LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mercredi 9 octobre 2019

« Un impôt unitaire sur les multinationales », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Un songe creux. La taxation des multinationales à un taux commun à l’échelle mondiale était dénoncée comme une utopie par les apôtres du libéralisme. Ainsi prenaient-ils leurs souhaits pour une nécessité. Désormais, 130 pays sont réunis par l’OCDE pour établir un système qui évite le jeu de bonneteau planétaire qui permet aux grands groupes de déclarer leurs profits là où ils ne sont guère taxés. Un tel dumping fiscal a des conséquences sévères sur les possibilités de conduire des politiques de progrès.

Ces discussions sur une imposition mondiale ne garantissent pas que la solution adoptée sera la meilleure. Les États-Unis de Donald Trump s’agitent en coulisses pour que le taux soit le plus minime possible. D’autres États prônent la possibilité « d’arrangements nationaux ». Déjà, les taux affichés par les pays européens n’ont rien à voir avec les taux réels, montre une étude de l’ONG Orbis. Ainsi, l’impôt des sociétés est théoriquement de 29% au Luxembourg, mais en fait de 2% pour les multinationales. La France affiche un taux de 33%, mais pratique 17%, la Belgique 25%, mais en réalité de 14%... Certains essaient d’exclure de la taxation unitaire une partie des profits réalisés. Les pays riches veulent priver les pays les plus pauvres d’un juste retour des fruits de leur travail.

Les hommes en noir qui peuplent les alentours des géants de la finance ont l’art et la manière de marginaliser l’intérêt collectif dans des méandres juridiques. Mais le débat est désormais sur la table et ne peut plus être traité comme une illusion. Il appartient aux syndicalistes, aux militants associatifs, aux responsables politiques progressistes de s’emparer de ce sujet dans chacun de leur pays et dans tous les pays, pour que le rapport de forces ne soit plus favorable au capital. Une tâche gigantesque face à des géants mais qui s’entame désormais. À suivre de très près.

mardi 8 octobre 2019

Stoppons la criminelle invasion turque contre le Kurdistan syrien



Après plusieurs mois de menaces, d'intimidations et de bruits de botte, la Turquie annonce, avec l'assentiment de D. Trump, une nouvelle offensive criminelle contre le Kurdistan de Syrie. Le Rojava a proclamé son autonomie lors du soulèvement populaire de 2011 mettant en œuvre des expérimentations démocratiques, pacifistes, féministes et anticapitalistes.

 Les Kurdes de Syrie avec les forces arabes ont aussi constitué la principale force armée, alliée de la coalition internationale, pour lutter contre l'Etat islamique.

La Turquie d'Erdogan ne pouvait l'accepter, elle qui impose une chape de plomb dictatoriale sur son peuple et n'a de cesse de briser les aspirations à vivre libre du peuple kurde.

La Turquie d'Erdogan a pour cela apporté son soutien aux organisations islamistes et s'est engagée dans une politique d'extension territoriale en Syrie et en Irak. Cette agression qui se prépare, sans aucune légalité internationale, aura des conséquences dramatiques:
·    Sans nul doute, les troupes turques et leurs supplétifs vont se livrer, des pillages, des destructions et commettre des crimes contre les droits humains comme ce fut le cas à Afrin.
·        Ankara entend opérer un nettoyage ethnique pour chasser les kurdes de leurs terres comme elle l'a déjà fait avec les Arméniens.
·        Elle ouvre un nouveau foyer de guerre qui renforcera l’État islamique.
·        Aux abois dans son propre pays, sanctionné par ses électeurs R.T. Erdogan se lance dans une fuite guerrière afin de coaliser un électorat ultra-nationaliste.

Le Parti communiste français condamne solennellement l'invasion qui se prépare et appelle le gouvernement de la France à saisir en urgence le Conseil de sécurité. Les Kurdes doivent être placés sous protection internationale pour éviter de criminels massacres alors qu'ils incarnent la paix et la démocratie au Moyen-Orient. Le PCF s'associe à toutes les initiatives de solidarité.



« Coup de poignard », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



C’est d’abord un coup de poignard dans le dos et une trahison comme il y en eut quelques-unes dans l’histoire, aux conséquences dramatiques. La décision de retrait des forces spéciales américaines de Syrie, annoncée dimanche soir par Donald Trump, a pour conséquence immédiate de livrer les forces syriennes kurdes à la Turquie. Pour le président turc, Erdogan, et alors même que ce sont ces forces qui, avec un courage et une détermination exceptionnelle, dont ont témoigné des reportages évoquant notamment le rôle des combattantes, ont fait face à l’« État islamique », les Kurdes sont des terroristes qu’il faut éliminer par tous les moyens, à l’intérieur comme en Syrie. On sait que, question moyens, il ne recule devant rien, comme l’a amplement montré la répression après le coup d’État avorté de 2016.

