LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mercredi 8 avril 2020

Adresse aux salarié-e-s !



Le monde du travail est en première ligne pour affronter une crise sanitaire d’une ampleur inédite. Infirmières, éboueurs, caissières, agents de nettoyage, dockers, cheminots, fonctionnaires territoriaux, ouvrier-e-s de l’industrie agro-alimentaire, médecins, livreurs..., salariés du public comme du privé, c’est vous qui maintenez la France debout, c’est vous qui êtes en première ligne face au péril. Hier ignorés, parfois pointés du doigt comme des privilégiés, vous êtes aujourd’hui nos héros ordinaires, célébrés par tous.


Et pourtant, sans attendre, le gouvernement prépare les Français, et particulièrement ceux qui sont au front, à de nouvelles politiques d’austérité. Il prend aussi appui de l’épreuve actuelle pour attaquer encore le droit du travail. Pour les communistes, tout doit d’abord être fait pour protéger les salariés. Les mettre à l’abri de l’épidémie en cessant les activités non indispensables d’une part, en mettant d’autre part tous les moyens de protection à la disposition de celles et ceux qui doivent continuer à travailler, dans la production et dans les services publics. Mais les protéger également dans leurs droits, contrairement à ce qu’autorisent les ordonnances gouvernementales, en mettant en cause les droits à congés ou en allongeant gravement la durée du travail, pour ne citer que ces exemples.


Des années durant, on a désigné votre travail comme un coût qu’il fallait à tout prix réduire pour être « compétitif », pour permettre de satisfaire aux exigences de rentabilité de grands actionnaires jamais repus de dividendes. Des années durant, les gouvernements successifs ont affaibli vos services publics au nom d’objectifs comptables, contraires à l’intérêt général et dégradant sans cesse vos conditions de travail. Jamais ils n’ont écouté les salariés alertant sur les conséquences de leurs décisions.


Le pouvoir actuel porte lui-même de lourdes responsabilités dans la situation dramatique à laquelle est confronté notre pays. Il a amplifié les politiques d’austérité au nom de la prétendue nécessité de baisser des dépenses publiques, d’affaiblissement des services publics (et particulièrement de l’hôpital public). Il a accompagné et justifié les abandons industriels, de cadeaux à la finance et aux grandes fortunes qui ont lourdement affaibli notre pays au moment où il doit affronter l’épidémie actuelle. Notre pays est devenu incapable de fabriquer les protections indispensables, les traitements et les matériels médicaux. Le gouvernement s’est aussi attaqué à vos droits de salariés, jusqu’à supprimer les CHSCT, décision dont on voit aujourd’hui l’absurdité.
Oui, tous les moyens doivent être mobilisés immédiatement, ceux des plus riches et ceux des multinationales, ceux des banques et des assurances, pour que notre société, une des plus riches du monde, protège ses salariés, du public comme du privé.


Vous pouvez compter sur les communistes, sur leurs élus et leurs militants, partout dans le pays, pour défendre votre santé comme pour défendre vos droits, comme nous l’avons fait pendant le mouvement sur la réforme des retraites ou depuis des années pour défendre le budget de l’hôpital public.
Le capitalisme n’a plus d’avenir. Et vous pouvez compter sur le Parti communiste pour mettre fin aux politiques libérales qui ont tant abîmé nos services publics et notre industrie, abandonné la recherche, privilégié la concurrence européenne, car il est temps de promouvoir un autre modèle économique respectueux de l’être humain et de la nature.

Préparons les jours heureux dans les entreprises et les services publics, exigeons immédiatement :
  • La garantie à chacun de 100 % de ses revenus, 100 % de ses congés, RTT ou CET.
  • La mobilisation de 10 milliards pour l’hôpital public, pour répondre à l’urgence et commencer la reconstruction de notre système de santé.
  • La mobilisation de tout le système bancaire pour défendre le maintien de l’emploi et des salaires, pour la reconquête industrielle, pour le développement de tous les services publics et la transition écologique, et pas, comme après 2008, pour reprendre des activités spéculatives.
  • Une nouvelle démocratie dans l’entreprise pour que les salariés pèsent réellement sur les choix de gestion, qui ne peuvent plus être mis entre les mains de ceux qui ne recherchent que la rentabilité financière.

