LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 12 décembre 2017


À l’invitation de l’Association pour la Sauvegarde du Village de Romainville (ASVR) Côté Est, notre ami Guy Auzolles nous a présenté son nouvel essai sur l’histoire de Romainville. Rassemblés autour d’une maquette représentant le village du 18ème siècle, les participants ont été vivement intéressés par cette histoire vue – cette fois-ci du côté -  de la « France d’en bas.
La vie de ces laboureurs, vignerons, mais aussi journaliers et domestiques sous l’ancien régime. En un temps où, au moyen de leurs cahiers de doléances, ils demandaient la suppression de la fameuse gabelle. « Cet impôt sur le sel, un produit de première nécessité…Personne n’en use plus que le pauvre, et qui peut seul donner du goût à l’eau dont il fait sa mauvaise soupe, unique aliment de ce malheureux… » En un temps où ils réclamaient l’abolition de la milice forcée qui condamnait le malchanceux qui avait tiré le billet noir à être éloigné de son village pendant des années… ils ne supportaient pas non plus les dégâts que causaient à leurs champs et à leurs vignes les pigeons du seigneur…
 Mais ils étaient tous très attachés à ce riche terroir romainvillois qui fera vivre encore des générations de paysans durant des décennies, et dont demeure, dans le centre-ville des traces, qu’il faut absolument protéger.


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" L'alibi de la finance verte ", l'éditorial de Sébastien Crépel dans l'Humanité de ce jour !


J’ai fait un rêve, dira peut-être ce soir Emmanuel Macron. Celui d’un monde où la finance n’est plus « l’adversaire », comme un certain futur président de la République l’avait en son temps désignée avant de se mettre à son service, mais l’amie de la planète et de ses habitants. Le rêve d’un capitalisme enfin réconcilié avec les hommes te leur environnement, où l’argent continue certes de couler à flots pour permettre aux fortunes de s’amasser – c’est la nature même du capitalisme – mais pour le bien commun. Ce rêve a un nom : la finance verte.

Dans la compétition impitoyable propre au monde de la finance, même rhabillée aux couleurs de l’écologie, Emmanuel Macron fait un autre rêve : celui de faire de la place de Paris le « leader international du secteur. Le sommet international organisé aujourd’hui à l’Île Seguin vise à montrer ce leadership auquel prétend la France. Du rêve de puissance du – tout Paris de la finance à l’illusion d’un capitalisme propre : il n’y a qu’un pas que la finance verte comble en forme d’alibi. Car la marché des obligations dites vertes a beau être en pleine croissance, 99,9% du marché obligataire mondial pèse 100 000 milliards  de dollars, restent celui des obligations traditionnelles qui n’ont que faire d’un monde plus propre, constate un rapport d’Attac. Ensuite parce que les investisseurs qui se targuent de miser sur la finance verte sont loin d’être regardants sur l’impact écologique réel des projets qu’ils soutiennent. Dès lors, le label sert surtout à repeindre à peu de frais une finance qui n’a de verte que le nom.


C’est la rentabilité et non l’éco-responsabilité qui guide aujourd’hui les choix financiers. C’est cela qu’il faut changer. Cela veut dire non pas attendre que le capitalisme s’écroule, mais à commencer à la transformer de l’intérieur en se battant pour d’autres critères de gestion des entreprises et une autre politique d’investissement et du crédit, comme la disparition récente de l’économiste communiste Paul Boccara est l’occasion de le rappeler.

lundi 11 décembre 2017

Ménard et l'apologie du féminicide : " une campagne abominable "


Robert Ménard, le maire d'extrême-droite de Béziers, vient de lancer une campagne d'affichage sur les murs de la ville ainsi que sur les réseaux sociaux. Dans le but de réclamer l'arrivée du TGV dans la ville, il met en scène des situations qui se veulent comiques.


Une des affiches représente ainsi une jeune femme ligotée sur les rails d'un chemin de fer, alors qu'un train à vapeur s'apprête à la percuter, avec écrit « avec le TGV, elle aurait moins souffert ! ». Comment ne pas faire le lien avec le meurtre d'Emilie, cette femme de 34 ans, mère de 4 enfants, assassinée en juin dernier par son mari en l'attachant aux rails ?

Deux semaines après la journée internationale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes, le 25 novembre, des responsables politiques se permettent de tourner en dérision et de diminuer la gravité de féminicides. Doit-on rappeler qu'aujourd'hui encore, en 2017, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint en France ?

