LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

dimanche 5 avril 2020

Triste nouvelle. François Giacalone vient de nous quitter !



Nous venons de l’apprendre. Atteint par cette saleté de virus, François Giacalone vient de nous quitter. Né le 22 septembre 1936 à Tunis, c’est en 1961, devant Gérard Machelart alors premier adjoint de Pierre Kérautret, que Ghislaine et François décideront d’unir leur vie. Sofia Dauvergne officiera à l’occasion de leurs noces d’or en 2011. 

Les résidents de la Cité Gagarine, où il vivait depuis près de 50 ans, après avoir habité Avenue Wilson, ne reverront plus sa silhouette, le voyant arpenter les escaliers pour diffuser l’Humanité-Dimanche. Communiste, François, avait, dans les années 60, assumé la responsabilité de membre du secrétariat de la section du Parti Communiste de notre ville. Il n’a jamais cessé d’être ce combattant inlassable d’un monde plus juste, plus humain et plus solidaire. 

Ces dernières années François, s’était beaucoup investi contre la destruction de sa cité et pour un projet de rénovation et de réhabilitation. En 2001, François deviendra le président de l’OPHLM de Romainville. François Giacalone a été un dirigeant et un militant bénévole du CAR Romainville. On l’avait surnommé « l’homme des stades », toujours présent pour voir évoluer les joueurs de Romainville. Il était encore là, avec le FC, à la fin du mois de septembre 2019, pour le match de qualification de la coupe de France au stade Jean Guimier. 

Dans ces douloureuses circonstances, les communistes de Romainville et leurs élues, partagent la douleur de Ghislaine, son épouse, de ses enfants, Valérie, Cyril et Grégory et de ses petits-enfants. Ils leur adressent leurs plus sincères condoléances et les assurent de toute leur affection

vendredi 3 avril 2020

« Privilégié(s) » (Le bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin) !



 De nombreux écrivains s’assignent au rôle de privilégiés sans même s’en rendre compte, dans des récits de confinement à la manière de journaux intimes. Au final, cette désagréable impression de découvrir les pense-bêtes sans intérêt de la classe bourgeoise. 

Usages. Le propos qui suit – quelque peu exalté et probablement irritant pour beaucoup – provoquera sans doute des réactions non moins désapprobatrices. Mais que voulez-vous. À l’heure de la crise sanitaire, sa petite conscience de classe n’a rien à envier à celle, surexposée, des dominants qui s’ignorent, disons plutôt des privilégiés qui s’y complaisent sans avoir l’air d’y toucher. Car, voyez-vous, elles et ils s’assignent à ce rôle sans même s’en rendre compte, avec des mots précautionneux trempés dans les bons usages littéraires sinon les bons sentiments, avouant même, au gré de leur inspiration, l’étrange complexité de leur tâche: raconter leur confinement, à la manière d’un journal intime. Le bloc-noteur, lui-même auteur, ne citera pas les «gens de lettres» auxquels il pense et qu’il a lus parfois avec sidération dans de nombreux journaux et magazines en quête de récits capables d’accrocher le lecteur – louable intention. Un prix Goncourt par-ci, une grande plume par-là, et au final cette désagréable impression de découvrir les pense-bêtes sans intérêt de la classe bourgeoise, litanie de maisons de campagne, de terrains verdoyants et d’herbe verglacée, de pépiements d’oiseaux à la fraîche rosée, de paysages impressionnistes qui témoignent de certaines vies mais ne disent qu’imparfaitement la réalité de ceux pour qui le confinement s’avère une authentique épreuve. En temps de «paix», lire le temps-qui-passe-depuis-nos-nombrils est déjà une sinécure, alors en temps de «guerre sanitaire»… 

