LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 7 juin 2018

« De mal en psy », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Le vacillement est général et rien n’indique pourtant que le gouvernement va y porter remède. L’hôpital est en crise, ses personnels sont à bout et la sécurité des patients commence ici et là à en souffrir. Depuis des années, se succèdent les saignées, les compressions d’effectifs et les fermetures d’établissements. La logique comptable de la tarification à l’activité a aggravé les maux, d’autant que les actes lucratifs sont dirigés vers les cliniques privées. La déshumanisation gagne. Le défi des progrès technologiques réclamerait des investissements considérables mais les hôpitaux sont étranglés par les dettes dont les intérêts alimentent les marchés financiers. La majorité macronienne n’envisage que de prescrire de nouvelles amputations et notamment la réduction de la masse salariale de 1,2 milliard d’euros en cinq ans. Les mêmes feront ensuite le procès du service public…

La psychiatrie est douloureusement frappée. Les secteurs qui autorisaient une prise en charge globale de la prévention, des soins et de l’accompagnement post - cure par une même équipe disparaissent peu à peu, ouvertement ou noyés dans le gigantisme d’établissements. Comment être efficaces quand un secteur couvre plus de 75 000 habitants ? Le risque s’affirme de voir les missions limitées à la normalisation des comportements ou au traitement des crises. Confrontés à l’intensité des souffrances, les soignants l’éprouvent à leur tour et refusent d’être réduits à pratiquer une psychiatrie de contention. Trop de malades sont déjà enfermés dans les prisons, retirés du monde et non point traités et accompagnés. L’ordonnance médicamenteuse est trop souvent la seule réponse à l’anxiété et aux dépressions nées des violences sociales.

Le retour à des politiques d’investissement humain – faut-il moins de 100 000 créations d’emplois dans les hôpitaux et autant dans les Ehpad ? – est le seul chemin pour soigner les malades mais aussi les personnels, doit-on dire aujourd’hui.

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