LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 26 octobre 2017

Déclaration de la fédération de Seine-Saint-Denis du Parti Communiste Français




Aujourd’hui 26 octobre, au bout des pistes de l'aéroport Charles De Gaulle, s'est ouverte une annexe du tribunal de Bobigny dont le seul objet est de traiter la situation des étrangers dont l'entrée en France a été refusée à leur descente d'avion.

Dans ce nouveau « tribunal », les conditions minimales de fonctionnement ne sont pas assurées : pas de bibliothèque pour consulter les textes légaux et les jurisprudences, pas d'imprimantes, pas de fax. Les magistrats sont isolés, sans possibilité immédiate de consulter leurs confrères en cas de doute, la signalétique du lieu est minimale, les avocats ne pourront prendre connaissance des dossiers que le jour de l'audience... etc.

De nombreux avocats, magistrats et militants des droits des étrangers s'insurgent devant cette situation et refusent de voir la justice s'exercer dans de telles conditions, dénonçant la mise en place d'une justice d'exception.

Justice d'exception renforcée par la proximité immédiate du « tribunal » avec les locaux de la zone d'attente de reconduite aux frontières gérées par la Police Aux Frontières. La mainmise du ministère de l'intérieur sur les lieux est flagrante et tout est en place pour, de fait, assurer un fonctionnement parfaitement fluide de la machine à expulser. On aimerait que le gouvernement fasse preuve de la même détermination à faire fonctionner la justice du quotidien, submergée par la charge de travail et minée par le manque de moyens humains et matériels.

La fédération du PCF de Seine-Saint-Denis déplore et condamne cette situation, inédite dans notre pays. Elle exprime sa solidarité avec tous les étrangers, qui pour beaucoup fuient la misère, la guerre et la répression dont ils sont victimes et qui vont faire les frais de cette justice expéditive sans pouvoir réellement faire valoir leurs droits.

Le PCF 93 partage les inquiétudes et la colère des professionnels et des associations face au fait, comme le dit le défenseur des droits, Jacques TOUBON, « que le droit à une juridiction indépendante et impartiale, la publicité des débats judiciaires et les droits de la défense sont susceptibles d'être gravement compromis ».

Les communistes de Seine-Saint-Denis soutiendront toutes les initiatives de nature à faire échec à ce dispositif judiciaire qui met à mal les droits de l'homme et ternit l'image de la France dans le monde.


                                                                                                         Pantin le 26 octobre 2017

Renégociation du CETA : " Les engagements de Macron déchirés et piétinés " (Olivier Dartigolles)

Il y a décidément un sérieux problème de transparence dans la manière dont le gouvernement va "accompagner" la mise en œuvre du CETA. Contrairement aux engagements pris lors de la campagne présidentielle par le candidat Macron, l'exécutif ne renégociera pas le traité de libre échange entre l'UE et le Canada. Pour mettre en oeuvre "une sorte de veto climatique" comme l'annonce Nicolas Hulot, le plus sûr est de ne pas ratifier le CETA car le gouvernement ne fera pas bouger le texte d'une virgule.

En septembre, la commission chargée d'établir un bilan des conséquences prévisibles de ce traité, notamment sur la santé, le climat et l'environnement, a rendu un rapport très critique. Les engagements d'Emmanuel Macron à "tirer toutes les conclusions du rapport" et à " faire modifier" le CETA sont aujourd'hui déchirés et piétinés.

L'une des manipulations du macronisme consiste à vouloir faire croire, sur les enjeux européens, à une "refondation" prenant en considération la crise démocratique ouverte en 2005 et le rejet des politiques menées par l'UE. Il n'en est rien. Avec cette capitulation sur le CETA, après la douche froide sur les travailleurs détachés, Emmanuel Macron inscrit son action dans le prolongement de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.

Pour le CETA, au regard d'enjeux cruciaux et alors que notre peuple a fait par le passé la preuve de sa capacité d'expertise et de discernement, seul un grand débat national, conclu par un référendum, peut décider de la position de la France. Un nombre considérable de forces, politiques syndicales, associatives et citoyennes, peuvent converger et faire grandir cette exigence démocratique.