Égaux. L’une prévient – belle humilité – que tout le monde n’a pas «la chance» dont elle dispose en évoquant son cadre quotidien. Ce mot, «chance»… Comment l’interpréter, quand par lui l’auteure en question voulait aussi signifier: riches ou pauvres, nous sommes tous égaux devant le virus, qui frappe au hasard. Ce n’est pas faux. À un détail près: pendant la pandémie, les plus touchés sont les plus pauvres. Ce sera même la double peine, puisqu’ils en paieront longtemps le prix, après. Et pendant ce temps-là, nous voilà abreuvés de chroniques de l’élite littéraire dans des médias dominants qui donnent la parole à ceux qui en ont toujours eu le privilège. Drôle de moment, n’est-ce pas, alors que soi-disant la France entière honore ses «héros», ces travailleurs invisibles d’hier devenus troupes de première et de seconde ligne d’aujourd’hui ? Curieux sentiment, quand un ami résume ainsi la situation: «Les cadres en télétravail, les prolos au front!» Singulière époque, tandis que nous croulons sous les statistiques qui montrent à quel point le confinement ravive des disparités et les inégalités déjà prégnantes dans tout le pays – logement, éducation, accès aux soins, emploi, etc. Au fond, il n’y a donc rien d’étonnant à constater que les réseaux sociaux regorgent, ces jours derniers, de milliers de «posts» indignés ou railleurs devant semblable exposition du «confinement confortable». Pour les «sans» des quartiers populaires ou d’ailleurs, privés de choses élémentaires, et qui constituent la masse du peuple, non, nous ne sommes pas tous égaux face à l’épidémie ! Ici-et-maintenant, la décence nécessiterait de ne pas l’oublier…

Peurs. Ajoutons qu’un journal de confinement, au cœur de cette tourmente historique, ne vaut d’exister que s’il permet de saisir le social et ses fractures encore grandissantes, que tentent de repousser, telles de mauvaises herbes, les solidarités qui montent de partout. Auteurs, racontez cela! Prenez date, comme certains autres le démontrent. Imaginez le futur différent. Transcendez vos propres peurs en découvrant celles des autres. Car, quand tout cela sera fini – à quel horizon? – et que les «moins que rien» de Mac Macron auront retrouvé l’usage de leur corps, ils pourraient bien se rappeler à notre bon souvenir. Et pas qu’avec des phrases.


« Volatils », le billet de Maurice Ulrich !



Le Covid-19 ne respecte rien. Les Échos le révèlent à la une : « Comment le virus a contaminé les marchés financiers ». En plus de la vie, il s’en prend à la Bourse. Et c’est si fragile les marchés. Ça va, çà vient, çà fait des bulles, et l’éditorial du  quotidien de Bernard Arnault le confirme : « Même très élevée, la volatilité fait partie du fonctionnement des marchés, savoir la tolérer aussi. » 

Et il en faut de la tolérance : « Les géants du CAC 40 ont effacé plus de 450 milliards de capitalisation eu premier trimestre. » Effacé, le mot est joli quand on chipote sur l’indemnisation du chômage partiel, quand les hôpitaux ont été étranglés, quand le ministre Gérald Darmanin en appelle à la solidarité nationale pour aider les entreprises et ne dit rien de l’ISF. 

Alors quoi ? « La seule chose à faire est d’attendre en confinant ses économies comme sa personne. » Bien sûr, mais on a bien l’impression que les marchés n’ont pas attendu le virus pour être complètement malades.

« Le don et l’impôt », l’éditorial de Sébastien Crépel dans l’Humanité de ce jour !



C’est l’un des paradoxes du moment. Dans ce point de bascule entre chien et loup, où même le président de la République se montre économe en certitudes sur ce qui subsistera du « monde d’avant » dans le « jour d’après », se dégagent plus nettement encore qu’auparavant les quelques principes inamovibles sur lesquels le gouvernement a réglé son action, et qu’il n’entend pas jeter aux orties malgré la pire pandémie du siècle.

Parmi ceux-ci, le stupéfiant épisode de « l’appel aux dons » du ministre de  l’Action et des Comptes publics pour financer « l’effort national » jette une lumière crue sur le véritable culte que ce gouvernement voue à la propriété privée – celle des plus riches, la précision va de soi. Comment expliquer, sinon, le choix de s’en remettre à une générosité incomparablement plus aléatoire, moins efficace et moins juste que l’impôt – c’est bien pour cela qu’il a été inventé –, plutôt que de revenir, même temporairement, même partiellement, sur la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) décidée au début du quinquennat . Et cela, alors même  que cet appel aux dons est en soi l’aveu du besoin urgent et vital des ressources dont on s’est privé. Tout au sommet de l’échelle des valeurs de ce gouvernement la défense du bien des riches prime donc en toutes circonstance sur les buts sociaux les plus précieux : la santé publique, la satisfaction des besoins essentiels ou même la relance d’une économie sinistrée comme jamais.

