vendredi 29 septembre 2017
A compter de ce dimanche, les aides personnelles au logement vont être réduites de 5 euros mensuels pour 6,5 millions de Français ; plus grave encore, nous apprenons ce jour que les APL pourront désormais être diminuées à nouveau par un simple arrêté, selon des textes parus au Journal officiel.
Fait extrêmement rare, la Caisse nationale des allocations familiales comme le Conseil national de l'habitat (CNH) ont émis un avis défavorables à ces textes, avis que le gouvernement a souhaité ignorer dans un aveuglement coupable.
Cette attaque du pacte républicain est sans précèdent.
La coupe violente et brutale des APL a été cachée tout au long de la campagne présidentielle par M. Macron qui, il y a 150 jours encore, à l’occasion du débat télévisé d’entre-deux-tours, assurait les yeux dans les yeux aux Français ne jamais vouloir diminuer cette allocation.
Quelle légitimité le Président peut-il prétendre avoir pour conduire une politique née sous le sceau du mensonge ?
De quelle justice sociale le gouvernement ose-t-il se revendiquer quand on sait que la baisse de l'ISF coûtera aux caisses de l’Etat 13 fois ce que ne rapportera la baisse de 5 euros des APL ? Quand on sait que dans le même temps, le gouvernement choisit d’exonérer d’impôts les yachts, les lingots et les chevaux de course ? Quand on sait qu’il sabote les bailleurs sociaux en ponctionnant massivement leur trésorerie, au détriment des locataires du parc social ?
Champagne pour les propriétaires de yachts et de Ferrari, ceinture pour les autres.
Ian Brossat, chargé du logement au PCF
" PLFSS : un coup fatal aux retraites et à la sécurité sociale "
Avec le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2018, le gouvernement a bien l’intention de donner un coup fatal aux retraites et à la Sécurité sociale en voulant supprimer dès 2018, les cotisations sociales pour une fiscalisation injuste et inefficace qu’est la CSG. Celle-ci va toucher en premier lieu les plus faibles revenus, puisqu’il s’agit de ponctionner les pensions des retraité-e-s à partir de 1200 euros mensuels.
Quant à la santé, ce gouvernement va poursuivre la stratégie des Lois HPST de Bachelot et Santé de Touraine, restructurant d’une manière drastique l’Hôpital public au profit du privé. Avec un objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) à 2,3% en 2018, avec 4,2 milliards d'euros d'économies sur l'assurance maladie, après les plus de 10 milliards d'euros du gouvernement précédent, la ministre ne va pas contraindre les dépenses de l’Assurance maladie, elle va continuer à restreindre l’accès aux soins, à maltraiter usagers et personnels des hôpitaux publics, puisque selon le ministère lui-même la progression naturelle des dépenses est évaluée par l'exécutif à + 4,5%. Des mesures qui ont pour conséquence la fermetures de lits par centaines et de structures ambulatoires (CMP, CATTP,...) en psychiatrie, retards de prises en charge, embouteillages aux urgences...
Agnès Buzyn a par ailleurs confirmé une hausse du forfait hospitalier, sans aucune concertation. Celle-ci serait de 2 euros pour le tarif journalier en médecine, chirurgie, obstétrique (MCO) et en soins de suite et réadaptation (SSR) (soit 20 euros contre 18 euros actuellement), tandis que celui de psychiatrie progresserait de 1,50 euro (soit 15 euros contre 13,50 euros). Nous dénonçons et combattrons cette mesure injuste qui va surtout peser sur les plus pauvres, les plus fragiles (jeunes, retraité-e-s, chômeurs, travailleurs indépendants…) mais aussi toutes celles et ceux pour qui le coût de cette complémentaire représente déjà une charge importante dans leurs revenus… au point de l’abandonner dans certains cas. Oubliées les belles promesses du candidat Macron qui s’était pourtant engagé dans la lutte contre les inégalités d’accès aux soins, notamment sur le dentaire, l’optique et l’audioprothèse.
C’est donc maintenant au Parlement comme dans la rue que le débat devra avoir lieu pour faire reculer ces projets de déstructuration de notre Sécu comme de notre système de santé, alors que se préparent les Plans régionaux de santé en toute opacité. Les communistes en appellent au rassemblement le plus large pour amplifier les luttes sociales et pour exiger le 100% Sécu.
jeudi 28 septembre 2017
" Le syndrome des yachts ", l'éditorial de Paule Masson dans l'Humanité de ce jour !
Nicolas Sarkozy n’a qu’à bien se tenir. Il a trouvé rival à sa mesure. Avec la présentation des budgets, de l’État aujourd’hui, de la Sécurité sociale demain, Emmanuel Macron vient de détrôner le « président des riches ». Le bouclier fiscal de 2006 était devenu, pour le chef de l’État qui assumait d’être le VRP des milliardaires, une casserole politique dont le tintamarre a chahuté tout le quinquennat. Le projet de loi de finances, présenté hier en Conseil de ministres, frappe plus fort encore dans le transfert de fonds des revenus du travail vers les sommets de la richesse. C’est l’OFCE qui le dit : « Seuls les ménages appartenant au dernier centile de niveau de vie, les 1 % les plus aisés, devrait voir leur niveau de vie s’accroître… »
Rarement, dans l’histoire fiscale, une telle « redistribution à l’envers » aura été menée. Dans ce paquet d’injustices, les possédants sont à la fête. L’ONG Oxfam a calculé que la transformation de l’ISF en simple impôt sur la fortune immobilière permettra aux 1 % les plus riches d’économiser 3,6 milliards d’euros, 532 millions pour le seul Bernard Arnault, première fortune de France et soutien fidèle du président Macron. Au nom de l’idée maintes fois assénée, jamais démontrée, que libérer le capital permettrait d’investir dans l’économie réelle, les valeurs mobilières, actions, obligations et autres portefeuilles boursiers qui, aujourd’hui, alimentent la machine à cash de la finance ne seront plus taxés.
