LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mardi 19 décembre 2017

" Un sinistre tri sélectif ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !


La Sorbonne n’était qu’un épisode de la communication présidentielle, pas le signal d’une ambition. Le gouvernement s’est saisi du scandale des étudiants privés de place dans les universités par le système APB pour mettre en place des procédures qui excluront des centaines de milliers d’entre eux de l’enseignement supérieur de leurs rêves. « Du vice de forme, faisons la loi fondamentale », s’est empressé de suggérer un conglomérat de réactionnaires désireux de protéger une chasse gardée des élites et de libéraux fanatiques de la concurrence et de l’austérité. Les uns et les autres tressent un tamis de « prérequis et d’attendus », un charabia qui masque la mise en place d’une sélection enfermant les jeunes dans les rails que d’autres traceront. Les universités étranglées par le manque de moyens auront la charge de couper les ailes et d’adapter la demande à leur offre. Le virus de la concurrence risque encore d’amplifier la sélection.

Ce projet constitue un complément de la déstructuration du travail engagée par Emmanuel Macron. Pourtant, les mutations accélérées des métiers, l’explosion des technologies, mais aussi des besoins collectifs et des savoirs, requièrent toujours plus de jeunes dans l’enseignement supérieur, capables de s’adapter aux changements tout au long de leur vie professionnelle, dotés des connaissances générales nécessaires et de parcours sécurisés. Néanmoins le président préfère le tri sélectif ; les rejetons des « premiers de cordée » auront des chemins balisés, tandis que les enfants de ceux qui « n’ont rien » resteront dans les voies de traverse, des impasses ou des parcours obligés.


Le pouvoir parie sur la peur de l’échec ou le découragement pour imposer son projet. Mais il ne suffira pos d’une communication péripatéticienne dans un palis de la République pour faire disparaître l’envie renouvelée de chaque génération de « vivre à pleins bras de lumière », selon le mot de Tristan Tzara. La rentrée de janvier sera scrutée…

lundi 18 décembre 2017

Journée internationale des migrants : Pour des politiques d'accueil, d'hospitalité et de fraternité !


Aujourd'hui, lundi 18 décembre, journée internationale des migrants sous l'égide de l'ONU, est l'occasion de manifester notre solidarité avec ces hommes et ces femmes et d'appeler à des politiques d'accueil, d'hospitalité et de fraternité.

Le président de la République et son gouvernement veulent passer aujourd'hui à une nouvelle étape en se livrant à une véritable chasse à l'homme en triant les migrants au sein même des centres d'hébergement qui sont censés les accueillir et les protéger.
Sont concernés les réfugiés, ceux en attente de leur demande d'asile ou déboutés, ou enfin relevant des accords de Dublin.
Cette circulaire du 12 décembre -la circulaire de la honte- provoque colère et condamnation de la part des associations, de toutes celles et ceux attaché-es à la défense des droits humains.
Le Parti communiste français exige son abrogation immédiate. L'accueil inconditionnel de toute personne en situation de détresse doit être respecté.
Cette circulaire annonce une série de projets de loi en janvier renforçant une politique de dissuasion migratoire, d'expulsion massive et d'externalisation.
Cette politique du chiffre est vouée à l'échec : son inhumanité, son coût, son inefficacité rendent nécessaire plus que jamais le besoin d'une autre politique migratoire.
Celle du respect et de l'accueil, celle de l'investissement pour qu'aucun migrant et migrante ne dorme dans la rue, que soit entamé un processus de régularisation et favoriser leur intégration au sein de la société française.

Le PCF tient à saluer les associations, les citoyens qui sont engagés dans des actes de solidarité concrète et pérenne à l'égard de ces hommes et ces femmes qui ont droit à notre hospitalité. Il exige l'arrêt des poursuites à l'égard des militants injustement poursuivis.
Le PCF, ses élus, ses militants sont à leurs côtés et travaillent ensemble à trouver des solutions durables, à instaurer de nouveaux critères pour élargir l'accueil et la protection des migrants.

A l'heure de la mondialisation, les migrations sont une réalité incontournable. Un Pacte mondial pour les migrations devra être adopté en 2018 lors de l'Assemblée générale de l'ONU pour protéger encore mieux et plus les droits des migrants et des réfugiés. Devront à cette occasion être réaffirmés la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, la Convention de Genève et des traités internationaux et européens. Ils devront s'élargir à des nouvelles dispositions en faveur de l'accueil des migrants environnementaux et fuyant la pauvreté.

" Cordée solidaire ", l'éditorial de Paule Masson dans l'Humanité de ce jour !


Qu’on se souvienne. C’était en juillet dernier. Emmanuel Macron, grandiloquent : « Je ne veux plus d’ici à la fin de l’année, avoir des hommes et des femmes dans les rues, dans les bois. » Pendant que le président de la République fait sa fête dans le luxueux confort du château de Chambord, les migrants gèlent sur les sommets des Alpes. La route côtière de Vintimille les a poussés vers les hauteurs. Avec l’aide des passeurs solidaires de la Roya, ils ont pu, un temps, percer la frontière. Les « check-points » ont tari leur élan. Depuis ils montent plus haut, quel que soit le péril. Sans la "cordée solidaire" du collectif briançonnais Tous migrants, beaucoup trouveraient la mort sur ce chemin de survie.

