NOUS PUBLIONS LE TEXTE QUE NOUS A ADRESSE FRANCOIS ANDRE
" L’Etat ayant mesuré
le déficit de logements en France (dans notre pays il y aurait 1.000.000 de
demandes non satisfaites, dont 1/3 pour la Région Parisienne), a pris un
certain nombre de dispositions pour relancer le secteur du bâtiment. Notre
ville profite au maximum de cette aubaine pour bétonner tout azimut. L’objectif
non avoué de notre Maire est selon moi de se retrouver à la tête d’une ville de
30.000 habitants, ce qui lui ouvrirait bien des portes. Romainville se prête parfaitement
à cet exercice ; nous serons desservis par le métro en 2019 (non, maintenant
c’est pour 2022 au mieux), le tramway arrivera bien un jour à monter la côte de
la Vierge, et la base de loisirs de 67 hectares (non, le bois urbain, sera rendu
accessible au public sur 7
hectares dans 3 ans minimum). Belles perspectives
annoncées pour attirer les investisseurs !
La méthode
utilisée: Après une très ample concertation sur l’urbanisation de notre
village. Ne prenez pas cela pour de l’humour, la concertation existe bien après
que les projets aient été élaborés dans le plus grand secret !.... La première
chose à faire est de trouver des terrains. Pour trouver des promoteurs, ce
n’est pas un problème ! Des terrains constructibles, il en existe, cependant s’ils
sont privés, les démarches pour les acquérir sont longues. Alors que fait-on ?
On BRADE le patrimoine des Romainvillois.
Un petit tour de
ville :
- Boulevard Paul
Vaillant Couturier : Deux immeubles incluant Monoprix au RDC, ont été
Construits sur les terrains de la ville (gymnase et groupe scolaire). En face,
l’opération a pris la place des ateliers municipaux et du square.
- L’opération de la
place du marché est implantée en lieu et place de la bibliothèque, de l’ex
siège de l’OPHLM (locaux en suite occupés par l’OMS), d’un square (à
Romainville les squares deviennent indésirables), de la salle Jean Lurçat et
d’une partie d’un bâtiment de l’OPHLM.
- Rue Jean Jaurès,
c’est le terrain des boulistes qui a été cédé.
- Rue Jean Jaurès
encore (ça c’est nouveau), c’est le centre de loisirs Croizat qui est livré aux
promoteurs.
- Rue de la
République après la poste sur un espace public qui n’a jamais été entretenu :
Un petit immeuble tout biscornu du fait de l’exiguïté du terrain a vu le jour.
- Rue de la République,
face à la poste, c’est un terrain acquis par la ville pour en faire un parking.
Après que le PLU ait été modifié pour construire plus haut, un permis a été
accordé.
- Rue de la
République encore, au droit de la cité Cachin, un permis pour des immeubles sur
des terrains communaux : Un square, l’ancienne station-service, la maison des
jeunes.
Cette énumération
est probablement incomplète. Allez encore un petit sujet ! En bout de l’Avenue
Stalingrad, un dépôt de la ville s’est transformé en propriété privée, un
pavillon.
Un autre sujet
mérite d’être évoqué, il concerne les opérations qui démarrent sur les talus de
l’autoroute A3. Tous les anciens Romainvillois se souviennent des combats menés
par les précédentes municipalités afin que cette tranchée qui coupe notre
village en deux soit couverte. Les travaux ont eu lieu. Pour certains, il y eut
de la déception, ils rêvaient d’un ouvrage beaucoup plus conséquent puisque la
promesse mentionnait sans la délimiter la couverture de l’autoroute.
Reconnaissons tout de même que ce qui a été réalisé est un plus pour
l’environnement du secteur.
L’Etat mettait la
dalle à disposition de la ville, charge à elle de l’aménager. Celle-ci nous a
fait miroiter des espaces de plein air accessibles à tous. Comme vous l’avez
constaté aucun équipement hors d’horribles clôtures n’ont vu le jour. Pourquoi
? Simplement parce que la Ville attendait que l’Etat lui cède à bas prix,
l’emprise des talus.
Cette situation a
été débloquée du fait de l’intervention d’un organisme public, la CNAUF
Commission Nationale de l’Aménagement et de l’Urbanisme et du Foncier. Les
terrains ont été cédés par l’Etat à la Ville, en prenant un taux de décote de
60%, par rapport à l’estimation de cet espace foncier. Cette « faveur » est
assortie de conditions et impose un certain nombre de logements sociaux (de
quoi calmer l’ardeur des promoteurs).
A ce jour, sur ce
projet, comme sur la plupart, tout n’est pas dit. Que va devenir la dalle
inconstructible ? Sera-t-elle accessible au public ? Où vont se situer les
logements sociaux ? À proximité des ponts, là où ça ronfle le plus ? Comment
vont être financés les équipements publics nécessaires puisque la cession des
terrains par l’Etat, compte tenu de la décote, dégage ce dernier de toute
participation financière à ces équipements ? Notons au passage que ce projet
intègre lui aussi des terrains qui étaient propriété de la Ville.
Où nous conduit cet
emballement ? A entamer sérieusement notre patrimoine, mais de plus sans
résultats bénéfiques. Construire pour loger ceux qui en ont besoin est
nécessaire, c’est un acte citoyen, mais encore faudrait-il le faire avec
discernement. A ce jour les investisseurs constatent un effondrement du prix de
l’immobilier neuf à Romainville : Pour un studio- 16.97% en un mois, -18.93 %
en six mois. Pour un 2 pièces – 6.47% en un mois, - 11.74% en six mois. Pour un
3 pièces – 3.72% en un mois, -2.63% en six mois*. Si vous considérez que ces
chiffres sont de bonne augure, dites- vous bien que ce qui se bâtit à
Romainville, ne correspond pas aux besoins de la population Francilienne.
Continuez Madame le
Maire, vous êtes sur la bonne voie, surtout ne perdez pas de temps, car bientôt
l’instruction des permis de construire sera transférée à Est Ensemble "!
*Sources : Site de
l’immobilier neuf : infos.trouver-un-logement-neuf. com.
François
ANDRE Octobre 2015