Déjà assis sur leur trésor, les ménages ultraprivilégiés vont pouvoir dépenser à cœur joie. Pour le fisc, leurs « biens meubles », nom de camouflage des signes ostentatoires de richesse que sont les lingots d’or, yachts, diamants, chevaux de courses et autres voitures de luxe, n’entrent plus dans le calcul du patrimoine. Il paraît que certains députés de la majorité présidentielle s’inquiètent des conséquences politiques de ce « syndrome des yachts ». Nicolas Sarkozy avait entamé son quinquennat en se pavanant sur le yacht de son ami Bolloré. Le culte de l’argent a fini par provoquer sa chute.
mercredi 27 septembre 2017
" Un budget pour les riches et au service de la casse du modèle social Français "
Le projet de budget 2018 est une des pièces maîtresses de la panoplie déployée à partir des ordonnances sur le droit du travail pour casser le modèle social français. L'objectif est triple : baisser le « coût du travail » au lieu de s'attaquer au coût du capital, baisser les prélèvements obligatoires finançant les services publics pour laisser s'envoler les prélèvements financiers, et satisfaire ainsi aux conditions exigées par la Bundesbank, Berlin et la BCE.
Il prend aux couches populaires (hausse de la CSG et des taxes sur la consommation, baisse de l'APL,rationnement supplémentaire des services publics). Il multiplie les cadeaux aux détenteurs des capitaux (baisse/suppression de l'ISF, réduction de l'IS, plafonnement de l'imposition des revenus du capital). Il transforme en profondeur la structure des prélèvements fiscaux et sociaux avec pour cibles prioritaires la protection sociale et les collectivités territoriales. Ses choix de suppression de la taxe d'habitation et de basculement de points de cotisations sociales vers l'impôt (CSG) traduisent une volonté de mise sous tutelle de l’État des collectivités territoriales et de déresponsabilisation accrus des entreprises au plan social et territorial.
D'autres choix sont indispensables comme le révèlent les mobilisations sociales en cours: relance de la dépense publique pour développer tous les services publics au lieu de privilégier les interventions militaires et le maintien de l'ordre ; promouvoir un statut des fonctionnaires rénové au lieu d'en réduire le nombre (- 120000 en 5 ans) ; sécuriser l'emploi et le progrès des qualifications pour tous avec un nouveau rôle pour la formation. Utiliser les fonds publics comme levier d'une nouvelle orientation du crédit bancaire.
Il faut une réforme profonde de la fiscalité des entreprises. Elle passe par un impôt sur les société modulé selon des critères sociaux et environnementaux, un impôt local sur leur capital, un ISF modulé intégrant les biens professionnels. Face aux énormes besoins de financements, la France, plutôt que de céder nos fleurons industriels aux multinationales qui dominent l'Europe, doit agir auprès de Bruxelles pour demander la création d'un Fonds de développement économique, social et écologique européen financé par la création monétaire de la BCE.
" Chocs d'images et d'idées ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour
Dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, dans un quartier bouclé par des centaines de CRS, Daniel Cohn-Bendit était venu soutenir le président de la République présentant sa vision de l’Europe. Choc d’images et coup de vieux… L’insolence et la rébellion étaient définitivement ailleurs : des centaines de jeunes manifestants tenus à l’écart par les cordons de policiers conspuaient Emmanuel Macron et rappelaient leurs déplorables conditions d’études, souvent assis par terre et sans enseignants. Autour du chef de l’État, quelques étudiants triés pour figurer sur la photo.
Le même jour, le Monde, qui s’est illustré par un soutien de tous les instants au macronisme en marche, laissait percer un doute sur la pensée de Karl Marx, « qui, allez savoir, pourrait resservir un jour » et « s’appliquer, sans en changer un iota, aux sociétés postindustrielles d’aujourd’hui ». De quoi donner envie à ces millions de jeunes Français qui sont révoltés par l’injustice violente du système de plonger dans ses ressorts, de chercher les voies de l’émancipation, comme le firent le jeune philosophe allemand et son ami Engels, et d’y nourrir leurs propres pensées. Le film de Raoul Peck, qui sort aujourd’hui sur les écrans, est une invitation au voyage dans une formidable épopée intellectuelle, exigeante et rigoureuse, frottée aux réalités sociales, grandie dans un engagement politique. Au-delà des « rêveries sentimentales » et des pulsions de révolte.
Aujourd’hui aussi, l’ancien régime quête des habits neufs et le capitalisme cherche à élargir brutalement ses dominations. À l’épreuve des faits et du temps, les idéologues en cour voient se fendiller l’armure des idées toutes faites. Certains balancent entre le retour au conservatisme d’antan et une modernité de pacotille. Dans le continent Marx, il y a bien plus à explorer et de richesses à puiser pour l’avenir.
mardi 26 septembre 2017
" Le masque tombe ", l'éditorial de Maurice Ulrich dans l'Humanité de ce jour !
« Tout m’afflige et me nuit
et conspire à me nuire. » Emmanuel Macron n’en est pas encore à ressasser
les mots de Racine dans Phèdre, mais
quand même, çà commence à faire beaucoup. Deux manifs la semaine passée, un
échec au Sénat dimanche, les routiers hier matin et, on ne sait pas pour
combien de temps, bientôt les fonctionnaires avec l’ensemble de leurs
syndicats. Hier aussi, c’est de Strasbourg qu’est venu le vent. Les acteurs du
logement social sont réunis pour le 77e congrès des HLM. Avec la baisse
des APL, celle que le président avait précisément qualifiée de « connerie sans nom » tout en la
maintenant en expert du double langage, tout le secteur du logement social est
menacé. C’est l’une des dispositions les plus ravageuses des annonces concernant
le logement. On peut aussi y ajouter le raccourcissement du bail pour certaines
catégories de locataires. À travail précaire, logement précaire. La réalité des
dispositions du gouvernement, c’est la baisse des aides à la personne et « en même temps », la baisse du
financement des logements sociaux. Cela quand la France compte 4 millions de
mal-logés et 12 millions de personnes en situation de fragilité pour leur
logement, comme le rappelle Ian Brossat, adjoint à la Mairie de Paris.
Chaque jour la politique réelle d’Emmanuel
Macron se révèle davantage. C’est une politique
dure aux pauvres, dure aux
salariés. Le Figaro Économie d’hier
titrait : le gouvernement a décidé d’alléger la fiscalité sur le capital ».
