LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 3 avril 2012

Intolérable !

Une des porte-parole de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, vient de lancer à l’intention des électeurs tentés par le candidat du Front de gauche : « On comprend bien que se faire plaisir au premier tour, c’est faire plaisir à Sarkozy ». Quel mépris ! Quelle ignorance ! Quel aveuglement !

Au lieu de se réjouir de voir que la montée du Front de gauche profite à l’ensemble de la gauche et devient la clé de la victoire le 6 mai prochain, on préfère, dangereusement d’ailleurs, soupçonner les millions de femmes de jeunes et d’hommes qui ont décidé de voter Jean-Luc Mélenchon de vouloir faire plaisir à Sarkozy. Quel mépris ! Quelle ignorance ! Quel aveuglement ! Et nous osons l’écrire, quelle infamie !

Déboussolés, à bout d’arguments ou dépassés par les évènements, les voilà qui sortent leur dernière trouvaille du placard. Celles et ceux qui s’apprêtent à voter Jean-Luc Mélenchon seraient en quelque sorte des « alliés objectifs de la droite, et de Sarkozy en particulier ».

N’en déplaise à la porte-parole du candidat socialiste, notre campagne est frontalement dirigée contre la droite et l’extrême droite. Mais elle a ceci de particulier, c’est qu’elle n’est pas une machine à résignation, alors qu’il y a tant d’espoir de changement dans notre pays et tant de disponibilité pour le mettre en œuvre.

En fait, l’irruption sur la scène politique du Front de gauche vient bousculer les scénarios écrits d’avance : Faire de son candidat une simple force d’appoint d’une alliance promise au centre. Après cela, il ne faut pas manquer d’aplomb pour accuser celles et ceux qui par millions s’apprêtent à voter Jean-Luc Mélenchon de faire le jeu de la droite. Et bien il faut se rendre à l’évidence ces plans tombent à l’eau. Nous n’allons pas seulement changer le locataire de l’Élysée. Il devient aujourd’hui possible de mettre en œuvre une politique économique et sociale de changement qui ne se résume pas à un slogan.

Avec le vote en faveur du candidat du Front de gauche, on exprime un choix, pas une résignation !

Angoisse à droite, inquiétude à gauche, c’est l’affolement face à la vague montante de la « révolution citoyenne » portée par Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche. Éditorialistes et journalistes « vedettes » y vont de leurs caricatures et de leurs mensonges.

Les dizaines de milliers de participant-e-s aux meetings iraient voir un animal, comme on se rendrait au cirque. Le « programme du Front de gauche écarterait la crise », il « serait flou », « sans financement ». Ces gens vivent dans un monde à part. Ils n’écoutent que ce qu’ils veulent bien entendre. Ne s’aperçoivent-ils pas qu’en Europe, la politique ultra libérale est rejetée ? Savent-ils qu’il y a eu une grève générale en Espagne ? Qu’en Grèce, le peuple continue de lutter contre les plans d’austérité ? Qu’au Portugal le peuple renâcle aux cures d’amaigrissement ? Se rappellent-ils qu’ils applaudissaient, avec nous, à la révolution du jasmin en Tunisie ? Le mot révolution ne leur faisait pas peur à ce moment là. Mais dès que la vague émancipatrice des peuples franchit l’Atlantique et la Méditerranée, ils s’affolent.

Qu’ils aillent voir dans la rue, les cités, les usines, les bureaux, les hypermarchés ce qui s’y passe. Qu’ils aillent écouter les vrais gens. Ils seront peut-être plus compatissants pour le peuple et plus dur à l’égard des puissants.

Et puis on s’emballe, on perd ses nerfs. Le maire socialiste de Lyon compare le programme du Front de gauche à celui de Pol Pot. Ce régime qui a fait deux millions de victimes au Cambodge. Pour un homme qui se réclame de la gauche, c’est odieux. François Bayrou y voit « un péril pour notre société ». Les dirigeants d’EELV agitent les épouvantails du productivisme, voire de la dictature. Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, « Jean-Luc Mélenchon promet la faillite, en fait il nous promet la Grèce et l’Espagne ».


Et voilà que Françoise Parisot nous annonce « le retour à la terreur. Rien que cela. Dans des portraits collés sur des tasseaux de bois, place de la Bastille, la Présidente du MEDEF y voit des têtes plantées sur des piques comme en 1789. Pour elle, la Révolution française, ce n’est pas l’abolition des privilèges dans la nuit du 4 au 5 août, ni la prise de la Bastille, ni l’invention de la République, ni le triptyque « Liberté, égalité, fraternité » mais la Terreur. On comprend qu’elle et ses amis soient terrifiés. Le programme du Front de gauche s’attaque précisément à leurs privilèges. Imaginez, il ne leur resterait « que » 30.000 euros par mois pour vivre ! Combien de familles se contenteraient du sixième de cette somme pour nourrir sa famille, se loger, se soigner, se vêtir. Pour vivre, tout simplement.


