LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 17 mars 2020

« Affronter l’épreuve », l’éditorial de Patrick Le Hyaric dans l’Humanité de ce jour !



Nous y sommes. En ces jours d’angoisse et de grande inquiétude, il convient de se serrer les coudes et de suivre scrupuleusement les prescriptions des professionnels et des autorités de santé pour stopper le folle course du virus Covid-19. Se protéger, c’est protéger les autres et inversement. Cette leçon d’altruisme devrait fonder, dans les semaines qui viennent et espérons pour longtemps, une éthique commune.

Les responsabilité et la solidarité sont nos meilleurs armes contre la guerre qu’il faut livrer pour limiter la contagion, soigner et sauver des vies. Rappelons une nouvelle fois que la santé, l’hôpital public et la sécurité sanitaire ne sauraient avoir de prix. Ce qui hier était moqué en haut lieu devient aujourd’hui une évidence. Il conviendrait que d’urgence des actes suivent les belles paroles. Ajoutons d’ailleurs que les professions qui s’exposent et se dépensent sans compter pour déployer cette solidarité et assurer la cohésion nationale sont précisément celles montrées du doigt ces derniers mois comme bénéficiant de régimes…spéciaux de retraite.

Notre peuple, et avec lui les peuples frappés par la pandémie ne sont pas près d’accepter que s’abattent sur les budgets de la recherche médicale et de la santé publique de nouveaux coups de hache austéritaires qui les ont laissés dans un piteux état, si ce n’était l’extraordinaire dévouement des personnels. La suspension, enfin, de la mise à sac de l’assurance-chômage aura révélé qu’elle avait bel et bien pour objectif de jeter dans une précarité accrue des millions de chômeurs. Son retrait, définitif relève, lui aussi, de l’évidence. C’est faute d’avoir entendu ces cris d’alarme que les critères comptables capitalistes sont parvenus à nous mettre en insécurité.

Cette épreuve ne peut être dépassée sans raison, ni confiance. La sérénité requise ne peut être que le fruit d’une communication gouvernementale claire, nette et précise. Il faut d’urgence sortir des déclarations contradictoires et téméraires au sein de l’exécutif qui embrouillent plus qu’elles n’éclairent cette situation inédite. Celle-ci réclame aussi de la transparence. Le gouvernement et les institutions internationales doivent exposer en toute clarté leur stratégie, et le fameux Conseil scientifique convoqué par le gouvernement au début de l’épidémie gagnerait en légitimité en s’adressant directement aux citoyens. Solidaires et vigilants, nous ferons face à l’épreuve.

lundi 16 mars 2020

Coronavirus : « Déclaration du PCF ». Lundi 16 mars 2020



                               
Notre pays connaît une crise sanitaire majeure. La priorité doit être la mobilisation de la nation tout entière contre la pandémie et pour la protection de nos concitoyennes et concitoyens.
Cela exige des mesures exceptionnelles. Les communistes entendent y prendre toute leur part.

Au vu des recommandations des autorités sanitaires et des professionnels de santé, le report du second tour des élections municipales est aujourd'hui incontournable. Cela doit, naturellement, se faire dans le respect du vote démocratique des électrices et électeurs, et des résultats acquis lors du premier tour, ce dimanche 15 mars.

Comme ils l'ont toujours fait dans l'histoire lorsque l'essentiel était en jeu, les communistes et leurs élus se mettent à la disposition du pays.
Pour contribuer à prendre toutes les mesures d'urgence sanitaire et économique qui s'imposent. Pour construire avec les citoyennes et les citoyens les solidarités indispensables pour faire face à la menace. Pour aider les professionnels de la santé et les agents du service public dans leurs missions essentielles. Pour cela, les communes et leurs 500 000 élus locaux seront en première ligne et joueront un rôle important. Partout, dans les heures qui viennent, les instances nationales, départementales et locales du PCF vont se concerter et prendre les dispositions exceptionnelles leur permettant de s'engager pleinement dans ce combat vital pour la France, pour l'humain, pour la planète.

