LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mercredi 4 octobre 2017

" Le conseil municipal de Montreuil se prononce pour ne pas ré-adhérer au SEDIF au 31 décembre 2017 !

Aujourd’hui, la loi « NOTRe » demande à chaque Etablissement Public Territorial(EPT) et aux villes les constituant de se prononcer, avant le 31 décembre 2017 sur leur ré-adhésion au SEDIF. Il s’agit là d’une opportunité pour nos villes de ré-interroger leur système d’approvisionnement en eau : opportunité renforcée par la proximité avec la régie publique Eau de Paris.
Cette disposition de la loi ouvre une période de cinq années, durant lesquelles nous pourrons étudier, aux plans techniques, juridiques, financiers et administratifs la meilleure solution pour notre population de système d’accès à l’eau. Nous souhaitons bénéficier de cette opportunité et ouvrir ainsi un grand débat avec toutes les parties prenantes (habitants, délégataires, régie Eau de Paris, …).
Pour toutes ces raisons, et dans un cadre où la fourniture, le prix et la qualité de l’eau resteraient inchangés pour les usagers et n’entraînerait pas de coûts d’investissements conséquents pour les collectivités, le Conseil municipal de Montreuil se prononce pour que l’établissement Public Territorial Est-Ensemble décide de ne pas réadhérer au SEDIF au 31 décembre 2017.
L’eau est indispensable à la vie, l’équivalent de l’air que l’on respire. Qui plus est en période de difficultés économiques importantes, souvent l’accès à cette ressource vitale se voit refusé aux ménages les plus pauvres avec des familles qui subissent des coupures malgré la loi Brottes. L’eau est un bien fondamental qui est en train de devenir rare du fait du changement climatique, y compris sous nos latitudes.
A tous égards, la gestion de l’eau, son approvisionnement, son prix, méritent amplement un débat citoyen que nous appelons de nos vœux.
Pour assurer ce temps nécessaire de débat public et afin de garantir les conditions d’un choix démocratique, la municipalité s’engage à consulter les Montreuilloises et les Montreuillois avant la fin du mandat sur cette question majeure pour nos concitoyens.
Ainsi, grâce à ces dispositions nous mettrons à profit les quatre prochaines années dont nous disposons au plan réglementaire, pour étudier l’opportunité d’un retour en régie publique.

mardi 3 octobre 2017

" Catalogne : La France doit condamner les violences du gouvernement Rajoy " (Pierre Laurent)

La journée du 1er octobre qui s'est déroulée en Catalogne restera dans les mémoires comme celle où le chef du gouvernement de l’État espagnol a préféré faire usage des armes anti-émeutes contre ses concitoyens catalans que de les laisser s'exprimer par un vote, quand bien même le scrutin était déclaré illégal si l'on s'en tient aux règles qui régissent les rapports entre les institutions catalanes et l’État espagnol, dans le cadre constitutionnel actuel. De plus, toutes les conditions nécessaires à un vote démocratique n'étaient pas réunies.
Pour Mariano Rajoy, qui ajoute le mépris à la violence, il ne se serait « rien passé » ce dimanche où 42 % du corps électoral catalan s'est déplacé et où près de 900 personnes ont été blessées par la Guardia Civil espagnole.
Le silence appuyé du président Macron et de son gouvernement, parlant de « troubles à l'ordre public » et d'affaires « intérieures » espagnoles, est aussi indigne que le comportement de Mariano Rajoy. Les violences policières sont intervenues le jour où la France prenait la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU mais ni le président de la République ni son gouvernement n'ont cru bon de les condamner alors que des millions de Françaises et Français ont exprimé leur inquiétude et leur refus de la répression.
L'urgence, à la veille de la grève générale qui se déroulera ce 3 octobre en Catalogne, est à la mise en place d'un cadre de discussion et négociation politique démocratique entre le pouvoir espagnol et la Catalogne, ouvrant la possibilité réelle pour les Catalans d'exprimer paisiblement et démocratiquement leur choix .
Pour sa part, en ayant fait, lui, le choix de la répression, Mariano Rajoy s'est disqualifié. Les forces démocratiques de l'ensemble de l’État espagnol doivent concourir à ce qu'il laisse la place, favorisant ainsi la reprise d'une réelle discussion entre les forces démocratiques pour favoriser le retour au calme, au débat politique et à la concorde en Catalogne comme dans tout le pays.
Le PCF exprime sa solidarité avec les victimes de la répression, les femmes et hommes blessés ce 1er octobre, et apporte son soutien aux forces de gauche espagnoles et catalanes signataires du « Manifeste pour la liberté, la fraternité et la coexistence » adopté à Saragosse et qui appelle à une sortie de crise dans le plein respect du droit des peuples à s’exprimer librement.

