LE BLOG DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE

lundi 21 septembre 2009

pour l'avenir du logement social

Congrès de l’USH – 17 septembre 2009 – Toulouse
Intervention de Jean Pierre Moineau, Président de l’OPH de Vitry sur Seine

"Mesdames, Messieurs,
Permettez-moi de commencer mon propos par quelques citations. La première est issue du dernier rapport du Conseil d’Etat « Droit au logement ; droit du logement », dont il faut souligner combien la lecture est édifiante …
« Depuis plusieurs années, le parc HLM ne croît plus à un rythme compatible avec les besoins » peut-on y lire. D’où, précise le rapport « un nombre significatif de mal-logés ou de non-logés, que les rapports publics évaluent à 3,5 millions. »
Ma deuxième citation, je l’emprunterai au discours d’ouverture de notre Président Thierry Repentin : « (…) force est de constater, nous a-t-il dit, qu’en matière de logement, en France, les douze mois qui nous séparent du Congrès de Cannes ont plutôt été marqués par un désengagement de l’Etat et un démantèlement de plusieurs mécanismes régulateurs. »
« Je pense d’abord à la loi MOLLE, poursuivait-il, adoptée au printemps dernier. Même si elle comporte d’indéniables points positifs -quelques-uns uns en tout cas- elle s’est aussi traduite par de graves atteintes au logement pour tous.
Je regrette vivement la baisse des plafonds de ressources, l’élargissement et le relèvement du Supplément de Loyer de Solidarité ainsi que la suppression du droit au maintien dans les lieux. » Toujours à propos de la loi Boutin, des paroles de locataires, empruntées au tract de la CNL que ses militants nous distribuaient ce matin.
« Toutes ces mesures (celles de la Loi Boutin) vont à l’encontre du progrès social, et des besoins des familles. Elles sont mauvaises pour l’avenir du logement social. C’est pourquoi nous demandons l’abrogation de la loi Boutin.
Il faut construire plus de logements sociaux à loyers abordables. La demande, de plus en plus sociale, ne cesse d’augmenter (…) Aujourd’hui en France, dans ce pays riche, se loger et garder son logement relève des coulisses de l’exploit.
J’aurais pu également évoquer le rapport de notre conseil social, dont le sous-titre témoigne des évolutions négatives de la situation : « aggravation du taux d’effort des locataires ».
Enfin permettez-moi de citer la déclaration l’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains dont je suis membre. Nous vous l’avons remise ce matin aux portes du Congrès.
« L’Etat poursuit son désengagement, écrivons-nous. Sa contribution au logement locatif social est inférieure à celle des collectivités locales. Le budget logement est en recul, malgré le pillage du 1%.
L’Etat accorde plus pour les dispositifs fiscaux De Robien et Scellier qu’au logement social (…).
La rupture voulue par Mme Boutin et la volonté du gouvernement de faire de la France un pays de propriétaires favorisent le marché, la mise en concurrence, la spéculation et le profit immobilier. L’Etat tourne le dos à l’intérêt général qu’il est sensé défendre et détruit une valeur fondamentale de la République : l’égalité entre citoyens. La loi MOLLE bloque le système est aggrave la situation.
Les demandeurs modestes sont mes en concurrence avec les occupants un peu moins modestes qu’eux. Elle établit une rupture avec le principe de solidarité. Elle fait disparaître le droit au maintien dans les lieux, avec l’abaissement du plafond de ressources et l’augmentation des surloyers, elle démolit la mixité. »
Permettez-moi de vous inviter à aller sur le site de notre Association Nationale des Elus Communistes et Républicains. Vous y trouverez l’intégralité de notre déclaration et pourrez utiliser, si vous le souhaitez, la pétition nationale que nous mettons à disposition de tous, et par laquelle chacun peut exiger :
L’abrogation de la loi Boutin
La suppression du Surloyer
L’augmentation des aides de l’Etat
La création d’un service public national du logement et de l’habitat
C’est un fait, dont la conscience semble désormais s’imposer. Depuis la loi Barre de 1977, pas moins de 7 lois sont venues, peu ou prou, élargir la porte par laquelle s’est engouffré une conception marchande du droit au logement.
Le mouvement HLM et sa capacité de réalisation et de réponse aux besoins en ont été affaiblis. Au point qu’aujourd’hui on puisse s’inquiéter de leur pérennité.
Ce qui ne nous empêche pas de partager, avec toutes et tous ici, la fierté légitime du travail accompli dans des conditions de plus en plus difficiles et de mesurer la part prise par ce travail dans la réponse aux besoins de nos concitoyens, dans l’économie du pays, dans l’innovation indispensable pour relever les défis du nombre et de la qualité des logements.
Mais cette fierté côtoie l’inquiétude, la colère de voir l’Etat persister dans son désengagement et dans sa volonté de casse lu logement social et du mouvement HLM. Elle côtoie la détermination, qui doit être la notre, d’obtenir une politique nationale audacieuse et généreuse en faveur du droit au logement pour tous et partout.
Nous le regrettons, mais nous ne pourrons pas voter, en l’état, pour le projet de résolution qui nous est proposé.
Il en effet terriblement en décalage avec les exigences, avec les paroles fortes entendues ici, à cette tribune ; en décalage avec les propos de notre Président, et ne tient compte ni des inquiétudes, ni des colères, ni des exigences exprimées, tout au long de ce congrès, dans les débats, les rencontres, les allées et les stands …
Nous formulons le vœu que les Etats Généraux annoncés pour 2010 soient l’occasion pour notre mouvement HLM de parler fort de porter des propositions et des propos plus radicaux en faveur d’une vraie politique du logement social."

