LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

jeudi 4 avril 2013

Mercredi noir !!



jerome-cahuzac-francois-hollandeLe Président s’est exprimé sur l’affaire Cahuzac. Il a décidé d’agir, en dotant la France d’un arsenal de mesures répressives contre les élus parjures. Mais comme pour l’affaire DSK, le cas est individualisé. Le débat engagé sur le seul registre de la bienséance. Total, personne n’est dupe.

Et pourquoi? Parce tous voient bien qu’il n’en va pas du simple parcours d’un individu peu scrupuleux, que ce socialiste-là en devenant l’adjuvant du système est entré dans cette machine infernale de la finance, qui a fini de broyer ce qu’il lui restait d’ « éthiquable ». Les larmes de Gérard Filoche, mardi, en attestaient. Le social libéralisme tue le socialisme. Le Parti Socialiste est en train de s’effondrer, et avec lui, c’est la République qui s’asphyxie.

Bien sûr, certains objecteront qu’à droite, c’est idem. Ils diront que Sarko a sans doute dépouillé Bettencourt, qu’avant lui Chirac en a dépouillé d’autres et que le tandem Copé/Fillon ne vaut pas mieux. Bref tous les politiques seraient corrompus. Sur ce refrain, Marine Le Pen en fait des tonnes même ses connivences avec les milieux des affaires semblent la rattraper.

Pour nous, ce discours est insupportable. Parce que la gauche n’est la droite.

Il y a tout juste, dix jours, Harlem Désir taxait Jean-Luc Mélenchon d’antisémite. A partir de propos tordus et tronqués. Et au travers de son candidat à la Présidentielle, c’est tout le Front de Gauche qu’il stigmatisait sachant pertinemment que de telles accusations ne pouvaient que renforcer le désarroi à gauche et faire le jeu de la droite extrême. Pas grave, le PS entend ne rien céder, quitte à faire enfler le nombre d’abstentionnistes et d’électeurs FN ; il gagne ainsi du temps et de l’espace pour imposer son choix de l’austérité.

Et il est vrai qu’entre mai 2012 et aujourd’hui, il n’a pas lésiné. D’emblée on a eu droit au donnant donnant et au traité européen, dans la foulée au « choc de compétitivité » et aux 20 milliards alloués aux entreprises, maintenant c’est au tour de l’ANI et de la casse du code du travail. Et comme si cela ne suffisait pas, le Président de tous les Français nous en remet une couche lors de son allocution TV en annonçant la réforme des retraites. Comme au bon vieux temps du sarkozysme

Il n’est qu’à voir la Grèce et ses moins 25% de PIB en 3 ans ou Chypre et ses moins 20% de PIB en 6 mois pour savoir où mènent ces choix : à la misère, à la crise économique, politique et institutionnelle. Et le « choc de simplification » nous l’avons sous les yeux ce matin : on en ressort KO !

François Hollande peut toujours discourir sur la morale, chacun sait désormais que la sortie est politique. Que rien ne stoppera le mouvement de fond qui est en train de grandir dans l’opinion publique, la haine sourde qui contamine le peuple de gauche, exceptées une mise à plat totale et une rupture avec les orientations gouvernementales.

Comment peut-on désormais être crédible et parler rationalisation des dépenses publiques quand le préposé à la bonne marche du budget s’avère lui-même un fraudeur, et pas au RSA. La justice sociale et les 75%, la lutte pour la finance, c’est pour quand ?
Qui croira encore à une République sociale et citoyenne quand la loi anti-cumul, le vote des étrangers sont renvoyés dans les cartons de 2017. La 6ième République, un mot d d’ordre abstrait ? Elle est devenue une urgence.

Le week-end dernier, les spéculations allaient bon train sur un remaniement potentiel et le remplacement de Jean Marc Ayrault. On parlait de Bayrou voire même d’unité nationale face aux périls économiques. Autrement dit, ici comme en Grèce, Italie ou Espagne on nous enfilerait une coalition PS/droite au nom de Bruxelles, du FMI et pourquoi pas du Saint Esprit…Certes vu l’actu, Borloo et les siens risquent de voir l’opération faire "pschitt", encore que, quand on est capable de produire un DSK et un Cahuzac en trois ans, on joue hors compétition.

