LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mercredi 19 avril 2017

" Contraste de couleurs ", l'éditorial de Maud Vergnol dans l'Humanité de ce jour !


Voilà une photographie de campagne qui vaut tous les discours politiques. « La France aux Français ! » dégorgeait lundi soir Marine Le Pen, qui préparait sa guerre civile, tandis qu’à l’entrée de son meeting fusaient les gaz lacrymogènes, que les gros bras du service d’ordre du FN traînaient par les cheveux des militantes Femen. Quelques heures plus tôt, les rives du canal Saint-Martin prenaient des airs de guinguette au fil du passage de la péniche « insoumise ». On y parlait justice sociale, culture, solidarités…et « viennent les jours heureux et le goût du bonheur ! ». Ce contraste répond à lui seul à l’odieux amalgame « Mélenchon –Le Pen, même combat », qui noircit les colonnes de nombreux journaux à mesure que le candidat de la France insoumise, soutenu par le PCF, grimpe dans les sondages. Cette petite musique qui consiste à renvoyer dos à dos les programmes des deux candidats est monté crescendo jusqu’à faire dire à un éditorialiste du Point qu’ « il aurait été en vérité bien plus logique et cohérent que Jean-Luc Mélenchon s’alliât avec Marine Le Pen ». Une insulte à l’intelligence. Un affront à l’histoire.


À ce jeu dangereux-là, le patron du Medef n’est pas mauvais non plus. Après nous avoir promis « ruine, désespoir et désolation » si la gauche de progrès social était élue, le voilà qui reprend sa plume pour expliquer combien le scénario d’un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon l’inquiète. Non pas qu’il appréhende le bruit des bottes, non. On ne connaît que trop bien, dans de telles circonstances, les inclinations naturelles du patronat. Si M. Gattaz a froid dans le dos, c’est qu’il comprend que pourrait bientôt sonner l’heure des comptes. Comme celui des chèques en blanc versés au patronat, qui ont vidé les caisses de l’État sans contrepartie pour l’emploi. Ou des milliards accumulés sur le dos des travailleurs par une poignée de nantis, à qui il serait grand temps de faire payer leur dette. Cette opportunité est à porté de main, en commençant par glisser un bulletin Jean-Luc Mélenchon dimanche.

mardi 18 avril 2017

" Mais si, on peut ", l'éditorial de Michel Guilloux dans l'Humanité de ce jour !


Face à Sarkozy, dont la répulsion nourrit le vote Hollande d’avril 2012 ? LA France de l’entre – deux – tours  découvrit épatée le mot « anaphore ». Au fil des mois et des années, la formule est devenue amère. « Moi président »…Que reste-t-il du quinquennat ? Du début, un voyage à Berlin, chemin de Damas à l’envers ? Soit une conversion au libéralisme le plus implacable au lieu de l’entame du combat contre « mon adversaire, la finance »/ Au milieu, le retour de la guerre comme horizon politique ? De la fin, une loi détruisant les droits des salariés ? Sans oublier un découpage aberrant du territoire national entériné par une élection régionale convoquée en plein mois de décembre. Chapeau l’artiste. Avec une abstention populaire de gauche décuplée, Le Pen a fait une entrée fracassante dans les hémicycles. Il ne saurait être question que cette extrême droite aille plus loin.

Résistant à l’envie pressante d’appeler à votre pour le candidat qui a ses faveurs, le locataire de l’Élysée en fin de bail unique refait ce dimanche soir au petit écran le coup de « l’anaphore ». « On ne peut pas »…Pathétique ? qu’il n’ait ni pu ni – surtout – voulu tenir tête aux puissants de ce monde, du CAC40, des pétromonarchies de le péninsule Arabique, des marchés financiers, du Medef, on en passer et sans doute des pires, restera son problème et celui des millions d’habitants de ce pays qui pâtissent des choix opérés. Mais si, on peut être de gauche et vouloir la justice sociale. Oui, on peut être de gauche et appeler à changer de logique en Europe. Oui, on peut être de gauche et promouvoir une logique de paix. Oui, on peut être de gauche et promouvoir des rapports de respect mutuel et de coopération entre les peuples. Ce serait peut-être même cela être de gauche. C’est ce qui rapproche des millions de gens du bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon dimanche.


Voilà qui déboussole voire inquiète au plus haut point ceux à qui ne suffisait pas le bipartisme, au point d’assurer la promotion à outrance de Le Pen et que prospère le chantage au vote « utile ». Au risque du pire. « Plutôt Hitler que le Front populaire », disaient leurs ancêtres en 1936. « Pain, paix, liberté » disaient les nôtres.                    

vendredi 14 avril 2017

" Le vent tourne ", l'éditorial de Paule Masson dans l'Humanité de ce jour !


Depuis combien de temps nous assure-t-on que Marine Le Pen sera « forcément au second tour de l’élection présidentielle ? Des mois. Le scénario écrit d’avance a donné lieu à une myriade de petits calculs qui ont aidé la châtelaine de Montretout à devenir crédible. Ceux qui ont jadis forgé la statue pour s’assurer une victoire en cas de duel de second tour ne s’indignent aucunement qu’elle fortifie ses bases. Les mêmes hurlent au loup dès lors que Jean-Luc Mélenchon s’invite en tête du peloton. Outre que la politique ne se glorifie pas de jouer à ce feu là, la question mérité aujourd’hui d’être posée : Marine Le Pen est-elle vraiment indéboulonnable. La réponse est pour une grande part entre les mains des abstentionnistes. Le score du FN promet, il est vrai, d’être historique. Mais depuis un an, il ne parvient pas à crever le plafond, qui se situe entre 22% et 25%.

