LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 5 décembre 2017

" L'impasse nationaliste ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


La droite incarnait le clanisme et « la terre des seigneurs » et les radicaux de gauche les scandales à répétition. Ils sortent laminés au terme de quatre séquences électorales qui ont vu les nationalistes l’emporter à la mairie de Bastia, aux élections régionales, aux législatives où ils ont réalisé le petit chelem et dimanche pour désigner la collectivité régionale unique. Ces derniers sont parvenus à mobiliser une obsession identitaire qui a dépossédé le Front national de son fonds de commerce, a dépouillé LREM et son vernis de nouveauté, et qui a détourné l’attention des vives difficultés sociales qui meurtrissent l’Île de beauté. La liste Corse Insoumise/PCF le paie lourdement puisqu’elle n’aura plus d’élus, ce qui privera toute la gauche de représentants dans l’Assemblée.

Cette crise politique aiguë n’est pas terminée. Le gouvernement devra demain négocier  avec ces autonomistes investis d’une légitimité démocratique, même si près de la moitié des électeurs corses se sont abstenus. Mais le nouvel exécutif pourra – t- il doter l’Île  d’une véritable dynamique sociale, alors que tout l’incline au libéralisme et que les députés autonomistes marquent leur penchant pour la politique d’Emmanuel Macron ? Si les lendemains déchantent, vers quelle surenchère indépendantiste sera portée vers cette alliance nationaliste, jusqu’à mettre en cause « la République une et indivisible » et s’identifier au fédéralisme européen de la concurrence libre et non faussée ? Ceux qui applaudissent Gilles Simeoni devraient se méfier de la tambouille où ils plantent leur cuillère.


La Corse a besoin de progrès social, de respect, de droits, d’essor culturel. Elle les a toujours arrachés en apportant à la République. Demain, elle ne fera pas l’économie de ce chemin.

lundi 4 décembre 2017

Election en Corse : réaction du PCF


Déclaration du Comité exécutif national du PCF

Les résultats du premier tour de l’élection territoriale en Corse sont très inquiétants pour la Corse elle-même. Ils mettent en évidence une crise politique dont l’abstention est révélatrice.
Un électeur sur deux ne s’est pas rendu aux urnes et c’est encore plus marquant dans les bureaux de vote des quartiers populaires des grandes villes de Bastia et d’Ajaccio, où l’abstention dépasse souvent les 60 %.
La réforme institutionnelle de la Collectivité, imposée aux Corses sans consultation par référendum reçoit en ce sens un cinglant désaveu.
A ce déni de démocratie, s’ajoute, pour ce troisième scrutin de l’année, le sentiment que les difficultés de la vie quotidienne, auxquelles une grande majorité d’entre eux est confrontée, ne font que s’accentuer.
La cherté de la vie, la pénurie de logements sociaux, les bas salaires, le chômage, la pauvreté et la précarité ont été évacués de cette campagne électorale. De même, il n’a jamais été question des compétences qui seront exercées prochainement par les élus de cette nouvelle collectivité dotée d’importantes compétences et concentrant tous les pouvoirs non régaliens.
En revanche, il est déjà question, côté nationaliste, d’engager avec le gouvernement une négociation en vue d’une nouvelle étape institutionnelle pour, cette fois-ci, changer radicalement le rapport de la Corse à la République.
Cela interpelle d’autant plus que la référence au fédéralisme européen, voire à l’autodétermination dans les dix ans est régulièrement avancée sans se soucier de la concurrence exacerbée entre les territoires que cette option suppose dans un cadre toujours plus libéral.
Or, il est évident que pour la Corse, région métropolitaine la plus pauvre, cette fuite en avant, tout en affaiblissant l’expression de la solidarité nationale dont elle a besoin, sera désastreuse.
Dans ce contexte, il n’y aura plus aucun élu pour porter dans cet hémicycle de la Collectivité unique de Corse une alternative de gauche, antilibérale et écologique, malgré une belle campagne menée par les militantes et les militants de la Corse Insoumise, du Parti communiste français, de la Manca Alternativa et d’Ensemble.
En rassemblant 6788 suffrages, 660 de moins qu’en 2015 pour la liste PCF-FdG, cette liste, la seule de gauche (FI, PS, PRG, EELV ayant jeté l'éponge avant de mener le combat) n’est pas parvenue avec 5,7 % à franchir la barre des 7 %, indispensable pour qu’elle puisse être maintenue.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, plusieurs voix sur le continent se sont félicitées de cette disparition, dont des responsables politiques de gauche qui ne présentaient pas de candidat. C’est une analyse à courte vue, dont le patronat local pourra se satisfaire tant il est vrai que sa domination économique et sociale n’était contestée jusqu’ici que par les élus régionaux communistes.
Ce deuxième tour pourrait donc voir se réaliser une fusion des listes de droite, "macroniste" incluse, sans que cela ne vienne contrarier la victoire, non moins libérale, des listes nationalistes impatientes d’engager un bras de fer avec Paris au bénéfice de leurs résultats pour obtenir un nouveau statut.
Dans ces conditions, ce scrutin ne pouvant être considéré comme un blanc-seing, il faudra en préalable à toute discussion de ce type donner la parole aux Corses.
Le Parti communiste français apporte, toute sa solidarité aux corses et renouvelle toute son amitié aux colistier.e.s et militant.e.s de la liste « l’Avenir, la Corse en commun, l’Avvene, a Corsica in cumunu », soutenue par la Corse insoumise, le Parti communiste français, Manca alternativa/Ensemble.