Le drame c’est qu’une telle recomposition ne fera qu’accélérer le mouvement en cours. Que si la France, son économie et ses institutions ne sont ni la Grèce, ni Chypre, ni l’Espagne ou l’Italie, elle peut tout autant sécréter ses propres formes de régression, de débâcle sociale, de repliements sur soi et rejets.
Citoyen, je suis un témoin de cette lente mais inexorable évolution du PS, de leur mue de socialistes en sociaux- démocrates puis sociaux libéraux voire démocrates. Au début, cela se manifeste par des formules et des postures, puis cela s’accommode de quelques arrangements avec ses valeurs, enfin viennent les premiers dérapages, une école ou un hôpital de proximité que l’on ferme et que l’on justifie à coups de propos dits réalistes « de toute manière çà n’était plus économiquement viable », un livre que l’on commet avec un économiste libéral et dont on s’approprie au passage la rhétorique ( Cf« Décoincer la France » de Martin Malvy) … 

On se rassure à bon compte se répétant qu’après tout, on a été élu par le suffrage universel : Ah l’argument massue qui légitime tout ou presque. On se conforte les uns, les autres dans l’hémicycle bien feutré d’une assemblée nationale ou territoriale. Parfois on teste même une petite piqûre de rappel à gauche ; la plupart du temps en se payant un élu UMP encore plus réac que soi… Et puis question de se conforter, on décrète que celui qui n’est pas avec soi est contre le changement. C’’est la seule justification trouvée par le gouvernement pour expliquer son choix d’imposer ses grandes réformes de début de mandat, main dans la main avec la droite. Sauf que l’histoire montre qu’à ce jeu là, c’est toujours la version originale qui finit par s’imposer.

Ce mercredi 2 avril, nous sommes nombreux à enrager…

En mars dernier le candidat socialiste Hollande aurait pu faire le choix du dialogue avec le Front de gauche, plutôt que le mettre sur le même plan que le FN ; il s’est tiré une première balle dans le pied. En juin et juillet dernier, le premier Ministre Ayrault aurait pu répondre favorablement à l’appel des salariés en lutte et du Front de Gauche, et légiférer contre les licenciements boursiers : Cahuzac et Valls n’auraient pas donné le la à une politique de plus en plus ouvertement anti sociale. Cet automne, le Président aurait pu chercher les ressorts populaires comme le demandaient de nombreuses organisations, le Front de gauche, pour affronter l’Allemagne sur le traité européen légué par la droite, et résister : cela priverait de toute assise populaire la montée ultra nationaliste et protectionniste que nous vivons et qui fait des ravages chez nos voisins.

Il est grand temps que les militants, élus, électeurs socialistes, verts, retirent le bandeau placé devant leurs yeux. Non cela n’ira pas mieux demain, car un PS qui se greffe une ADN libérale, ne peut produire que ce que nous vivons depuis presque un an. S’ils aspirent à autre chose, il est cette évidence que c’est maintenant qu’ils doivent relever la tête et se mettre en mouvement. Dans le pays comme dans l’hémicycle, il existe une majorité sociale et politique pour refonder une République solidaire, agir en conformité avec la volonté du suffrage universel. Et cela commence dès cette semaine, en refusant la ratification de l’accord MEDEF.

Pour les communistes, il est aussi cette évidence qu’il existe toujours un peuple de gauche, divers, clivé dans ses expériences, ses contradictions, ses peurs comme ses certitudes et dont on ne pourra pas faire l’économie du rassemblement le plus large. Continuer à tendre la main, sauf à baisser les bras et capituler. Donner plus de force à la dynamique populaire et citoyenne initiée par le Front de gauche.

mercredi 3 avril 2013


 

Hollande et Ayrault : Maintenant Tout pour le capital!

