LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

lundi 27 mai 2019

« LUI ET LE CHAOS », L’EDITORIAL DE MAURICE ULRICH DANS L’HUMANITE DE DEMIAN MARDI


Au gouvernement comme à la République en marche, les éléments de langage, comme on dit, sont distribués et sans doute l’étaient-ils déjà avant dimanche. Circulez, il n’y a rien à voir, il ne s’est rien passé et on continue. On nous assure même que, en réalité, cette seconde place est en fait une victoire venant parachever ou au moins poursuivre l’œuvre de recomposition politique entreprise au moment de l’élection présidentielle.
La sanction est pourtant évidente, voire cinglante. Après deux années de réformes claironnées qui ont été autant de régressions sociales, après tant de discours sur le monde nouveau que nous étions appelés à voir naître sous nos yeux, Emmanuel Macron est loin de retrouver en voix les chiffres du premier tour de la présidentielle. Sans doute la participation est-elle moindre mais, en s’engageant lui-même pleinement dans la campagne, en en faisant une sorte de référendum pour ou contre sa politique et, plus encore peut-être, pour ou contre sa personne, il n’a pas convaincu, il n’a pas rassemblé au-delà de ceux qui se retrouvent désormais dans sa vision idéologique du monde et des premiers de cordée. Car c’est un des premiers éléments d’analyse du scrutin. Alors même qu’il n’obtient que 5 millions de voix, contre plus de 8 millions, c’est avec une perte massive du côté du centre gauche, en partie compensée par un apport important de voix de droite, expliquant du même coup la déconfiture de la liste LR.
Alors, certes, la droite classique est gravement touchée, la gauche, émiettée, ne l’est pas moins et un nouveau paysage politique est devant nous. Il est dévasté. L’affaiblissement de la gauche et de la droite est un danger pour le débat public et démocratique au profit d’un affrontement binaire. Ainsi les citoyens n’auraient plus désormais d’autre choix que de soutenir la politique libérale et de casse des acquis sociaux d’Emmanuel Macron ou celle, tout aussi désastreuse, fondée sur la démagogie et la xénophobie, du Rassemblement national. « Moi ou le chaos », nous disait en quelque sorte Emmanuel Macron. Dans le moment présent, dont on voudrait qu’il ne dure pas, c’est lui et le chaos.

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