Fermer les frontières n’empêche pas les exils. En France, comme en Europe, chaque route migratoire que bouche la répression policière en ouvre une autre, souvent plus périlleuse. Le repli contre la solidarité, la peur contre l’accueil, l’égoïsme contre l’entraide, c’est le choix de la mort pour les migrants, de la prison pour ceux qui les aident, de la montée en puissance des nationalismes. En Autriche, le parti conservateur s’est fait élire en se vantant d’être l’artisan de la fermeture de la route des Balkans. Résultat de cette surenchère sécuritaire : une extrême droite campée sur la « défense de l’Occident chrétien contre les musulmans », qui s’octroie trois ministères régaliens dans le gouvernement.

Cette logique inhumaine habite pourtant la réforme du gouvernement Macron sur l’immigration. Le projet en débat accélère les expulsions, allonge la durée de rétention et installe la France dans le cortège indigne des pays qui se murent. « Il est triste de jouer à cache-cache dans ce monde où nous devrions nous serrer les uns contre les autres », disait Jean Cocteau.


Hier, à Briançon, les professionnels de la montagne ont tenu la corde des passeurs de solidarité. De Menton à Briançon, la chaîne d’humanité gravit des sommets aux côtés des migrants.

vendredi 15 décembre 2017

Neutralité du net : " Internet doit rester un Commun numérique mondial "


L'administration Trump vient de mettre fin à la neutralité de l'Internet aux États unis. Ce qui est présenté comme une victoire des opérateurs de télécom sur les GAFAM (Google-Apple-Facebook-Amazon-Microsoft) et les NATU (Netflix, AirBnB, Tesla, Uber) est en fait une défaite pour la démocratie. C’est l'instauration d'un Internet à plusieurs vitesses, la fin de l'égalité d'accès au réseau sans discrimination, c'est-à-dire la négation même de ce qui fait d’Internet un Commun numérique mondial. Alors que la gouvernance de l’Internet avait commencé à s’émanciper du gouvernement des Etats-Unis, cette décision constitue une grave régression.

Certes en Europe, la neutralité du net est protégée par les décisions du Parlement européen. Mais déjà en France le lobby des opérateurs de télécom s'active pour remettre en cause ce principe. Lorsqu'on connait l'implication et les ambitions de ces opérateurs dans les médias dominants, on ne peut qu’être inquiet pour l’avenir du pluralisme dans notre pays.

Le PCF demande au Président de la république de s'engager à garantir solennellement en France et dans les instances européennes la neutralité de l’Internet. Du fait de la fin du service public des télécommunications, de la déréglementation et de l’ouverture à la concurrence, il existe dans notre pays une discrimination territoriale très forte dans l'accès aux réseaux en particulier à très haut débit. L’État doit imposer une péréquation tarifaire et se poser comme garant de l'égalité territoriale en faisant les investissements nécessaires financés par une fiscalité adaptée à une taxation de l’activité réelle des GAFAM et des NATU dans notre pays.

La neutralité de l’internet est Commun numérique mondial précieux, tout doit être fait pour la préserver et la développer.

" Théorie des cordes ", l'éditorial de Michel Guilloux dans l'Humanité de ce jour !


C’est clair, Emmanuel Macron ne croit pas au « ruissellement » mais aux « premiers de cordée ». Plutôt que de se prévaloir trop ouvertement de Reagan ou de Thatcher, évoquer les seconds correspond mieux à la vision éthérée du chef de l’État. Lui tutoie les cimes de l’Olympe et en même temps les PDG du CAC 40. Ces derniers et leurs semblables, gavés de dividendes jusqu’à plus soif, seraient les « créateurs de richesses » qu’il conviendrait d’attirer en France. Président, gouvernement, majorité s’y emploient, jour après jour.

Nous vivons là des temps furieusement rétrofuturistes : la même et seule vieille obsession du rentier balzacien – le fric, le fric, le fric –, écran  de smartphone à la main, dans des costumes cintrés. Oui cette logique est bien aussi nocive qu’archaïque. « Efficacité », disent-ils ? Prenons cette simple information en provenance de la cour des comptes, jeudi, au sujet des « PPP » et des bâtiments de la justice. L’institution indique que ces « partenariats public-privé » sont bien la pompe à phynance que dénonçaient leurs détracteurs. Élargissons la focale. Ce système capitaliste a étendu une logique désormais mortifère à toute la planète, révèle le rapport de l’équipe de chercheurs en économie réunis autour de Thomas Piketty. Notons que les inégalités sociales exacerbées dues partout à ce même accaparement des richesses par quelques-uns créent autant de replis nationalistes que les conditions et l’exigence d’un travail de solidarité internationale – auquel s’emploient d’ailleurs nombre de syndicats de salariés.


Ces données sont publiques et accessibles. Leur lecture étaye l’engagement des défenseurs de la lutte contre l’évasion fiscale, des promoteurs du levier public dans la lutte contre les inégalités et pour une autre efficacité économique. Elle éclaire les bénéficiaires, accapareurs de notre époque et non « créateurs », de la spoliation des richesses publiques et du travail. Elle indique une belle route de justice sociale. Le pouvoir a décidé de la prendre à rebours. Le jeune Marx, qui revit joyeusement ces jours-ci grâce à Raoul Peck, signe de ce qui nous attend en 2018 de fils à reprendre, parlerait de bégaiement de l’histoire et de vieille boue. Il est temps de se débarrasser des cordes.


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