Le Parti communiste français propose, dans cet esprit, que, se mette sans délai en place une instance, un Comité d'urgence nationale, où les forces politiques ainsi que les organisations syndicales et professionnelles se retrouveront. Car la gravité de la situation impose la transparence totale avec l'ensemble des forces vives du pays. Le Parlement doit aussi être réuni, sous des formes à définir, pour prendre les décisions exceptionnelles que la situation exigera.
Dans les prochaines heures, le Parti communiste français contribuera à cette action commune en soumettant à la discussion ses propositions pour triompher de cette crise.

« Désaveu », l’éditorial de Sébastien Crépel dans l’Humanité de ce jour !




Dans l’idéal démocratique, les élections devraient être une fête. Un moment privilégié où les citoyens exercent le droit de se gouverner eux-mêmes par le choix des programmes et des représentants qu’ils se donnent pour les appliquer, à l’issue d’un intense débat public où chaque voix compte. Dans l’idéal. Car, dans la réalité, hélas, cela fait de nombreuses fois que la fête est gâchée par la nécessité d’éliminer plutôt que de choisir pour se préserver du pire.

Dimanche, ce rendez-vous a carrément viré au cauchemar, puisque s’est invité le poison du coronavirus. Démocratie confinée, masques dans l’isoloir : le 15 mars 2020 restera comme un dimanche noir de l’histoire électorale. Bien sûr, les urnes ont parlé malgré tout, et leur résultat oblige chacun. Il façonne déjà un peu l’avenir de nos villes, dans l’attente du second tour, dont on ne peut qu’espérer qu’il pourra se tenir dans des conditions acceptables – si tant est que cela soit possible à la date convenue. Mais le Covid-19 a décimé la fréquentation des bureaux de vote, désertés par plus d’un électeur sur deux – 64% s’étaient rendus aux urnes il y a six ans –, approchant le record absolu d’abstention à une élection dans notre pays.

Il n’empêche, le premier ministre peut bien s’auto-satisfaire d’un premier tour qui s’est « parfaitement déroulé », la sanction de sa politique au service exclusif des plus riches, entachée de l’usage du 49.3 dans la réforme des retraites, s’est bel et bien exprimée en dépit de la faiblesse de la mobilisation. S’il ne fallait ne retenir qu’un indice de ce désaveu, sa mise en ballotage délicat au Havre par la liste de son adversaire communiste Jean-Paul Lecoq en est le symbole le plus criant. Dans de nombreuses villes, les listes du parti présidentiel pointent au mieux à la troisième place, comme à Paris et à Lyon, tandis que les partis de « l’ancien monde » - LR, PS et PCF – font plus que sauver les meubles. Le second tour, s’il a lieu, s’annonce peu flamboyant pour LaREM. La crise sanitaire va sans doute recouvrir dans l’immédiat ce résultat médiocre, mais sous une apparente stabilité à ces municipales, le paysage politique s’est remis en mouvement.

vendredi 13 mars 2020

« Remède démocratique », l’éditorial de Maud Vergnol dans l’Humanité de ce jour !



Les élections municipales auront bien lieu. Au cœur de la panique générale, le pouvoir aurait songé, jeudi, à les repousser. Alors que sous le masque du coronavirus s’ouvre une page inédite de l’histoire de la mondialisation, la peur risque de détourner des bureaux de vote nombre d’électeurs, déstabilisant un peu plus une démocratie déjà fébrile. Pourtant, si l’exécutif a pris le décision de ne pas reporter le premier tour, il faut considérer qu’il n’est pas plus dangereux, en prenant les précautions d’usage, d’aller glisser un bulletin dans l’urne que d’acheter une baguette. D’autant que l’enjeu est de taille : élire des majorités municipales qui décideront de nos vies quotidiennes pour les six prochaines années. Les Français savent que l’échelle de la commune est déterminante, lieu de contre-pouvoir où s’inventent des alternatives au capitalisme roi. De la gratuité des transports aux maisons de santé, en passant par la culture, le logement ou l’écologie…nombre d’idées innovantes portées par des municipalités de gauche ont frayé leur chemin jusqu’à s’imposer sur la scène nationale. Ces expériences-là sont le meilleur antidote au fatalisme.

