LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

mercredi 3 novembre 2010

Purge sociale européenne...

Combien de fois les promoteurs du traité de Lisbonne n’ont-ils pas expliqué, avec morgue et suffisance, que leur texte était si sacré qu’il était intouchable ? Intouchable !Évidemment, s’il s’agissait d’y inclure le moindre progrès social ou démocratique.
Or, voilà que subitement le Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, engage une procédure pour modifier ce traité, de telle sorte qu’il devienne encore plus un instrument d’application de sacrifices décuplés pour les peuples.
Il décide de pérenniser le fonds dit « de stabilité financière » et, décision gravissime, de le placer sous la tutelle du FMI. Ce fonds ne servait jusqu’ici qu’à mettre de l’argent public sur la table -440 milliards d’euros pour l’instant- pour permettre aux Etats, pillés par les réductions d’impôt sur le capital et les taux d’intérêt bancaires usuraires, de rembourser les banques qui les pratiquent, tout en continuant d’abaisser les impôts des plus fortunés et d’appliquer de véritables purges sociales à tous les autres.
Aux mesures en cours, comme la casse des systèmes de retraite, le blocage ou la baisse des rémunérations du travail, les hausses d’impôts indirects, la réduction de l’emploi public, les privatisations, dans tous les pays européens, va s’ajouter la violence de nouveaux plans de super austérité.
La modification du traité de Lisbonne, à l’instigation de Mme Merkel et de M. Sarkozy, vise à permettre à la Commission de Bruxelles et au Conseil européen de s’ériger en police de la mise en œuvre de ces programmes d’appauvrissement des peuples et en tribunal d’application des peines. Celles-ci prendront la forme de ponctions sur les budgets nationaux et de suspension du droit de vote au Conseil européen de l’Etat considéré comme fautif.
Le texte adopté prévoit explicitement que les pays engageant un plan de casse des retraites soient récompensés.
Ceci n’est rien d’autre qu’un coup d’état à froid d’institutions européennes non élues au service de la dictature de la finance. Très significatifs sont les actes de la Commission européenne ces dernières heures.
Elle demande au gouvernement français d’élargir le bouclier fiscal aux résidents étrangers. Quel symbole ! Elle envisage la création d’un fonds de pension européen pour les retraites par capitalisation.
Cela rend encore plus claire la loi sarkozyste contre les retraites.
Elle veut diminuer le budget de l’Union européenne.
Voilà les symboles crus de l’Europe antisociale et autoritaire.Après le rejet du traité européen de 2005, c’est aujourd’hui, encore plus qu’hier, le refus de cette Europe du capital contre le travail qui s’exprime dans le grand mouvement social en France.
Il n’est pas isolé. Il se développe également en Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce, en Roumanie, après la manifestation européenne du 29 septembre à Bruxelles.
Cette solidarisation des peuples contre l’Europe autoritaire, antisociale, devrait prendre de l’ampleur. En s’enracinant dans chaque pays contre cette guerre sociale, ces mouvements sociaux appellent à changer radicalement les traités européens.
Puisque le Conseil européen lui-même déclare désormais qu’on peut changer celui de Lisbonne, mettons le pied dans la porte pour une Europe sociale, solidaire, démocratique et écologique.
Peuples de tous les pays européens unissons-nous.
Ensemble, faisons plier le petit cénacle des institutions européennes au service exclusif des puissances d’argent.

mardi 2 novembre 2010

Le 8 Novembre : Meeting à la salle Japy ( Paris XIème )