Et de commenter : « Cela va
inciter les Français à investir dans le financement des entreprises. »
Les Français, mais quels Français ? Ceux qui l’an passé ont déjà
enregistré une augmentation de 11% de leurs dividendes ? Emmanuel Macron
est leur homme de confiance, leur fondé de pouvoir. Il serait remonté de 5 points
en septembre dans les sondages. Mais la remontée vient de la droite. Faut-il s’en
étonner ? Le masque tombe et l’illusion lyrique se dissipe. Dès hier
matin, les CRS étaient envoyés contre les routiers. C’est tout un programme. C’est
aussi un aveu de faiblesse et de fébrilité.
lundi 25 septembre 2017
" Le problème Macron ", l'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l'Humanité de ce jour !
Emmanuel Macron peut bien parader
et singer absurdement les présidents américains en mettant en scène, face
caméra, la signature des ordonnances. Il a désormais un problème de taille. Les
coups de talons autoritaires et les traits de stylo grandiloquents n’y
changeront rien. Ce qui se passe dans les pays témoigne des ravages d’une
détresse collective qui menace de s’amplifier. La casse du Code du travail a
servi de détonateur. Un détonateur à plusieurs coups, car il a fallu du temps
pour que chacun s’empares des textes de la loi XXL, les décrypte, les comprenne
jusque dans le détail afin de percevoir l’étendue des dégâts. Trois grandes
mobilisations se sont déjà déroulées, les 12, 21 et 23 septembre, avec des
modes d’action démultipliés, qui, tous, débouchent sur une conviction : la
bataille commence à peine. Et le chef de l’État le sait. Il veut aller d’autant
plus vite qu’il a peur de la traînée de poudre. Combien de citoyens, samedi
encore lors du rassemblement initié par Jean-Luc Mélenchon, ont-ils d’ailleurs
signifié l’essentiel ? À savoir, comme le disait l’un des manifestants :
« Il est grand temps qu’on s’unisse tous. Si on laisse passer çà, après,
tout le reste passera, la sécurité sociale, les retraites, etc. »
Certains s’en étonneront, mais
une bonne nouvelle est venue s’additionner, hier, à ce paysage anti-Macron en
cours de structuration globale. Les « grands électeurs » votaient
pour renouveler la moitié des sièges du Sénat. Non seulement les macronistes n’ont
pas brillé, au point que nous devons parler d’une défaite électorale pour les
candidats LREM, mais, surtout, les communistes ont préservé l’existence d’un
groupe. Cette réelle victoire, que les commentateurs ne manqueront pas de
qualifier de « petite », signifie bien des choses. Le groupe
communiste fut jusqu’à lors le seul à s’opposer à Macron au sein de la Haute
Assemblée et à défendre les collectivités locales face au dépérissement
généralisé. Quoi qu’il arrive, ce sera un levier politique supplémentaire pour
les semaines décisives qui s’annoncent. Un levier parmi d’autres, certes. Mais celui-là
comptera beaucoup dans la construction d’un nouveau rapport de forces.
dimanche 24 septembre 2017
Le groupe CRC devient au Sénat le principal groupe d'opposition de gauche à la politique Macron (PCF)
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF à Paris, Eliane Assassi, présidente du groupe CRC (Seine-Saint-Denis), Eric Bocquet (Nord), Dominique Watrin (Pas-de-Calais), Cécile Cukierman (Loire), Laurence Cohen (Val-de-Marne), Pascal Savoldelli (Val-de-Marne), Guillaume Gontard (Isère, DVG), Fabien Gay (Seine-Saint-Denis), Pierre Ouzoulias (Haut-de-Seine), Michelle Greaume (Nord). Ils siégeront avec Christine Prunaud (Côtes D’Armor) et Thierry Foucaud (Seine-Maritime), dont les sièges n’étaient pas renouvelables.
Les candidat-e-s présenté-e-s et soutenu-e-s par le PCF ont rassemblé bien au-delà de leur rang, les grand-e-s électeurs, électrices, qui sont issus pour l’essentiel du rapport de force des élections municipales de 2014. Sans surprise malheureusement la droite conserve donc la majorité au Sénat. La République en Marche est stoppée dans ses ambitions. Le FN ne gagne aucun élu.
A gauche, Europe Ecologie les verts n’a pas suffisamment d’élus pour constituer un groupe. La France Insoumise ne présentait pas de candidat. Le parti socialiste va continuer de vivre avec de nombreuses contradictions, certains soutenant le gouvernement, d’autres s’y opposant. Dans ces conditions, le groupe Communiste Républicain et Citoyen est le seul groupe d’opposition de gauche à Macron au Sénat. Il travaillera à rassembler le maximum de parlementaires de gauche face aux mauvais coups du gouvernement. Seul le groupe communiste, républicain et citoyen oppose au gouvernement une voix cohérente et combative, défendant des choix alternatifs aux logiques d’austérité. Demain, seul ce groupe, qui pourrait s’élargir à tous ceux et toutes celles qui veulent une opposition claire et porteuse de choix nouveaux, portera une telle voix au Sénat. Sans lui, le Sénat ne serait plus qu’une chambre de négociations entre la droite et le Président. Négociations qui ont un objectif : déconstruire le modèle social français et chercher les 3/5ème des parlementaires pour changer la Constitution en faveur de l’ultra_libéralisme.
Les 13 élu-e-s auront à cœur de porter haut et fort les aspirations de celles et ceux qui luttent contre les réformes Macron, pour la qualité des services publics, pour la création d’une COP21 contre l’évasion fiscale, pour d’autres choix environnementaux et écologistes, pour promouvoir l’action des collectivités territoriales et leurs politiques publiques, faire vivre la démocratie, contre la loi de l’argent et pour d’autres modèles économiques prenant en compte le programme l’Humain d’abord et la France en commun.