Les municipales de dimanche sont d’autant plus décisives que la crise sanitaire, et maintenant financière, révèle de manière dramatique les folies du capitalisme mondialisé. Elle claque comme un désaveu cinglant de tous les choix opérés par le pouvoir macroniste. Austérité, casse de l’hôpital public, financiarisation de l’économie…Face au défi sanitaire, le gouvernement est obligé de manœuvrer  en recul. Emmanuel Macron a salué jeudi soir ces « héros en blouse blanche » que son gouvernement cherche à affaiblir. « Sauver des vies quoi qu’il en coûte », a – t – il  affirmé. Les personnels hospitaliers mobilisés depuis près d’un an sauront le lui rappeler.

Des trémolos dans la voix, il a joué le refrain de « l’union sacrée », alors que sa politique détruit chaque jour les solidarités nationales. Un sévère revers électoral pour l’exécutif permettrait de peser sur la suite du quinquennat. Tout, pousse à remiser les politiques néolibérales qui ont fait la démonstration de leur échec. Cette conscience que l’intérêt collectif doit primer sur le profit de quelques-uns grandit. Elle peut s’exprimer massivement dimanche dans l’isoloir.

jeudi 12 mars 2020

Coronavirus/Macron : réaction du secrétaire national du PCF

L'heure est à la mobilisation nationale pour délivrer la réponse la plus efficace face à la crise sanitaire et à la crise économique exceptionnelles que nous affrontons.
Les flottements de ces dernières heures sur les décisions à prendre ne doivent pas fragiliser la capacité d'action de l'État.
Les annonces du Président de la République supposent aussi des engagements précis que les services publics, notamment ceux de la santé, attendent depuis longtemps ! Les annonces de ce soir impliquent donc de remettre en cause les politiques d'austérité.
La fermeture des établissements scolaires et universitaires ou le report des soins non essentiels ne pouvaient plus être différés. Mais aucun engagement précis n'est annoncé en moyens humains et financiers concernant la crise sanitaire contrairement à d'autres pays comme l'Italie ou le Royaume uni qui ont annoncé mobiliser plusieurs dizaines de milliards d'euros. Et aucune mesure structurelle n'est engagée sur le plan économique.

Coordonner et financer la réponse sanitaire
Notre système de santé public, déjà sous tension, a besoin de moyens pour protéger ses personnels et pour élargir ses capacités d'accueil des patients atteints de coronavirus. Le Président de la République annonce qu'il prendra les mesures nécessaires « quoi qu'il en coûte ». Aux actes ! Les personnels de santé sonnent l'alarme depuis des mois ! De même, dans encore beaucoup de territoires, les médecins et les infirmières libéraux, les personnels de secours comme les pompiers, les laboratoires sont en attente du matériel tel que les masques pour se protéger et protéger les patients ou pour réaliser les tests épidémiologiques. La puissance publique doit demander aux hôpitaux privés de se mettre à la disposition de la nation.

Des mesures structurelles fortes pour faire face à la crise économique
Une crise financière historique, elle aussi d'ampleur mondiale, est en cours. La crise sanitaire en est le catalyseur et non la cause. Ce sont les politiques monétaires et néolibérales qui en sont les principaux déclencheurs. Si des mesures de soutien et d'accompagnement des entreprises et des salariés doivent être mises en place rapidement, il faut donc aussi revoir les règles d'intervention de la BCE pour que les sommes débloquées soutiennent l'économie réelle et non la spéculation financière. Le « Pacte de stabilité » budgétaire européen doit être abandonné. Les secteurs stratégiques du pays doivent être protégés. Nous demandons enfin le report de la réforme de l'assurance chômage dont l'entrée en application est prévue pour le 1er avril.


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