LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 14 décembre 2017

" Contre-révolution girondine ", l'éditorial de Maud Vergnol dans l'Humanité de ce jour !


D’un côté, les métropoles, ces territoires conquérants où devrait s’épanouir la « mondialisation heureuse ». De l’autre, une immense « périphérie », des banlieues aux territoires ruraux ou postindustriels, menacés de tomber en lambeaux sous les coups du néolibéralisme. Partout, la métropolisation libérale produit les mêmes effets, redessinant une carte de paysages dévastés par la désindustrialisation, d’autres désertés par les services publics, où germe le sentiment d’abandon et de déclassement…

Sous l’ère Macron, on ne parle plus d’égalité entre les territoires mais de « cohésion ». Les départements, comme les multinationales, sont désormais classés en « espaces high po » (comprendre « haut potentiel », ou encore en « centres de coûts ». « L’égalité qui ambitionne de créer de l’uniformité n’assure plus l’égalité des chances entre les citoyens des différents territoires », lançait en juillet le nouveau chef de l’État lors de la première conférence des territoires, pour annoncer, « en même temps », un nouveau « pacte girondin ». Un double langage typiquement macronien qui masque mal la reprise en main autoritaires des collectivités par le nouveau monarque. Tout est pourtant minutieusement orchestré et parfaitement cohérent : mise sous tutelle des budgets locaux, baisse drastiques des dotations, retour au contrôle à priori des décisions, désintégration du logement social, suppression des contrats aidés… « Nous allons nous imprégner de la réalité des territoires », a cru bon de lancer hier Édouard Philippe dans un énième coup de com qui consiste à décentraliser Matignon dans le Lot.


Mais le premier ministre aurait bien tort de se penser en terrain conquis dans un département où l’on croise de moins en moins de services publics, où 19 écoles ont fermé en trois ans et où les pompiers en sont réduits à embarquer des sages-femmes pour pallier la fermeture des maternités. Loin de la novlangue technocratique, c’est cette réalité que vivent une majorité de Français, à qui Emmanuel Macron avait promis une « révolution » politique. Guizot plutôt que Robespierre…

mercredi 13 décembre 2017

RER A et B : " Usagers et salariés unis pour de bonnes conditions de transport et de travail "


Les salariés des RER A et B ont engagé un mouvement de grève ce mardi 12 décembre. Ils se plaignent d’une pression croissante sur leurs conditions de travail.
Ces deux axes de transport sont les lignes les plus chargées des transports urbains en France : plus de 1,2 million de passagers par jour pour le RER A, plus de 900 000 pour le RER B. Ils sont saturés, ce qui induit des conditions de déplacement très difficiles pour les usagers à l’heure de pointe, et des conditions de travail difficiles pour les salariés, qui subissent la pression pour assurer la régularité de lignes totalement saturées. Alors que la RATP utilise chaque année des dizaines de millions d’euros pour son expansion à l’international.
Cette saturation ne doit pourtant rien au hasard.

Pour Jacques Baudrier, conseiller de Paris (PCF) et Administrateur d’Île-de-France Mobilités : « la saturation du RER A est le résultat du raz-de-marée de bureaux à l’ouest de l’Île-de-France et en particulier à La Défense. L’État pour la seule année 2016 vient encore d’agréer la construction d’1 million de mètres carrés de bureaux dans les Hauts-de-Seine (50 000 salarié(e)s), soit plus de la moitié du total de la région. Cela va aggraver considérablement le déséquilibre habitat-emploi entre l’est et l’ouest, et totalement saturer le RER A. Il faut enfin une politique d’aménagement en Île-de-France, et stopper les chantiers de tours à La Défense.L’État a tout à fait les moyens réglementaires de le faire, en stoppant les agréments de bureaux dans les Hauts-de-Seine et en réformant la taxe pour construction de bureaux ».

