LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

lundi 16 avril 2018

« Le trio guerrier », l’éditorial de Patrick Le Hyaric dans l’Humanité de ce jour !



Personne ne peut soutenir le dictateur de Damas, encore moins ses exactions contre son peuple et particulièrement les enfants. Mais ici comme en Irak, en Libye, en Afghanistan, ajouter des bombes aux bombes n’a jamais permis la paix et la sécurité. On peut même se demander si ces mâles communiqués de guerre ne s’opposent pas aux objectifs proclamés. C’est pourtant cette stratégie qu’a choisi le trio Trump – Macron – May, sans consultation de leur parlement respectif, sans mandat de l’Organisation des Nations Unies, sans engagement d’aucun autre pays européen, sans soutien matériel des autres pays de la région.

Le ministre des affaires étrangères a voulu enrubanner l’opération dans un faux tissu de droit international en se référant à ce que l’on appelle le chapitre 7 de la charte des Nations unies et à la résolution de septembre 2013 enjoignant la Syrie à respecter ses engagements des destruction des armes chimiques. Or, tous ces articles de ce chapitre 7 obligent à obtenir l’accord de Conseil de sécurité avant toute intervention. Ce n’est pas le cas ! Il convient donc de mesurer la gravité de la portée des décisions de ce trio guerrier, avouant que ces actes ne changent rien à la victoire du sinistre Assad. Ils favorisent l’entrée dans un monde-jungle où le droit international est foulé aux pieds. Pour les populations de la région, ils prolongent les pires colonialismes et impérialismes. Tous les jours, Israël agit dans l’impunité la plus totale. La Turquie occupe Afrin et emprisonne. Les populations du Yémen vivent sous un tapis de bombes occidentales. Les impérialistes occidentaux alliés de ces mêmes pays et couverts l’Otan sont non seulement d’un silence de plomb, mais complices.

L’autre lourde conséquence de ces bombardements réside dans la justification que vont y trouver de nouveaux pays pour se surarmer, y compris avec la bombe atomique. Les liens historiques de la France avec la Syrie l’obligent à descendre du porte-bagages des États-Unis et s’engager pour aider à l’émergence d’un projet démocratique nouveau en respectant les aspirations des peuples. Elle doit, en lien avec la Russie et l’Iran notamment,  travailler à une conférence internationale de paix, de reconstruction et de codéveloppement du Proche et du Moyen-Orient. Il n’y a donc pas d’issue pour les peuples dans ce jeu guerrier des grandes puissances pour un nouveau partage des territoires et des richesses. La guerre doit être repoussée et la force du droit et de la politique être réhabilitée.

samedi 14 avril 2018

Syrie une nouvelle escalade guerrière sans espoir (PCF)

Après le très probable bombardement chimique particulièrement ignominieux effectué par le régime syrien sur la population de la Ghouta, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France viennent de réaliser une attaque punitive contre plusieurs sites qu' ils ont identifiés comme étant les centres de production d’armes chimiques du régime.

L’engrenage d’actions militaires unilatérales et illégales vient donc de connaître une nouvelle escalade guerrière sans que cela ne puisse ouvrir le moindre espoir de règlement du conflit syrien. L’ONU a été une nouvelle fois mise hors jeu. Les trois pays qui ont frappé cette nuit prétendent envoyer un message de fermeté et de force du « camps occidental " contre la Syrie , et aussi contre son allié,  la Russie. Ce faisant, la France joint son action à celle de Donald Trump qui est le premier à bafouer le droit international, comme il vient de le faire dans le conflit israélo-palestinien. La France parle de fermeté quand elle n’en affiche aucune face à  l’entrée  de l’armée turque sur le territoire d’Afrine, ni face à sa politique de nettoyage ethnique  contre la population kurde.
Le message de la France continue ainsi de se brouiller et de perdre toute efficacité politique  dans cette région  si sensible.

Le Président de la République  a annoncé une discussion au Parlement ...après le déclenchement de l’intervention de nos forces armées -une pratique impensable dans d’autres pays qu’on nous cite si souvent en exemple, comme l’Allemagne ! Il est nécessaire que ce débat permette au moins d’exiger un changement de cap pour notre politique internationale au Proche-Orient, afin que la France œuvre enfin pour un règlement  politique global de tous les conflits de la région qui mettent en danger la paix dans le monde. L’après Daesh ne doit pas transformer la Syrie en un champ de manœuvre et de partage au service des logiques des grandes puissances. Le PCF soutient l’appel du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres pour la tenue d’une conférence internationale de règlement politique et de paix pour la région sous l’égide de l’ONU.


