LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mercredi 30 mai 2018

« Temps forts », l’éditorial de Maud Vergnol dans l »Humanité de ce jour !



Encore une fois, on allait voir ce qu’on allait voir. Une « révolution », osait même le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, pour assurer la promotion de son projet de loi, qui sera voté aujourd’hui. En effet, une révolution s’impose pour renverser le modèle agricole actuel, qui détruit tout sur son passage : l’écosystème, les paysans, et la qualité de la consommation. Un système qui gave les profits de la grande et de l’industrie alimentaire mais qui laissera, à moyen terme, mourir de faim la moitié de la planète. 

C’est un rapport de la très sérieuse Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui l’affirme. Ses projections sont sans appel : en 2050, le réchauffement climatique exposera la moitié de la planète à la faim ! Les causes sont connues : libre marché, productivisme et concentration agraire, pesticides…et puisqu’un ministre macroniste nous invite à la révolution, citons Marx, qui déjà dans le « Capital » avertissait que « chaque progrès de l »agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ». 

De révolution, il ne reste rien dans ce projet de loi au rabais, véritable douche froide pour un monde paysan en souffrance. Rappelons  qu’un agriculteur se suicide tous les deux jours en France. Que, pour un ancien chef d’exploitation, une retraire atteint péniblement les 730 euros. Sourds à cette détresse, les sans-culottes macronistes ont, toute honte bue, saboté la proposition de loi des parlementaires communistes pour relever les retraites paysannes à hauteur de 85% du Smic. « On le fera peut-être en 2020 », assure le premier ministre. 

Même pirouette pour le glyphosate, dont l’amendement pour graver son interdiction dans le texte, une promesse d’Emmanuel Macron, a été rejeté par la majorité. « Inscrire les choses dans la loi n’est pas la garantie que çà arrive », a tenté Benjamin Griveaux dans une contorsion dialectique hasardeuse. « Ce qui importe avant tout, c’est que le sens gouverne le choix des mots et non l’inverse », disait Orwell…

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