LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

dimanche 7 mai 2017

Election présidentielle : 2e tour : Déclaration de Pierre Laurent


Ce soir, la candidate du Front national n'est pas élue. C'est un soulagement ! Une large majorité d’électrices et d’électeurs n’a pas voulu porter à la tête de l’Etat ses idées de haine et de division, son projet raciste et xénophobe, sa politique violemment discriminatoire, libérale et guerrière.
Nous, communistes, sommes fiers d'avoir œuvré avec clarté à cette défaite, car nous savons qu'elle continue à menacer la République et son unité.
Nous n'en voulons à aucun prix, ni aujourd'hui, ni demain.
Mais ce soir, notre coeur  n'est pas à la fête. Notre pays vit des heures graves. Ce second tour est, à nouveau, une très sérieuse alerte pour toutes celles et ceux qui sont attachés à la démocratie et à l'égalité. Marine Le Pen, avec 35 % , obtient 14% de plus qu'au premier tour. C’est le résultat de la banalisation des idées d’extrême droite que nous sommes plus que jamais décidés à combattre. C'est aussi le résultat de décennies d’alternances politiques défavorables aux intérêts populaires, de trahisons et de renoncements des gouvernements successifs. Nous partageons ce soir la profonde colère des millions de personnes qui se sont senties piégées par ce second tour. Piège orchestré par les mécanismes de la Ve République usée et perverse. A l'avenir, nous ne voulons plus être obligés de voter par défaut pour battre l'extrême droite. Nous ne voulons plus la voir aussi haut. Pour cela, il faut construire la victoire d'un vrai changement de politique qui libère la France de la tutelle des marchés financiers, qui proclame « l'humain d'abord » et s'attaque à la domination de la finance en conquérant de nouveaux pouvoirs à tous les niveaux, qui ouvre le chemin d'une nouvelle société de bonheur, de solidarité, de justice, d'écologie, de paix et d’égalité.
Ces choix politiques de progrès, ce n'est pas Emmanuel Macron, candidat des milieux financiers, élu ce soir Président de la République qui les fera. Il veut tout marchandiser dans la société. Son élection est fragile. Les millions d’électeurs qui ont voté Macron ont d'abord voulu barrer la route de l’Elysée à Marine Le Pen. Déjà au premier tour, ils et elles étaient nombreux à voter pour lui par défaut pour éviter un duel entre Fillon et Le Pen. Son projet, très néo-libéral et porteur de graves régressions sociales et démocratiques, est minoritaire dans le pays. Ce qui reste à l'ordre du jour, c'est la construction d'une alternative de transformation sociale, écologique et démocratique à sa politique, et celle d'une nouvelle majorité de gauche pour la porter. Dès demain, et tout au long du quinquennat, les communistes seront mobilisés pour avancer dans cette voie avec toutes celles et ceux qui seront disponibles.
A la casse du Code du Travail qui affaiblirait les droits des travailleurs, nous opposerons une sécurité de l'emploi et de la formation pour éradiquer le chômage et la précarité, en créant de nouveaux pouvoirs dans les entreprises et sur les banques face aux marchés financiers. Au recul du droit à la retraite et à la privatisation de la Sécurité sociale facilitée par la suppression annoncée de cotisations sociales, nous opposerons un plan de défense et de développement de la Sécurité sociale. A la baisse de 60 milliards d’euros des dépenses publiques et à la suppression de 120 000 fonctionnaires, nous opposerons un plan de relance des services publics de proximité dans tous les domaines. Au recours aux ordonnances pour gouverner autoritairement, nous opposerons le respect de la démocratie. Nous serons de tous les combats contre les projets anti-sociaux de Macron, contre les projets ultra-réactionnaires de la droite et de l'extrême-droite.
C'est dans cet esprit que nous voulons conduire les élections législatives des 11 et 18 juin. Le PCF y engage dès ce soir toutes ses forces. Aucune majorité parlementaire n'est acquise pour personne. Notre peuple a une nouvelle chance pour décider de son présent et de son avenir.
Fort du vote de millions de citoyens pour Jean-Luc Mélenchon le 23 avril, avec toutes les forces qui ont soutenu sa candidature et toutes celles qui peuvent se joindre à nous, nous pouvons aller très haut ensemble pour élire à l'Assemblée nationale une forte représentation nationale. Unis, nous pouvons gagner dans de très nombreuses circonscriptions. Désunis, les gains seront limités et cela laisserait la place à des députés « En Marche ! », de droite ou d'extrême droite. Nous avons une grande responsabilité commune devant tous les électeurs de gauche et écologistes. Ils et elles nous demandent de nous unir.
Pour cela, un accord national large, équitable et représentatif, sous une bannière commune qui nous rassemble tous, France insoumise, Parti communiste, Ensemble !, citoyens du Front de gauche est nécessaire. Cela correspond à l'attente et à l'espoir de la majorité des électeurs qui ont porté leurs suffrages le 23 avril sur Jean-Luc Mélenchon. Le Parti communiste est prêt à un tel accord.
Dans tous les cas, ensemble nous pouvons agir pour barrer la route au Front national dans de nombreuses circonscriptions où il peut s'ancrer durablement. Nous pouvons choisir dans chaque circonscription le candidat qui nous donnera les chances maximales de gagner. Nous lançons à nouveau ce soir un appel solennel aux dirigeants politiques de la France insoumise : il n'est pas trop tard pour aboutir à un tel accord national. Et nous restons prêts, si cette ambition n'est pas partagée, à un accord même plus limité. Nous en appelons au dialogue sur tout le territoire dans les heures qui viennent.
Notre parti est engagé dans ces élections avec une ambition : « Faire entrer le peuple à l’Assemblée ». Les candidat-e-s communistes - Front de gauche que nous soutenons dessinent le visage de la France du monde du travail, du privé comme du public, travaillant dans tous les métiers, syndicalistes, citoyen-ne-s engagé-e-s dans leurs territoires, aux diverses origines, jeunes candidatures porteuses d’un renouveau politique ainsi que des femmes et des hommes d’expérience, forts de leur responsabilité d'élu-e local-e.
Avec eux, ce jeudi 11 mai à 19h, Pierre Laurent lancera notre campagne nationale lors d’un grand meeting au gymnase Japy, à Paris.
Soyons forts et unis dès demain pour poursuivre le combat contre l'extrême droite et faire reculer les idées de repli, pour engager dès maintenant la résistance et les projets alternatifs à la politique de casse sociale et d'aggravation de la crise et des inégalités que le nouveau Président compte mettre en œuvre.
Concrétisons ainsi la promesse d'une gauche nouvelle, née dans les urnes le 23 avril.
Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