Parti Communiste Français,

vendredi 13 avril 2018

« Le président aux champs », l’éditorial de Patrick Appel-Muller dans l’Humanité de ce jour !


N’exagérons rien, Emmanuel Macron ne s’est pas embarqué dans Rendez-vous en terre inconnue. Mais sa prestation en compagnie de Jean-Pierre Pernaut ressortait d’une campagne de communication à destination d’électeurs qui ne se retrouvent pas dans la politique qu’il impose à coups d’ordonnances, de cadeaux aux grandes fortunes, de déclassement des territoires. Peut-être le président espérait-il trouver, dans ce bourg coquet doté de commerces et des services que perd la ruralité, le cadre confortable d’un village Potemkine, ce décor peint que traversait le tsar. Louis XVI aussi avait effectué, en Normandie, son voyage en province…Mais, la maire du village a noirci le tableau en rappelant ce que la commune avait perdu en dotations et combien elle souffre de l’austérité qui lui est imposée.

Pour le reste, en dépit de l’aménité de celui qui l’interrogeait, il n’a pas eu un geste pour la France populaire. Annonçant qu’il fallait la « remettre au travail », il a insinué qu’elle ne fait rien. Sourd aux mouvements sociaux, il s’est voulu inflexible et brutal. Les étudiants en lutte ? « Des agitateurs professionnels ! » Les retraités frappés par la hausse de la CSG ? Il s’en moque en les remerciant de « leurs efforts », comme s’il s’agissait d’une contribution volontaire. Il a également trahi son ignorance de la vie du pays réel en affirmant que les territoires ruraux comptaient plus de pauvres que les grandes villes, quand c’est nettement l’inverse. Emmanuel Macron n’apporte rien mais veut vendre son image – ainsi que le transport ferroviaire… – dans cette offensive médiatique qui va se poursuivre par un nouveau détour champêtre dans les Vosges.

Le président qui prônait la parole rare et jupitérienne poursuit son plan com, dimanche soir, sur BFMTV. Le parcours y sera peut-être moins balisé. D’ici là, aura-t-il  ajouté à la guerre qui ensanglante le Proche-Orient ? Peut-être, selon son bon vouloir. La vraie vie est ailleurs. Aux côtés des cheminots, des soignants des Ehpad et des hôpitaux, des éboueurs ou des fonctionnaires, des salariés de Carrefour et d’Air France.

Prélèvement à la source : " L'Etat se fait le maximum de trésorerie sur le dos des salarié-e-s et des retraité-e-s ! (Robert Clément)


Depuis mercredi, nous pouvons remplir en ligne, notre déclaration d’impôts pour l’année 2018. J’y suis donc allé. J’ai pris connaissance du taux qui s’appliquera sur mes revenus, avec la mise en place du prélèvement à la source à compter du 1er janvier 2019. Le ministère du budget et les médias dépensent une considérable énergie pour vous en expliquer « la mécanique ». On vous dit que l’impôt n’augmentera pas. Ce qui est vrai, à revenus comparables. On rassure les chefs d’entreprise, inquiets. On nous dit que sa mise en place coûtera moins cher que prévu.
Mais on est beaucoup moins disert sur une disposition que l’immense majorité de nos concitoyens n’ont pas encore perçue. Qu’elles, qu’ils, vont découvrir avec le taux qui leur est communiqué, mais plus sûrement lorsqu’ils prendront connaissance de leur bulletin de paie ou de leur retraite, à la fin du mois de janvier prochain.

Et, oh, stupeur ! On va prendre l’impôt maximum sur les salaires et les retraites afin que le prélèvement soit le plus haut possible. Je m’explique, en m’efforçant de ne pas tomber dans la technique financière. Ce qui n’est pas aisé. En un mot,  « LE PRÉSIDENT ET LE GOUVERNEMENT DES RICHES » PROFITENT DU PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE POUR SE FAIRE UN MAXIMUM DE TRÉSORERIE EN AVANCE, MÊME SI LA FISCALITÉ FINALE NE CHANGE PAS. TOUT SERA RÉGULARISÉ EN SEPTEMBRE DE CHAQUE ANNÉE.  IL SE BASE SUR L’IMPÔT AVANT LES RÉDUCTIONS/CRÉDITS D’IMPÔTS POUR CALCULER LE TAUX PERSONNALISÉ À LA SOURCE. La communication gouvernementale fait son œuvre sous le titre : « Maintien des réductions et crédits d’impôt »… Mais il faut lire jusqu’au bout ….ET SERONT VERSÉS INTÉGRALEMENT AU MOMENT DU SOLDE D’IMPÔT À  LA FIN DE L’ÉTÉ 2019. On agite les possibilités de choix, neutre ou individualisé. Mais cela ne change strictement rien à l’affaire. Les mêmes questions demeurent.