" Le voile se lève ", l'éditorial de Maurice Ulrich dans l'Humanité de ce jour !



Nul ne saurait dire aujourd’hui quelle sera l’ampleur de la journée d’action du 16 novembre, à l’appel de la CGT et de FO, et ce qu’il en sera de la participation éventuelle des autres forces syndicales. Mais une chose est sûre, rien n’est figé dans le rapport des forces sur le terrain social. Ceux qui au Medef, comme au gouvernement, voire dans nombre de médias et chez les plus savants des commentateurs, pensaient pouvoir déposer des chrysanthèmes sur les mobilisations peuvent ramasser leurs pots de fleurs. Alors qu’un quasi cavalier seul de la CGT était désormais tenu pour acquis, la rencontre de mardi entre la CGT et FO et les décisions qui y ont été prises viennent rebattre les cartes et pas seulement pour une seule main, mais peut-être durablement.

Que n’a-t-on pas entendu sur la recomposition du paysage politique avec, nous disait-on, une CGT qui, depuis les manifestations contre la loi El Khomri, s’essoufflait inutilement et systématiquement dans la rue tandis que FO y avait sagement renoncé pour revenir à un réformisme de bon aloi déjà pratiqué avec succès par la CFDT. De même, on tenait pour acquis qu’Emmanuel Macron avait enfin réussi à écarter la possibilité de tout front syndical, comme il était parvenu à marginaliser le PS et à fracturer la droite.


Mais une fois encore il y a un bout de chemin de la coupe aux lèvres. Sans doute le président et son gouvernement ont-ils marqué des points avec le vote des ordonnances, comme avec celui, cette semaine, de la suppression de l’ISF. Mais à quel prix ? Ce n’est pas seulement une étiquette qui est apposée à Emmanuel Macron, devenu dans l’opinion le président des riches. C’est une réalité qui vient s’ajouter à la perception majoritaire dans l’opinion qu’il est aussi le président de la remise en cause du Code du travail. Dans le même temps, on ne saurait nier que demeure peut-être dans les consciences un certain attentisme dû aux conditions hors normes et à la confusion de l’épisode électoral. Mais le voile des illusions qui demeurent se dissipe. L’accord intervenu entre FO et la CGT en est uns expression claire. Le 16 devrait contribuer à le lever plus encore.

mercredi 11 octobre 2017

" Pour une Métropole de l'égalité, de la coopération et de la démocratie " (Robert Clément)


Ainsi, selon les bruits qui courent, Emmanuel Macron devrait annoncer, lors d’une conférence territoriale sur le Grand Paris, le 6 novembre, la fin des trois Conseils départementaux de la petite couronne parisienne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne). Trois collectivités représentant plus de 5 milliards d’euros de budget et 20 000 agents. Maillons faibles de l’organisation territoriale francilienne aux yeux de la « Macronerie » les Conseils départementaux crées en 1967 verraient leurs compétences  redistribuées entre la Métropole du Grand Paris (MGP) et les Établissements Publics Territoriaux (ETP). Un scénario dans le droit fil dessiné pour 2020 par le couple HOLLANDE/VALLS. Ainsi, Dans les pas de Sarkozy et de Hollande, Le Président de la République « met ses espoirs » dans un nouveau « grand soir institutionnel ». Avec toujours la même obsession : « Comment adapter le paysage institutionnel français à une construction européenne soumise à la suprématie des marchés financiers » ? Une fois encore, il est à craindre que l’humain laisse la place au regard froid des technocrates faisant de la « gouvernance » l’alpha et l’oméga de toute politique de construction métropolitaine avec le risque de voir naître un Grand Paris inégalitaire et autoritaire.