Droite, FN et patronat qui espéraient que la montée du Front de gauche affaiblirait l'opposition de gauche commencent à s’inquiéter sérieusement et à déchanter. Au contraire, elle profite à l’ensemble de la gauche, dont le total des intentions de vote n’aura jamais été aussi élevé. Plus de 45%, à moins de 3 semaines du premier tour.


Voilà pourquoi ils ont ordonné un pilonnage en règle contre le programme du Front de gauche et son candidat. Nous regrettons simplement que nombre de dirigeants du Parti socialiste et d’EELV mêlent leurs voix à cette meute. Assurer une nouvelle progression de Jean-Luc Mélenchon, c’est la garantie du succès et d’un vrai changement à gauche.

lundi 2 avril 2012

La chance de la gauche, par Patrick Le Hyaric


Comme cette campagne électorale serait terne sans le formidable dynamisme du Front de Gauche, le talent de Jean-Luc Mélenchon et ses propositions pour changer de politique. Nos concitoyens se trouveraient enserrés dans un étouffant étau. D’un côté, M. Sarkozy jouant sur les peurs et les divisions pour tenter de se sauver et le système avec lui. De l’autre, des orientations perçues comme ne répondant pas aux attentes. Bref, on pourrait certes avoir une alternance, mais sans perspective de vivre mieux. Sans espérances. Or, l’espoir est en train de renaître. Grâce au Front de Gauche des millions de nos concitoyens, dont beaucoup étaient tentés par l’abstention, relèvent la tête. C’est cela qui a fait pousser des cris d’orfraie à Mme Parisot hier. C’est bon signe !

Ces évolutions viennent de loin. Des processus révolutionnaires en Amérique Latine aux mouvements arabes, du succès du livre de Stéphane Hessel, qui lui-même naît de la profondeur des rejets du système tel qu’il s’est manifesté dans le mouvement social de l’automne 1995 jusqu’au NON majoritaire au référendum de 2005 et à la puissante contestation de la contre-réforme des retraites pour rassurer les marchés financiers. Voilà maintenant qu’existe la volonté de subvertir l’élection présidentielle elle-même puisque, selon une enquête publiée en fin de semaine dernière, la moitié de nos concitoyens refuse le seul choix entre N. Sarkozy et F. Hollande. C’est une contestation forte du bipartisme. Le rejet du sarkozysme est largement majoritaire. Et c’est heureux ! Mais l’anti-sarkozysme d’alternance ne suffit pas.

Fort de ses expériences, notre peuple est en demande d’une gauche de changement durable, une gauche de courage pour affronter les puissances financières. On tente de l’en empêcher de différentes manières. Ainsi, voici que les bons apôtres en comptes d’apothicaires électoraux et les VRP de la politicaillerie lancent un nouveau leurre. La progression de Jean-Luc Mélenchon risquerait de faire chuter F. Hollande, caquètent-ils en chœur ! Quelle absurdité ! Dans le sondage où le candidat du Front de Gauche est placé à 15%, F. Hollande est en tête. Il n’y aucune enquête qui ait dit une seule fois qu’il y avait un risque pour lui au second tour. D’ailleurs en 1981, F. Mitterrand était derrière V. Giscard d’Estaing au premier tour et cela ne l’a pas empêché d’être élu, fort de l’apport des 16% des électeurs de G. Marchais.

C’est la campagne du Front de gauche qui renforce la gauche toute entière. C’est Jean-Luc Mélenchon qui a fait baisser les yeux à Mme Le Pen avant de la faire descendre dans les intentions de vote. Ceux qui exhortent le candidat socialiste à ne pas gauchir ses propositions pour ne pas effrayer les électeurs de M. Bayrou oublient une vérité incontournable énoncée par F. Hollande lui-même : la majorité de ces électeurs est à droite. C’est donc à gauche, pour la justice, la liberté, la fraternité qu’il faut mobiliser dans les usines et les quartiers populaires. Non seulement de nouvelles progressions de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas un risque pour la gauche, mais c’est une chance inouïe pour que la victoire soit assurée.

C’est la garantie d’avoir une gauche répondant aux aspirations populaires.

Espagne : l'austérité de droite après l'austérité de gauche !

Le 29 mars la grève générale en Espagne a connu un large succès. Une marée humaine a défilé ce jour là dans toute l’Espagne contre la réforme du travail et contre le terrible budget d’austérité que le gouvernement de droite s’apprêtait à décider. Point d’orgue de l’exaspération sociale qui grandit sur fond de chômage galopant, de récession et de coupes sociales draconiennes, des centaines de milliers de manifestants, évalués à 800.000 par les syndicats, ont parcouru les avenues de Madrid.

C’est ce qui conduit Claude Bartolone à écrire : « Face à cette régression sociale, des centaines de milliers d’espagnols sont dans la rue, aujourd’hui. Ils demandent que la réduction de la dette cesse de se faire aux prix d’une précarisation massive et insupportable. Ils demandent de la justice dans l’effort. En France, nous pouvons éviter cette pente…Car l’austérité n’est pas une fatalité ». Très bien. Mais ce serait mieux si Claude Bartolone rappelait que le parti socialiste était encore au pouvoir il y a à peine trois mois.

