LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

samedi 6 novembre 2010

Petits meurtres entre amis à l'UMP

Des députés UMP ont menacé Martin Hirsch, ancien Haut commissaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse, de suspendre sa rémunération de président de l’Agence du service civique en représailles à son livre sur les conflits d’intérêt.
Décidément, nous vivons une drôle d’époque. Des millions de Français sont dans les rues depuis des semaines pour protester contre une mise à sac de leurs droits sociaux élémentaires avec la fin annoncée de la retraite à 60 ans, droit pour lequel ils ont cotisé toute leur vie. Et la droite n’a rien trouvé de mieux que nous rejouer une mauvais remake de « Petits meurtres entre amis », cette fois-ci à l’UMP.
Cette ambiance de fin de règne n’a que trop duré. Si la droite veut faire des économies, elle a des pistes de financements toutes trouvées : ces exonérations fiscales abusivement dénommées « niches fiscales » et qu’il serait plus conforme à la réalité de nommer privilèges. Mais la marche est un peu haute quand il s’agit pour l’UMP de redonner ses lettres de noblesse à la politique.
Parti communiste français,
Paris, le 5 novembre 2010.

vendredi 5 novembre 2010

Rapport Bockel / délinquance des mineurs : des mesures qui défient l'entendement !

Dans le concours du « plus à-droite-tu-meurs » que se livrent les futurs ex-ministres pour exister coûte que coûte avant le futur remaniement, c’est au tour de Jean-Marie Bockel. Le secrétaire d’État à la Justice a remis hier au Président de la république un rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs.
Parmi les principales mesures annoncées, le Secrétaire d’’État propose pèle-mêle un repérage précoce des troubles du comportement chez l’enfant dès 2-3 ans ; la possibilité de suspendre les allocations familiales pour des parents qui ne parlent pas français ; le « coaching parental » ; des stages anti-violence pour les filles parce qu’elle « miment des conduites jusqu’à présent masculines ».
Du grand n’importe quoi ! Ce genre d’annonce pourrait même être risible si on évoluait dans un autre contexte politique. Malheureusement le pire est possible et il est à craindre que certains prennent au sérieux des mesures qui défient l’entendement.
Parti communiste français,
Jeudi 4 novembre 2010.

Besson le roi des expulsions !

Entre les camps de Roms et les reconduites, le ministre remplit bien 
sa mission. Et s’en vante.
On peut reprocher son opacité au ministère de l’Immigration sur bien des points, mais pas sur le nombre d’expulsions. Non, ces chiffres-là, Éric Besson les communique assidûment, avec une précision qui frise la manie. À croire qu’il a les yeux rivés dessus… Le ministre de l’Immigration a livré hier, lors de l’examen du budget de son ministère à l’Assemblée nationale, ses résultats pour les neuf premiers mois de l’année : 21 384 reconduites à la frontière, dont 7 472 « retours forcés » de Roumains et Bulgares. Bon élève, le ministre devrait atteindre l’objectif assigné par Nicolas Sarkozy de 28 000 reconduites à la frontière pour l’année 2010. Avec un peu de ténacité sur sa dernière ligne droite, Éric Besson pourrait même faire mieux que ses 29 288 expulsions de 2009. En période de remaniement, on ne néglige pas les bons points.
Autres quotas et compliments présidentiels à venir avec les évacuations de camps de Roms qui semblent repartir de plus belle en ces temps de trêve hivernale. Hier matin, à l’aube, les forces de l’ordre ont évacué le camp de Lyon, devenu symbolique parce que situé en plein cœur de la ville. 52 personnes, dont 24 enfants, vivaient dans ce camp de fortune détruit au bulldozer. « On ne sait pas ce que les évacués vont devenir maintenant. Beaucoup souffrent de maladies, il y a de nombreux enfants en bas âge et de femmes enceintes et ça va être dur pour nous de les suivre », a déclaré à l’AFP Andrée Humbertclaude, bénévole à Médecins du monde. Même situation au camp de Créteil, également évacué hier matin, où des familles avec enfants se retrouvent à la rue.
À Grenoble, l’état d’alerte a été lancé après les menaces d’évacuation qui pèsent sur le camp du Rondeau. Une manifestation était organisée hier après-midi devant la préfecture pour exiger la « réquisition des logements vacants ».
Marie Barbier

jeudi 4 novembre 2010

Le Canard Enchaîné accuse Nicolas Sarkozy de superviser lui-même l'espionnage des journalistes

Selon l’hebdomadaire satirique, la Direction centrale des renseignements intérieurs s’intéresse à tout journaliste qui « se livre à une enquête gênante » pour le Président de la République ou les siens.
Ces révélations, si elles étaient étayées, mettraient gravement en cause nos principes démocratiques. Il y a malheureusement des raisons d’être inquiet. Le pouvoir nous a ces derniers temps habitué à des mises en causes préoccupantes du travail journalistique. Intervention dans le rachat du journal « Le Monde », saisie illégale des relevés téléphoniques de journalistes, atteinte aux principes du secret des sources... Ces pratiques sont gravissimes. Aussi je demande que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Le débat public doit avoir lieu en toute clarté.
« Plus vous prétendez comprimer la presse, plus l’explosion sera forte » disait Chateaubriand. A Nicolas Sarkozy de méditer cette leçon.
Pierre Laurent Secrétaire national du PCF
Mercredi 3 novembre 2010

mercredi 3 novembre 2010

Borloo, la nouvelle carte "sociale" de Sarkozy

Après le passage en force sur le dossier des retraites, l’Élysée cherche à se refaire une santé et à cultiver son aspect « social » grâce à la « carte » Borloo. Un homme libéral qui passerait bien.
Sortir de l’ornière en optant pour la moins mauvaise des solutions. Au casting des prétendants à Matignon, le chef de l’État n’a pas l’embarras du choix malgré le florilège de candidats qui s’y verraient bien. Depuis quelques semaines, Jean-Louis Borloo, présenté comme la carte « sociale » de Nicolas Sarkozy, minaude. Dimanche, sur Canal Plus, il a fait mine de coller à la parole des manifestants en appelant à « reprendre le chemin de la cohésion sociale » : « Moi, ce que j’ai entendu de la rue, et d’une manière générale de la crise, c’est que plus il y a de crises, plus il y a besoin de justice sociale, de justice fiscale, de respect. » Mieux, dans une vibrante tirade, le ministre d’État a appelé à « tendre la main aux plus fragiles » et à « considérer que la richesse d’un pays, ce sont ses ressources humaines ».
Vernis social sur mesures libérales
Après le durcissement sécuritaire, qui a vu une partie des familles gaullistes et centristes prendre leurs distances, et le passage en force sur le dossier des retraites, le pouvoir cherche à se refaire une virginité sociale. À quoi tient donc la méthode Borloo si ce n’est à parer d’un vernis social des mesures qui restent libérales ? Ainsi, le ministre de l’Écologie propose-t-il de renommer la réforme des retraites, « plan de garantie des pensions des retraités français ». Selon lui, une « vraie » réforme aurait consisté à passer directement à un « système de capitalisation ». Tout est dans le verbe comme ce fut le cas avec la taxe carbone, qui n’épargnait pas les ménages, ou avec le plan de rénovation urbaine, qui a démoli avant de reconstruire et ainsi accentué la crise du logement. Enfin, son plan de cohésion sociale, daté de 2004, prévoyait d’accentuer la précarité en assouplissant les temps partiels, l’usage des CDD, de l’intérim, tout en abaissant le coût du travail.

Lina Sankari


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