LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 9 février 2017

" Le catéchisme des austères magistrats ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


Chaque année, la Cour des comptes produit son catéchisme de l’austérité. Cette année, la version est intégriste, mode Saint – Nicolas – du – Chardonnet. Elle préconise, sous l’euphémisme délicat de « modération de la dépense publique », de la réduire de 0,3% et cible en priorité le logement (qui manque à des millions de Français), la santé (malgré l’asphyxie des hôpitaux) et la formation professionnelle. La croissance est-elle trop molle ?  « Alors, étouffons – la ! » commandent ces doctes magistrats.

En tête de gondole, ils ont placé l’écotaxe. Mais nulle part ils n’ont pointé le gâchis monstrueux du Cice et du pacte de responsabilité, qui attribuent des dizaines de milliards d’euros au patronat, sans que leur usage soit contrôlé. Sans doute jugent – ils ces cadeaux comme l’indice d’une saine administration de l’argent des citoyens. La dérive est patente : destinée à évaluer la sincérité de la comptabilité publique, l’institution s’est transformée en propagandiste du libéralisme au point que les recommandations de 2017 feraient un socle très convenable pour édifier le programme de François Fillon, avec sa liquidation de la Sécurité sociale au profit de ses amis assureurs et la suppression de 500.000 emplois de fonctionnaires. Le fond de sauce des recettes de la Cour des comptes est puisé dans les brochures des instituts patronaux. Que leur application conduise le pays de mal en pis ne les fait pas douter.


Collision de l’actualité qui n’est que pure coïncidence, on apprenait hier qu’un ancien patron du Fonds monétaire international, autre institution qui a prêché l’écrasement du coût du travail et la mise en coupe réglée des pays endettés, était accusé d’une fraude fiscale de 6,8 millions d’euros. Deux sociétés panaméennes, une espagnole et une britannique, avaient été mobilisées pour monter le mécanisme d’évasion. Directeur du FMI de 2004 à 2007, Rodrigo Rato avait ensuite rentabilisé cette expérience à la présidence d’une banque privée, Bankia…

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