AffCahuzacJérôme Cahuzac a préféré avouer après des mois de mensonges la main sur le cœur, et après avoir déversé des lots d’insultes sur Edwyn Plenel et Médiapart, coupables de faire un vrai travail d’investigation. 
 L’homme qui tenait entre ses mains le budget de la France, qui pilotait l’administration fiscale et traquait les fraudeurs était lui-même un malfaiteur, auteur depuis plus de vingt ans d’évasions de capitaux et de dissimulation de ressources.
Il ne s’agissait pas d’une paille… Le reliquat du compte à Singapour compte encore 600 000 euros! C’était lui pourtant le sévère censeur des dépenses publiques, l’amateur de rigueur et d’austérité quand elles touchent le menu peuple, l’apôtre du pacte Sarkozy-Merkel, à peine était-il emballé d’une faveur rose. C’est encore lui qui clamait dans les médias  que «la lutte des classes n’existait plus !» Pardi, il avait fait siennes, les mœurs des capitalistes et planquait son fric dans les paradis fiscaux ! Asinus asinum fricat, disaient les romains : l’âne se frotte à l’âne….
Le scandale politique est énorme car l’affaire Cahuzac met à nu la vraie nature de la politique de Hollande : servir au peuple, quand la Droite est déconsidérée, la politique du MEDEF et celle voulue par les marchés financiers . Ainsi en est il de l’ANI, cet accord interprofessionnel sabrant le droit du travail, dont la teneur est made in MEDEF.
Les dirigeants socialistes poussent des cris d’horreur et chasse l’homme de leurs rangs. Mais nombre de socialiste ne le présentaient- ils  pas, il y a peu, comme » le meilleur d’entre nous ? ».  Précisément pour son aptitude à faire une politique en faveur des marchés financiers, des nantis, des patrons.
Mais par son comportement personnel s’agissant de sa fortune, l’ex bras droit de Hollande risque de rendre trop voyant la collusion du PS avec le capital et de la finance.
Une collusion qui, comme le montre  la nomination des socialistes français DSK à la tête du FMI ( interchangeable avec Ch. Lagarde!) et de P. Lamy à la direction de l’OMC ne date pas d’hier.
P. Appel Muller explique dans l’Humanité : « La faute reste personnelle, mais ce brillant chirurgien qui avait conquis à la hussarde Villeneuve-sur-Lot n’a-t-il pas jugé bien mince la transgression puisque autour de lui le profit était sanctifié et les marchés financiers portés au pinacle ? Ne se trouvait-il pas encore hier un porte-parole du groupe socialiste à l’assemblée pour rendre un hommage appuyé à la présidente du Medef pour son rôle dans l’élaboration du projet qui vise à dynamiter le code du travail ? »
Déjà, on entend monter la marée brune du « tous pourri ». Mais ce qui est pourri au royaume de France, c’est une politique impitoyable pour les pauvres et douce pour les puissants. Ainsi à la télévision, le Président normal (du point de vue du MEDEF ?) n’a pas eu un mot pour les salariés, pour les citoyens, pour le peuple sinon qu’il va falloir s’attendre a verser du sang et des larmes.
Par contre tout pour le patronat, la finance et le capital !
L’heure est à la mobilisation générale pour changer de politique. Ça suffit comme ça! Ce n’est pas pour cela que les gens ont voté il y a un an. Rassemblons-nous et agissons pour imposer d’autres choix à partir de contenus politiques novateurs radicaux et crédibles, pour redonner  vie et vigueur à notre pays, à notre économie pour que les gens retrouvent de l’emploi et du pouvoir d’achat, pour que la démocratie reprenne ses droits de l’entreprise à la cité.