USA : l'immense malaise américain

Entretien avec le professeur de sociologie de l'université de New York. Il évoque les raisons des difficultés des démocrates de Barack Obama dans les scrutins de la mi-mandat de demain. Le sociologue Stanley Aronowitz dirige le centred'étude de la culture, de la technologie et du travail. Il reçoit l'Humanité dans son bureau de l'université de la ville de New York. Pourquoi deux ans seulement après la défaite subie par le parti de George W. Bush le risque d’un come-back politique du parti républicain est-il si élevé ?
Stanley Aronowitz : Il y a une raison simple et une plus complexe. L’explication évidente c’est qu’une bonne part de la population a cru que les démocrates et l’administration Obama allaient pouvoir solutionner les problèmes que Bush n’avait pas réussi à résoudre ou qu’il avait créés. Il y avait deux questions clés auxquelles les citoyens étaient très sensibles: la montée du chômage et l’instauration d’une couverture santé, très couteuse pour la majorité et inaccessible aux 50 millions les plus démunis. Sur les deux dossiers les gens n’ont observé aucune véritable amélioration. Au contraire, le chômage reste très élevé, voire continue d’augmenter et l’accès à la couverture santé n’est planifié que pour plus tard, en 2014. Et avec tellement de concessions aux assureurs privés que sa réalisation concrète apparaît fragile et aléatoire. Les républicains s’appuient sur la colère populaire pour la détourner évidemment de ce qui en constitue les véritables causes. Et ils y arrivent partiellement car dans le système bipartisan des États-Unis on se tourne traditionnellement vers le parti dans l’opposition quand le parti au pouvoir déçoit. Le discrédit de la période Bush, encore présent dans les mémoires, constitue effectivement un écueil. Pour le surmonter et capter coûte que coûte le vote de protestation, les candidats républicains n’hésitent pas à se livrer à des surenchères populistes, misant notamment dans leurs spots publicitaires politiques sur les préjugés, les émotions les plus brutes.
Mais ce climat délétère exprime sans doute quelque chose de plus profond ?
Stanley Aronowitz : Oui, le problème sous-jacent à tout cela c’est que les citoyens ont découvert, à la faveur de la gestion de la crise, que leurs pouvoirs sont réduits, qu’ils en sont même toujours plus dépossédés par l’oligarchie, par Wall Street. Cela a été exacerbé par le renflouement du système financier, des grandes banques et des grosses compagnies d’assurances. Les gens se sont sentis floués. Tout s’est passé au-dessus de leur tête sans qu’ils aient leur mot à dire. Ils ont le sentiment, sans pouvoir lui donner de traduction plus précise, qu’ils n’ont pas le système démocratique et politique dont ils auraient besoin. Ils ne peuvent pas l’exprimer puisque tous les partis sont dans le moule… Sauf à suivre ceux qui sortent délibérément du discours convenu pour jouer sur la fibre émotionnelle et leur livrer en pâture le « trop d’État », l’establishment de Washington ou des boucs émissaires plus classiques comme les migrants. L’autre conséquence de ce drôle de climat c’est le risque d’une abstention record. Et le phénomène pourrait là encore pénaliser lourdement le parti de Barack Obama. Ceux qui gravitent autour du mouvement syndical, des associations féministes ou de défense de l’environnement, et sont d’habitude le plus facilement mobilisables pour le vote démocrate, risquent en effet de ne pas se déplacer. Car ils sont, pour beaucoup, frustrés de l’absence de changement ou même inquiets de la poursuite des logiques antérieures.
Quelle est la dimension du malaise qui traverse aujourd’hui la société?

Stanley Aronowitz :Les gens considèrent que le système économique a explosé en vol. Et ils pensent que le système politique est incapable de trouver une issue, qu’il n’y a personne pour les défendre, pour les protéger du désastre. Vous savez que nous avons trois millions de familles confrontées à la saisie de leur logement. Nous avons un niveau de chômage réel qui se situe au-dessus de 17% de la population active. Et il n’y a pas de véritable volonté politique de prendre ces questions ultra sensibles à bras-le-corps, hormis quelques exceptions qui confirment la règle. Comme ces actions d’Elisabeth Warren, qui travaille dans l’administration Obama sur la question de la protection des consommateurs. L’État lui-même est en question. D’où la montée de la réceptivité à l’égard de la démagogie anti-État ou de l’État maigre des républicains ou du Tea Party.
Ce terrible malaise peut-il devenir politiquement dangereux ?
Stanley Aronowitz : Je pense qu’il y a d’ores et déjà une poussée droitière. L’émergence du Tea Party est significative. Non que les gens qui se tournent vers lui soient des fascistes. Beaucoup de ses adhérents sont tout simplement paumés, en colère, submergés par la souffrance d’avoir perdu leur maison ou leur emploi, et parfois les deux. Certains sont loin d’être des racistes ou des néoconservateurs dans l’âme. Quelques-uns ont même voté, il y a deux ans, pour Obama avec l’espoir du changement et ils trouvent là simplement un moyen de protester, de hurler leur frustration et leur mal-être. Fort heureusement il manque, pour l’instant, une figure charismatique pour entraîner avec elle un mouvement d’extrême droite plus significatif. Mais attention car le potentiel est là.
New-York, envoyé spécial.
Entretien réalisé par Bruno Odent

