LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 4 octobre 2018

« La chienlit, c’est lui…, l’éditorial de Maud Vergnol dans l’Humanité de ce jour !



Tout était réglé comme du papier à musique. Sous le crépitement des flashs des photographes, Macron prendrait la pose devant la tombe du général de Gaulle, puis se recueillerait devant la croix de Lorraine, avant un bouquet final au Conseil constitutionnel pour souffler les 60 bougies de la Ve République…Un storytelling impeccable, apte à rasseoir sur son trône un monarque républicain fragilisé depuis l’affaire Benalla. Mais, voilà, Emmanuel Macron n’a plus la baraka. Et comme disait le général de Gaulle, « les emmerdes, çà vole toujours en escadrille ». Pire, la démission rocambolesque de Gérard Collomb tombe au plus mauvais moment. Le cliché d’Emmanuel Macron à Colombey-les-Deux-Églises risque plutôt d’immortaliser le constat de faillite d’une Ve République à bout de souffle, maintenue sous assistance respiratoire par le « malentendu » Macron.

Un autre pilier de la Macronie vient de s’écrouler. Après François Bayrou et Nicolas Hulot, Gérard Collomb est le troisième ministre d’État qui jette l’éponge en moins de dix-huit mois. Du jamais-vu ! Alors, n’en déplaise au locataire de l’Élysée, oui, il s’agit bien d’une crise politique. D’autant que les conditions du départ du ministre de l’Intérieur, condamnant l’ancien « maître des horloges » au rôle de spectateur impuissant, en disent long sur les grandes fragilités d’un pouvoir dont le capital politique s’est réduit comme peau de chagrin. Piqué au vif pour avoir servi de fusible dans l’affaire Benalla, Gérard Collomb ne part pas sur un désaccord politique. Il sort de la place Beauvau par la petite porte, laissant pour héritage l’inique loi asile et immigration, pour laquelle il aura justifié la détention administrative des enfants et distillé le venin populiste en parlant de « submersion ».

Cette fuite marquera un tournant décisif dans le quinquennat. C’est le caractère véritablement imprévisible des commencements qui fait le politique, rappelait il y a peu le psychanalyste Roland Gori dans nos colonnes. Le chapitre jupitérien est tourné, mais l’aventure macroniste loin d’être terminée. À la gauche de progrès, maintenant, d’inventer la suite de l’histoire.

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