LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 28 mai 2019

« Gâchis d'Etat », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité de demain mercredi



La saignée sociale annoncée par General Electric (ex Alstom) contredit la parole d'Emmanuel Macron. Ce gâchis monumental illustre l’absence de stratégie industrielle de l’État et les conséquences dévastatrices qu’entraîne un tel renoncement.

Et pendant ce temps-là, les grandes manœuvres de l’industrie capitaliste se poursuivent, sans susciter le moindre émoi du côté du pouvoir – pourtant impliqué jusqu’au cou. Les dirigeants du géant américain General Electric (GE) ont donc confirmé qu’ils envisageaient la suppression de plus de 1.000 postes en France, essentiellement sur le site emblématique de Belfort, ex-fleuron d’Alstom, une nouvelle fois martyrisé. Cette véritable saignée, qui concerne plus de la moitié des salariés de l’activité gaz, vient contredire la parole d’Emmanuel Macron. Début mai, le président avait assuré dans un courrier aux élus locaux que le dossier GE Belfort faisait l’objet de «la plus grande vigilance de la part de l’État»… Curieux, n’est-ce pas, comme la mémoire chauffe parfois? Car, dans cette histoire tragique, où est passé «l’État actionnaire», celui que, jadis, nous nommions «l’État stratège»?

Emmanuel Macron connaît bien Alstom. Alors ministre de l’Économie, c’est lui qui avait autorisé, en 2014, la vente des activités énergie du groupe français à l’américain General Electric (GE), dossier qu’il avait également suivi à l’Élysée lorsqu’il conseillait François Hollande. Depuis cette cession, l’ancien banquier d’affaires est accusé d’avoir bradé le champion tricolore. Plus grave. À l’époque, GE s’était engagé à créer plus de 1 000 emplois en France… Résultat, ce gâchis monumental illustre l’absence de stratégie industrielle de l’État et les conséquences dévastatrices qu’entraîne un tel renoncement. D’ailleurs, ce qui se trame chez Renault doit également nous alerter. Si l’entreprise automobile fomente un projet de fusion avec Fiat-Chrysler, nous en connaissons désormais les risques: il s’agirait en vérité d’une prise de contrôle par les capitaux italiens, puisque la famille Agnelli et sa holding Exor, propriétaires de Fiat, deviendraient le premier actionnaire, loin devant l’État français, qui perdrait ainsi sa minorité de blocage. Tout est dit. Et on voudrait encore nous convaincre que le «nouveau monde» est synonyme de «nouvelle politique industrielle»?


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