Les sénatrices et sénateurs communistes se mettent sans attendre à la disposition des collectivités, des syndicats, des associations de solidarité, culturelles, sportives, d’élu-e-s, des citoyens pour faire barrage dans l’unité aux mauvais coups, préparer des amendements, des textes de lois... Les communistes et les citoyens peuvent s’appuyer sur leurs élu-e-s pour poursuivre et amplifier les mobilisations contre la politique libérale et droitière de Macron et ouvrir l’espoir.
vendredi 22 septembre 2017
" Le temps des additions ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !
Faut-il que ces Français soient têtus !
En direct du pays de l’oncle Sam, leur président les avait pourtant mis en
garde. Malgré tout, ils persistent à considérer que manifester – dans la rue –
par centaines de milliers, contester en majorité le projet de casse du Code du
travail, préparer des grèves massives, c’est cela la démocratie. Et qu’elle s’use
quand on ne s’en sert pas. Les éléments de langage serinés aux députés En
marche ! Lors de leur « team building » ne font pas basculer l’opinion.
Au contraire, la signature des ordonnances ce vendredi – solennelle ou discrète
– ne siffle pas la fin du conflit. Elle s’installe dans la durée, le
démultiplie au niveau des entreprises, pousse à accroître les forces. Les mobilisations
vont s’enchaîner en cascade dans les semaines qui viennent. Les retraités, les
fonctionnaires, le transport routier, les enseignants, l’énergie…Au
démantèlement des garanties du travail s’ajoutent la casse du logement social
ou de pôle emploi, la sélection à l’université, la hausse de la CSG, l’abandon
de pans entiers de la politique climat et la baisse de l’impôt sur la fortune.
Toutes les confédérations sont
désormais opposées à la loi travail XXL et les militants poussent à la roue
pour des mobilisations unitaires. Tout doit être fait pour permettre une
convergence qui n’exclue pas les divergences. Le syndicalisme s’avère le plus
puissant quand il s’engage rassemblé et c’est lui qui peut stopper la grande
régression engagée par la sainte alliance libérale. Le temps des additions doit
s’ouvrir. Il est aussi le meilleur moment pour parler d’un avenir qui reprenne
la voie du progrès social. La politique y a sa place. Des initiatives sont
prises par les élus – notamment PCF et FI –, des manifestations comme celle de
samedi à l’appel de Jean-Luc Mélenchon ou des débats sont organisés dans les villes
de France. Là aussi, il est temps de choisir l’addition plutôt que la division
ou l’absorption.
mercredi 20 septembre 2017
" Jean Tourloupe au pouvoir ", l'éditorial de Sébastien Crépel dans l'Humanité de ce jour !
Selon Muriel Pénicaud, il y a eu
comme un « malentendu » avec les syndicats. Ces derniers ont mal
entendu (au sens propre) quand ils ont cru que la ministre du travail voulait
augmenter de 25% les indemnités légales de licenciement. Ils devaient être
sacrément durs d’oreille pour en être encore convaincus après trois mois et
cinquante réunions d’une « concertation » montrée en exemple par le
gouvernement.
En réalité, la proposition ne
vaudra réellement qu’au-dessous de dix ans d’ancienneté. Au-dessus de ce seuil
rien ne change. Ou plutôt si : tout change dans le mauvais sens pour les
salariés, avec ou sans ancienneté d’ailleurs. Licenciements facilités,
réparations plafonnées aux prud’hommes en cas d’abus…La revalorisation des
indemnités légales était en quelque sorte l’appât pour faire passer la loi XXL.
De plus en plus de syndicats recrachent l’ensemble, convaincus de se faire
berner. Jean-Claude Mailly, qui voit des troupes nombreuses de FO s’unir en vue
de la mobilisation de jeudi avec celles de la CGT, de Solidaires, de la FSU, de
l’Unef et désormais de l’Unsa ferroviaire et de onze fédérations de la CGC,
tousse lui aussi, en exigeant « le respect de l’engagement de Muriel
Pénicaud. Mais à y bien regarder, d’engagement net, précis et absolument
incontestable, il n’y en a pas. juste des demi-mensonges et des faux-semblants
à l’instar de toute la méthode Macron. La Fête de l’Humanité n’a rien inventé :
Jean Tourloupe, le personnage de comédie venu représenter ce week-end le
gouvernement au procès de la loi travail, est vraiment au pouvoir !
Le problème est que cela commence
à se voir : les contrats aidés que l’on supprime en les « sanctuarisant »,
les fonctionnaires qu’on va « augmenter » en leur infligeant une
hausse de la CSG, leur nombre qu’on stabilise en supprimant 1600 effectifs l’an
prochain, les loyers qu’on « baisse » en sabrant les APL…Les colères
montent. La grande peur du pouvoir est qu’elles parviennent à s’unir.
mardi 19 septembre 2017
Robert Clément : " Une bien triste nouvelle : Jean-Jacques Simon vient de nous quitter "
La terrible nouvelle vient de nous parvenir. Une grande tristesse nous étreint. Jean-Jacques Simon vient de nous quitter. Nous savions, mais ces derniers mois l’espoir renaissait. Malheureusement cette saleté de maladie é été la plus forte.
Jean-Jacques était
un homme généreux, courageux et fidèle aux convictions qui ont fait de lui un
communiste, estimé par ses camarades, mais au-delà par toutes celles et tous ceux qui l’ont connu et apprécié, particulièrement dans ce quartier des Grands
Champs où les plus anciens se souviennent encore de lui, le voyant arpenter les
escaliers de la cité Oradour pour vendre le muguet, diffuser
l’Humanité-Dimanche et pour défendre la cause des plus humbles.
Jean-Jacques
était un enfant de Bagnolet, notre voisine. Jusqu’à sa retraite, Jean-Jacques a
exercé son métier de mécanicien-auto, tout en assumant les fonctions de
conseiller municipal et adjoint au Maire, chargé des sports, de 1983 à 2001. Les dirigeants de l’Office
Municipal des Sports (l’OMS, qui n’existe malheureusement plus aujourd’hui), ceux
des clubs sportifs, comme leurs
pratiquants, se souviennent de son engagement, de sa disponibilité, de l’écoute
attentive qui était la sienne.