Paris le 4 décembre 2017

vendredi 1 décembre 2017

« Plus que jamais unir contre le racisme », par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF


Après les accusations d'antisémitisme à l'encontre des militants du droit et de la paix.
Plus que jamais unir contre le racisme », par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

" Des responsables politiques français et du gouvernement israélien nous accusent, à mots plus ou moins couverts, de soutien au terrorisme et d’antisémitisme pour tenter de disqualifier le combat que nous menons pour une paix juste et durable en Palestine. C’est ignoble.

Je veux redire quelques faits essentiels. D’abord sur la motivation profonde de notre combat, qui n’est autre que le respect des droits du peuple palestinien à vivre en paix, dans un État souverain aux côtés de l’État d’Israël. Ce que l’on nomme conflit « israélo-palestinien » n’est pas un conflit religieux, mais un conflit politique et colonial, dramatiquement aggravé par la politique de Benyamin Netanyahou. Ses efforts continus et celui de son gouvernement pour la colonisation montrent qu’ils ont abandonné tout objectif de processus de paix. La colonisation des territoires, amplifiée depuis l’élection de Donald Trump, au mépris du droit international et de toutes les résolutions de l’ONU, est pour Netanyahou la principale arme de destruction massive de tout processus de paix visant la construction de deux États, Israël et Palestine, vivant en paix. Ce qu’ils visent à travers la négation des droits des Palestiniens et à travers leurs visées racistes et destructrices, est un État ségrégué, non plus laïc et démocratique, qui serait une grave impasse pour l’État d’Israël lui-même.

Ce conflit colonial s’enracine dans les décombres d’autres conflits coloniaux plus anciens, hérités des ruines de l’Empire ottoman dépecé par les puissances impérialistes britannique, française et étatsunienne, qui, depuis cent ans, veulent forger le Proche et Moyen-Orient, ses frontières intérieures, l’organisation sociale de ses peuples, à l’aune de ses intérêts. Ces puissances impérialistes, et d’autres aujourd’hui, s’appuient sur des forces nationalistes ou obscurantistes, des puissances régionales émergentes, quitte à les renforcer contre les forces démocratiques.
Le Liban, l’Irak, la Syrie…les peuples kurde et palestinien, plus loin l’Afghanistan, en sont les plus grands perdants, plongés dans des guerres dévastatrices, des années de terreur, de pillage des ressources et d’humiliations.

