LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 12 juillet 2018

« Le rêve collectif d’un partage », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



« Donner, recevoir, partager : ces vertus fondamentales du sportif sont de toutes les modes, de toutes les époques. Elles sont le sport », disait Aimé Jacquet. Chacun les éprouve quand elles s’extirpent de la boue des contrats mirifiques, des haines hooliganes et des calculs politiciens. La foule criait sa joie, mardi, sur les Champs-Élysées comme dans les quartiers populaires, ressentait comme sienne l’aventure collective d’une équipe de France qui se veut exemplaire, faite de grandes gueules et de plus discrètes, de joueurs de devoirs et de virtuoses, mais qui serrent les coudes sous l’orage des Diables.

Les défenseurs qui marquent rappellent qu’il n’y a pas des premiers de cordée et des sherpas mais un bloc qui réagit et s’adapte. « On gagne et on perd en équipé », martèle Zinédine Zidane. On sent les bleus capables de l’emporter en finale ou d’assumer un éventuel échec.

La part de rêve est immense mais est-on, au fond, autre chose que ses rêves ? Ceux de la beauté des gestes, du tous ensemble qui rassemble, de l’inconnu qui sourit ? Les songes souvent s’évaporent. Après le black-blanc-beur de 1998, resurgirent les spectres du Front national et de la xénophobie. Ils n’ont pas disparu même si la pleine lumière d’un pays rassemblé ne leur convient pas, leur discrétion de ces derniers jours en atteste. Mais le grand partage de 1998 a laissé une telle trace que les adolescents d’aujourd’hui espèrent l’éprouver à leur tour. Ils ont déjà empoigné le témoin. L’élan populaire, même s’il est dévoyé ou manipulé un jour, laissera une trace dans nos imaginaires et même dans nos modes de vie. Voyez comme les jeunes femmes s’emparent désormais d’une passion qui les délaisserait ! Le Mondial féminin, l’an prochain en France, aura après cela une toute autre allure.

Une finale perdue ne gommerait pas tout cela. Mais une finale gagnée renouvellerait l’alchimie du plaisir, du bonheur co – llec –tif, de se reconnaître dans cet aveu d’Éric Cantona : « Je joue pour me battre contre l’idée de perdre. »

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