Oui à une politique écologique, non à la taxe carbone ! Par Bernard Teper

Nous reproduisons ici un article très intéressant de Bernard Teper, Président de l'UFAL, Union des Familles Laïques.


Cela a mal commencé. Michel Rocard présente son projet de taxe carbone à 32 euros la tonne de CO2, la ministre des Finances dit que c'est deux fois trop, Dominique Voynet dit que ce n'est pas assez et Daniel Cohn-Bendit applaudit très fort ! Honte à eux !
Regardons de plus près ce qu'il en est. Le chèque "vert" qui serait prévu pour indemniser les ménages les plus modestes sera calculé uniquement sur les consommations directes d'énergie, alors que toutes les augmentations du prix de l'énergie se répercutent immédiatement sur le prix de la grande majorité des biens et services nécessaires aux ménages.

Donc en fait, tout est fait pour que les couches populaires soient appelées à payer pour les dégâts occasionnés par les gros pollueurs industriels.

Déjà, d'une façon générale, une taxe sur la grande consommation ou la TVA est un impôt totalement injuste qui vise à favoriser les couches aisées et défavoriser les couches populaires.
De plus, les gros pollueurs industriels, eux, sont exonérés de taxe carbone car ils sont dans un régime différent : ils ont des droits à polluer qui leur sont attribués et ils peuvent acheter en Bourse d'autres droits à polluer !
Et comme le prix d'achat des droits à polluer est d'environ 14 euros la tonne de CO2, on voit là l'imposture du "socialiste" Rocard qui veut faire payer les couches populaires plus cher que les grands groupes industriels.
Cette proposition est donc une imposture ! N'ayons aucun scrupule à nous opposer à cette politique injuste. Toute politique visant à culpabiliser en premier lieu les couches populaires est à combattre sans vergogne.
L'alternative est à trouver dans une politique écologique radicalement différente supprimant le marché des droits à polluer et en organisant d'abord une diminution drastique selon un plan pluriannuel de la pollution des gros pollueurs, puis un plan pluriannuel d'économies d'énergie sur toutes les nouvelles constructions immobilières demandant de la consommation énergétique (chauffage notamment) et sur des travaux obligatoires et urgents sur le bâti, les installations, les réseaux et les transports anciens (individuels et collectifs) consommateurs d'énergie.
Et enfin, il est nécessaire d'aller vers une diversification énergétique développant au maximum possible les énergies renouvelables et donc de développer prioritairement la recherche publique en ce domaine.
Le décor est planté.
A nous de produire une éducation populaire tourné vers l'action pour combattre ces imposteurs !

dimanche 20 septembre 2009

"il faut que le front de gauche soit durable"

Afin de favoriser l’échange, nous publions aujourd’hui des extraits d’un entretien accordé par Marie George BUFFET à l’Humanité le vendredi 18 septembre.

Lors de la Fête de l’Humanité, vous avez appelé à un grand débat d’idées sur ce que doit être une politique de gauche. Pensez-vous avoir été entendue ?
Marie George BUFFET. J’ai le sentiment que l’appel que nous avons lancé a été une initiative politique qui a parcouru les allées de la Fête. Je pense qu’elle correspond très exactement à ce que qu’attendent des millions d’hommes et de femmes aujourd’hui. Je participais mercredi au rassemblement des cheminots pour la défense du fret, au Bourget. J’ai été interpellée par plusieurs d’entre eux sur cette question. Dans mon intervention, j’ai parlé du Front de gauche, de l’alternative aux politiques libérales. Je ne supporte plus que la gauche ne soit présentée que dans la rubrique des fraudes, des rivalités entre dirigeants, des clins d’œil au Modem, alors que nous vivons une crise internationale, sociale, démocratique, écologique. Beaucoup de gens pensent comme moi. Avec cet appel, ils se disent : « Enfin du concret ».