Oui, il n’est pas trop tôt pour combattre efficacement la crise sanitaire et la catastrophe économique et sociale qui vient. Il n’est pas trop tôt pour inventer et construire tous ensemble une autre logique où l’argent n’est plus une finalité pour quelques nantis mais bien un levier pour l’épanouissement de tous.

Vous pouvez compter sur les communistes pour y travailler avec vous. En campagne contre le capital pour protéger les salarié-e-s !
Alors que des millions de Français.es sont confinés depuis trois semaines, des millions d’autres sont contraints à poursuivre leur activité professionnelle. Si les salariés qui sont indispensables à la réponse aux besoins immédiats et vitaux du pays - comme les personnels de santé - doivent pouvoir exercer leur métier avec le matériel de protection adapté, pour tous les autres, nous demandons l’arrêt de l’activité pour les protéger et protéger l’ensemble de la population. La remise en cause des droits des travailleurs par la loi d’urgence sanitaire est inacceptable et indéfendable. Nous demandons l’abrogation immédiate des mesures prévoyant la possibilité pour l’employeur d’augmenter la durée de travail jusqu’à 60 heures hebdomadaires, de décider des périodes de congés payés ou de la prise de jours de RTT.



« Révélateur », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité de ce jour !



 Logement, éducation, emploi, territoires… le moment historique que nous vivons collectivement illustre et ravive les disparités déjà prégnantes au cœur de la société française. 

Dans le registre des copies mises au propre, il en est une, limpide et sans rature, qui ne méritera ni correction ni contestation d’aucun jury composé de savants experts. Après des semaines de pandémie et de confinement, une évidence saute en effet aux yeux de tous, même de ceux qui, jadis, se montraient peu réceptifs à ce genre de réalité : l’épidémie est un éclatant et impitoyable révélateur des inégalités sociales.

Logement, éducation, emploi, territoires… le moment historique que nous vivons collectivement illustre et ravive les disparités déjà prégnantes au cœur de la société française. Si des travailleurs autrefois invisibles – dans des métiers jugés indispensables à la continuité de la nation – sortent enfin de l’ombre et jouissent de la reconnaissance au moins verbale de tous, ces mêmes agents de nettoyage, ouvriers, auxiliaires de vie, etc., se trouvent sur deux fronts en même temps. Non seulement ils continuent à aller travailler, au risque d’attraper la maladie, mais ils se débattent dans des conditions matérielles difficiles qui se dégradent encore à mesure que la crise avance. Et que dire, alors, des millions de chômeurs, de précaires et de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté ? Est-il nécessaire de le répéter: pendant la pandémie et le confinement, les plus touchés sont les plus pauvres, là où ils survivent, dans les quartiers populaires et les zones rurales laissés à l’abandon. Pour eux, ce sera même la double peine puisqu’ils en paieront plus durement les conséquences sociales après…

Parmi les principales victimes? Les enfants, pour lesquels l’école à distance s’avère soit un casse-tête, soit un frein à l’égal accès à l’éducation. Beaucoup de professeurs multiplient supports et canaux pour que leurs élèves continuent à consolider leurs savoirs, mais une part non négligeable de leur public semble hors d’atteinte, sachant qu’un tiers des 25% les plus pauvres ne possèdent pas d’ordinateur. L’éducation nationale se déclare «sans nouvelles» de 5 à 8% des scolarisés. Ce chiffre, dans les quartiers populaires, serait compris entre 20 et 35%! L’école «à la maison» accroît les inégalités scolaires. Une véritable bombe à retardement supplémentaire…


mardi 7 avril 2020

« Le forcené de Nancy », l’éditorial de Sébastien Crépel dans l’Humanité de ce jour !




