LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mercredi 4 avril 2018

« Si vous, si nous… », L’éditorial de Patrick Appel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Les réflexes de la majorité gouvernementale ont quelque chose de pavlovien. L’entourage d’Emmanuel Macron rejoue le « droit dans mes bottes » d’Alain Juppé et prétend qu’il ne cèdera pas. Un sniper de LREM recycle des munitions de Jean-Marie Le Pen vieilles de vingt-trois ans et dénonce la « gréviculture ». D’autres encore ressortent la valise à sornettes contre le statut des cheminots. Les partisans de la casse du service public ferroviaire rejouent 1995 ; pas les cheminots. En inaugurant en fanfare hier des formes de grèves inédites, ils ont pris la mesure de la période sociale et politique inédite.

Les refus des cadres d’emboîter le pas à la direction de la SNCF en est un signal puissant : ils n’étaient HIER que 125 dans toute la France à accepter de suppléer les conducteurs grévistes. Ils ne sont pas seulement blessés par le tableau apocalyptique du ferroviaire français dépeint par le gouvernement. Ils sont conscients que l’avenir de ce mode de transport sûr et écologique est un enjeu.

Les cheminots ne sacrifient pas de leur salaire pour leur seul intérêt personnel. Ne leur répète-t-on pas en haut lieu – et en se cachant que leur droit à la retraite sera traité dans un deuxième temps – que ce sont leurs successeurs qui perdront leur statut. Ils se mobilisent pour l’égalité d’accès au tarin dans les territoires, pour son coût modéré, pour la qualité du service public trop sacrifiée aux logiques d’austérité. Ils se battent pour vous, pour nous. Ce qui fait leur force et l’inquiétude des gouvernants réside dans le basculement progressif de l’opinion au côté du mouvement, en dépit des reportages rituels sur la galère des usagers. L’oukase des ordonnances ne fera pas tout si le pays s’en mêle. Si vous, si nous…

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