Paris le 7 mai 2017

vendredi 5 mai 2017

" Des raisons très politiques ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


La haine, les mensonges, la vulgarité…Marien Le Pen a réduit le débat du second tour à une bataille de chiffonniers. Imaginons-là, un instant, à la tête d’un régime qui confère, hélas, d’immenses pouvoirs au président de la République ! avec elle, racisme, répression antisyndicale, libéralisme autoritaire, presse mise au pas…s’additionneraient pour diviser durablement notre peuple. Une bonne raison de voter contre elle dimanche, la première.

Toutes les autres appellent à faire de la politique au sens le plus noble. Depuis des années, les milieux dirigeants jouent aux apprentis sorciers avec le FN, oscillant entre promotion et banalisation, pour installer l’extrême droite en « opposition officielle », commode pour générer le vote utile qui élimine les alternatives progressistes. Réduire Marine Le Pen au score le plus bas possible entravera l’opération. Un haut niveau de son score polariserait le débat entre un capitalisme tricolore sauvage et un capitalisme mondialisé impitoyable, laissant les mains libres aux géants du CAC 40. par ailleurs, plus le FN monte, plus ses idées sinistres infusent parmi les gouvernants. On l’a vue récemment au sujet de la déchéance de nationalité, sur le maintien de l’état d’urgence ou, mercredi soir encore, avec l’annonce par Emmanuel Macron de l’abrogation de la loi Taubira. Si, dans la foulée du scrutin présidentiel, de nombreux frontistes rentraient à l’Assemblée nationale, ils y assourdiraient sous leurs imprécations les protestations populaires.


La majorité des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ont cela en vue, particulièrement les plus jeunes. Communistes, Insoumis, socialistes déçus du quinquennat, écologistes, abstentionnistes d’hier…cette diversité rassemblée peut devenir une force qui fera refluer l’extrême droite et l’extrême marché. Pour peu que cet élan et cette diversité ne soient pas brisés dans des querelles de propriété, qu’ils se saisissent du rendez-vous des législatives et prennent leurs responsabilités dans les luttes qui s’annoncent.

jeudi 4 mai 2017

" Solidarité ", l'éditorial de Paule Masson dans l'Humanité de ce jour !


Au fond, le seul programme du Front national, qui révèle de manière crue les racines xénophobes de tout son projet, c’est la préférence nationale. Sa candidate a beau s’en défendre. Il n’y a rien de républicain dans ce dessein qui précipite le naufrage de la cohésion sociale, tire un trait définitif sur la notion d’égalité, et fait office de politique économique. Après avoir frappé les étrangers, ce règne de discriminations s’en prend aux Français issus de l’immigration, puis aux Français tout court, militants des droits de l’homme, syndicalistes, artistes, démocrates…

Marine Le Pen ne protège pas les « perdants de la mondialisation ». Elle les dresse contre plus perdants qu’eux, ceux qui fuient la misère, la guerre, et bientôt en masse, les effets du réchauffement climatique. Le monde qui se trouve à nouveau à l’aube d’immenses migrations humaines. Il n’a pas besoin de murs mais de solidarité, cette « idée universelle », disait Victor Hugo, avec laquelle l’humanité devient invisible. Les passeurs de la Roya qui assistent les migrants dans leur tragique exil, les enseignants qui prennent en charge les enfants sans papiers, les élus qui ouvrent des lieux d’accueil, les mille et un petits gestes anonymes qui viennent en aide aux immigrés, les hébergent, les nourrissent, les orientent dans leur quête de régularisation, font vivre le devoir de solidarité.