En dépit de sa stratégie de banalisation, l’extrême droite continue d’être ressentie comme un danger pour la démocratie. Avec 80% d’électeurs sûrs de leur choix, le socle électoral de Marine Le Pen est, certes, le plus stable, mais, depuis quelques semaines, le bleu pâlit, l’érosion guette. Mêlée aux affaires, devenue malgré elle une des candidates du « système » profitant de son immunité parlementaire pour snober une convocation policière, la voilà qui réactive les ressorts révisionnistes de « papa » pour tenter de garder son électorat antisémite. Au risque de jeter un voile sur les efforts de dédiabolisation qui lui assurent un vote populaire.


Le vent tourne et  nul ne sait vers quel pôle il va se stabiliser. La baudruche Macron se dégonfle enfin. La tornade Fillon effraie celles et ceux qui ont un peu de bon sens. Le souffle écologique et social de Mélenchon caresse les espoirs jusque – là enfouis, d’un tête – à –queue  économique qui dessine un avenir en commun. Si ces tendances se confirment, Marine Le Pen franchira peut-être la première marche. Mais pas la deuxième.

jeudi 13 avril 2017

" Epouvante et épouvantails ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


Peut-on penser la fine fleur du « Figaro » sotte au point de croire que Jean-Luc Mélenchon est « l’apôtre des dictatures », qu’il est un tribun « délirant » et qu’une « France mélenchonisée » devra importer « importer du fromage et du vin » ? Trois pages et la une du quotidien de droite sont de ce tonneau. La consigne donnée par Pierre Gattaz a été entendue cinq sur cinq, et il faut sauver le soldat Fillon, que les sondages placent désormais en quatrième position. Quant à François Hollande, qui avait préféré une soirée de théâtre aux bouffes parisiens, plutôt que de suivre les échanges de la primaire socialiste, il est sorti de sa semi – retraite  pour voler au secours de son fils prodigue Emmanuel Macron. Il a choisi le « Point » pour dénoncer la « mode Mélenchon » et les périls qu’elle ferait courir. Dans cet hebdomadaire qui avait injurié Philippe Martinez lors du mouvement contre la loi El Khomri, nul besoin de subtilité. Le Président recalé dénonce les « falsifications ».

Les épouvantails de 1981 avec les chars soviétiques sur la place de la Concorde, les caricatures et les insultes qui avaient précédé le référendum de 2005 sont donc dépoussiérés en hâte…Les puissants s’inquiètent. Le scénario leur semblait pourtant propre à garantir la poursuite de l’austérité et des déréglementations. Avec Emmanuel Macron ou François Fillon l’emportant sur Marine Le Pen, leurs affaires suivraient leurs cours, toujours à la hausse. Mais l’opinion doute et rechigne à être dupe. Elle a payé pour se méfier de ces soudaines avalanches de propagande. Peut-être les paroles de la chanson Crocodaïl, de Jacques Higelin, flottent-elles dans les mémoires : « Petit agneau qui tête encore sa mère, / Méfie-toi / Du bord des eaux troubles / Où l’on peut flotter / les narines et l’œil opaque /  Les gros reptiles à quatre pattes / Qui te guettent. »


Cependant le pilonnage entrepris contre Jean-Luc Mélenchon met en lumière l’existence d’une issue, prouve qu’il fait vraiment « turbuler le système », signale les apports communistes. Les hommages du vice ne dérangent pas la vertu.

mardi 11 avril 2017

" L'implication ", l'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l'Humanité de ce jour !


À J-13, il ne s’agit plus seulement d’arithmétique plus ou moins calquée sur les risques aléatoires de logiques sondagières. Ce qui se passe autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon – au point qu’il soit devenu un phénomène reconnu pour sa dynamique et son talent – dépasse de loin sa propre personne et mériterait une analyse sérieuse des soubassements contemporains de la politique. La vague qui semble se soulever offre en effet un espoir nouveau, tandis qu’elle pourrait balayer bien des doutes et des réflexes, à commencer par le célèbre « vote utile », puisque chacun sait désormais que Mélenchon n’est pas le moins bien placé pour battre franchement Le Pen en cas de second tour ! S’il faut se méfier des sondages, qui brident parfois des votes d’adhésion au profit de votes « utiles », ne boudons néanmoins pas notre plaisir du moment. Sachons constater froidement que l’opinion publique frémit, et que ce frémissement provoque la mutation des consciences et l’implication qui va avec. Et si c’était possible ? Et si les indécis se disaient eux aussi qu’ils ont à portée de main la capacité de renverser la table ? Et si nous ne rêvions pas ? Les sondages restent l’une des armes des puissants ; pour une fois utilisons cette force jadis à leur disposition pour la retourner contre eux !


car, dorénavant, plus personne ne nie que ce vent porteur modifie en profondeur le sens d’une campagne en pleine ligne droite, ce que nous observons autour de nous quotidiennement. Même les « Échos » s’inquiètent du « risque Mélenchon » et des conséquences d’une éventuelle élection « sur les marchés ». C’est bon signe, la peur change de camp. Et pour cause. Ce projet en question, qui « fait société » en incluant une révolution citoyenne, n’est pas qu’une affaire technique. Nous parlons là d’une visée, de critères d’évaluation, d’une mises en commun, d’une démocratie d’implication, bref, d’une méthode pour y parvenir autour d’une nouvelle République. Ne l’oublions pas : la bataille d’idées se gagne dans la capacité à mobiliser les familles politiques en leur noyau, et pas sur leurs marges. Nous y sommes presque.


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