Jean-Jacques, nous ne reverrons plus ta
silhouette toujours avenante et attentive aux autres. Mais tes camarades se
souviendront de tout ce que tu leur as apporté dans ta vie militante et ta
fonction d’élu. Ils poursuivront le combat qui a été le tien pendant de
nombreuses années, pour la justice sociale, pour la paix, pour un monde plus humain
et plus juste.
Dans ces douloureuses circonstances, les communistes de
Romainville et leurs élues partagent la douleur de son épouse, Paulette, de ses enfants Claire
et Olivier et ses petits enfants. Ils leur adressent leurs plus sincères
condoléances et les assurent de toute leur affection
Robert Clément
En vidéo, le discours de Pierre Laurent sur la Grande Scène de la Fête de l'Humanité !
" Matière vivante ", l'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l'Humanité de ce jour !
L’« après-Fête », ce
moment particulier. Mélange d’espoirs concrets adossés au réel. Du ressourcement.
Et de la matière vivante. Autant l’admettre, nous étions inquiets, la semaine
passée, pour ces climats environnants : la météo bien sûr, qui joua avec
nos nerfs ; et surtout la politique, celle des « gens de gauche »
qui nous passionne autant qu’elle nous énerve quand elle rechigne, çà et là, à
conjuguer raison et esprit à tous les temps. Mais nous voilà requinqués,
confortés ! Tellement que les commentateurs à la petite semaine en ont
pris plein les yeux, même s’ils l’ont tu. L’immense succès de la Fête en dit
long. Et les 550 000 personnes présentes savent mieux que quiconque qu’il
ne s’agit pas d’un exploit, mais d’une performance tonitruante qui va aider la
coloration offensive du début de l’automne social pour s’opposer à la mise en
place par Macron du dernier étage de la fusée libérale. Y voir comme la
confirmation du sondage Ifop publié dans nos colonnes, vendredi dernier :
la contre-réforme du Code du travail ne trouve pas grâce aux yeux des Français.
Pas moins de 66% d’entre eux refusent la loi XXL…Une autre étude Viavoice le
confirme hier : 60% jugent quie les ordonnances vont « accroître la
précarité des salariés » et 68% qu’elles « favoriseront les
licenciements ».
Dire ainsi que la Fête aura servi
de tremplin résonne comme un euphémisme. Nous nous trouvons gonflés par un
souffle porteur, poussés dans le dos. Et ce ne sont pas que des mots. Ce que
chacun a pu vivre en témoigne : ce qui nous rassemble dans cette bataille
reste plus important que les divisions. C’est d’ailleurs le bien commun de la
gauche de transformation. Cette vérité était vraie hier, mais elle l’est plus
encore au lendemain de ces trois jours retentissants.
Vue du peuple de la Fête, cette
vérité a valeur d’exhortation à ceux qui l’oublient parfois, quelles que soient
leurs raisons. Après les premières manifestations syndicales du 12 septembre,
la Fête donne plus de force pour empêcher la promulgation des ordonnances
antisociales. Le gouvernement et le Medef veulent réduire l’humain à sa
fonction d’agent économique au service des puissants. Ce qui arrive devant nous
exige donc un combat quotidien et, soyons réalistes, une ardeur collective qui
doit grandir encore.
lundi 18 septembre 2017
" Une Fête qui mérite son nom ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !
Quelle foule ! Dire un
chiffre, plus de 500 000 participants, ne dit qu’un succès. M ais « ce qui compte ne peut pas
toujours être compté », disait Einstein. Il faudrait parler des visages de
cette foule jeune, de son parfum de fraternité dans un monde dur, de son
appétit de vivre, de sa passion du débat, de son goût du rassemblement, de sa
soif de connaissances. Ici, le témoignage d’une jeune livreuse de Deliveroo
fait souffler un vent de fraîcheur face au numéro 2 du Medef ; là un
intellectuel de renom présente un sujet savant devant des centaines de
personnes ; ailleurs et partout, des solidarités se disent et se
construisent. Dans ce creuset, s’édifie les mobilisations de demain contre la
destruction du Code du travail, se cherchent les convergences pour que la
finance laisse la place au progrès partagé, les différences sont discutées et
sont respectées…La Fête de l’Humanité mérite son nom.
Les insolences d’un humoriste,
les pépites d’un poète, un rap rageur, la colère d’un syndicaliste font dresser
l’oreille. Même la lutte cherche à se marier au plaisir. Ainsi, le procès des
ordonnances Macron organisé à l’Agora, samedi, a fait du rire une arme au
service d’arguments solides. La Fête se réinvente chaque année et, à chaque
édition, remporte le titre de plus grande fête d’Europe. Certains croyaient qu’elle
flétrirait sous les radiations du libéralisme macronien et voilà qu’elle
fleurit en grand. Les commentateurs qui tentent de la réduire à une petite
phrase, à une présence ou à une absence, ouvriraient leurs horizons en y
mettant les pieds, en la jugeant sur pièces. L’information de tous gagnerait à
abandonner le petit bout de la lorgnette. Dans les salons feutrés où se
fabriquent les moules dans lesquels la bourgeoisie veut enserrer le pays, on
devrait y regarder à deux fois. Cette foule joyeuse et grave a bien l’intention
d’investir l’avenir.
jeudi 14 septembre 2017
Entretien avec Pierre Laurent paru dans l'Humanité du jeudi 14 septembre !
Pierre LAURENT : « NOUS
SOMMES DANS UNE NOUVELLE PHASE DE LA CONFRONTATION DE CLASSES »
ENTRETIEN
Les premières mobilisations
contre la loi travail mardi ont réuni 400 000 personnes. Suffisent-elles à
contester Emmanuel Macron la légitimité des ordonnances ?
PIERRE LAURENT : C’est en
tout cas un démenti cinglant à la propagande gouvernementale sur le prétendu
bon accueil des ordonnances. L’ampleur des manifestations – supérieure à celle
qui avait entamé le mouvement contre la loi El Khomri, – le débat qui traverse
les confédérations syndicales qui n’y ont pas encore appelé, les sondages qui
témoignent d’une opposition majoritaire…Tous les indicateurs montrent que le
pouvoir n’a aucune légitimité pour passer en force. Il a été élu, certes. Mais
nous sommes en démocratie, et si une opposition majoritaire s’exprime, il doit
en tenir compte.