Notre engagement est donc d’abord celui pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, pour l’émergence d’une solution à deux États souverains, laïcs et démocratiques. Ce combat est d’abord un engagement pour le respect du droit international, des droits humains fondamentaux et pour l’égalité. Notre engagement, à nous communistes, ici en France, est un engagement pour la justice, le droit et la paix.
Ensuite, sur les ignobles accusations d’antisémitisme, je veux redire clairement que je les ressens comme une insulte personnelle inacceptable, que nous les ressentons comme une insulte et une blessure indignes de l’histoire de notre parti. Les propos tenus qui nous taxent d’antisémites cherchent à discréditer quiconque s’oppose à la politique coloniale et discriminatoire de B. Netanyahou.

Pour nous, le PCF, l’existence d’Israël n’est évidemment pas en cause, c’est la non-reconnaissance de l’État palestinien. Pour nous, la lutte contre l’antisémitisme et la solidarité avec la lutte contre l’occupation coloniale des territoires palestiniens ne sont pas des combats contradictoires. Mais un même engagement pour le respect des droits humains fondamentaux.
Comme des générations de communistes qui nous ont précédés, nous sommes de ceux qui refusent de concéder tout terrain à la haine du judaïsme et des juifs dans notre pays. L’antisémitisme est un fléau, un délit, qui peut devenir, l’histoire l’a montré, le moteur d’un indicible crime contre l’humanité.
Nous l’avons combattu hier pour libérer notre pays du nazisme hitlérien, nous le combattons aujourd’hui et le combattrons demain avec la même détermination.

Depuis des siècles la haine des juifs fait des ravages dans notre pays. Mais cette haine trouve face à elle une conception de la nation née en 1791  avec la reconnaissance de la citoyenneté française à tout individu né sur son sol indépendamment de sa religion. À différentes reprises dans notre histoire, de Napoléon à Pétain, ce droit fondamental a été bafoué. Nous devons rester mobilisés contre les résurgences de l’antisémitisme qui est au fond le même racisme que celui qui frappe nos concitoyens musulmans.

Au nom de la République laïque que nous défendons, nous combattrons sans relâche ceux qui veulent faire du judaïsme ou de l’islam, l’un et l’autre, ou de toute autre religion, des soi-disant « corps étrangers ». Toute violence faite aux croyants, et faite à ceux d’entre nous qui sont juifs, ou à ceux d’entre nous qui sont musulmans, demeure pour nous un affront fait à tous.

Nous refusons toute banalisation de l’antisémitisme, de la haine de l’islam ou de toute croyance, de toute culture ou origine, comme nous refusons de hiérarchiser les racismes, xénophobies, atteintes à la dignité, les discriminations dont chacune et chacun d’entre nous peut être le cible.

Nous combattrons cette conception monolithique infondée qui hiérarchise les êtres humains, qui reste hermétique aux réalités sociales, aux processus historiques qui font qui font que les cultures se reforment sans cesse au contact les unes des autres. Il y a  quelque chose de morbide chez ceux qui croient que la culture n’est que tradition, alors qu’elle n’est qu’invention.

Nombreux dans nos rangs ont été, depuis la création du PCF, aux côtés de générations de militants qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas, comme disait Aragon, des militants de toutes croyances qui s’engagèrent pour que la France soit une communauté de femmes et d’hommes libres et égaux, pour la justice sociale et contre l’exploitation et les dominations. Pendant la Résistance, c’est d’abord dans nos rangs que, Français, immigrés juifs d’Europe centrale, républicains espagnols, immigrés d’Afrique du Nord et d’ailleurs, elles et ils s’engagèrent pour libérer la France et réinstaurer une démocratie, notre République. L’antiracisme nous a construits, et a construit le meilleur pour la France. Nous sommes fidèles à notre histoire.

L’heure n’est pas à élever des murs qui se retourneront contre tous. Il y a quelques jours, 60 000 militants d’extrême droite ont défilé bras tendus en Pologne contre l’islam, contre les migrants, tandis que des milliers meurent en Méditerranée, croupissent dans des camps en Hongrie, ou sont réduits en esclavage en Libye. Ces mêmes 60 000 néonazis défileront peut-être demain, brandissant la haine des juifs comme leurs grands-pères le firent dans les années 1930 et 1940.

Face à ces dangers nous voulons plus que jamais unir contre le racisme et pour le respect des droits humains pour tous. Et aucune haine ne nous détournera de ce combat, en France, en Europe, en Israël et en Palestine, comme partout ailleurs dans le monde ".

