LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 10 novembre 2016

Conseil municipal du 9 novembre : Intervention de Sofia Dauvergne sur le renforcement des équipes de la police nationale



Intervention Sofia DAUVERGNE, au nom du groupe Front de Gauche/Romainville-Ensemble sur le voeu  concernant renforcement des équipes de Police Nationale

Nous prenons connaissance du vœu commun des villes de Bagnolet, du Pré-Saint Gervais, des Lilas et de Romainville pour rappeler que la priorité doit être donnée au renforcement des équipes de Police Nationale , de bénéficier du remplacement des fonctionnaires mutés et d'attendre le retour à l'équilibre des effectifs du commissariat d'ici à la fin de l'année 2016.
Comment ne pas être d'accord sur le constat et l'urgente nécessité que l’État réaffirme son rôle régalien en la matière. La sûreté des citoyens passe par des moyens humains et financiers supplémentaires donnés à la Police, à la gendarmerie, ainsi qu'à la Justice.

Et le constat est là, cela fait bientôt 10 ans qu’à Romainville on tente de répondre aux problèmes d'insécurité par la création de dispositifs nouveaux sans amélioration réelle, palliant ainsi à la déficience de l’Etat dans ce domaine : création de la police municipale en 2009, Création d'une brigade de nuit en 2011, qu’en est-il de leur action ? Depuis 2013 mise en place d'un plan pluriannuel d'investissement pour la vidéo surveillance qui atteint en 2016 près d'un million d'euros de dépenses. Par contre on notera la  présentation au conseil municipal du 21 septembre dernier du plan de stratégie territoriale, de sécurité et de prévention de la délinquance afin de préparer le Comité Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) qui devrait avoir pour objectif de mettre la prévention et la proximité au cœur des actions.

Les gouvernements se succèdent et au nom de la baisse des déficits et de la dette on sacrifie toujours le service public  et aussi celui de la police nationale.
Le mécontentement et le malaise grandissent dans la population mais également chez les policiers. Ils n'hésitent pas à manifester pour exprimer leur colère et leur épuisement, pour le respect des conventions collectives, le respect des rémunérations, le respect de leur métier, le développement du service public national de Police.
Ils expriment un épuisement qui trouve ses sources dans le rythme terrible qui est imposé aux effectifs de Police depuis les attentats du 7 janvier à Charlie Hebdo et qui s’est vu renforcé depuis le 13 novembre et le 14 juillet. Congés reportés, mobilisation permanente, heures supplémentaires sont devenus le quotidien de la Police Nationale.

A cette pression accrue est venue s’ajouter des dysfonctionnements déjà existants, rendant la situation insupportable. Il est demandé beaucoup aux policiers et plus encore depuis que nous sommes sous le régime d'état d'urgence. Ils doivent être exemplaires en toute occasion et remplir leurs missions dans le respect des lois et principes de notre République.
Ensuite, nous devons aussi dénoncer la règle qui détermine leurs actions depuis le passage de Nicolas Sarkozy à l’intérieur : celle du chiffre.

La logique de rentabilité capitaliste qui s’applique depuis lors est en train de détruire, de dévoyer le rôle du service public de la Police nationale. Elle vide de son sens le métier, brise les vocations et donne de l’importance à des actions qui sont rentables pour les statistiques mais peu pour la sécurité des citoyens.
C’est le cas des contrôles d’identité systématiques, des contrôles routiers inopinés ou encore des îlotages sans but précis. Certes, ils permettent souvent de faire coup double pour les statistiques avec une infraction constatée et une verbalisation immédiate entrant dans la colonne « faits résolus sans trop de temps », mais cela détourne de nombreux policiers de tâches plus importantes ou de la proximité avec les habitant-es.

De plus la baisse de 23 000 policiers, la suppression d'écoles de police et de la police de proximité sous le gouvernement de droite a été une erreur gravissime, difficile, semble-t-il, à rattraper !
Aussi, le rapport général sur les moyens de la police nationale examiné au sénat le 19 novembre 2015 dans le cadre de la loi de finance 2016 soulève la paupérisation des forces de sécurité qui ne disposent plus des moyens nécessaires pour assurer leurs missions, la hausse de la délinquance , les tensions sur les dépenses de fonctionnement, les problèmes d'équipements, et ce n'est pas l'annonce d'une augmentation de 0,9% et d’effectifs supplémentaires qui ont répondu à l'urgence.
Un an après, les effectifs ont été prioritairement affectés à la lutte contre le terrorisme et les crédits au financement plan "migrants".

La police de proximité n’a pas été restaurée et la culture du chiffre pas remise en cause.
Nous avons besoin d’une autre police. Cette crise doit être l’occasion de prendre le virage de la proximité, du sens du métier, du retour au service public auquel les citoyennes et citoyens de ce pays ont droit.
Pour cela il nous faut exiger :

De rétablir la police de proximité en y apportant certaines adaptations tirées de l'expérience passée, se rappeler tout l'intérêt du travail de l'îlotage. C’est le seul moyen de renouer le dialogue entre les policiers et la population, de contribuer à apaiser les tensions et retisser le lien social.

De recruter de nouveau des médiateurs pour favoriser écoute et concertation et impulser des dispositifs permettant de renouer le lien entre tous les acteurs d’un quartier, les jeunes notamment.

De remettre en place des échanges avec les associations de locataires, sportives et culturelles et tous les élus. A l’instar de l’initiative prise par le maire des Lilas (Voir édito journal municipal nov 2016) suit au drame survenu sente de la ferme en face de la cité Y. Gagarine.

De Revoir la répartition des effectifs de police sur le territoire qui est inchangée depuis 50 ans !

D’arrêter la culture du chiffre, cette politique du rendement axée sur la seule répression- dangereuse pour tous et qui fait peser sur les forces de l'ordre une forte pression hiérarchique

D’exiger la construction d'un commissariat de plein exercice à Romainville

De débloquer des moyens humains et financiers conséquents pour un service public de police nationale répondant aux attentes de nos concitoyens

Sans oublier que les Romainvillois ont besoin également d’accéder à un logement abordable; de soins, de services publics de proximité, d'éducation, de loisirs, de lutte contre les discriminations, de police de proximité, bref tout ce qui est susceptible de reconstituer le lien social, afin que le « vivre ensemble » soit plus que des mots.

Tel est le prix à payer pour enrayer la spirale de la violence et de l'insécurité engendrées par le fonctionnement même de notre société.
Comme vous pouvez le constater nous avons  également des propositions à formuler pour nous assurer du renforcement des équipes de Police Nationale sur le territoire de Romainville.
Nous n'allons pas présenter, comme vous vous le faites d'habitude, un contre vœu ou même des amendements, puisque de toute manière  vous ne les voteriez pas.
Alors, comme nous partageons la nécessite d'affecter des moyens supplémentaires à la circonscription de police des Lilas, nous nous associerons à ce vœu.

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