Le gouvernement maintient
pourtant que les « manifestations n’ont pas vocation à changer le contenu
des ordonnances ». Après la loi d’habilitation, la validation par le Conseil
constitutionnel, quelles marges de manœuvre reste-t-il ?
PIERRE LAURENT : On a déjà
vu des gouvernements affirmer qu’ils ne bougeraient pas et être obligés de
reculer. La publication complète du texte à la fin de l’été a changé le climat
en quelques jours : désormais chacun peut juger sur pièces. De plus en
plus de gens prennent conscience que, loin de faire reculer le chômage, les
ordonnances vont uniquement déboucher sur une explosion de la précarité et un
gonflement des profits des plus grands groupes. Elles ne protègent même pas les
PME, encore moins les salariés qu’elles fragilisent encore plus. Il faut
imposer au gouvernement le débat contradictoire dont il veut priver le pays sur
les alternatives à ces choix réactionnaires. Le porte-parole du gouvernement
dit : non aux postures, oui au débat de fond. Mais où et quand
acceptera-t-il la confrontation démocratique sur le fond, projet contre
projet ?
Quelles sont les prochaines
étapes pour le PCF ?
PIERRE LAURENT : Nous allons
appuyer les forces syndicales qui prévoient de nouvelles mobilisations, à
commencer par le 21 septembre. C’est le gage d’une montée en puissance du
mouvement, qui s’enracine dans les entreprises, sur les lieux de travail. Nous
allons aussi intensifier notre engagement politique sur la nocivité des
ordonnances et sur les alternatives possibles pour la sécurisation de l’emploi
et de la formation. Évidemment, le premier rendez-vous majeur pour nous est la
Fête de l’Humanité ce week-end. C’est un lieu de solidarité et de fraternité
aux motivations larges. C’est un rassemblement très populaire qui peut
permettre de sensibiliser massivement les salariés et leurs familles, les
jeunes qui participent en nombre à la Fête. Le PCF mettra à disposition une
carte-pétition pour engager la discussion avec chaque participant. Nous la
déposerons en délégation le 22 septembre au Conseil des ministres. Toutes les
forces syndicales, sociales, politiques engagées dans ce combat seront
présentes à la Fête. Nous y pousserons le débat sur les prochaines étapes à
construire. Les organisations politiques sont toutes légitimes à prendre des
initiatives. Pour notre part, nous veillons à ne pas prétendre nous ériger en
surplomb du mouvement social, mais à servir son développement unitaire, à
enrichir ses propositions, à favoriser la maîtrise du mouvement engagé et des
ses objectifs par tous ceux qui s’y engagent.
Participerez-vous à la
manifestation du 23 septembre à l’appel de la France insoumise ?
PIERRE LAURENT : la France
insoumise a annoncé sa propre manifestation dès juillet. Avec le 12 septembre,
çà bouge très vite. À cette date, nous sommes aussi engagés dans les marches
pour la paix. Notre boussole restera la montée en puissance du mouvement et son
unité la plus large. Réussissons les étapes à venir dans l’ordre où elles
viennent.
Emmanuel Macron reproche à ses
opposants de vouloir maintenir le statu quo sur le droit du travail et justifie
ainsi sa saillie sur les « fainéants ». Seriez-vous devenu
conservateur ?
PIERRE LAURENT : C’est une
blague. Et nous allons mener une grande campagne sur les alternatives au projet
de précarisation systématique du contrat de travail. Les propos méprisants
d’Emmanuel Macron comme la prétention du gouvernement et du Medef à être les
seuls partisans des réformes sont une vieille rengaine. On retrouve les mêmes
grosses ficelles utilisées par Sarkozy et Hollande en leur temps. Rien n’a changé. En vérité, il existe un
affrontement de classe sur la manière dont il faut faire évoluer la société.
Ces forces-là prétendent que changer c’est se soumettre toujours plus aux
exigences de la mondialisation capitaliste et de la compétitivité. Nous pensons
au contraire qu’il faut libérer la société de ces entraves. La société est
bouleversée par une révolution numérique qui transforme en profondeur notre
civilisation. Le travail doit lui aussi changer. Ce changement doit accroître
l’émancipation et la maîtrise par les travailleurs eux-mêmes du contenu et du
sens de leur travail. Les forces réactionnaires veulent réduire l’autonomie du
travailleur jusqu’à ce qu’il ne devienne qu’un simple pion de la
mondialisation.
La mobilisation contre la réforme
du Code du travail est-elle décisive pour la suite du quinquennat ?
PIERRE LAURENT : Cette
bataille est évidemment majeure. Elle ne décidera pas seule de la suite du
quinquennat. Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la confrontation de
classes. Après l’usure des pouvoirs Sarkozy et Hollande, le nouveau pouvoir a
provisoirement conquis une base électorale mais sa victoire est fragile. C’est
pourquoi il veut frapper vite et fort sur tous les terrains. De multiples
batailles s’annoncent contre les ordonnances, sur le logement, l’éducation,
l’université, l’avenir des communes… L’enjeu sera de construire à travers ces
fronts de lutte des réponses politiques alternatives et de la faire converger
dans un projet politique capable de devenir majoritaire.
Il s’agit de reconstruire la
gauche ?
PIERRE LAURENT : En tout
cas, face à nous, il y a bien un projet de droite soutenu par le Médef. Il s’agit
surtout de construire une alternative progressiste majoritaire autour d’un
projet social écologique, démocratique, qui change véritablement de régime.
Lors des élections, la poussée en faveur d’un tel changement a été forte mais
n’a pas réussi à déjouer les pièges de la présidentielle. Nous avons aussi
touché les limites du « dégagisme » qui a profité à des candidats
aussi opposés à Mélenchon. Le Pen et Macron lui-même. Le mouvement populaire
doit maintenant s’assigner des objectifs résolument positifs. Il s’agit de
reconstruire un nouveau projet social et productif, un projet pour la France
qui ait une portée universelle pour unir les forces progressistes de la
planète. Les acteurs de ce nouveau rassemblement ne seront plus ceux de la
gauche telle qu’elle a existé depuis quarante ans. À nos côtés il y a des
forces nouvelles comme la France insoumise, le mouvement de Benoît Hamon,
d’autres forces se réorganiseront peut-être. La force communiste va être
indispensable à cette réinvention collective. Le Parti communiste est là
debout, prêt à relever ce défi, prêt à changer lui-même pour y parvenir.