dimanche 1 octobre 2017

" L'électeur, la brute et les muets ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de demain !


Mariano Rajoy a choisi la politique du pire. En choisissant la violence, il radicalise le séparatisme – pourtant jusqu’alors minoritaire dans la population –, pousse les Catalans, horrifiés par la violence policière qui a déferlé sur la région, à rompre avec Madrid. Le pari du premier ministre espagnol est tout à la fois d’apparaître comme le symbole de l’Espagne unie à tout prix et de réveiller les fantômes du franquisme qui hantent puissamment le Parti populaire. Dans les manifestations auxquelles il avait appelé, des milliers de manifestants tendaient le bras à la façon des Phalanges. Ainsi pense-t-il redonner de l’élan à une formation qui a sombré dans les scandales et la prévarication, et que de moins en moins d’électeurs soutiennent.
Visages ensanglantés, personnes âgées frappées par les gardes civils, bureaux de vote occupés et, en face, des urnes qui s’installent dans les rues et l’acte de voter brandi comme un geste de résistance démocratique. L’Espagne et la Catalogne glissent sur une pente dangereuse, et Bruxelles comme Paris détournent le regard ou gardent le silence. Certains y jugent que l’ordre libéral exige une bonne dose d’autoritarisme ; d’autres se réjouiraient d’une pulvérisation du continent en régions moins capables que les nations d’exprimer une souveraineté populaire ; les derniers se sentent mal placés de réclamer à Madrid un dialogue qu’ils refusent à Paris.
La situation n’a pourtant pas d’autre issue positive qu’une discussion politique et une résolution démocratique. Les forces progressistes espagnoles, mais d’autres aussi, proposent que soient réexaminées les relations entre l’État central et les régions pour que les identités culturelles de ces dernières, ainsi que leurs facultés de décider soient mieux respectées. C’est ce chemin qui doit être exploré, plutôt que les charges matraque en main ou les tirs de balles en caoutchouc.

Catalogne : l'Etat de droit doit être respecté, Rajoy est la honte de l'Europe (Pierre Laurent)


Les nouvelles qui m’arrivent de minute en minute de Catalogne sont extrêmement préoccupantes. Le déploiement policier et l’usage de dispositifs anti-émeutes contre les citoyens de Catalogne sont indignes d’une démocratie. Le gouvernement conservateur de l’Etat espagnol ferme toute possibilité de solution démocratique et pacifique. Il ne fait qu’approfondir la crise structurelle de l’Etat espagnol et des institutions issues de la « Transition démocratique ». Rajoy est la honte de l’Europe. De nombreux secteurs de la gauche espagnole et catalane exigent sa démission. Je me fais le relai de cette exigence.

Une grave crise démocratique se déroule aux portes de la France. J’appelle publiquement Emmanuel Macron et les ministres concernés, Jean-Yves Le Drian et Nathalie Loiseau, à cesser leur soutien à Rajoy sur cette question et à condamner la politique de répression menée par le gouvernement espagnol.

Il est plus que jamais nécessaire de restaurer l’Etat de droit en Catalogne. La seule solution pour sortir de la crise avant que la situation ne dégénère plus gravement encore est de permettre la libre expression des citoyens catalans et des peuples d’Espagne, et de mettre en place les conditions d’une solution politique démocratique. Les libertés publiques fondamentales, aujourd’hui bafouées par Rajoy, doivent être respectées. Je soutiens les efforts et initiatives de la gauche espagnole et catalane, qui, dans sa diversité, vient de publier un « Manifeste pour la liberté, la fraternité et la coexistence » appelant à sortir de cette crise dans le respect du droit des peuples à s’exprimer librement.