Retranché dans ses certitudes d’un autre temps, le directeur de l’Agence régional de santé (ARS) du Grand-Est a provoqué un choc, ce week-end, en annonçant vouloir poursuivre, quoi qu’il en coûte,  les suppressions de près de 600 postes et 174 lits d’hôpitaux programmées de longue date au CHRU de Nancy. Rien au monde, pas même la crise sanitaire du Covid-19, ne le fera renoncer au plan prévu, a – t – il affirmé en substance, lundi, auprès d’une chaîne régionale. Le ministre de la Santé l’a pourtant démenti la veille, mais le jusqu’au-boutiste libéral de ce haut cadre ne doit pas faire oublier qu’il rien fait d’autre que répéter ce qui était jusque très récemment la doxa unanimement partagée ces vingt dernières années par les responsables gouvernementaux et leurs relais sur le terrain.

L’épisode révèle en tout cas la logique de forcené à l’œuvre  chez les instigateurs des réformes successives de l’hôpital, insensibles aux ravages dont leurs choix politiques sont la cause. Le doute et la remise en question ne font pas partie du vocabulaire de ces technocrates, qui ont élevé le mépris des alertes d’où qu’elles viennent – soignants, usagers, élus locaux ou opposition parlementaire – au rang de mode de pensée et d’action du libéralisme.  C’est pourquoi on peut prédire sans se tromper que, à l’instar de l’acharnement du directeur de l’ARS, la volonté des démolisseurs ne faiblira pas devant la crise sanitaire et que ceux-ci chercheront, derrière les mots rassurants du président de la République sur l’exclusion de tout « retour au jour d’avant » et la promesse d’un « plan massif d’investissement » pour l’hôpital, à reprendre la man dès le virus vaincu.

Raison de plus pour ne pas estimer la partie gagnée et prendre pour argent comptant les belles paroles de ceux dont la population paie aujourd’hui le lourd bilan. la franchise cynique du directeur de Nancy doit servir d’alerte, tout comme les déclaration pour le moins peu nettes du ministres Olivier Véran selon qui « les plans de réorganisation sont suspendus à la grande consultation qui suivra ». En d’autres termes, du passif le gouvernement n’a pas fait table rase : la bataille ne fait que commencer.

lundi 6 avril 2020

« Les charognards à l’affût ! » (Patrick Le Hyaric)



En même temps » qu’ils multiplient les éloges sur les personnels de santé des hôpitaux publics, nos gouvernants commandent en douce des rapports qui visent à poursuivre l’asphyxie de notre système de santé public !
Cette haute trahison, cette forfaiture, intervient alors que médecins, infirmiers ou réanimateurs se saignent aux quatre veines pour soigner et sauver des vies en mettant la leur en danger, du fait même des pénuries et négligences gouvernementales. Ce sale coup se prépare dans les arrière-cuisines peu ragoutantes des industries chimiques, des assurances privées, des banques et des cabinets ministériels. Les voici qui affûtent en bande organisée des projets pour tirer parti du drame planétaire et relancer le business capitaliste. Par devant, le président de la République proclame d’une voix apeurée que la santé appartient « aux biens et service qui doivent être placés en dehors des lois du marché». Par derrière, il commande à la Caisse des dépôts et consignations, bras financier de l’Etat dont l’indépendance a encore été réduite avec la récente loi « Pacte », un rapport dont l’objectif est d’accélérer le processus de marchandisation de la santé. Ce même processus qui nous conduit aux actuelles hécatombes. 
Dans une copie destinée au cabinet élyséen, le service de prospection stratégique de la Caisse des dépôts prône le désarmement total de l’Etat social et de la protection des citoyens, la mise en concurrence plus grande des secteurs publics et privés pour abaisser encore les rémunérations des personnels de santé. Il propose d’accélérer les privatisations de l’hôpital public avec les fameux partenariats « public-privé » qui ont tous conduit à des fiascos sanitaires et économiques. Seules les banques s’en frottent les mains.
Et rien n’est prévu pour augmenter les dépenses publiques de santé puisque nos ronds-de-cuir insistent pour maintenir le corset avec le fameux « objectif national des dépenses d’assurances maladie », tandis que seule la dette des cliniques privées serait restructurée au-delà des engagements gouvernementaux. La stratégie des commanditaires de ce rapport est de pousser les feux d’un capitalisme sanitaire, appuyé sur un capitalisme numérique et financier. Des catégories de personnels seraient remplacées par une cohorte de start-up alliées aux grandes compagnies d’assurances comme AG2R ou Malakoff Humanis, des firmes chimiques comme Astra-Zeneca, des filiales du crédit agricole et de la banque postale. Et, grande innovation des technophiles du capital, puisque les banques et la Caisse des dépôts ont garanti ces dernières années  des  milliards d’euros aux grands croisiéristes dont l’activité a spectaculairement chutée, on transformera ces grands bateaux en « navire-hôpital en contrepartie d’une rémunération ». Inouï !
Ainsi au cœur de la pandémie, au centre d’un malheur planétaire, les milieux d’affaires en lien avec des secteurs décideurs de l’Etat réfléchissent aux moyens non pas de protéger les êtres humains, mais à la meilleure façon de profiter de la situation. Ceci, en mettant l’épargne populaire à disposition de la relance d’un capitalisme dont de plus en plus de personnes mesurent les impasses mortifères. La riposte s’impose. Les débats et les prises de positions ne doivent pas rester confinés, il faut une entière transparence sur les dettes des hôpitaux et réclamer leur annulation totale, obtenir une augmentation substantielle des rémunérations des travailleurs de la santé, le retour sur tous les conquis détruits des agents du service public, un plan audacieux d’embauches, la réouverture des hôpitaux fermés, la relance de la recherche fondamentale.
On trouve bien des centaines de milliards pour le secteur privé. On doit bien en trouver pour l’hôpital public. Au-delà, une grande politique de la santé publique dans le cadre d’une sécurité sociale de la vie doit être inventée, non pas avec les technophile de la Caisse des dépôts mais avec le concours de tous les intéressés, salariés et usagers. 