Est-il possible aujourd’hui pour
le PCF de travailler à ce projet avec la France Insoumise, au vu des tensions
des derniers mois ?
PIERRE LAURENT : Objectivement,
c’est aujourd’hui compliqué à cause de d’attitudes très sectaires des premiers
dirigeants de la France Insoumise. À l’instar, encore récemment, de la très
surprenante critique de Jean-Luc Mélenchon devant la perspective de voir se
constituer une liste unitaire aux élections territoriales de Corse. C’est
incompréhensible. Mais je constate que le dialogue existe aussi, entre les
députés de nos deux groupes, sur le terrain dans de nombreuses localités. La
montée en puissance du mouvement populaire poussera à la construction commune
et à l’unité nécessaire qui a besoin de respect de toutes les forces en
présence.
L’élection sénatoriale de la
semaine prochaine concerne votre siège comme celui de 15 autres membres de votre groupe. Alors qu’une partie de
la gauche boude cette élection, pourquoi le PCF choisit-il de s’y
investir ?
PIERRE LAURENT : Même si
cette élection est indirecte, le Sénat joue un rôle institutionnel important et
il ne peut être question de laisser un seul pouce de terrain à Emmanuel Macron.
Si nous laissons le Sénat aux seules mains de la droite et des macronistes, le
président de la République aurait les moyens de réformer la constitution avec
les 3/5 du Parlement sans plus jamais consulter les Français par référendum. Il
est vrai que les écologistes n’ont plus de groupe depuis juin, que les
socialistes sont profondément divisés, que la France Insoumise a déclaré
forfait, mais nous, nous relevons ce défi. Le renouvellement de notre groupe,
qui serait le seul capable de porter une voix cohérente face à la droite et au
macronisme, ne va pas de soi mais nous sentons que nos listes sont en train de
rassembler des voix au-delà de nos électeurs acquis. Je suis confiant. Après
l’Assemblée nationale, nous aurons un groupe au Sénat.
Votre Conseil national se réunit
aujourd’hui pour définir les contours de la consultation de vos adhérents en
vue de votre congrès. Quels sont les objectifs de cette démarche ?
PIERRE LAURENT : nous ne
voulons pas préparer notre congrès extraordinaire de 2018 comme d’habitude.
Nous avons parfaitement conscience de la période inédite dans laquelle nous
sommes et les défis de renouvellement qui nous concernent très directement.
Pendant deux mois, du 18 septembre au 18 novembre, nous organisons une
consultation de l’ensemble des communistes sur quatre questions : le sens
et l’actualité du combat communiste ; le bilan de notre démarche politique
et la manière dont nous devons la conduire dans les années à venir ; les
transformations profondes auxquelles le PCF doit procéder ; l’agenda et la
méthode de préparation démocratique de notre congrès. Cette consultation
aboutira à la définition de l’agenda du congrès lors d’une assemblée nationale
des animateurs de section qui se déroulera le 18 novembre et non le 14 octobre
comme nous l’avions envisagé précédemment.
mercredi 13 septembre 2017
" La peur du feu ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !
« Loi travail : l’épreuve
du feu », titrait hier le Figaro volant au secours d’Emmanuel Macron pour
dénoncer en une « Les balivernes de la CGT ». Ce qui est le plus
solidement réactionnaire en France, le plus dévoué au Medef, est donc sur le
pied de guerre, retrouvant avec les tirades du président sur les « fainéants »
la vieille tirade des possédants contrariés. « Quand les éboueurs font
grève, les orduriers sont contrariés », écrivait Jacques Prévert. Après cette
première journée contre la loi travail XXL, ils n’ont pas fini de bouder. Le succès
des manifestations atteste qu’un socle s’édifie sur lequel les rendez-vous
suivants, le 21 septembre en premier lieu, vont s’appuyer et grandir. Déjà, ces
derniers jours, se sont agrégés aux initiateurs du mouvement les organisations
étudiantes et lycéennes, la moitié des unions départementales de FO, des
organisations de la CFDT et de la CGC,
des militants de la CFTC.
En fait, aucun syndicat ne trouve
son compte à ces ordonnances qui signent une marche arrière sociale. Les hésitations
de certaines leurs directions tiennent à l’ampleur des attaques qui vont suivre
sur la Sécurité sociale, les retraites, l’assurance chômage, les emplois des
fonctionnaires…Comment s’y opposer efficacement ? En rassemblant tout le
monde, en tenant compte des différences, en permettant au mouvement syndical en
première ligne d’être l’unificateur des énergies. Une majorité de Français
refusent cette destruction de Code du travail et, plus généralement, des droits
sociaux. Ils sont tout autant à juger légitime la protestation. Il faut
permettre à tous de l’exprimer, de faire entendre sa petite musique et se
grandes priorités qui varient d’un métier à l’autre, d’une entreprise à un
bureau, d’une université à un chantier.
« L’épreuve du feu »
redoutée par le Figaro ne sera pas une simple bordée en forme de baroud d’honneur.
M. Macron a engagé la France dans des conflits sociaux à répétition. À peine
élu, il trouve à qui parler…
mardi 12 septembre 2017
" Pari ", l'éditorial de Maurice Ulrich dans l'Humanité de ce jour !
On peut le parier sans risque. Il
y aura aujourd’hui dans près de deux cents villes de France des milliers de
petits mots proclamant « Je suis un fainéant ». Avec humour, avec
colère. Personne ne s’y trompe. En ciblant ceux qui ne veulent pas de ses
réformes qui ne sont que régression, ceux qui ne sont rien, les « illettrés »,
les chômeurs qui n’ont qu’à travailler s’ils veulent se payer un costard, c’est
bien les salariés, les gens modestes, le peuple en un mot que vise Emmanuel
Macron. « Fainéants », le mot est repris parce qu’il frappe au cœur de la France. Aides-soignantes, ouvriers sur
les chaînes, femmes de ménage que l’on croise à 6 heures du matin submergées de
fatigue, enseignants, agriculteurs…Leur travail est la richesse de la nation. Ce
sont eux qui créent, pas les dividendes.