Cette campagne abominable doit alerter chaque citoyenne et citoyen, chaque responsable politique. En se moquant de femmes assassinées en raison de leur genre, Ménard diffuse l'idée que les féminicides ne sont pas un sujet sérieux et grave, et les encourage.
Le gouvernement ne doit-il pas enclencher une procédure de révocation de Robert Ménard ?

Le PCF demande de plus que ces affiches soient retirées et que des sanctions soient prises contre les élu.e.s qui encouragent des affichages sexistes.

" La faute d'Oslo ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


Ce n’est pas une erreur, c’est une faute. La France, à la suite de la Grande-Bretagne et des États-Unis, ne s’est pas fait représenter, comme il est d’usage, par son ambassadeur lors de la remise du prix Nobel de la paix, hier, à Oslo. Elle n’a dépêché qu’un diplomate de second rang. Emmanuel Macron a ainsi affirmé son hostilité aux lauréats, les militants de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, et à leur cause. Venant de Donald Trump, le geste allait de soi, le président américain, ne cessant de jouer avec le bouton du feu atomique, lors de ses chamailleries avec le tyran nord-coréen. Theresa May ose si peu se distinguer de son puissant tuteur que son alignement ne surprend pas. Mais la France !

Pouvons-nous oublier le docteur Folamour, alors que la Maison-Blanche est agitée par de folles pulsions ? Des armements monstrueux, tapis dans des abris ou glissant dans les abysses, continuent à faire peser le péril extrême sur la planète. Ils n’ont même plus la justification de l’équilibre de la terreur qu’on nous rabâchait au temps de la guerre froide. Ils alimentent, en revanche, la course de régimes aventureux qui souhaitent s’en doter à leur tour. Ces 15 000 ogives nucléaires font peser un risque inutile et coûteux sur notre avenir. Qui leur prêterait la moindre efficacité face au terrorisme ? Qui croit encore qu’elles pourraient peser en faveur d’une paix juste au Proche-Orient, pour résoudre des conflits sanglants du Yémen ou du Congo ?


La sécurité collective exige d’entamer de nouveaux processus de désarmement nucléaire. Pour les générations à venir, pour nous et tous ces spectres, cette « procession des fantômes », les membres en lambeaux, les yeux énucléés ou encore les intestins sortant des estomacs béants, qu’a décrite la rescapée d’Hiroshima qui a reçu les prix. Dommage que le président de la République n’ait pas eu cette hauteur, celle de « l’avenir au bien » pour lequel plaidait Elsa Triolet dans le Cheval roux, roman d’une terre dévastée par le feu atomique.

vendredi 8 décembre 2017

" Aux citoyens du monde ", l'éditorial de Maurice Ulrich dans l'Humanité de ce jour !


Le pyromane planétaire installé à la Maison-Blanche semble pratiquer une politique de la terre brûlée. L’Amérique d’abord, quitte à ce qu’il ne reste que des ruines. Ce n’est pas une exagération. La décision annoncée hier d’installer l’ambassade américaine à Jérusalem, désignant ainsi la ville comme capitale d’Israël, est contraire à toutes les résolutions de l’ONU depuis 1947 ; elle est non seulement condamnée ou jugée « regrettable » par la quasi-totalité des nations, dont la France, mais elle est criminelle. Déjà des heurts ont eu lieu en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza. Le Hamas parle de « trois jours de colère », le Fatah appelle à des protestations, en espérant qu’elles resteront pacifiques. À l’occupation illégale de Jérusalem-Est s’ajoute donc, avec la décision américaine, une véritable usurpation de la ville symbole des trois monothéismes, dont 36% de la population est arabe et musulmane.


C’est une provocation pour tous les musulmans, quand bien même les États-Unis jouent la carte actuellement d’un rapprochement entre Israël et l’Arabie saoudite contre l’Iran. Cette partie du monde est une poudrière. Mais Donald Trump n’en a cure, qui prétend répondre à la volonté du peuple américain. On imagine mal, même chez ceux qui l’ont élu, que tous soient vraiment au fait des enjeux dans cette région dont ils ont en général, c’est un fait, une représentation assez imprécise. Qu’importe dès lors qu’il s’agit de démagogie. Cette nouvelle escalade dans le cirque mortifère de la Trumperie s’ajoute à la décision de rompre l’accord sur le nucléaire difficilement conclu avec l’Iran. Elle s’ajoute aux vociférations proférées pendant le bras de fer avec la Corée du Nord. Elle s’ajoute au retrait des accords sur le climat, tout aussi dangereux pour la planète. La condamnation internationale ne peut en rester à des « regrets, comme ceux d’Emanuel Macron. Elle doit être déterminée, proclamée avec force par l’ONU et sortir du cercle de la diplomatie pour devenir l’affaire des citoyens du monde.


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