Le RER B doit, lui, être soulagé par la construction des lignes du Grand Paris Express, ligne 14 au sud, lignes 16 et 17 au nord. Mais ces dernières sont menacées par les arbitrages du gouvernement qui voudrait faire des économies sur le dos de ces projets essentiels pour la banlieue nord alors qu’il persévère dans l’erreur avec son projet CDG Express.

Pour Didier Le Reste, président de l’association « Non au CDG Express » et conseiller de Paris (PCF) : « La construction du CDG Express, de cette ligne pour riches, est une aberration économique, sociale et technique. Le CDG Express aura en plus un impact très négatif sur le fonctionnement du RER B, car il empruntera les voies du faisceau nord. Comment peut-on imaginer dégrader les conditions de transport de 900 000 voyageurs par jour pour une ligne qui ne concernera que 20 000 usagers plus aisés par jour ? ».

Il faut enfin des politiques d’aménagement et de construction d’infrastructures cohérentes, pour de bonnes conditions de transport pour les usagers et de bonnes conditions de travail pour les salariés.

" La bulle " bitcoin, l'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l'Humanité de ce jour !


Aristote définissait une monnaie par ses trois fonctions essentielles : unité de compte, réserve de valeur et intermédiaire des échanges. Celle-ci, au fond, ont assez peu varié. Si ce n’est bien sûr la dématérialisation progressive des supports monétaires eux-mêmes. En 2009, au lendemain de la grande crise financière globalisée, le « code source » d’accessibilité du bitcoin était officiellement publié. Cette monnaie numérique aux mécanismes complexes et à la finalité obscure, crée par un mystérieux Satoshi Nakamoto – le pseudonyme d’une personne ou d’un groupe –, ne vaut alors que quelques centimes. Elle disparaît plus ou moins des radars, ressurgit de temps à autre à la faveur de son principe, qui intrigue : le bitcoin est une monnaie à émission limitée, 21 millions d’unités, ce qui signifie que son cours ne peut que progresser, lentement mais inexorablement. Deux pas en avant, un pas en arrière. Et puis, brutalement chacun a voulu être à la fête. En six mois, le nombre de ses utilisateurs a doublé. La valeur a explosé de 3000% en trois ans, jusqu’à dépasser, lors de sa première cotation sur le Chicago Board Options Exchange (CBOE), les 18000 dollars.


Une sorte de folie boursière. Car, voyez-vous, ce qui n’était au départ qu’une énième tentative de lancer une monnaie électronique alternative un brin « libertaire » et/ou socialiste afin de court-circuiter les banques excite désormais la convoitise de Wall Street. Cette « technologie monétaire » laisse entrevoir aux grands argentiers de nouvelles frontières du profit, ils ne s’en privent pas ! Du coup deux questions légitimes se posent. Assistons-nous à une – improbable – intégration de cette monnaie virtuelle « libre » dans le système officiel ? Ou plutôt à l »éclatement programmé de sa « bulle », simple symptôme supplémentaire ? Un actif financier reste toujours soumis au vent du capitalisme…au XVIIe siècle, la tulipe, dont le bulbe coûta jusqu’à plusieurs milliers de florins, fut le miracle financier des Pays-Bas. Cela ne dura qu’un temps, tout s’effondra du jour au lendemain. Une indication en dit long sur l’actuelle ruée vers cette crypto-monnaie : les fonds spéculatifs multiplient les placements en bitcoin.

mardi 12 décembre 2017

Le sommet pour la planète : de l'affichage pour se donner bonne conscience ?


La COP 21 s'était conclue sans engagements contraignants pour les états. Les COP 22 et 23 se sont révélées être de vrais fiasco. Le 2 Août l'humanité avait consommé l'ensemble des ressources renouvelables et nous sommes toujours sur une trajectoire qui nous mène à un réchauffement de 3°C. Les aides financières aux énergies fossiles sont toujours deux fois plus importantes que pour celles des énergies renouvelables.