Vous proposez que des ateliers se tiennent à l’initiative du Front de gauche et soient ouverts à toute la gauche. Jean-Luc MELENCHON a exprimé son désaccord avec une présence du PS dans ces ateliers, dans la mesure où le Front de gauche ne saurait comprendre le PS. Un communiqué du Parti de gauche a confirmé cette position. Que lui répondez-vous ?
Marie George BUFFET. Il faut que le Front de gauche soit durable. Quand j’ai lancé l’appel à constituer un front de gauche, en Octobre 2008, c’était dans la perspective des élections européennes. Le scrutin passé, nous nous sommes dit qu’il fallait continuer. Mais il faut l’élargir. Le Front de gauche a vocation à devenir majoritaire. Mon idée est claire. Nous proposons aux organisations fondatrices du Front de gauche de se réunir, dès la semaine prochaine, pour préparer ces ateliers. Travaillons déjà entre membres fondateurs, éventuellement même à une plate-forme partagée pour aller à ces ateliers avec des propositions communes sur les grands sujets. Mais invitons bien toutes les autres organisations à en débattre, et surtout toutes les femmes et les hommes de gauche. Et attachons-nous bien à ancrer cette confrontation d’idées à partir des grandes revendications et des exigences portées par le mouvement social.
Il y a urgence non seulement parce que nous avons l’échéance des régionales de 2010, mais aussi parce que les hommes et les femmes qui sont aujourd’hui en lutte, en pleine crise du capitalisme, porteuse de tous les dangers démocratiques, sociaux et écologiques, ont besoin de raisons concrètes d’espérer . S’ils ont l’impression qu’à gauche rien ne bouge,, qu’elle ne sortira pas du marasme décrit à la une des médias, qu’elle ne répond pas à leurs revendications et à leurs aspirations, l’horizon est bouché. Je dis à nos amis du Front de gauche : travaillons ensemble et organisons ces ateliers sans tarder. Nous avons la responsabilité de reconstruire une alternative à gauche et beaucoup de celles et de ceux qui résistent, qui construisent à gauche comptent sur nous !

Vous parlez d’élargissement du Front de gauche. A qui pensez-vous plus précisément ?
Marie George BUFFET. Nous devons nous tourner vers les autres formations de gauche et écologistes. Parlons des socialistes. Des dirigeants du PS, des présidents de région se tournent vers un parti de droite appelé Modem. Hier, le Figaro mettait à la une : « Modem-socialistes, les tractations ont commencé ». Le Parisien ouvrait ses colonnes à Martine AUBRY : « J’accepte volontiers de rencontrer François BAYROU », tout en disant que sa priorité est le rassemblement à gauche ! Mais il y a aussi des millions d’hommes et de femmes, des militants, des élus et des électeurs socialistes qui ont envie d’être de cette gauche que nous portons avec le Front de gauche. Doit-on, parce que certains tendent la main aux libéraux, élever des barrières entre nous et ces socialistes ? Je ne suis pas d’accord avec cela. Je pense au contraire que nous devons tendre la main à ces hommes et à ces femmes et leur dire : venez débattre avec nous. Au Front de gauche nous avons commencé à travailler sur un nouveau projet pour l’Europe, les régions, notre pays, débattons, confrontons nos points de vue. Ces débats, nous les mènerons sous les interpellations des actrices et des acteurs des mouvements sociaux et démocratiques. Le but, je veux être très précise, c’est d’adopter des plates-formes partagées. Je souhaite qu’à la fin de chaque atelier, nous prenions acte des propositions qui nous réunissent. C’est sur cette base que nous pourrons nous rassembler, au lieu d’ériger des frontières infranchissables entre nous.

Ces différences d’approche découlent de conceptions différentes du Front de gauche… ?
Marie George BUFFET. Nous voulons un Front qui vive et qui grandisse avec les formations qui le composent. Nous n’avons jamais souhaité que nos formations se fondent. Nous voulons faire vivre nos partis. Mais le Front de gauche doit se développer, se tourner vers d’autres. Si nous le figeons, nous le figeons à 7%. Mon but, ce n’est pas de témoigner, mais d’agir. Nos concitoyens nous diront : est-ce utile de voter pour vous si vous ne créez pas les conditions d’une majorité populaire et politique ? Le désir profond du peuple de gauche, c’est que, dans les régions, au gouvernement et au niveau européen, les conditions soient créées pour des choix en rupture avec les logiques libérales, pour de nouveaux droits aux salarié-es, aux citoyen- nes , un pouvoir qui satisfasse leurs revendications. Le Front doit être une dynamique.

vendredi 18 septembre 2009

nationaliser, voire plus...