Policiers infiltrés : polémique et confusion

La polémique a finalement donné raison aux manifestants qui ont dénoncé la présence de policiers camouflés dans les cortèges afin d'attiser les tensions. Bernard Thibault s'est indigné de "la présence de policiers en exzercice camouflés sous des badges syndicaux" dans un entretien à Libération. Pour le secrétaire général de la CGT, les faits sont avérés à Lyon et à Paris. Dans le Var (CFDT,CFE/CGC, CFCC?cgt,FO, FSU,Solidaires, UNSA, UNEF, UNL) se sont adressés au préfet pour mettre en cause des pratiques d'infiltration des manifestants par des policiers qui se parent de badges syndicaux et créent la confiusion avec les services d'ordre des syndicats. Face à l'émotion que suscitent ces pratiques, le Parti de Gauche et le Parti communiste ont déposé une

demande de commission d'enquête parlementaire à l'Assemblée nationale.

De nombreux aliments nourrissent la révolte

Le gouvernement n’a pas cédé mais le mouvement n’a pas mis genou à terre. Les syndicats 
vont devoir trouver les moyens de lui donner corps et visibilité sous d’autres formes.
Le ministre du Travail, Éric Woerth, espérait, au soir de la journée de mobilisation de jeudi, « une sortie de crise dans les jours ou les semaines qui viennent ». Il avait noté dans la journée « un ralentissement significatif de la mobilisation ». « Ralentissement », « essoufflement », « décélération », Éric Woerth avait commenté de ces mêmes termes chacune des journées d’action syndicale depuis le début septembre. Avec plus ou moins de prudence, les médias lui emboîtent le pas. La palme revenant sans surprise au Figaro qui titrait hier sur « les syndicats mis en échec ».
Le rêve thatchérien de nicolas Sarkozy 
Sans doute le Figaro a-t-il pris pour réalité le rêve thatchérien de Nicolas Sarkozy : par son intransigeance absolue, briser les reins du mouvement syndical. Or ce n’est pas ce qui s’est passé. En pleines vacances, se privant pour l’essentiel des « bataillons » des enseignants et lycéens, au lendemain du vote de la loi et alors que le premier ministre avait cru fermer le ban en assénant que « la loi de la République doit être désormais acceptée par tous », les syndicats ont rassemblé plus de 2 millions de personnes ! C’est moins il est vrai que neuf jours auparavant. Mais depuis quand, en France, une manifestation de 2 millions de personnes passerait-elle pour un non-événement ?
Les huit organisations syndicales en tirent le même enseignement : une mobilisation « impressionnante ». Et aucune n’émet l’intention de tourner la page. « La retraite à 60 ans, c‘était un acquis, cela redevient une revendication », disait jeudi un manifestant marseillais à l’Humanité. Cela signifie d’abord que le vote de la loi n’enterre pas la question. Cela veut dire aussi que cette revendication, qui aujourd’hui s’adresse à la droite, peut demain s’adresser à la gauche si elle est au pouvoir. Que la gauche ait, dans sa totalité, accompagné le mouvement a fortement encouragé la mobilisation. Qu’elle soit incapable de répondre positivement avec ensemble à cette revendication est certainement un lourd handicap.
Pour une autre politique économique et sociale
Car si la page de la retraite n’est pas tournée pour le mouvement social, ce sujet qui l’a cristallisé n’est pas le seul aliment de la révolte. Depuis décembre 2008, les syndicats ont impulsé une action parce que « ce n’est pas aux salariés de payer la crise ». Dit autrement, ils ont porté l’exigence d’une autre politique économique et sociale pour le pays. La réforme des retraites a fédéré toutes les colères. Le gouvernement n’a pas cédé mais le mouvement n’a pas mis genou à terre. D’autres revendications, sociales (salaire, emploi, sécu) mais aussi celles qui tiennent au respect de la volonté populaire peuvent-elles à leur tour cristalliser la révolte ? Les syndicats à l’heure où la grève reconductible semble devoir laisser la place à d’autres formes, trouveront-ils les moyens de donner corps et visibilité au mouvement qui s’est ancré dans les entreprises et les territoires ? Ce pourrait être les questions des jours qui viennent. La réunion intersyndicale du 4 novembre et les manifestations de samedi prochain pourraient fournir de premières réponses.
Olivier Mayer


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