Journée mondiale conte le SIDA : " combattre les discriminations touchant les personnes séropositives "


Le sida tue aujourd'hui encore, que ce soit dans le monde ou en France.

Malgré des avancées certaines (PrEP qui se généralise, meilleure prise en charge et conditions de vie des personnes séropositives, ouverture d'une salle de consommation de drogues à moindre risque à Paris, levée de l'interdiction des soins funéraires pour les décès de personnes séropositives, ...), il reste beaucoup à faire.

Les réductions de TVA sur les autotests ne suffisent pas : dans une atmosphère d'austérité écrasante, nous sommes clairement inquiet-es que les recommandations reconnues de santé publique puissent un jour ne plus être accessibles à tou-te-s, notamment à cause des réductions des services de soins et des politiques de prévention. Nous avons de sérieuses inquiétudes sur la capacité de notre système de santé à assurer la recommandation de la Haute Autorité de la Santé d'un dépistage VIH tous les trois mois chez les HSH, surtout dans les localités de plus en plus nombreuses touchées par la désertification médicale.

Les discriminations touchant les personnes séropositives doivent être combattues dans la pratique, notamment concernant les soins funéraires, l'accès aux soins et l'accès aux services de banque et assurance via un droit à l'oubli de l'état de santé.
On doit également mieux prendre en charge les personnes migrantes arrivant sur notre territoire et abonder au budget de la solidarité internationale pour sensibiliser et réduire l'étendue de la maladie.

Ce vendredi 1er décembre est la journée mondiale de lutte contre le sida.
Nous appelons tout le monde à rejoindre les marches organisées un peu partout en France, et notamment celle de Paris qui partira de la place de la République à 18h00.
Venez avec vos drapeaux, vos badges... Mais surtout avec l'envie d'enfin en finir avec ce fléau !

" Valeur du travail, l'éditorial de Michel Guilloux dans l'Humanité de ce jour !


Ils ont été élus sur la « valeur travail », « mon adversaire c’est la finance » ou la promesse de la « réconciliation d’une politique de compétitivité et d’une politique de justice sociale » : de Nicolas Sarkozy à François Hollande, puis à Emmanuel Macron, présent un peu à toutes les époques, le dossier Alstom, concernant trois filières majeures et de haute technologie – navale, énergie et transport – a vu un État servir l’ami Bouygues et des fleurons passer ou près de le faire dans les poches de deux multinationales américaine ou allemande. On comprend que l’actuel titulaire du fauteuil élyséen n’ait pas créé de ministère de l’Industrie. La question n’est pas entre « ancienne » et « nouvelle » économie : la seule gagnante, c’est la finance.

Sous pression de ses fonds rapaces actionnaires, General Electric menace l’emploi et les savoir-faire au nom des dividendes à verser. En 2015, l’État devait « veiller à l’emploi » et le groupe en créer 1000. Aujourd’hui, le solde est négatif de près de 600… C’est aussi ce qui est en train de se passer outre – Rhin avec Siemens, où l’on voit que l’opposition finance –industrie dans la capitalisme allemand, a bien vécu, elle aussi. Alstom a un carnet de commandes plein. Ses comptes débordent de centaines de millions de liquidités et de profits. En termes de progrès relevant les défis énergétiques et environnementaux, un seul exemple : il a mis les bouchées doubles dans les sites d’Ornans, de Tarbes, d’Allemagne et de République tchèque pour livrer un train d’avenir carburant à…l’hydrogène. De quoi susciter bien des convoitises et de nouveaux gâchis, à laisser faire.


Syndicalistes et élus ont donc toute légitimité à contester la braderie. Le député du Nord, Fabien Roussel (PCF) a reçu à l’Assemblée les représentants des salariés de 14 entreprises du ferroviaire. Une commission d’enquête parlementaire sur la « politique industrielle » est en cours. Les uns ont des projets d’activité ambitieux. Les autres veulent les relayer et donner une dimension nationale à l’affaire. En jouant l’opacité à tout prix, le gouvernement leur donne raison.


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