Sans en sous-estimer la portée, l’essentiel pour l’avenir de l’Île de France n’est pas d’abord la question institutionnelle. En rester là, serait tout aussi mortifère que le statu quo. Ne faut-il pas, au contraire, prendre les choses à l’endroit, en mettant au cœur de la réflexion, ce qui fait la vie quotidienne des franciliens : le logement, l’emploi, les transports, la formation. Et comment pourrions-nous imaginer un seul instant qu’il serait possible d’y répondre sans que soient portées d’autres logiques économiques, sociales, écologiques et territoriales que celles de l’austérité, de la diminution drastique des dépenses publiques, si chères au « Président des riches ? » Ce dont il rêve, c’est d’un Grand Paris branché sur Bruxelles, faisant la pige à Francfort et au « Grand Londres », particulièrement après le brexit. Ce dont il rêve, c’est d’un « Grand Paris » des grands et du mépris des petits.

Alors que tout appelle, à une nouvelle décentralisation, à un nouvel âge de la démocratie, le schéma annoncé ressemble davantage à une  « recentralisation » à l’échelle métropolitaine. Participant à l’oraison funèbre des trois départements de la petite couronne parisienne, Patrick Ollier, le Président actuel de la Métropole du Grand Paris juge logique leur suppression « si l’on veut réduire le mille6feuille territorial. « Réduire les coûts », « mutualiser », « faire des économies » « plus de superpositions des échelons ». La même rengaine nous est servie depuis une bonne vingtaine d’années. Alors, ré-ouvrons le débat, pour remettre les citoyens dans le jeu et faire grandir une exigence : « Ce n’est pas au président de la République, pas plus qu’au président de la Métropole ou à la Maire de Paris de décider de l’avenir de nos départements, c’est à leurs habitants ».

On nous dit que les compétences assumées aujourd’hui par les départements des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne le seraient par les Établissements Publics Territoriaux et la Métropole. Il s’agit de quoi ? Du Revenu Social d’Activité, des collèges, de la protection maternelle et infantile, de l’Aide Sociale à l’Enfance, de l’Allocation Dépendance d’Autonomie, du Handicap, des crèches (54 en Seine-Saint-Denis). Quelle efficacité pourrait-on attendre de la gestion des quelques 450 collèges, auxquels il convient d’ajouter ceux de Paris, par la Métropole ? Je note au passage que les départements assument des compétences qui ne se recoupent aucunement avec celles des autres collectivités. Alors, comment oser parler de doublons ?

Mais l’essentiel se situe ailleurs. On peut imaginer que nombre de compétences, sociales notamment, seraient confiées aux Établissements Publics Territoriaux (ETP). Il en existe 11 (4 dans les Hauts-de-Seine, 4 en Seine-Saint-Denis et 3 dans le Val-de-Marne), auxquels s’ajoute Paris, pour former la Métropole. Personne ne peut nier que ces ETP ne disposent ni des mêmes moyens, ni des mêmes ressources. Ainsi Christian FAVIER note que dans son département un ETP concentre  le développement économique et aura la richesse fiscale de la Contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) tandis qu’un autre est plutôt résidentiel et bénéficie de la richesse fiscale des droits de mutation. 

Ainsi, alors qu’on nous répète à qui veut l’entendre? que ce nouveau « mécano »  vise à réduire les inégalités sociales et territoriales, elles ne feraient, en fait, que les aggraver. Les politiques mises en œuvre seront nécessairement différentes d’un ETP à l’autre. Une fois encore,  ce sont les plus modestes qui en feraient les frais. Le Département a, par contre, fait la preuve qu’il est le seul espace pertinent pour traiter de manière égalitaire tous les citoyens. Et puisqu’on parle « d’économies », comment ne pas évoquer le temps et le coût de tels transferts ? Et que deviendront les 20 000 agents concernés ? J’ajoute qu’à 7 ans, maintenant, des jeux Olympiques, un tel choix équivaudrait à une folle aventure, connaissant le rôle qui est celui des Départements dans l’accompagnement de tels événements.

