANTIS DANS L’HUMANITE DE DEMAIN VENDREDI


  

Quand un président des États-Unis entend projeter dans un pays son armada, il habille ses desseins hégémoniques d’une noble cause. Il en a toujours été ainsi, comme on l’a vu par le passé. Au Panama, il fallait dégager un « tyran » pour faire main basse sur le canal. En Irak, les prétendues armes de destruction massive ont été un grossier prétexte pour s’accaparer le pétrole. Donald Trump tient son motif de guerre pour intervenir au Venezuela, après avoir porté aux nues un illustre inconnu, Juan Guaido, qui s’est autoproclamé, le 23 janvier, chef de l’État par intérim.

Le casus belli, nous dit-on, serait la situation humanitaire et non les importantes réserves pétrolières. Insensible au sort des Haïtiens mobilisés contre leurs conditions de vie déplorables, le locataire de la Maison-Blanche, qui exige d’ériger un mur à ses frontières, a fait acheminer aux confins du Venezuela des colis d’aide alimentaire et médicale. Des miettes comparées aux sanctions imposées par Washington, qui a gelé dernièrement 7 milliards de dollars d’avoir de la compagnie PDVSA. La communication a été bien ficelée : les volontaires de Guaido se posteront, samedi, à la frontière de la Colombie pour récupérer le « sésame », au risque de heurts avec l’armée vénézuélienne, loyale au président réélu en mai 2018, Nicolas Maduro. Cette opération est très politique. Au point que la Croix-Rouge a refusé de se mêler à ce jeu, estimant que si une aide humanitaire doit être acheminée, elle doit l’être avec l’aval des autorités légales du pays.
Le Venezuela a besoin de solidarité, certainement pas d’un conflit aux conséquences régionales désastreuses. Au lieu de souffler sur les braises, les dirigeants européens feraient bien d’adopter une attitude responsable, en appuyant les fragiles médiations afin que Juan Guaido accepte enfin de s’asseoir à la table des négociations. Ils pourraient même se rendre utiles, en envisageant avec Caracas de réelles coopérations pour sortir de la dépendance pétrolière.




JAURÈS OU L’HUMANITÉ EN JOURNAL (PIERRE SERNA)


Il y a 115 ans, commençait une aventure, toujours vivante, celle qu’inventèrent Jean Jaurès et ses camarades, dont nous sommes les héritiers et simples passeurs aujourd’hui. C’est aussi pour lui que nous allons combattre, et sauver le journal qu’il a confié aux générations suivantes, fixant l’horizon d’un idéal toujours devant nous. Pour son journal, construit pour les ouvriers, il voulait le meilleur des idées, des nouvelles du monde, des analyses économiques, sociales, politiques, mais aussi, dès le premier numéro, des informations culturelles.

Jaurès affirme que le journal est « en communication constante avec tout le mouvement ouvrier, syndical et coopératif ». L’éditorial soutient que les pages doivent porter « la largeur même et le mouvement de la vie (qui) nous mettront en garde contre toute tentation sectaire et esprit de coterie ». Il fixe l’objectif du journal : « C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde. »

C’est ce même homme qui, quelques années auparavant, à partir de janvier 1898 fit opérer à la gauche prolétarienne le tournant décisif en se mêlant de l’affaire Dreyfus, qui n’était pas qu’une affaire de classe entre bourgeois mais une question d’injustice, posant la cause de l’humanité au centre du politique. À ce moment-là, Jaurès fut la conscience vivante de la gauche la plus humaine, la gauche la plus généreuse, la plus philanthrope et éclairée par la philosophie des Lumières et mûrie par toutes les leçons de la Révolution française.

Jaurès incarna le premier dans cette gauche radicale, combattant aux côtés des prolétaires, la conscience supérieure de ce que devait être le combat pour l’humanité humiliée et dégradée. C’est cet esprit qui encore aujourd’hui anime l’Humanité. Le combat demeure identique, comme au premier jour de la fondation de la République, le 21 septembre 1792, décrit de façon sublime par Jaurès. Le fondateur de notre journal évoque « l’émotion inconnue », « la nation vaillante », « l’humanité incertaine », mais aussi « un immense horizon splendide et âpre, un champ presque illimité d’espérances et d’épreuves, de libertés et de combats ». La vie est devant nous. Que vive l’Humanité !

" Une belle âme ", le billet de Maurice Ulrich dans l’Humanité de demain vendredi !



Que c’est facile de dérouler tous les poncifs qui font ces jours ci les choux gras des déjeuners entre gens qui se lèvent contre le mal. L’Editorial de l’Obs signé Sylvain Courage titre cette semaine « l’antisémitisme en nous ». Mais en fait nous, c’est les autres: « L’insurrection des oubliés, des invisibles et de la France périphérique a porté la haine des juifs comme la nuée, l’orage.

La mythification d’un peuple purificateur opposé à une élite corrompue ne pouvait que raviver les souvenirs d’Edouard Drumont, des « protocoles des sages de Sion » et du grand complot juif »…Quel mélange entre paraphrase détournée de Jaurès – le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage - et l’évocation de Drumont (1844-1917) antisémite notoire, que tout le monde on suppose connaît sur les ronds-points.

Hegel parlait de ces «belles âmes» qui donnent des leçons protégées du monde par leurs valeurs exemplaires. Mais ce qu’on lit surtout c’est une accusation généralisée de ces « invisibles » qu’on ne veut pas voir. Un mépris imbécile et sidérant.

mercredi 20 février 2019

« DANGER », LE BILLET DE MAURICE ULRICH DANS L’HUMANITE DE DEMAIN JEUDI



On ne peut à la fois, à entendre certaines voix insistantes, s’élever contre les insultes inacceptables proférées contre Alain Finkielkraut et être depuis toujours critique de ses positions identitaires. On ne peut à la fois lutter contre le poison meurtrier de l’antisémitisme et être critique de l’idéologie sioniste et de la politique d’Israël. 

On ne peut s’élever contre les violences et soutenir les gilets jaunes… On ne peut s’inquiéter de la répression et être attaché à l’ordre républicain. On est dans tous les cas coupable d’antisémitisme camouflé, de complaisance envers les casseurs, on veut détruire l’État de droit, la police, la démocratie, et même, même, on ignore les vertus du grand débat… 

On sera poursuivi pour délit d’opinion et sédition si jamais on émet des réserves quand Bernard-Henri Lévy déclare que « l’antisémitisme est au cœur du mouvement des gilets jaunes », quand un député LaRem voudrait que toute critique du sionisme devienne un délit. Il y a des formes d’intimidation idéologique qui ne disent pas leur nom. Attention, danger.

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