LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

vendredi 27 juillet 2018

« D’une arrogance à l’autre », l’éditorial de Laurent Mouloud dans l’Humanité de ce jour !



Finalement, l’un ne va pas sans l’autre. Les explications livrées hier par Alexandre Benalla au journal le Monde en disent autant sur la morgue de l’ex-collaborateur licencié que sur l’irresponsabilité d’Emmanuel Macron, qui continue, vaille que vaille, de lui témoigner haut et fort sa « confiance ». Au fond, on retrouve dans les mots d’Alexandre Benalla le même ton bravache et provocateur que celui employé par le chef de l’État lors de son discours mardi soir, devant les députés LaREM.

Le premier, tout à ses explications vaseuses sur son rôle dans la manifestation du 1er Mai, ne comprend même pas qu’on puisse lui reprocher sa brutalité. « Si je n’étais pas collaborateur de l’Élysée, je referais la même chose », ose-t-il. Le second, dans une harangue à ses troupes, n’hésite pas à railler les contre-pouvoirs républicains, du Parlement à la presse. Avant de lancer à l’attention d’un Benalla poursuivi pour violences aggravées : « Je suis fier de l’avoir embauché à l’Élysée ! » D’une arrogance à l’autre, nous voici face à deux personnages unis par un même sentiment de toute-puissance. Et une prétention bien mal placée.

À l’évidence, ces discours en miroir sur le mode « je n’ai de comptes à rendre à personne » devraient alerter sur la dérive monarchique qu’Emmanuel Macron n’hésite pas à imprimer à son quinquennat. Mais également sur le degré de violence jugée « légitime » que l’exécutif est prêt à laisser s’exprimer pour imposer ses vues. Le Défenseur des droits l’a évoqué avec brio, mercredi, devant la commission d’enquête parlementaire du Sénat. Au-delà du dérapage musclé de Benalla, Jacques Toubon pointe surtout le contexte de brutalité policière dans lequel il a eu lieu. Et la nécessaire réflexion à mener sur une doctrine du maintien de l’ordre plus respectueuse des libertés publiques, à commencer par celle de manifester.

Une suggestion sait-on jamais, qu’Emmanuel Macron serait bien inspiré de prendre au vol, plutôt que de s’enferrer et de défendre coûte que coûte ses affidés autant que ses intérêts.

Soyez le premier à commenter !

Enregistrer un commentaire


  ©Template Blogger Elegance by Dicas Blogger.

TOPO