"La commune dont l’existence est réduite à sa plus simple expression, 12 Établissements Publics Territoriaux, la Métropole du Grand Paris et la région" : Voilà le schéma que souhaiterait imposer Macron et son gouvernement. Une nouvelle architecture institutionnelle qui éloignerait encore davantage les citoyens des pouvoirs de décision. Des Etablissements Publics Territoriaux, dont les périmètres on souvent été décidés arbitrairement et se voyant déléguer de d'importantes compétences des communes, à tel point que leurs conseillers municipaux se trouvent le plus souvent réduits à regarder passer les trains. Des Etablissements Publics Territoriaux, intégrés et structurés rendant la coopération de projet avec des villes voisines ne faisant pas partie du même Établissement territorial, quasiment impossible.

Pour ma part, je ne pense pas qu’il suffise d’amender à la marge le paysage institutionnel tel qu’il est dessiné. Une remise à plat s’impose. C’est la raison pour laquelle, je fais mienne la résolution des élu-e-s communistes et républicains du Val-de Marne. Elle propose, afin de répondre de manière durable aux défis de la Métropole :

  • De renforcer la démocratie locale en approfondissant la décentralisation des pouvoirs autour des trois échelons que sont la commune, le Département et la région.

  • De favoriser la coopération volontaire entre les collectivités et notamment la coopération intercommunale choisie. En ce sens, les périmètres des territoires pourraient être revus et les seuils de population abaissés, afin de laisser aux élus le choix d’intercommunalités de projet sur des compétences choisies. Dotés du statut d’EPCI, ils seraient alors véritablement des « coopératives de villes » et non l’instrument de leur mise sous tutelle.

  • De réaffirmer le territoire régional comme espace pertinent de coopération métropolitaine. « Coopérative de villes », la métropole prendrait la forme d’un syndicat mixte réunissant les trois niveaux de collectivités.

  • De garantir que toute nouvelle forme institutionnelle soit travaillée en concertation avec les élus locaux et en définitive avec les habitants.

  • D’augmenter les moyens dédiés aux services publics à la réalisation d’objectifs ambitieux en matière de réduction des inégalités et de développement équilibré et durable du territoire.

La transparence s’impose. Un débat public associant largement nos concitoyens doit précéder toute décision. Rien n’est écrit. Tout dépendra de l’implication des élu-e-s et des citoyens.


                                                                                                   Robert Clément

" Le triple échec d'Emmanuel Macron ", l'éditorial de Patrick Apal-Muller dans l'Humanité de ce jour !




La réussite, hier, de la journée d’action des fonctionnaires signe un triple échec du pouvoir. Il n’est pas parvenu à convaincre les agents publics d’accepter leur sort parce qu’ils seraient des privilégiés ou que la population jugerait qu’ils doivent se serrer la ceinture. Tous les efforts d’Édouard Philippe et de Muriel Pénicaud pour diviser les organisations syndicales se sont révélés vains et chacun peut mesurer que l’unité fait la force. Enfin, et c’est peut-être le plus important, la société française n’est pas prête à accepter que la richesse des services publics – la seule de ceux « qui ne sont rien » – soit livrée aux appétits du privé ou amputée pour permettre de nouveaux cadeaux aux ultrariches. Les manifestants se jugent fondés à réclamer la hausse de leur pouvoir d’achat comprimé depuis des années, le rétablissement du jour de carence et la fin des suppressions de postes. L’idéologie du macronisme se heurte à un obstacle de grande taille.
Certes, cette première mobilisation ne suffira pas à rétablir la situation de l’hôpital ou à redonner un élan à l’école. Mais elle porte un coup à leur abandon. Elle signe l’attachement aux services publics et peut permettre d’envisager de nouveaux progrès pour que la propriété commune permette plus d’égalité et de bien-être pour les citoyens.
Les plus de 400 000 manifestants dans le pays, les débrayages, le refus très majoritaire des Français à l’égard des ordonnances sur la loi travail XXL, qui infléchit la position de certains syndicats, montrent qu’Emmanuel Macron n’a pas gagné la partie et que le passage en force n’est pas la bonne voie. Progressivement s’agrègent des mobilisations contre un gouvernement des riches et un libéralisme échevelé. L’inquiétude a gagné le Conseil des ministres. Son séminaire, dimanche dernier, a sonné l’alarme et établi les éléments de langage pour une propagande d’urgence. En marche! semble entravé.
directeur de la rédaction


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