De Cahuzac à l’ANI : La social-démocratie 

domestiquée

marlsocdemAu delà de l’affaire Cahuzac, le ministre du Budget de Hollande, organisateur de l’austérité pour le peuple, alors qu’il détenait un compte en Suisse et à Singapour, c’est bien la promiscuité et la collusion des dirigeants socialistes avec les milieux de la Finance qui posent problème. Ainsi, le projet d’accord interprofessionnel ANI, préparé par le gouvernement socialiste et présenté à l’Assemblée nationale est manifestement un texte made in MEDEF.
Pour mieux mesurer l’évolution de F. Hollande et des dirigeants socialistes vers le libéralisme, Dialogue Clichois recommande la lecture du livre de Philippe Marlière La social démocratie domestiquée (édition ADEN, 170 p).
Depuis son retrait de la vie politique en juin 2007, l’influence de Tony Blair sur la social-démocratie européenne n’a jamais été aussi vive. Stricto sensu, le terme « blairisme » renvoie à l’action politique du New Labour au pouvoir sous la direction de Tony Blair, puis de Gordon Brown.
Il existe une acception plus large : le blairisme peut être pensé en termes de « modèle politique » ; une feuille de route qui inspire fortement la social-démocratie aujourd’hui. La « voie blairiste » conduit à la constitution d’une social-démocratie domestiquée, complice du capitalisme financier. Elle la condamne à se déporter toujours plus à droite. Quand le PS en France s’est inspiré du New Labour (campagnes présidentielles de 2002 et de 2007), il a été sévèrement rejeté par les électeurs. En 2012, sur un fond de rejet de Sarkozy, F. Hollande réussit à se faire élire, mais nourrit la déception populaire en se ralliant à une politique sévère d’austérité et en reprenant à son tour les recettes du libéralisme.
D’autres formations sociales-démocrates en Europe ont connu la même infortune. Cet ouvrage propose de revenir sur la genèse du blairisme, les débats autour de la « Troisième voie » qui mêle libéralisme politique et économique, la gestion des services publics, la relation avec les syndicats ou encore les affaires étrangères et européennes. Loin d’être un particularisme britannique, la « voie blairiste » affecte aujourd’hui l’ensemble de la gauche sociale-démocrate en Europe.


L'Humanité du mercredi 3 avril 2013


Aveux de Cahuzac: "L’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes"


Dans l'édito de l'Humanité de ce mercredi, Patrick Apel-Muller rappelle à propos des aveux de Jérôme Cahuzac, concernant ses comptes cachés en Suisse et à Singapour, le mot de Paul Vaillant-Couturier: "Quand on est de gauche, il faut sans trêve aller « débusquer de son repaire cette pièce de cent sous tapie, comme le disait Balzac, au fond des consciences ».
Les flammes de la justice léchaient déjà ses pieds; Jérôme Cahuzac 
a préféré avouer après des mois 
de mensonges la main sur le cœur. 
Le scandale politique est énorme. L’homme qui tenait entre ses mains le budget de la France, qui pilotait l’administration fiscale et traquait les fraudeurs était lui-même un malfaiteur, auteur depuis plus de vingt ans d’évasions de capitaux 
et de dissimulation de ressources. Il ne s’agissait pas d’une paille… Le reliquat du compte à Singapour compte encore 600 000 euros! C’était lui pourtant le sévère censeur des dépenses publiques, l’amateur de rigueur 
et d’austérité quand elles touchent le menu peuple, l’apôtre du pacte Sarkozy-Merkel, à peine était-il emballé d’une faveur rose. On se souvient de lui docte et péremptoire faisant la leçon à Jean-Luc Mélenchon lors d’un débat télévisé. À s’en souvenir remonte irrépressiblement une mise en garde de Jaurès: 
«Ne vous guindez pas trop sur des échasses de vertu! L’équilibre est instable et les chutes douloureuses.»
Celui que déjà les courtisans au Parti socialiste désignaient comme « le meilleur d’entre nous », aura donc menti à ses collègues du gouvernement, 
au président de la République et, plus grave encore, 
à la représentation nationale. La faute est bien entendu personnelle, mais faut-il, quand même, s’être bien éloigné de la dénonciation par François Mitterrand –
il est vrai il y a plus de quarante ans, lors du congrès d’Épinay – de «l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience 
des hommes»! La faute reste personnelle, mais ce brillant chirurgien qui avait conquis à la hussarde Villeneuve-sur-Lot n’a-t-il pas jugé bien mince la transgression puisque autour de lui le profit était sanctifié et les marchés financiers portés au pinacle ? Ne se trouvait-il pas encore hier un porte-parole du groupe socialiste à l’assemblée pour rendre un hommage appuyé à la présidente du Medef pour son rôle dans l’élaboration du projet qui vise à dynamiter le code du travail ? Quand on est de gauche, il faut sans trêve aller « débusquer de son repaire cette pièce de cent sous tapie, comme le disait Balzac, au fond des consciences » 
(Paul Vaillant-Couturier).
Déjà, on entend monter la marée brune 
du « tous pourri ». Le Front national se frotte 
les mains, quand bien même celles de ses dirigeants, parmi les principaux, portent encore les traces des pots 
de confiture dans lesquelles elles ont plongé. Trop 
de ceux qui peinent à joindre les deux bouts, qui doivent choisir entre le plein d’essence et celui du frigo, 
qui se désespèrent de voir encore l’horizon de la retraite s’éloigner, seront tentés de se tourner vers ceux qui prospèrent sur le désarroi.Mais ce qui est pourri 
au royaume de France, c’est une politique impitoyable pour les pauvres et douce pour les puissants, ce sont 
les financiers aux manières de rois et les fronts prosternés devant eux, ceux des politiciens d’extrême droite notamment. Il convient au contraire de raviver 
les couleurs de la République, de donner la primauté 
aux citoyens et de prendre pour guide l’intérêt général. Face à ce scandale d’État, la justice doit aller à son terme. Le débat public aussi.