Les mêmes qui n’hésitent pas à nous bercer de promesses de nationalisations à venir de « nouveau capitalisme » à visage humain n’ont pas les mêmes audaces verbales quand il s’agit de parler de gros sous. Pendant qu’on « nationalise » en paroles seulement, l’action publique s’en remet dans les faits aux caprices de la volonté privée. Avec cet argent soustrait à l’impôt, la boucle est bouclée. C’est le stade suprême de la privatisation. Et celui, aussi de la comédie du « changement » jouée par ceux qui ont intérêt à ce que rien, au fond, ne change vraiment, comme dans le Guépard, de Lampedusa.

jeudi 2 avril 2020

Des actes nouveaux pour changer le système (Patrick Le Hyaric)


L’angoisse nous étreint face à l’hécatombe provoquée par ce puissant virus qui court et attaque le monde entier. Déjà, les deuils frappent autour de chacun d’entre nous.
Les personnels soignants font preuve d’un dévouement appelé à devenir un mètre étalon de courage et d’humanité. Leur sacrifice est d’autant plus exemplaire qu’il prolonge une lutte dure et tenace, trop dédaignée en haut lieu. Les pouvoirs successifs et leurs comptables, dont ceux de la Cour des comptes, les ont sciemment désarmés. Comme ils ont méprisé toutes celles et ceux qui, ne se revendiquant pas « premiers de cordée », font tourner la France : transporteurs ou caissières, employés communaux ou livreurs, policiers ou enseignants, auxquels manquent cruellement masques et tests du fait des choix de réduction des crédits publics.
Il y a urgence à réquisitionner les entreprises capables d’en fabriquer comme celles qui peuvent produire l’oxygène, les respirateurs, les blouses, les lits, l’alcool hydro-alcoolique ou les médicaments qui commencent à manquer. Le dogme crasse du « moins d’Etat » doit être jeté au bûcher et toute tentative de rogner les budgets de la santé publique considérée comme une forfaiture.
Jamais la santé n’est apparue aussi nettement comme un bien commun et non une marchandise, et l’hôpital comme un lieu de la vie et non une entreprise. C’est toute la filière qui doit dès maintenant être bâtie ou rebâtie avec la mise au rencart de tous les plans de fermetures de lits et d’hôpitaux et la création rapide d’un pôle public du médicament.
Chaque jour met désormais à nu l’incapacité des classes possédantes et dirigeantes à affronter ce moment historique. Elles n’ont pour autant, pas renoncé à développer un capitalisme sanitaire et un capitalisme numérique. Une lutte se déroule bien en ce moment-même, au cœur de la lutte contre l’épidémie, avec les mêmes termes : la loi de l’argent ou le bien être humain.
Pour mener cette lutte, le gouvernement s’est donné les « pleins pouvoirs ». C’est ainsi que la ministre du travail, quelques jours après avoir clamé son intention d’interdire les licenciements, s’est empressée de se contredire en affirmant qu’il ne s’agissait que d’une « formule choc pour marquer les esprits »… Le ministre de l’économie n’est pas en reste qui a refusé de contraindre les entreprises à ne pas verser de dividendes, avant de se raviser sous pression syndicale. Le rétablissement de l’ISF, la  suppression du CICE, la lutte contre l’évasion fiscale et la production nationale stratégique doivent être fermement défendus. Le temps est révoqué où les communistes étaient moqués, vilipendés quand ils proclamaient « produisons français ».
L’entreprise Luxfer, seule usine de bouteilles d’oxygène sacrifiée par ses actionnaires doit être nationalisée sans barguigner, comme l’entreprise Famar, capable de produire rapidement un million de boites de médicaments à base de chloroquine, dès lors qu’est avérée son efficacité. Voilà des éléments de « ruptures ».
Et que l’on cesse de dire que la santé n’est pas du ressort de l’Union européenne. L’argent de la Banque centrale européenne doit être orienté vers les caisses des Etats pour les hôpitaux, pour la relance industrielle des secteurs liés à la santé, les services publics, les collectivités territoriales, les associations de solidarité, le logement des plus démunis qui souffrent encore plus du confinement, les secteurs de la création culturelle et de la presse écrite.
A l’opposé des pleins pouvoirs, c’est un comité spécial d’urgence sanitaire sous l’égide du premier ministre, des présidents des assemblées parlementaires, avec les groupes parlementaires, une délégation du comité économique et social, les syndicats, les associations, les chercheurs et le monde médical qui devrait piloter quotidiennement la crise, avec le souci d’inclure la solidarité avec les pays du sud menacés par la vague. La résolution de cette crise et les étapes à franchir exigent de la transparence et la confrontation démocratique avec des diagnostics partagés et une autre manière de prendre les décisions.


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