Emmanuel Macron les insulte parce
qu’il s’adresse à d’autres. En prononçant ces paroles sur les lieux de la
naissance de la démocratie à Athènes, il était la voix de l’oligarchie. La président
de la République n’est pas, avec ces mots, le président de tous les Français
mais le fondé de pouvoir d’une caste qui s’adresse à « la France qui gagne »,
à ceux pour qui la loi travail est conçue, donnant tout pouvoir aux détenteurs
des richesses, à ceux qui possèdent
contre ceux qui n’ont pour vivre que leur cerveau et leurs bras.
Dans une tribune du Times, un
professeur de Cambridge, Chris Bickerton, l’écrivait : « sa politique
favorise les employeurs contre les salariés ». il est vrai que cette
politique ne manque pas de soutiens chez les commentateurs en cour. Que n’a-t-on
entendu pendant l’été sur le solo d’une CGT isolée, menant ses derniers combats
dans l’incompréhension, ne sachant que s’opposer à tout. La réalité est tout
autre et les cortèges d’aujourd’hui vont la refléter, comme le fera ce week-end
la Fête de l’Huma, dans la diversité de toutes les forces qui n’entendent pas plus
accepter le mépris de classe que le coup d’État social.
lundi 11 septembre 2017
" Bras d'honneur ", l'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l'Humanité de ce jour !
L’insulte facile révèle parfois
la vraie nature de ses auteurs. Nous savons désormais qu’Emmanuel Macron, usant
et abusant d’un tel degré d’implication verbale pour exprimer sa haine du
bas-peuple et des français qui ne pensent pas comme lui, dirige les affaires de
l’État avec toutes les formes inspirées par le mépris. À commencer par le
principal, le pire, celui qui détermine le sens de son action : le mépris
de classe. Ainsi donc, « la survie de la France » comme il a osé le
dire à Athènes, dépendrait ni plus ni moins de sa « réforme » du
droit du travail…Avant d’ajouter : « Je ne céderai à rien, ni aux
fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. » Mais qu’arrive-t-il à notre
pays pour que des propos aussi rances se rencontrent dans la bouche d’un
président de la République, constituant une sorte de comportement inédit,
indigne de la fonction ? La récidive témoigne non pas d’un trouble de la
pensée mais bien d’une constance de la pensée. Après les « riens »,
voici les « fainéants ». Les fossoyeurs de l’histoire ne sont pas
toujours ceux qu’on croit. Ils fréquentent assidûment le palais et ne savent
absolument pas que les gens de peu demeurent souvent les plus courageux sur le
front des combats…
Ceux qui en ont le temps se
délecteront des explications alambiquées données hier par le porte-parole du
gouvernement, Christophe Castaner, selon lequel le mot « fainéants »
et son pluriel visaient ceux qui n’ont « ‘pas eu le courage de réformer ».
La bonne blague. Non, le chef de l’État a bel et bien insulté ceux qui s’opposent
à sa politique, ceux qui seront dans la rue, demain, pour dénoncer la casse de
leurs droits dans le monde du travail. Au moment où la nation française
aperçoit dans son champ de vision tout ce qui se bricole de plus pourri du côté
du libéralisme, comme par hasard, le pouvoir tente de s’épanouir sur les cimes d’une
très haute vulgarité. Monsieur Macron, qui s’y connaît en cynisme, n’aime
décidément pas les Français. Ces derniers le lui rendent bien ces temps-ci. Et cette
fois, ils vont lui répondre dan la rue. Quant aux « fainéants », qui
sont donc les mêmes, ils adressent d’ores et déjà à ce président le bras d’honneur
des salariés. Ceux qu’il défigure.
vendredi 1 septembre 2017
" L'aveu d'Edouard Philippe ", l'éditorial de Sébastien Crépel dans l'Humanité de ce jour !
Peut-être pris par le vertige
devant l’énormité de la supercherie vendue aux salariés comme prix de leurs
sacrifices, le premier ministre, a eu, jeudi. « Agir sur le droit du
travail(…) peut constituer un outil » contre le chômage, mais « ce
n’est pas le seul », a-t- il lâché. On reste interdit devant une ambition
si brutalement revue à la baisse au moment d’abattre la hache sur le Code du
travail, un geste que le président de la République vantait le matin même dans
un entretien- fleuve comme la « révolution copernicienne » apte à
« libérer les énergies ».
Il y a un échec annoncé dans cet
aveu d’Édouard Philippe. Car le premier ministre sait bien qu’il n’ya pas de
lien entre chômage et niveau de la protection sociale des salariés, toutes les
études le montrent. Mais il y a aussi un avertissement et une justification. Ce
n’est que le début, nous dit l’hôte de Matignon, et, si les résultats ne
suivent pas, ce sera bien la preuve qu’il faut aller plus loin, toujours dans
le même sens – celui réclamé à cor et à cri par le Medef –, sur le « coût
du travail », les retraites, la formation…en exhortant les salariés à
courber l’échine dans l’attente d’un aussi hypothétique, que fumeux volet
« sécurité », en échange de la flexibilité totale imposée
aujourd’hui.
Voilà la nature du pacte
frauduleux proposé au monde du travail. Il serait étonnant qu’il accepte, et la
façon dont les syndicats tordaient le nez à l’unisson hier en dit plus long que
les nuances et les divergences qui les séparent. Et ce n’est pas le concept
frelaté de « codécision » à l’entreprise vanté par Muriel Pénicaud
qui rassurera les salariés. Ceux-ci savent mieux que quiconque que le Code du
travail n’a de sens que s’il sert à les protéger de la position dominante de
l’employeur, laquelle découle du lien de subordination qui unit les premiers au
second. En le niant, la ministre du travail fait table rase des fondements de
plus d’un siècle d’histoire sociale.
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