Au Portugal, en Espagne, en Grèce, alternativement droite et socialistes ont joué le jeu du FMI et de l’union européenne. En Espagne, Zapatéro, après avoir pris toutes les mesures d’austérité mandatées par le capital financier et avoir trahi le mandat que le peuple espagnol avait donné aux socialistes, démissionne, désavoué par son échec aux municipales et la défaite historique du parti socialiste aux législatives qui a perdu 4,5 millions de voix, en laissant la place à nouveau à la droite qui « termine le travail ». On aurait pu croire que le parti socialiste ouvrier d’Espagne (PSOE) en tire les leçons. Aucunement. À qui la faute ? À la globalisation, à la crise économique, à l’Europe explique José Luis Zapatero. Il justifie sa politique d’austérité (15 milliards d’économies), en disant avoir évité l’effondrement de l’économie.

Angel Hierro, animateur du projet Nouveau Socialisme explique que « le PSOE est en crise parce qu’il a pris une série de mesures propre à la droite libérale. Voilà vingt ans, poursuit-il qu’il se convertit au social-libéralisme. Hier, sous le « félipisme », il y a eu les privatisations, l’instauration de la précarité. Puis, le « zapatérisme » a instauré la réforme des retraites (soixante-sept ans), le gel des pensions et des salaires des fonctionnaires, l’inscription de la règle d’or dans la constitution et les coupes sombres dans les dépenses publiques », énumère Angel Hierro.

La solidarité que l’on doit à celles et ceux qui se lèvent pour refuser les politiques d’austérité ne s’accommode pas de comportements sélectifs et à géométrie variable. Notre soutien à la lutte du peuple espagnol contre les plans de la droite, aujourd’hui, est aussi nécessaire que celui que nous devions, il y a quelques mois, au mouvement des « indignés » protestant contre les politiques du gouvernement socialiste et de l’union européenne.

A Grigny, le Front de gauche est devenu le "Front du peuple"

Dénonçant la stigmatisation des banlieues, JeanLuc Mélenchon a appelé ce dimanche leurs habitants à prendre place et participer à la dynamique du Front de gauche.

"Prenez votre place dans le grand mouvement que nous sommes en train de construire", a-t-il dit devant plusieurs milliers de personnes réunies dans un stade du quartier de la Grande Borne, à Grigny, dans l'Essonne. "Ne permettez pas que nos quartiers, nos banlieues soient (un) désert politique", a-t-il ajouté, appelant de ses voeux "une défaite, une tanée, une raclée à Monsieur Sarkozy".

Contre l'abstention

"Avec votre bulletin de vote, le plus misérable est l'égal du plus puissant. Ne renoncez jamais à cette dignité, parce que vous êtes le nombre, donc vous êtes la force. Si vous faites les moutons, vous serez tondus (...) si vous ne faites pas de politique, la politique s'occupera de vous, vous pouvez en être assurés", a-t-il lancé dans cette ville marquée par un taux d'abstention de 35% aux élections présidentielles de 2007, avant d'entrevoir dans la progression du Front de gauche sa transformation en un "front du peuple".

"Oui, Mme Parisot, c'est un mouvement révolutionnaire que nous constituons"

Aux socialistes qui le critiquent, le député européen lance : "Occupez-vous de l'extrême droite, occupez-vous de Sarkozy, fichez-nous la paix". Et en réponse à la présidente du Medef Laurence Parisot, qui a dit voir en lui "l'héritier d'une forme de terreur", il affirme, le poing levé : "C'est un mouvement révolutionnaire que nous constituons, oui madame Parisot".

Auparavant, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF avait répondu à la présidente du Medef qui a vu dimanche dans le candidat du Front de Gauche d'"héritier d'une forme de Terreur". "La révolution Française pour Laurence Parisot est un très mauvais souvenir, c'est un cauchemar, parce que la République de l'égalité, elle date de la Révolution française", a-t-il déclaré à la presse. "S'il y a un endroit où "liberté, égalité, fraternité" ne veut pas dire quelque chose aujourd'hui, c'est le monde de l'entreprise, qui reste un endroit de droit divin pour les patrons et où on fait reculer sans cesse les droits des salariés. S'il y a un endroit où la démocratie doit faire des progrès c'est l'entreprise. Dans la VIe République que nous prônons, la démocratie sociale ça voudra dire quelque chose".

Pour le responsable communiste, "que les patrons, qui pensent que c'est seulement aux actionnaires de décider ce qu'on fait des richesses créées par le travail, s'inquiètent de la montée du Front de Gauche, ça ne m'étonne absolument pas".

Rencontre avec les habitants de Grigny

Avant son meeting au stade Bélier, Jean-Luc Mélenchon s'est adressé à une petite centaine d'habitants de Grigny dans un gymnase voisin. Un choix symbolique, selon Philippe Rio, maire communiste de Grigny: "Il y a la cristallisation de tous les maux du système capitaliste ici", dit-il, soulignant que 40% des jeunes de Grigny sont au chômage, et 44% de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Pour lui, c'est l'une des cinq cités française qui souffrent du plus gros déficit d'image...


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