LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 22 octobre 2019

« Guerre au peuple », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



Onze morts déjà au Chili. Couvre-feu dans la capitale, état d’urgence depuis vendredi dans neuf des seize autres régions du pays. Près de 10 000 policiers et soldats déployés…Le pire est à craindre. Alors que des militaires et des chars patrouillent dans les rues, ravivant le terrible souvenir du coup d’État d’Augusto Pinochet en 1973, ce n’est pas qu’une image. Les mots du président Sébastian Pinera sont une véritable agression contre le peuple chilien : « Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant qui ne respecte rien ni personne. » En guerre ! Contre des hommes, des femmes, dont des dizaines de milliers de jeunes qui ne réclament pas autre chose que le droit de vivre dignement.

On pouvait lire, hier, sur des photos des manifestations  ces simples paroles : « Dignidad, no militares ». Mis le pouvoir chilien entend répondre par la force. La personnalité même du président Pinera réveille les démons que l’on croyait enfuis avec les vingt années de pouvoir plus ou moins de gauche et la présidence de Michèle Bachelet. Surnommé le Berlusconi chilien, multimilliardaire, affairiste notoire, il est aussi le frère de l’homme qui a instauré sous le pouvoir des militaires la retraite par capitalisation conformément à sa doxa libérale et qui s’est traduite par un appauvrissement drastique de millions de chiliens. Lors de sa première présidence, de 2010 à 2014, il a appelé auprès de lui dans la haute administration d’anciens responsables des années Pinochet, dont un militaire qui aurait participé après le coup d’État à « la caravane de la mort ». le président Pinera, s’il a reculé sur certains points, est homophobe, anti-avortement, il a pulvérisé pendant son premier mandat la parité établie auparavant.

Le Chili est communément présenté comme le pays le plus riche d’Amérique, mais 1% des chiliens possèdent 25% de la richesse nationale et le coûte de la vie devient insupportable aux plus modestes. C’est le résultat des années de thérapie ultralibérale de choc, mise en œuvre par ceux que l’on a appelés les Chicagos Boys, hermétiques aux exactions, indifférents à la misère populaire. Sébastian Pinera continue. Le peuple chilien a besoin de notre solidarité.

Soyez le premier à commenter !

Enregistrer un commentaire


  ©Template Blogger Elegance by Dicas Blogger.

TOPO