LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 17 août 2017

Elle subsistait dans les crimes de la police contre les jeunes noirs, les discriminations sociales, dans la persistance d’une idéologie sudiste. l’Amérique des nostalgiques de l’esclavage vient d’émerger spectaculairement dans le sillage de Donald Trump. Elle s’est retrouvée derrière le milliardaire – fils d’un sympathisant du KKK – qui voulait protéger la population blanche de l’irruption des immigrés par l’érection d’un mur immense, et s’est mobilisé pour le porter au pouvoir. Le président leur est fidèle quand il voit des «gens bien » parmi la foule haineuse de néonazis et de membres du Ku Klux Klan qui voulaient défendre la statue du commandant en chef des confédérés, le général Lee. Hier, la ville de Baltimore a annoncé qu’elle supprimait deux statues de ces sudistes esclavagistes. Mais il restera 14I98  monuments en leur honneur aux Etats-Unis! Cette histoire n’est pas purgée. Les « roman national » évite toujours de rappeler que cinq des figures majeures de l’indépendance, à commencer par Georges Washington, possédaient des esclaves et que la constitution y intégra ensuite l’ordre social et politique esclavagiste. La plaie originelle suppure encore, rappellent les militants des droits civiques, qui se heurtent au fantasme, là-ba&s aussi d’un grand remplacement.

...1       Theresa May, la très conservatrice première ministre britannique a pris ses distances avec les sorties de Donald Trump. Les ex présidents Bush également. Pas Emmanuel Macron, qui semble plus préoccupé par l’objectif d’un paparazzo que par la légitimation du racisme par la Maison blanche et les risques que le président américain fait courir à la paix du monde. Silence radio à Marseille, où le premier des marcheurs en reste à ses jeux de main (jeux de…) avec un ami, reçu en grande pompe le 14 juillet à Paris.



«Aux Etats-Unis, il ne suffit de ne pas être raciste, il faut être antiraciste», déclare Angela Davis, en France aussi.

mercredi 16 août 2017

" Sur le volcan ", l'éditorial de Maurice Ulrich dans l'Humanité de ce jour !


Moins d’une décennie après la grande crise de 2008, la finance mondiale est de retour sur un volcan. D’énormes masses financières se sont de nouveau accumulées, mettant le système sous pression. Les chiffres cités dans nos pages pour les banques françaises parlent d’eux-mêmes. 23 milliards de profits en 2016 pour les groupes du CAC 40 ; 1145 milliards de dividendes versés dans le monde avec, toujours pour la France, quasiment championne d’Europe et aux premiers rangs dans le monde en la matière, une hausse de 11% au profit des actionnaires. Malgré les déclarations des États, les repentirs et les larmes de crocodile des grands organismes financiers qui n’avaient rien venu venir ou rien voulu voir, malgré les engagements des sommets internationaux promettant une régulation toujours reportée au lendemain, la fin des paradis fiscaux pour la saint-glinglin, toutes les conditions sont réunies pour une explosion de plus grande ampleur encore qu’en 2008.

Cela pour une raison simple. La clé de la crise de 2008, c’est une suraccumulation financière telle que les capitaux en concurrence sont amenés, pour se rentabiliser, à prendre des risques de plus en plus importants. Cela en les reportant en cascade sur d’autres organismes financiers par des jeux sophistiqués dont la multiplication des produits dérivés. Parmi ces risques, prêter de l’argent virtuel, du sable. Qu’ils cessent de rembourser et la machine saute. C’est la crise des subprimes.


Les masses financières d’aujourd’hui se retrouvent dans une situation de véritable guerre financière dont les pauvres, les couches moyennes sont la chair à canon et les États les champs de bataille. En France, Emmanuel Macron est à la manœuvre. La mobilité et la flexibilité annoncées comme autant d’objectifs de la loi travail sont les accélérations d’une économie de prédation, volatile, orientée vers le profit à court terme et en quête permanente de rentabilité dans cette concurrence mondiale sans frein. C’est « danser » sur le volcan.

lundi 14 août 2017

" Trump et ses spectres ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


Sur la toile de fond du drame de Charlottesville se dresse une statue équestre, celle du général en chef sudiste Lee, qui jusqu’à sa mort s’efforcera d’empêcher le vote des anciens esclaves noirs. La municipalité voulait la mettre à bas. Tout ce que les Etats-Unis comptent de néo-nazis, de tenants d’une suprématie blanche et de membres du Ku Klux Klan s’était réuni contre l’affront. Un des leurs, encore plus excité et violent que les autres, a foncé contre la foule des contre-manifestants. Une jeune femme est morte et les blessés sont nombreux. Mais, depuis son golf privé, Donald Trump a renvoyé tout le monde dos à dos, les racistes et les humanistes. On aurait tort de n’y voir qu’une stupidité de plus de la part de celui qui menace de guerre le Venezuela, joue au pire avec l’autocrate nord-coréen et choisit l’irresponsabilité climatique pour favoriser les profits.