Prenons deux exemples :
Lors de sa déclaration faite en avril-mai  2018 sur les revenus de 2017, madame X, déclare 25000 euros de salaire perçus en 2017 (moins de 2000 euros mensuels). Son impôt sera de 1777 €. Le fisc va donc établir que le taux moyen d’imposition de madame X est de « 1777 / 25000 » soit 7,1. À partir de janvier 2019, madame X verra son salaire amputé de 7,1% chaque mois au titre du prélèvement à la source.

Le couple Y de retraités déclare 42000 euros sur leurs revenus 2017 (3600 euros pour le couple). Leur impôt s’élèvera à 3270 euros. Le fisc établira un taux de 7,8, pour deux parts et demi. À partir de janvier 2019 ce couple verra leurs revenus amputés de 7,8% chaque mois.

Je reviens à mes deux exemples :
Madame X, reçoit 25000 euros de salaires et à le droit à une réduction d’impôt de 1600 € (Nourrice, cotisations, dons divers)
·       L’impôt calculé pour 2018 est de 1777 €
·       On retire la réduction d’impôt de 1600 €
·       L’impôt à payer est de 177 €

Le couple Y a 42000 € de revenus (deux retraites). Monsieur est en résidence pour personnes âgées (coût annuel 28000 euros). Cela lui donne droit à la réduction d’impôt (25% plafonnés à 10 000 €) soit 2500 €. Par ailleurs ce couple bénéficie de 600 € de crédits d’impôts (dons  et cotisations).
·       L’impôt calculé pour 2018 est de 3270 €
·       On retire les réductions d’impôts  3100 € (2500 +600 €)
·       L’impôt à payer est de 170 €
Tout le monde l’aura compris, le gouvernement ne va pas retenir l’impôt que nous payons réellement pour établir le prélèvement à la source. Il se base sur l’impôt calculé avant les réductions /crédits d’impôts. Ce qui lui permet d’obtenir un pourcentage plus élevé qui sera retenu sur les salaires et les retraites. La différence est énorme.

Le prélèvement à la source de madame X  s’élèvera, à partir de janvier 2019, avec un taux à 7,1, à 148 €, soit 131 € de plus que ce qu’elle paie aujourd’hui. Il faudra donc qu’elle attende l’été 2019 pour obtenir la régularisation de sa situation et bénéficier de ses 1600 euros de réduction d’impôt. Si le fisc avait retenu l’impôt réel son taux n’aurait pas été de 7,1% mais de 0,01%

Il en est de même pour le couple Y, avec un taux de 7,8% l’impôt mensuel s’élèvera à 271 €, soit 216 € de plus que ce ménage paie aujourd’hui. C’est à la fin de l’été 2019 que ce couple verra une régularisation avec un remboursement de 3100 €. Si le fisc avait retenu l’impôt réel le taux n’aurait pas été de 7,8 mais 0,01.
Le président Jupiter ne manque décidément pas d’aplomb, lorsque depuis une école de l’Orne, « il remercie mille fois les retraité-e-s » et ose dire « qu’il n’a jamais pris un retraité pour un portefeuille » Après l’augmentation de la CSG, y compris pour les personnes séjournant en maison de retraite, voilà qu’il renvoie à septembre 2019 le remboursement du crédit d’impôt auquel ont droit les personnes se trouvant en établissements. Quelle arrogance et quel mépris !

Voilà donc l’équation. Des millions de familles, de femmes seules, de retraité-e-s vont se retrouver dans une situation que l’on peut qualifier d’ingérable jusqu’en août 2019. Avec quels moyens, peuvent-elles, peuvent-ils faire de telles avances de trésorerie à l’État. Comment payer son loyer, ses charges, se nourrir, se vêtir durant ces longs mois. J’ai du mal à imaginer, dans une période de dégradation  du pouvoir d’achat, la situation dramatique dans laquelle vont se trouver des familles, des retraité-e-s, qui vont voir leurs salaires ou leurs retraites amputés de 100, 200, voire 300 €  et qui leur seront rendus 8 mois plus tard. Devront-ils emprunter, être à découvert et payer les agios à leur banquier, qui ne leur fera aucun cadeau ? Énarques, technocrates du monde de la finance, en service commandé pour Macron et Philippe, les auteurs de ce projet, ne connaissent rien de la vie des simples gens. Ils ne sont pas payés pour çà.
On agite les possibilités de choix, neutre ou individualisé. Mais cela ne change strictement rien à l’affaire. Les mêmes questions demeurent. Nous pouvons d’ailleurs nous demander si cette masse énorme de trésorerie ne va pas se transformer en placements financiers pour alimenter, une fois de plus, les intérêts privés. J’ajoute une autre réflexion. Les cotisations aux syndicats et aux partis politiques, les dons aux associations caritatives subiront le même sort. Il y a des craintes à avoir sur leur pérennité dans un moment où le pouvoir d’achat va se trouver durement écorné.