Lu sur le blog d’Anicet LE PORS, Ingénieur et économiste, ancien ministre de la Fonction Publique...
« La gauche a accédé au pouvoir en 1981 avec un slogan majeur « Là ou est la propriété, là est le pouvoir ». Sur la base de quoi, le secteur bancaire et plusieurs grands groupes industriels ont été nationalisés en février 1982. Ces nationalisations ont permis de sauver de la faillite plusieurs entreprises (dans la sidérurgie notamment), pourtant elles ont échoué à donner aux travailleurs la maîtrise de leur outil de travail et n’ont pas été l’instrument des changements démocratiques espérés. Il convient de s’interroger sur les raisons de cet échec. Parmi celles-ci, on peut évoquer le fait que les lois de démocratisation du secteur public et les lois Auroux sur les nouveaux droits des travailleurs sont intervenues bien tard, sans liaison avec le transfert de propriété. On peut aussi considérer que celui-ci est insuffisant à lui seul à réaliser une véritable appropriation sociale, sans considérer comme certains le font aujourd’hui que puisque ce n’était pas suffisant ce n’est plus nécessaire !

Le grand patronat et le gouvernement s’intéressent, eux, à la propriété du capital, car ils savent que celui-ci fonde leur puissance ; il suffit pour s’en convaincre de lire les quotidiens. Dès lors, comment considérer que l’on pourrait mettre en œuvre une politique de réel changement progressiste sans s’attaquer au fondement de cette domination, sans réaliser une véritable appropriation sociale, basée sur une large propriété publique complétée de mesures coercitives en matière d’emploi, de salaires, de formation, d’investissement, de recherche-développement, de coopération, d’un véritable statut du travail salarié ? On évoque timidement la mise sous tutelle d’entreprises fautives, on revendique la présence des représentants de l’État dans les banques et entreprises bénéficiaires de fonds publics. Ce serait la moindre des choses, mais c’est tout à fait insuffisant. Il faut commencer par nationaliser dans les conditions d’une effective appropriation sociale telle que précédemment définie. Un travail collectif considérable est indispensable pour définir avec précision quelles banques et entreprises doivent être nationalisées dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des ressources du sol et du sous sol, des industries stratégiques, des services.
Dans le passé, les plus grandes réalisations industrielles, les meilleures stratégies de gestion ont été le fait des entreprises publiques : EDF, GDF, la SNCF, l’industrie aéronautique et spatiale, le CEA, le CNRS, etc. La France fait référence en matière se services publics parce que dès la fin du XIX° siècle s’est développée une école de pensée qui en a théorisé la notion. Nous disposons d’une administration et d’un système de protection sociale dont l’efficacité est reconnue dans le monde entier. Chacun s’est plu à souligner que, face à la crise, les services publics, établis sur un large secteur public (en dépit des privatisations réalisées de droite comme de gauche), avaient joué un fort rôle d’ « amortisseur social ». L’objection selon laquelle la mondialisation nous interdirait désormais tout élargissement de la propriété publique ne tient pas, car la nécessité de l’appropriation sociale est aujourd’hui tout aussi impérative au niveau mondial et, par voie de conséquence, européen. La protection de l’écosystème mondial, l’approvisionnement en eau de tous les humains, le partage égal des richesses terrestres, les nécessités de la coopération internationale dans l’industrie et les services poseront avec toujours plus de force la nécessité de services publics dans ces domaines, entraînant nécessairement l’appropriation collective des biens publics correspondants. C’est dans ce sens qu’il faut aller, car c’est le sens de la modernité".



Le PCF demande la remise en débat immédiate de la proposition de loi contre les licenciements boursiers (Pierre Laurent)

Ce matin, des salariés de l’automobile en lutte contre les licenciements boursiers se réunissaient à la Bourse (Paris) pour manifester.

Présent à cette manifestation, j’ai pu mesurer la colère montante des salariés, contre le saccage des emplois et de notre industrie.
Nous avons sous les yeux un exemple très précis : depuis 11 mois, les salariés de Molex (31) se battent pour conserver leurs emplois. Seulement 15 emplois et peut être 50 avant la fin de l’année sur 280 vont être conservés par le fonds d’investissement repreneur, HIG. Il est intolérable et totalement indécent que le Gouvernement à travers son « Ministre des ouvriers », Christian Estrosi, ose parler de « dénouement heureux » alors qu’il s’agit de mettre à la porte de leur entreprise des centaines de salariés.

Au nom du PCF, je demande la remise en débat immédiate de la proposition de loi déposée par les communistes à l’Assemblée Nationale, pour l’interdiction des licenciements boursiers. Cette proposition apportera une réponse immédiate aux urgences exprimées par les salariés.

Pierre Laurent, Coordinateur national du PCF

Paris, le 17 septembre 2009.


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