La mondialisation solidaire, elle est aussi dans les quartiers populaires, là où on vit ensemble, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de Marne, départements qui abritent bien des familles en difficulté mais qui contiennent encore le Front national. Pour combien de temps ? « L’ivresse nationaliste, c’est détourner les prolétaires du problème social », écrivait Jean Jaurès. Emmanuel Macron ferait mieux de puiser dans cette pensée du député socialiste qui paya de sa vie son amour de la paix plutôt que lui faire injure en instrumentalisant son combat au nom de la défense des entrepreneurs. Dimanche, le choix de la République n’exonère d’aucun combat.

mercredi 3 mai 2017

" Scénario ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


Le scénario du débat prévu ce soir est écrit d’avance. L’héritière du château de Montretout et de l’argent des cimenteries Lambert jouera à la voix du peuple, triera les « Français de souche », désignera à la vindicte nos voisins immigrés et dissimulera son choix d’un renard capitaliste libre dans un poulailler tricolore. Marine Le Pen, qui porte aux nues le milliardaire Trump, dénoncera son adversaire comme un banquier libéral. En face de la candidate de l’extrême droite, Emmanuel Macron saura-t-il trouver les mots qui disent la colère populaire, le refus des concurrences meurtrières entre les peuples ou les individus, la recherche de l’égalité et le retour du progrès social ? Non. Et c’est bien ce qui inquiète ces millions de Français de gauche qui savent le rejet des politiques dictées par les marchés financiers et qui refusent la violence sociale qu’engendrerait la victoire du FN. Les exemples que nous citons dans ces colonnes des politiques conduites par les droites extrêmes lorsqu’elles se sont emparées du pouvoir en Turquie, aux Etats-Unis, en Hongrie ou en Pologne en apportent de lourdes preuves.


Dès lundi, les militants associatifs, les électeurs de gauche devront se mobiliser dans les urnes et dans la rue contre les projets d’Emmanuel Macron. À une condition, Avoir accepté ce mauvais moment à passer que constitue glisser dans l’enveloppe le seul bulletin qui demeure pour battre Marine Le Pen, pour la battre le plus sèchement possible, pour juguler la contagion de ses idées au sein d’autres forces politiques et dans la société. Ainsi éviterons-nous que, du haut de son score, elle soit consacrée « opposition officielle » par les apprentis sorciers qui croient éterniser leur domination en laissant grimper le FN. Si tel est le cas, Emmanuel Macron – choisi – par défaut pour éviter un tête-à tête Fillon-Le Pen par une majorité de ses électeurs – ne pourra se targuer d’une acceptation générale de son programme. L’avenir pourra alors se frayer d’autres voies.

mardi 2 mai 2017

" Un laissez-passer dans l'isoloir ", l'éditorial de Maud Vergnol dans l'Humanité de ce jour !


Regardez-là, tout sourires, promettre qu’elle veut pas le chaos ». S’afficher ici en candidate « des petites gens », là en « féministe », ou embrassant chaleureusement le prétendu gaulliste qui a vendu son âme pour un fauteuil usé à Matignon. La digue qui tenait à – courte distance  la droite républicaine du FN, sérieusement fissurée par les années Sarkozy, puis par le quinquennat Hollande, a donc fini par céder. Mais tout va bien puisque « madame Le Pen n’est pas d’extrême droite », nous assure Nicolas Dupont – Aignan. Ben voyons…

La prétendue candidate « du peuple » qui posait mercredi dernier pour la photo sur le parking de Whirlpool, a-t-elle défilé auprès des travailleurs et des chômeurs hier ? Bien sûr que non, puisque la CGT, trouble –fête du libéralisme, demeure l’ennemi numéro un de Marine Le Pen. Celle qui prône un capitalisme national n’hésite pas à reprendre les mots du Medef quand il s’agit de s’attaquer à la CGT, poumon de la résistance aux appétits du patronat.


Alors peut-être que la candidate de « la France apaisée » rendait hommage à Brahim Bouarram au pont du Carrousel ? Non plus, évidemment, puisque ce jeune Marocain fut assassiné il y a vingt-deux ans par quatre skinheads qui sortaient du traditionnel meeting de son père en l’honneur de Jeanne d’Arc. Le patriarche a d’ailleurs récidivé hier, faisant applaudir la possibilité d’une victoire de sa fille par ce que la France compte de plus rance. Le rassemblement bleu Marine a beau se draper dans des habits plus présentables, chez lui le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des détails. Alors n’oublions pas, dimanche prochain, à quoi ressemblerait notre pays sous la « préférence nationale » de Marine Le Pen, qui compte jeter à la rue nos voisins, nos amis, fragiliser leurs enfants, leur refuser l’accès aux soins et à l’emploi. Eux n’ont pas le droit de vote. Mais ils ont la peur au ventre. Dimanche, commençons par les faire entrer symboliquement dans l’isoloir.


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