Nul doute que l’État aurait parfaitement pu retenir l’impôt final pour le calcul du taux de prélèvement à la source et faire le schéma inverse : réclamer le surplus d’impôt en septembre suivant si le contribuable n’a pas renouvelé sa réduction d’impôt. À priori on a préféré prendre un maximum aux Françaises et aux Français quitte à devoir régulariser la majorité des avis d’imposition chaque année en septembre. Mais a-t-on une idée des drames que peut engendrer une telle situation pour ces « privilégiés », ces moins que rien », ces « illettrées ». Je ne me fais pas de « mouron » pour les plus aisés des contribuables, qui bénéficient de multiples réductions d’impôts. Eux peuvent attendre quelques mois, ils ont des comptes en banque bien fournis.

Au fond, s’il fallait retenir un aspect positif du prélèvement à la source, ce serait pour les chômeurs qui se sont trouvés en grande difficulté pour payer l’impôt qui était calculé sur leur salaire de l’année précédente. Il en est de même lors du départ à la retraite avec la baisse des revenus correspondants. Mais au-delà de ces situations, l’intérêt d’une telle réforme paraît bien mince. Le prélèvement mensuel adopté par 7 Français sur 10 répondait au problème du décalage dans le temps de l’impôt sur le revenu. J’en suis à me demander si cette réforme ne va pas servir à rendre moins visible une augmentation de l’impôt et de faire payer plus d’impôts aux ménages modestes et moyens, qui déjà n’en peuvent plus. Une vraie réforme aurait été celle d’un impôt rénové, réellement progressif, prenant en compte la capacité contributive de chacun.

Pour l’heure le temps presse. Une décision devrait être prise afin que des millions de salarié-e-s et de retraité-e-s ne connaissent pas la galère, pendant 8 mois. Intervenons, mobilisons-nous, partageons l’information. Exigeons de Macron et du gouvernement qu’ils revoient leur copie. Il y a urgence !

Robert Clément

jeudi 12 avril 2018

Communiqué unitaire contre la répression dans les universités

Après que des interventions policières aient eu lieu sur plusieurs universités, comme Strasbourg ou Bordeaux, pour déloger les blocages et les occupations mis en place par le mouvement étudiant, les incidents qui se sont produits ces derniers jours à Lille et à Nanterre démontrent un saut dans la politique répressive du gouvernement d’Emmanuel Macron contre la jeunesse. A Nanterre, après avoir été agressés à l’intérieur du bâtiment où ils organisaient une assemblée générale, 6 étudiants ont été mis en garde à vue, et trois déférés en Justice. Au moment même où, dans cette fac qui a vu naître le mouvement du 22 mars, on commémore le cinquantenaire de mai 68, les CRS ont ordre de matraquer et d'arrêter des étudiants pour le simple fait de s’organiser…

Par ailleurs, suite à l’appel à une intervention policière sur Tolbiac par son président, nous alertons sur la menace d'une décision du gouvernement d'évacuer par la force dans les prochains jours l’ensemble des occupations et blocages d’université. Nous affirmons notre rejet le plus absolu de cette politique autoritaire qui cherche à étouffer sous les coups la contestation bien réelle qui émerge, dans les universités, dans les gares et bien ailleurs. Notre solidarité est du côté de cette jeunesse qui se bat pour une université ouverte à toutes et tous et qui fait face à la violence de l’Etat et de bandes d’extrême-droite, comme cela a été le cas à Montpellier sans grande réaction du pouvoir en place. Nous serons à leurs côtés pour défendre leur droit de manifester et de s’organiser, ainsi que pour dénoncer toute forme de répression contre les étudiants et le mouvement social plus en général.

Alternative Libertaire (AL), Ensemble, Gauche Démocratique et Sociale (GDS), Génération.s, Europe Ecologie – Les Verts (EE-LV), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste Français (PCF), Parti Communiste Ouvrier de France (PCOF), Parti de Gauche (PG), République et Socialisme (R&S), Nouvelle Donne.


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