" Catalogne, les franquistes toujours là " (José Fort)


La police espagnole intervient violemment en ce moment à Barcelone et dans toute la Catalogne. L’Union européenne si prompte à donner des leçons de « démocratie » particulièrement dans le Sud des Amériques observe un total silence.


Chacun y va de son commentaire « pro » ou « contre » souvent en se cantonnant dans le superficiel. Or, il est impossible de comprendre les événements en Catalogne si on ne fait pas un retour en arrière dans l’Histoire contemporaine de l’Espagne. Avec en toile de fond la dite « guerre civile » qui fut, faut-il le rappeler, un soulèvement militaire soutenu par Hitler et Mussolini contre un gouvernement légalement élu, abandonné par les « démocraties » de France et d’ailleurs. Ce gouvernement républicain présentait une tare indélébile : il s’attaquait aux intérêts des classes privilégiés et s’intéressait aux particularités régionales.


Une « guerre civile », un Etat dictatorial pendant quarante ans puis une « transition » dite « démocratique » menée par les rejetons du franquisme avec les gauches, essentiellement le parti socialiste et le parti communiste qui misaient sur la fin de la clandestinité et le retour à une vie « normale ». Rien d’indigne à un tel dénouement lorsqu’on a vécu si longtemps sous un régime fasciste avec comme seule perspective la prison ou le peloton d’exécution. Sauf que.
Sauf que des années après, deux constatations s’imposent :


1/ Le rapport des forces à l’époque était tel qu’il était impossible que cette transition accouche d’une véritable démocratie, encore moins d’une République.


2/ Les aspirations longtemps réprimées à la culture et à l’identité nationale avec l’irruption de nations dites « périphériques » comme la Catalogne, le Pays basque ou encore la Galice étaient passées à la trappe.
La répression n’a jamais pu contenir les cultures et les identités nationales. L’universitaire Vincenç Navarro illustre bien cette réalité en racontant sa propre histoire : « J’avais dix ans et dans une rue de Barcelone je demande en catalan ma route à un policier. Celui me crie dessus en ces termes : « Ne parles pas comme un chien, parle comme un chrétien. »


Il existe en Catalogne un nationalisme d’exclusion dont la bourgeoisie a fait ses choux gras. C’est ainsi que l’ancien président de la généralitat catalane, Jordi Pujol osait déclarer à propos de ces milliers de travailleurs immigrés « de l’intérieur » venus enrichir le patronat local : « les immigrés murciens et andalous ont des capacités intellectuelles inférieures aux catalans. »


J’ai retrouvé les notes de la dernière interview que m’avait accordée une légendaire figure antifranquiste peu de temps avant sa mort, le dirigeant du PSUC, l’antenne catalane du parti communiste d’Espagne, Grégorio Lopez Raimundo. Il me disait : « Les luttes sociales et la récupération de notre identité catalane sont indissociables. Nous ne somme pas indépendantistes, nous sommes favorables à l’autodétermination et à la construction d’un Etats pluri national respectant les identités et les particularités de chacun dans le cadre d’une coopération entre toutes les régions d’une Espagne démocratique et de progrès. Bref, un Etat fédéral. »


Dans le même temps, nous assistons 
à un retour en force de l’extrême droite. Mon copain Jean Ortiz rapporte que « des partisans d’une Espagne réactionnaire, excluante, repliée sur elle-même, marquent des points, notamment dans le reste de l’Espagne où le gouvernement fait régner un climat anti-catalan hystérique. L’extrême-droite instrumentalise les courants identitaires : on entend reparler de « l’anti-Espagne », de « l’unité menacée », de « l’Espagne Une », d’ « ennemis de la patrie », de « sédition », de « séparatistes »... Les fondations anti-communistes, particulièrement celles liées à l’ancien président Aznar (très active au Venezuela), jouent les pyromanes, cherchent l’affrontement. »
Le jeune leader d’Izquierda Unida, Alberto Garzón, s’est exclamé : « ils ne tolèrent pas la démocratie ». Telle est la vérité.
José Fort


  ©Template Blogger Elegance by Dicas Blogger.

TOPO