En s’abstenant de condamner les fauteurs de haine, le président américain paie une dette à l’égard d’un courant qui a joué un rôle important dans son élection et qui réclame aujourd’hui son dû. Les militants de l’égalité et notamment Angela Davis, craignaient que soit ainsi ouverte une voie plus large à l’Amérique des flingues, de la peine de mort, de la Bible, de la phobie des immigrés et de l’emprisonnement massif des noirs…cette Amérique qui pèse si fort au sud des Etats-Unis. C’est chose faite et la présidence paraît plus que jamais une Maison blanche.


Cette résurgence des fantômes racistes qui ont présidé à la naissance des Etats-Unis entre en contradiction avec les nouvelles générations métissées, progressistes et jeunes qui défilent contre Trump, se reconnaissent dans Bernis Sanders, réclament des services publics à la hauteur de l’augmentation du salaire minimum. Le fortin des spectres confédérés est en fait assiégé. L’avenir des Etats-Unis ne se jouera pas là. Mais il tarde…

vendredi 11 août 2017

" Du commun dans nos communes ", l'éditorial de Pierre Chaillan dans l'Humanité de ce jour !


Jeunes loups gouvernementaux et autres vieux gestionnaires néolibéraux reprenant du service, tous en marche arrière, y votent une anomalie budgétaire, à moins qu’ils ne craignent sa capacité de contestation démocratique : la France comprend plus de 36 000 communes !

Ce tissu bien vivant de collectivités locales, même s’il est mis à mal depuis des années par des politiques austéritaires, assure pour tous au quotidien une protection solidaire, un enseignement primaire, la continuité des services publics, une multitude de mises en commun sportives, culturelles et artistiques, mais aussi et surtout la démocratie au plus profond du territoire. Dans chaque commune, le commun des forces vitales du pays, associant les habitants, quel que soit leur sexe, leur origine ou leur âge, peut émerger pour construire une France d’égalité.

Lorsque les choix d’une majorité municipale répondent aux attentes populaires et aux besoins sociaux, y compris sous la contrainte budgétaire, ce commun se traduit, ici ou là, par des initiatives locales sociales novatrices, des actions d’enrichissements culturels, de coopérations humaines, de délibérations politiques, etc. C’est  cela que ne supporte pas ce pouvoir au service de la finance. Depuis 1789, l’égalité, fondement de la République, s’est établie sur les communes. Loin du découpage de l’Ancien Régime s’appuyant sur l’arbitraire, la commune est devenue, aux côtés du département, l’entité politique, garantissant sur l’ensemble du territoire national l’égalité des citoyens devant la loi donc, mais aussi l’expression de la démocratie.


Le 14 juillet 1789, la Commune de Paris (la première !) constituait le gouvernement révolutionnaire de la ville. Celle de 1871 a ensuite jeté les bases d’une République sociale et démocratique. Les enjeux actuels du développement humain liés à l’essor des plateformes de services, aux nouvelles technologies ou aux défis environnementaux reformulent ce commun que Jaurès nommait le « communisme des énergies ». les communes en sont un point d’appui.

jeudi 10 août 2017

" Les deux dingos ", l'éditorial de Michel Guilloux dans l'Humanité de ce jour !


Curieux anniversaire du bombardement américain et du massacre de Nagasaki, le 9 août 1945, trois jours après ceux d’Hiroshima. Donald Trump doit les avoir oubliés à vouer la Corée du Nord « au feu et à la colère » d’une ampleur telle « que le monde n’a jamais vue jusqu’ici ». il n’est guère que le porte-parole du gouvernement français pour saluer « la détermination » du twitto incontinent de la Maison-Blanche et la situer dans la lignée de ses prédecesseurs. Quand un homme tel le républicain John Mc Cain fait montre de plus de circonspection, la voix de la France pourrait être moins indulgente. D’autant qu’en Europe, Berlin préfère indiquer suivre « avec la plus grande inquiétude l’escalade dans la rhétorique » entre le dictateur de Pyongyang et le président des Etats-Unis D’Amérique.

La surenchère brutale relancée par le rejeton de la dynastie Kim survient aux lendemains du vote intervenu à l’ONU alourdissant les sanctions à l’égard de la Corée du Nord, et le mise au point à son égard sans aucune ambiguïté du gouvernement chinois. On peut considérer que le président états-unien  ne cède pas à la provocation est une chose. Qu’l la nourrisse en est une autre, comme si l’enceinte onu-sienne et une solution diplomatique le gênaient. Et qu’il préférait cultiver un bellicisme inquiétant en compagnie de son homologue nippon, Shinzo Abe, partisan du réarmement de son pays. Kim Jung-un leur offre des occasions en or. Préférer la politique de la force est un trait qu’ils ont en commun.


À Séoul, pour conjurer l’angoisse d’être en première ligne, les réseaux sociaux recourent à l’ironie grinçante envers ceux qu’ils nomment « les deux dingos ». il n’y aura pas de solution non plus en passant par-dessus le peuple sud-coréen et ses dirigeants. On attend là encore de la France qu’elle se positionne avec vigueur de ce côté-là plutôt qu’en accompagnateur bienveillant des démonstrations de testostérone.


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