« Le cri de la LDH », l’éditorial de Sébastien Crépel dans l’Humanité de ce jour !



L’état d’urgence sanitaire a été proclamé, mais qu’en est-il de l’État de droit, qui n’admet aucune interruption pour garantir les libertés publiques ? Cette garantie passe en premier lieu par le respect de la Constitution, qui limite les droits et s’impose à tous, en dépit des critiques parfaitement fondées que l’on peut adresser à un texte consacrant un régime présidentialiste à l’extrême. Il vaut mieux en effet une Constitution imparfaite que pas de Constitution du tout pour s’opposer à l’absolutisme et à l’arbitraire.

Or, il n’est pas exagéré d’écrire que cet ordre constitutionnel est aujourd’hui remis en cause par l’acceptation, par l’organe même chargé en dernier ressort de le faire respecter, d’entorses à la légalité qui auraient été regardées comme tout à fait intolérables avant l’état d’urgence sanitaire. Ici aussi, pas de confusion : on ne peut pas déborder d’amour pour une instance comme le Conseil constitutionnel, dont les jugements sont souvent marqués d’un conservatisme pesant, et s’inquiéter de ce que signifie, sur le plan du droit, sa mise en sommeil forcée. Non seulement ses membres ont choisi de fermer les yeux sur la décision du gouvernement de s’asseoir sur le respect de la loi fondamentale à l’occasion de l’examen du paquet législatif instaurant l’état d’urgence sanitaire, amis ils se sont inclinés devant leur mise en congés d’office jusqu’au 30 juin prévue pour ces mêmes textes.

Cette décision pourrait paraître à première vue n’intéresser que les férus de droit. Dans une déclaration produite vendredi, la Ligue des droits de l’homme (LDH) montre combien elle concerne chaque citoyen. « Par sa décision, écrit la LDH, le Conseil constitutionnel accepte que les libertés publiques soient drastiquement restreintes tout en en différant le contrôle. » Le gouvernement qui dirige désormais par ordonnances, n’aura en effet aucun compte à rendre au Parlement, ni au Conseil constitutionnel. L’inquiétude vaut bien au-delà du 30 juin et du retour présumé au « droit commun » : car ainsi se crée pour l’avenir « une jurisprudence qui ouvre la voie à toutes les exceptions et donc à tous les renoncements », prévient la LDH.


  ©Template Blogger Elegance by Dicas Blogger.

TOPO