mardi 2 avril 2013



Décryptage l'Humanité: les dessous sales de l'ANI


Cette édition spéciale de l’Humanité vous permet de juger sur pièces du contenu du projet de loi sur la flexibilité du travail actuellement débattu au Parlement. Le Medef exige qu’il soit adopté en l’état. Jamais un tel diktat n’a été formulé à l’endroit des élus de la nation.
téléchargez Notre quatre pages ci-dessous
A lire:
Ne laissons pas précariser nos vies
par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, député au Parlement européen.
Les députés et les sénateurs disposent du droit constitutionnel, inaliénable, de faire la loi. Désormais, au-delà des parlementaires communistes et Front de gauche, nombreux sont les élus socialistes  ou écologistes qui souhaiteraient améliorer le texte dans le sens des intérêts du monde du travail, de telle sorte que soit prise en compte l’opinion de la CGT et de FO.
De plus en plus de militants et d’organisations de base d’une des organisations signataires demandent  que l’accord ne soit pas voté en l’état. Une mobilisation large et unitaire pourrait donc créer un rapport de forces durant ce débat parlementaire pour en modifier le contenu en votre faveur. Nous sommes convaincus que si cet « accord » devenait la loi, les chefs d’entreprise disposeraient de libertés nouvelles pour, à leur guise, décider quand vous faire travailler, pendant combien de temps et pour quel salaire, sans pour autant créer le moindre emploi. Vous seriez « flexibilisés » à un point tel que votre patron déterminerait une part importante de votre temps de vie hors de l’entreprise puisque ce qu’il aura décidé pour vous dans le travail réduira d’autant vos libertés de choix à l’extérieur. Les couples seraient soumis à des rythmes différents, changeant sans cesse. Tout le droit social serait mis à mal. Le vôtre mais aussi et peut-être surtout celui que connaîtront vos enfants quand ils accéderont à un emploi.
C'est avec une certaine gravité que nous vous alertons. Vous n’êtes bien sûr pas obligé de partager notre point de vue. Mais nous vous invitons à regarder les choses de très près. C’est trop sérieux. Rien n’est encore joué. Ensemble, quelles que soient nos sensibilités, si nous nous faisons entendre avec suffisamment de force et d’unité, la majorité parlementaire que nous avons élue pour sécuriser nos emplois et nos vies devra agir conformément au mandat qu'elle a reçu. Qu’elle laisse MM. Copé, Fillon, Raffarin et leurs amis soutenir seuls le texte made in Medef. 
Ensemble, lançons un mouvement d'opinion majoritaire pour défendre le droit social, dans la lignée de ce qu’a de tout temps fait la gauche et qui l’identifie: donner à l'individu au travail sa pleine dignité avec les répercussions sur sa vie ainsi que sur le devenir d’une société plus humaine. Rien de plus fondamental pour qui aspire à ce que soit menée une authentique politique de progrès avec la sécurité du travail et de la formation, la renaissance de la production industrielle et des services publics, une loi contre les licenciements boursiers, des dispositifs antiprécarité, des pouvoirs d’intervention nouveaux pour les salariés sur la gestion de leur entreprise, la réduction du temps de travail, une nouvelle répartition des richesses et de nouvelles manières de produire, de consommer, avec la réorientation de l’argent vers le travail et l’investissement productif d’avenir. Bref, l'exact contraire de ce texte au seul service du grand patronat.
Ensemble, relevons le défi de la sécurité du travail pour toutes et tous. Il en va de l’intérêt général.
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L'Humanité
Documents à télécharger: 
L'ANI décryptée par l'Humanité: un projet made in medef
L'ANI décryptée par l'Humanité: un projet made in medef


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