LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 14 janvier 2016

À propos de la lettre des élu-e-s de la majorité municipale : Déclaration des communistes de Romainville !



La lecture de la lettre signée par les élu-e-s de la majorité municipale est affligeante, tant elle s’éloigne des aspirations de nos concitoyens qui souhaitent des confrontations sérieuses et constructives. Notre propos ne se situera donc pas sur le terrain choisi par les auteurs de ce texte. Celui du mépris, de l’indignité et de l’irrespect. Nous avons une toute autre conception du débat public.

Nous tenons en tout premier lieu à manifester notre solidarité et notre soutien à Sofia Dauvergne. Les habitants de notre ville en sont les témoins depuis de nombreuses années. Sofia Dauvergne est toujours restée fidèle à son engagement communiste. Son humanisme, ses qualités d’écoute et sa disponibilité sont largement reconnues. Elue conseillère territoriale, elle est aujourd’hui de tous les combats pour la justice et faire reculer les inégalités.

Avec ses camarades communistes et plus largement avec  toutes celles et tous ceux qui ne supportent plus les renoncements, elle travaille pour que cette année 2016 soit celle de la refondation, de la reconstruction d’une gauche courageuse. L’année de l’alternative contre l’austérité et contre ce système politique verrouillé, bloqué, qui semble se complaire dans son affaiblissement. Les communistes et leur élu-e-s de notre ville seront au rendez-vous pour relever la gauche du fossé dans lequel les gouvernants s’acharnent à l’enfoncer, sous le regard réjoui de la droite et de l’extrême droite.

Oui le fait est là. À force de reprendre les idées et les projets de l’extrême droite, la droite sarkozyste et des fractions importantes de  la gauche gouvernementale leur ont donné crédit.  Il ne suffit pas de réfuter l’absurde programme du Front national pour s’en sortir, ni de faire la morale à ceux qui y succombent. Il faut d’abord combattre les maux qui la font grandir et assécher le terreau de l’impuissance et de la désespérance : le chômage, la précarité, les inégalités sociales et l’accaparement des richesses par une infime minorité, les coups portés au service public, le mépris des classes populaires et le délitement démocratique.

Tout n’est pas permis. En décidant d’inscrire dans la constitution la déchéance de nationalité aux personnes nées françaises, une idée venue de l’extrême droite, François Hollande sait très bien qu’il heurte profondément les valeurs de l’histoire politique de la gauche. Mais son seul objectif, sa réélection, le pousse à tenter ce coup : se poser en père de la nation, seul rempart face au Front national, permettant à la droite de voter la réforme constitutionnelle avec le Parti socialiste. Stupéfiante fuite en avant  lorsqu’on se souvient que le Parti socialiste qualifiait en 2010 ce débat de « nauséabond ».

Les mots doivent retrouver leur sens et que cessent les impostures.

Il en est ainsi de la démocratie. Oui la démocratie est bafouée lorsqu’une simple loi annule la désignation des conseillers territoriaux que nos concitoyens avaient choisis par leur vote en 2014. Oui la démocratie est bafouée lorsque le gouvernement use et abuse du 49/3 pour imposer ses choix au service de la finance. Oui la démocratie est bafouée lorsqu’est mise en place la métropole du Grand Paris sans que les 7 millions d’habitants ne soient consultés.

Oui la démocratie est bafouée dans notre ville, lorsque les concertations se limitent à demander aux participants leur avis sur un projet déjà ficelé ! Oui la démocratie est bafouée lorsque la majorité municipale ne respecte pas les droits des élu-e-s du Front de gauche ! Oui la démocratie est bafouée lorsque n’apparaissent sur le magazine municipal que les 27 conseillers de la majorité alors que le Conseil en compte 35 ! Oui la démocratie est bafouée lorsque ce même magazine ne publie aucun élément chiffré sur le budget municipal, qui constitue pourtant  l’acte majeur de l’assemblée communale.

Les signataires de ce texte nous disent vouloir s’opposer aux « manigances politiques » et aux   « intérêts particuliers ». Nous partageons ce point de vue. Encore faudrait-il que leurs auteurs fassent preuve de modestie et d’humilité en revisitant leurs parcours politiques avant de vouloir faire la leçon aux autres.

Les communistes souhaitent que l’année 2016 soit l’année de la République pour tous, pas celle de l’état d’urgence et de la déchéance de nationalité qui, sous prétexte de combattre le terrorisme, en vérité ferait de trois millions d’adultes binationaux des sous-citoyens. Durant toute  cette année 2015 des millions de français ont dit leur attachement aux valeurs de la République. Mais ce triptyque : « Liberté, Égalité, Fraternité » ne  doit pas devenir un slogan publicitaire, une devise  derrière laquelle se réfugient les velléités autoritaires du premier ministre.

La République c’est une construction démocratique modifiée au fil des siècles, de la révolution à ce jour, dans les divers combats. Pour nous communistes, comme pour Jean Jaurès, elle ne peut être que sociale et laïque. C'est-à-dire respectueuse de tous, attentive à donner à chacun les moyens de son épanouissement et de son émancipation.


Loin des adeptes du marigot politicien l’année 2016 sera une année de combat. Les communistes et leurs élu-e-s y jetteront toutes leurs forces pour qu’elle soit celle de l’espoir !

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