LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 2 octobre 2018

« COMME ILS DISENT », L’EDITORIAL DE JEAN-EMMANUEL DUCOIN DANS L’HUMANITÉ DE CE JOUR


Cette fois – parole d’Emmanuel Macron –, nous allons voir ce que nous allons voir ! 
« J’observe, j’écoute, j’entends », a donc déclaré le chef de l’État au journal le Monde, lors de son retour d’un voyage aux Antilles, évoquant tout de même la « mission » pour laquelle il a été élu : « Le devoir de faire. » Car, voyez-vous, Macron-le-sage serait sur la bonne voie. Non seulement il admet ne pas être « parfait » et vouloir se « corriger », mais l’hôte du Palais souhaiterait passer d’une posture « jupitérienne » à un président « du quotidien ». Et nous devons le croire. Affaibli par des sondages en berne, accusé d’être distant et méprisant, l’homme serait en train de redescendre sur terre au point de reconsidérer sa posture et à se réformer lui-même. « Aidez-moi », a-t-il par exemple lancé, en direct des Antilles, « j’ai besoin de vous, journalistes, population, élus ». Quel bel élan, n’est-ce pas ? Quel altruisme, quelle générosité, quel esprit d’écoute en effet… sauf quand il précise que, s’il a « besoin » de tant de monde, c’est bel et bien pour expliquer l’action de l’exécutif. Bref, Emmanuel Macron, devenu son principal ennemi, cherche des volontaires pour son service après-vente. La petite musique devient habituelle : le problème c’est la forme, pas le fond. « Pé-da-go-gie », clame-t-on à l’Élysée.
Seulement voilà, la forme c’est toujours du fond qui remonte à la surface. Ses petites phrases, comme « traverser la rue », « pognon de dingue » et tant d’autres, ne viennent jamais de nulle part. Elles reflètent trait pour trait la politique conduite et sont évidemment perçues pour ce qu’elles sont : l’expression verbale des injustices subies par les contre-réformes. Voilà ce qu’il y a de fondamental ! Dire que Macron sombre dans les sondages, uniquement pour son manque de maintien est une explication un peu sommaire. Même Alain Minc, l’un des très proches visiteurs du soir, prend acte du « bonapartisme » du chef de l’État et met en garde contre un « risque de giscardisation ». On croit rêver. Vous connaissez la formule : changer pour que rien ne change. Surtout l’essentiel.

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