Mais la décision du président américain a encore d’autres conséquences. Elle ouvre la voie à un regain de combativité de Daech, alors même que la guerre contre le fanatisme destructeur semblait désormais largement gagnée. Elle annonce une nouvelle déstabilisation de la région, en redonnant du champ aussi bien à Bachar Al Assad qu’à l’Iran. On peut se demander si tel n’est pas le but recherché pour créer les conditions d’un affrontement, en spéculant cyniquement sur un nouvel embrasement de la région.

Dans le même temps, Donald Trump, empêtré dans ses affaires de connivence avec des puissances étrangères, entend sans doute faire diversion en signifiant ainsi que seuls les intérêts américains comptent pour lui. Sa décision fait des remous aux États-Unis, y compris chez les républicains, dont certains proches du président. L’ONU, par la voix de l’un de ses porte-parole lors d’une conférence de presse, a déclaré « se préparer au pire ». En France, pour le moment, seul le ministre des Affaires étrangères a réagi en invitant la Turquie à éviter « toute initiative unilatérale », mais sans rien dire sur la décision de Trump. Une prudence qui n’est pas sans rappeler un dénommé Ponce Pilate, voire un certain esprit « munichois ».

lundi 7 octobre 2019

« La course à l’échalote », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Les enchères sont ouvertes. Depuis que le commissaire-priseur Macron les a lancées, « Les Républicains suivent la mise du Front national et en rajoutent sur l’exclusion des immigrés. Mais LaREM garde toutes ses chances, évoquant un durcissement des critères d’asile, la suppression ou la limitation de l’aide médicale d’État ou la fin du regroupement familial. Le débat sur l’immigration imposé par le président de la République confirme qu’il n’avait pour seul but d’occulter la question sociale qui le gêne. L’Élysée ne l’a nullement conçu comme la réédition de l’affrontement avec les thèmes haineux du Rassemblement national. L’épisode est envisagé comme un exercice de « triangulation », une synthèse avec les thèses du rejet qui priverait l’extrême droite de l’exclusivité sur le sujet. La risque est immense de déporter la société française loin de l’accueil et la fraternité, qui figure au fronton de nos bâtiments publics. Et de rapprocher notre pays des régimes nationaux-populistes qui gagnent des positions en Europe.

Emmanuel Macron a résumé son objectif : « ne pas être un pays trop attractif ». Déjà les étudiants étrangers en font les frais avec une hausse spectaculaire du tarif des inscriptions dans nos universités. Les expulsions seraient multipliées et accélérées, le chef de l’État jugeant que « nous reconduisons beaucoup trop peu » les déboutés du droit d’asile et les sans-papiers. Tout cela serait destiné à complaire aux classes populaires, qu’il juge, en leader d’un « parti bourgeois », acquises au racisme et à l’extrême droite.

Dès aujourd’hui, nous allons en entendre de belles à l’Assemblée nationale. Marine Le Pen bénéficiera d’un bonus de temps de parole grâce à un député de la majorité présidentielle qui le lui a offert. Grosse ficelle pour tendre un collet. Foin des chiffres et des réalités ! La droite dans ses différentes variantes entend jouer sur des peurs et des frustrations. Accepter cette course à l’échalote, une main au col, l’autre au fond de pantalon, nous garantirait le pire.

vendredi 4 octobre 2019

« Meurtres à la préfecture de police », l’éditorial de Patrick Apel-Muller dans l’Humanité de ce jour !



Le lieu même de la tragédie en décuple l’impact. La préfecture de police de Paris, dans l’île de la Cité, paraît à l’abri du meurtre. Les femmes et les hommes qui y travaillent poursuivent le crime et ses auteurs. La quadruple meurtre commis par un des leurs fragilise l’institution et suscite des frissons. S’il est trop tôt pour que les motivations de l’assassin soient établies avec certitude, tout exclut, pour l’heure, l’hypothèse terroriste.

Une étude de l’administration états-unienne du travail, parue début septembre, revient en mémoire. Outre-Atlantique, le meurtre constitue la troisième cause de mortalité au travail, après les chutes fatales et les accidents de la route. Déception amoureuse, promotions ou augmentations désirées et refusées, découverte d’une fraude ou d’une escroquerie sont les motifs invoqués de ces crimes commis surtout à l’aide d’armes à feu ou d’armes blanches.

On se tue beaucoup aux États-Unis. Sans doute… Mais le massacre, hier, à Paris semble nous en rapprocher. Narcissisme pathologique ? Déséquilibre psychiatrique ? Vraisemblablement. Cependant, le drame conduit aussi à interroger la montée de la violence dans les rapports professionnels, la déshumanisation qui accompagne la productivité à outrance, la trop fréquente perte de sens du travail. La brutalité de la société marginalise le débat dans les rapports sociaux et réduit les parcours professionnels à des responsabilités individuelles. Avec des chocs en retour dévastateurs.

Est-ce de ces conséquences de la brutalité dont souffrait cet employé administratif ? Rien ne le dit, à notre connaissance. Mais la tragédie intervient alors que des milliers de policiers ont exprimé la veille malaise et mal-être en défilant dans la rue lors d’une marche de la colère. Ne mélangeons pas tout. Mais ne séparons pas tout.




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