Que la France tente de relancer la lutte pour le climat est une bonne chose mais ce sommet sera-t-il autre chose que de l’affichage pour se donner bonne conscience? On est en droit de s'interroger. Déjà, il est acté que les états s'effacent devant les acteurs privés et la "finance verte"...
Pourtant les questions sont pressantes, elles demandent des réponses urgentes :
  • Les pays riches vont-ils enfin contribuer au Fonds vert de solidarité internationale à la hauteur de leur responsabilités de principaux pollueurs ?
  • En France, le réseau ferré restera t-il le parent pauvre et mal entretenu favorisant le fret par un camionnage polluant ?
  • les ENR (éolien et photovoltaïque) resteront-ils une niche à profit grâce aux taxes versées par les usagers (CSPE) ?
  • Un mix énergétique peu carboné sera-t-il maintenu grâce au nucléaire  ?
  • Qui doit financé l'isolation des logements quand la diminution des APL doit être compensée par les sociétés HLM ?
  • Va-t-on autoriser l'exploitation aurifère en Guyane au détriment des forêts primaires et continuer à réduire les moyens de l'ONF pour l'entretien de la forêt en France même ?

Sans illusions sur des financiers qui ne rechercheront que le profit, nous attendons de juger sir pièce les annonces du président de la République pour voir s'il se convertit vraiment à la défense de la planète.

Israël/Palestine : Macron doit prendre une initiative de médiation pour la solution à deux Etats !



Les déclarations de Donald Trump du 6 décembre, considérant de manière unilatérale Jérusalem comme capitale d'Israël, violent le droit international et éloignent la perspective d'une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens en niant les résolutions adoptées par l'ONU pour y parvenir.

Rien ne serait pire que de prendre acte de la décision américaine sans réagir : la reconnaissance, aux côtés d'Israël, de l'Etat palestinien dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale doit devenir une priorité des gouvernements attachés à la paix, au respect du droit et à une solution politique juste.

La décision étasunienne a été dénoncée et condamnée lors de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU du 8 décembre et, le 9 décembre, par les membres de la Ligue arabe réunis au Caire. L'Union européenne comme le Vatican a réaffirmé son soutien aux résolutions de l'ONU et à la solution à deux Etats conforme à ces résolutions.
En ce 10 décembre, journée internationale des droits humains, le président français a manqué de prendre l'initiative politique qui était et demeure vivement attendue de la France à travers le monde pour relancer un véritable processus politique de paix au moyen d'une médiation internationale multilatérale.

Le président français qui recevait dimanche le premier ministre israélien a « désapprouvé » Donald Trump et qualifié de « regrettable » le pas franchi par l'administration américaine, et redit l'attachement de la France au droit international, aux résolutions de l'ONU et à la solution à deux Etats.
Emmanuel Macron a évoqué un « gel de la colonisation » mais a préféré renvoyer les protagonistes à un hypothétique tête-à-tête en appelant Benjamin Netanyahu à « des gestes courageux envers les Palestiniens » pour « sortir de l'impasse actuelle ».
La colonisation et l'occupation israéliennes redoublent de violences à l'égard du peuple palestinien, les habitants de Gaza, prisonniers d'un blocus illégal, sont bombardés quasi quotidiennement par l'armée israélienne : la paix, une paix juste, une paix durable, n'attend plus.

Le président Emmanuel Macron aurait pu s'appuyer sur le vote du Parlement français en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien, et conformément aux préoccupations exprimées par le ministère des Affaires étrangères obtenir la libération de notre compatriote, le jeune avocat Salah Hamouri.

Le PCF appelle au rassemblement le plus large des forces démocratiques et à la solidarité internationale pour le plein respect des droits du peuple palestinien, pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens et prend l'initiative d'une large campagne de pétition électronique adressée au président Macron pour la reconnaissance officielle de l’État de Palestine.


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